Dominique de Villepin tente toujours de peser sur le débat présidentiel. Au lendemain de la présentation du projet de Ségolène Royal, le Premier ministre a mis en garde lundi contre la "dépense publique inconsidérée" et rappelé "l'enjeu vital" du désendettement à l'occasion de la deuxième conférence nationale des finances publiques.
Cette deuxième conférence nationale, qui s'est tenue à Bercy en présence des élus, des partenaires sociaux, des représentants de l'Etat et de la Sécurité sociale, tombait à pic. En pleine campagne présidentielle, le gouvernement en a profité pour rappeler combien il était important de réduire la dette publique, qui devrait atteindre 64,6% du PIB en 2006. Et ce alors que les projets des candidats, à commencer par ceux de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, se traduisent par des dépenses supplémentaires.
Interrogé sur le coût des propositions des deux favoris, le Premier ministre n'a évoqué que celles de la candidate socialiste. Il a mis en garde contre le risque de retour aux "errements du passé". Grâce aux "efforts" faits depuis 2002 pour réduire la dette, "nous pouvons regarder l'avenir avec optimisme", a-t-il expliqué. "Tout ça serait remis en cause par un retour à la dépense publique inconsidérée."
Car le désendettement "n'est pas une lubie de technocrate" mais "un enjeu vital pour les Français", a rappelé Dominique de Villepin. Le Premier ministre a remarqué que la dette "pèse lourdement sur le pouvoir d'achat", "sujet central de la campagne" car elle "entrave le développement des entreprises et donc des salaires", et "pousse mécaniquement à l'augmentation des impôts". L'Etat dépense "100 millions d'euros par jour" pour payer les intérêts de sa dette, a-t-il insisté. "C'est autant d'argent en moins pour nous préparer à l'avenir".
Il a par ailleurs jugé le désendettement "vital pour préparer le vieillissement" de la société française et "moderniser et financer durablement" les services publics. Les dépenses liées au vieillissement "devraient augmenter de 3,2 points de PIB à l'horizon 2050", selon le rapport du Conseil d'orientation des finances publiques qui a servi de base aux travaux de la conférence.
Soucieux de "dire la vérité aux Français", Dominique de Villepin a insisté sur la nécessité de s'engager "résolument dans la voie du désendettement".
Le plan pluriannuel défini il y a un an après la remise du rapport Pébereau, qui avait tiré la sonnette d'alarme, prévoit de ramener la dette publique à 60% du PIB et de ramener les comptes publics à l'équilibre en 2010.
Dominique de Villepin s'est dit "convaincu" que la France pourra atteindre un taux d'endettement de 55% en 2012 alors que le déficit public a été "sans doute inférieur à 2,7%" du PIB en 2006.
Pour atteindre cet objectif, le Premier ministre a proposé que le principe selon lequel "la dette ne doit servir qu'à financer l'investissement" soit inscrit dans la Constitution comme en Allemagne.
Il a par ailleurs souhaité que "le gouvernement puisse proposer au Parlement des dépenses sur trois ans et non plus sur un an comme c'est le cas aujourd'hui".
Le Premier ministre a aussi proposé que la pratique des audits de modernisation lancée depuis 2002 "soit étendue à l'ensemble des administrations publiques", et rappelé l'importance du désendettement des collectivités locales. Du fait de la décentralisation, leurs dépenses ont progressé de 3,6% par an sur la période 1982-2005.
Villepin propose d'inscrire le principe du désendettement dans la Constitution
Dominique de Villepin a proposé lundi que le principe selon lequel "la dette ne doit servir qu'à financer l'investissement" soit inscrit dans la Constitution comme en Allemagne.
"C'est une règle d'or que l'Etat doit pouvoir respecter en 2010", a déclaré le Premier ministre à l'issue de la deuxième conférence nationale des finances publiques.
Dans une autre proposition pour le débat présidentiel, le chef du gouvernement a rappelé l'importance de la modernisation des finances locales. "Il ne sert à rien de désendetter l'Etat et de faire baisser les impôts si c'est pour que les taxes locales augmentent par ailleurs", a-t-il dit, en souhaitant que le comité d'orientation des finances publiques rende un rapport sur ce sujet "dans le courant de l'année 2007".
Dominique de Villepin a par ailleurs souhaité que "le gouvernement puisse proposer au Parlement des dépenses sur trois ans et non plus sur un an comme c'est le cas aujourd'hui".
Le Premier ministre a enfin proposé que la pratique des audits de modernisation lancée depuis 2002 "soit étendue à l'ensemble des administrations publiques".
Ces quatre propositions "garantiront l'objectif du désendettement", a souligné le chef du gouvernement, qui entend "permettre au prochain gouvernement de prendre des décisions rapides en toute connaissance de cause".
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