Jeudi 14 septembre 2006
L'entretien n'a pas eu lieu dans le bureau Ovale, mais peu importe : Nicolas Sarkozy a rencontré, mardi 12 septembre à Washington, le président George Bush pendant "près de quarante minutes", selon la partie française... mais vingt-cinq minutes selon la partie américaine, citée dans le New York Times.

 

L'échange a eu lieu dans le bureau du conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley. Cécilia Sarkozy était présente ainsi que le député (UMP) Pierre Lellouche, ancien conseiller diplomatique de Jacques Chirac. A la satisfaction de l'entourage du ministre, la Maison Blanche a diffusé la photo. Et, comme l'a dit un membre de la délégation, "l'important, c'était de voir le président, pas le bureau".

Selon l'entourage du ministre français, le président Bush avait pris connaissance du discours prononcé, le matin, par M. Sarkozy devant la French American Foundation. Une intervention aimable pour les Etats-Unis, mais moins pour le Quai d'Orsay, qui a paru visé. Après avoir rappelé le contentieux transatlantique de 2003 sur l'Irak, M. Sarkozy a plaidé pour "l'efficacité de la modestie" face à une "France arrogante". "Plus jamais nous ne devons faire de nos désaccords une crise", a-t-il dit.

"Il n'est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l'embarras, ou de donner l'impression de se réjouir de leurs difficultés" : au-delà des relations franco-américaines, M. Sarkozy a abordé de nombreux sujets, tels que l'Iran, Israël, la Russie ou le Darfour (mais il n'a rien dit sur l'Irak). Son entourage a réfuté le terme de "rupture", sans nier que la tonalité soit différente.

Sur l'Iran, le ministre de l'intérieur a été très ferme. A un moment où même Washington ne met plus en avant d'autre option que des sanctions graduelles, M. Sarkozy a insisté sur le fait que "toutes les options sont ouvertes".

Interrogé sur l'hypothèse de sanctions contre le régime de Téhéran, il a indiqué qu'il ne se faisait "pas beaucoup d'illusions sur leur efficacité", avant d'ajouter : "Il ne faut fermer aucune porte. Je crois avoir été le plus clair possible. Dans les années 1980, au moment de la crise des otages, la fermeté avait payé." Alors que le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, avait qualifié, en juillet, l'Iran de "facteur de stabilité" au Moyen-Orient, M. Sarkozy a estimé que Téhéran était plutôt "un gage de fébrilité". "L'Histoire nous a montré les conséquences de la complaisance face à l'agression et au fondamentalisme", a-t-il déclaré.

Sur Israël, il a tenu le langage que tout présidentiable américain pourrait adopter. "Je veux dire combien je me sens proche d'Israël, a dit M. Sarkozy. Israël est la victime. Il doit tout faire pour éviter de passer pour l'agresseur." Il a cependant ajouté qu'en tant qu'ami d'Israël il se devait d'appeler les Israéliens à la retenue. "Nous sommes à vos côtés, mais ayez la réaction appropriée, pas la réaction disproportionnée", a-t-il dit.

Sur le Darfour enfin, grand sujet de préoccupation aux Etats-Unis, et que M. Lellouche avait insisté pour voir figurer dans le discours, Nicolas Sarkozy a plaidé pour que "l'indifférence" et le "manque de courage" de la communauté internationale ne permettent pas que se poursuive "le premier crime contre l'humanité du XXIe siècle".

source. le monde

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Jeudi 14 septembre 2006
Le président français Jacques Chirac fait face à une dissidence conduite par Pierre Lellouche et Alain Madelin au sein de son propre mouvement politique. Les deux députés mènent campagne pour que la France s’aligne sur les États-Unis. Tous deux sont membres de think thanks états-uniens, dans lesquels ils côtoient des faucons de l’administration Bush.

Le président Chirac, dont la politique irakienne avait reçu le soutien solennel de 122 députés de son parti (l’UMP), est aujourd’hui contesté dans ses propres rangs. La dissidence est conduite par Pierre Lellouche et Alain Madelin qui, tous deux, tentent de rallier la France aux États-Unis. Ils ont choisi de mettre directement en cause la capacité du président de la République à conduire la politique étrangère du pays au moment où une campagne internationale de dénigrement contre Jacques Chirac est organisée par le département de la Défense.

Dans les années soixante, déjà, le président Charles De Gaulle avait dû identiquement affronter le lobby atlantiste dans son propre parti. Lâché par les États-Unis qui lui reprochaient de laisser le champ libre aux Soviétiques en Algérie, De Gaulle dû faire face au « putsch des généraux », puis à une série de tentatives d’assassinat (voir à ce sujet notre investigation : « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle »). Lorsqu’il eut repris la situation en main, il expulsa l’OTAN et dénonça l’influence d’hommes politiques financés par Washington. S’en prenant à Jean Lecanuet et Alain Poher, il stigmatisa « le Parti de l’étranger ».

Cette expression fut reprise, en 1978, par Jacques Chirac dans son « Appel de Cochin ». Le jeune Premier ministre s’en prenait directement au président Giscard d’Estaing. Il dénonçait avec violence l’instrumentalisation des institutions européennes par les États-Unis pour faire rentrer la France dans le rang atlantiste : « Il est des heures graves dans l’histoire d’un peuple où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache [...]. Tout nous conduit à penser que derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement. En ce qui nous concerne, nous devons dire non [...]. Comme toujours lorsqu’il s’agit du rabaissement de la France, le Parti de l’étranger est à l’œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix et la mort ».

Dans le bras de fer actuel, Alain Madelin ne s’est pas contenté pas de saper l’autorité du président Chirac dans son parti, il est allé chercher des appuis outre-atlantique pour renforcer son offensive. Ainsi, s’est-il exprimé, le 11 avril 2003, devant un parterre de dirigeants conservateurs à l’Heritage Foundation, le think thank des reaganiens. Il y a présenté Jacques Chirac comme un mégalomane, qu’il a qualifié de « Napoléon Junior », et les dirigeants français comme d’incorrigibles orphelins du marxisme devenus les propagandistes dans le monde de l’anti-globalisation et de l’anti-américanisme. La prestation a été si appréciée que le service d’information du département d’État lui a consacré une dépêche : « Un politicien français regrette que les États-Unis aient essuyé des critiques ».

Nous reproduisons ci-dessous une notice biographique d’Alain Madelin que nous avions publiée il y a cinq ans, ainsi qu’une notice relative à Pierre Lellouche.

Alain Madelin, de l’extrême droite française aux think thanks états-uniens

(JPEG) Après une jeunesse mouvementée à l’extrême droite, Alain Madelin est recruté par l’Institut d’histoire sociale, une officine anticommuniste mise en place par les services états-uniens autour d’anciens dirigeants collaborationnistes. Il y participe à la diffusion en France des idées libérales de l’École de Chicago, puis essaie d’appliquer dans la vie politique française les méthode états-unienne, en s’entourant notamment d’un « think tank » de grands patrons. En 1996, il participe à la création de la New Atlantic Initiative, qui rassemble le gratin du Pentagone et du Département d’État. Il préside l’International Center for Research on Environnemental Issue.

Alain Madelin est né le 26 mars 1946 à Paris. Il est cousin du père Henri Madelin, ancien provincial des jésuites et actuel aumônier national du Mouvement des cadres et dirigeants chrétiens.

À dix-huit ans, en 1964, Alain Madelin fonde le mouvement Occident avec ses camarades Alain Robert, Gérard Longuet, François Duprat, Xavier Raufer et Nicolas Tandler.

Après l’échec de la candidature Tixier-Vignancourt et le départ de Pierre Sidos, fin 1966, Alain Madelin, qui a été remarqué par Georges Albertini, est engagé à l’Institut d’histoire sociale (IHS), une officine anticommuniste mise en place par les services américains autour d’anciens dirigeants collaborationnistes. Tout en y travaillant, il finit ses études de droit et devient avocat au barreau de Paris. À l’IHS, Georges Albertini s’efforce de « blanchir » le jeune militant d’extrême droite, de lui donner une solide formation anticommuniste, et de lui ouvrir les portes des organisations politiques respectables. Bientôt, ce brillant élève devient l’un des six professeurs permanents de l’IST, l’appendice de l’IHS agréé organisme de formation continue par le ministère de l’Éducation nationale. Dans le cadre du 1 % patronal, Alain Madelin y forme les cadres de grandes entreprises à mener bataille contre les syndicats. Il dirige aussi l’un des nombreux bulletins édités en marge de l’IHS, Informations politiques et sociales. Simultanément, il rejoint les Républicains indépendants (FNRI) et se présente aux élections législatives de 1973 dans les Hauts-de-Seine. En 1974, avec Hubert Bassot, il met en place le service d’ordre de la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing, en recrutant leurs anciens camarades d’Occident, passés entre-temps à Ordre nouveau. Toujours pendant cette campagne, Alain Madelin et les permanents de l’IHS produisent un bulletin anti-Mitterrand, Spécial Banlieue, au titre d’une société, SA Média-Production, dont les principaux actionnaires sont Catherine Barnay et Patricia Sallustri, épouse d’Alain Madelin. En 1977, il devient membre du secrétariat national des Républicains indépendants et chargé de mission au cabinet de Claude Coulais, secrétaire d’État à l’Industrie. En 1978, il est élu député (UDF-PR) d’Ille-et-Vilaine et devient délégué national du Parti républicain (ex-FNRI) chargé de la formation, fonction qu’il remplit dans le cadre de ses activités à l’IHS. Pendant la législature, il préside à l’Assemblée les groupes d’études sur l’informatique et sur les problèmes de la faim dans le monde. En 1981, il participe à l’équipe de campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing. Réélu député, il devient délégué national du PR, chargé de la communication.

Il semble qu’il cesse ses fonctions à l’IHS, mais pas ses contacts, lorsque celui-ci est réorganisé, en 1983, à la mort de Georges Albertini. Il se consacre alors essentiellement au PR, dont il devient délégué général, en 1985. En 1986, il est élu conseiller régional de Bretagne et nommé ministre de l’Industrie des P&T et du Tourisme dans le gouvernement Chirac. Il s’entoure alors d’un « think tank » de grands patrons, le Grenelle Consulting Group. Ce noyau donne naissance à l’Institut Euro 92 d’Henri Lepage, dont il est président. C’est à cette époque que, fidèle à ses contacts américains, il devient membre de la très fermée Société du Mont Pèlerin, le club international des économistes libertariens.

En 1988, il est réélu député d’Ille-et-Vilaine et devient secrétaire général du PR. En 1989, il dirige la campagne de la liste UDF aux élections au Parlement européen, dont la tête de liste est Valéry Giscard d’Estaing. Élu lui-même au Parlement européen, il abandonne ce mandat, préférant siéger à l’Assemblée nationale. Simultanément, il devient, en 1992 membre du bureau politique de l’UDF et vice-président du Conseil régional de Bretagne.

En 1993, il est nommé ministre des Entreprises et du Développement économique dans le gouvernement Balladur. C’est à cette époque qu’il crée le mouvement Idées-Action, s’assurant ainsi une autonomie au sein du PR dont il devient le premier vice-président.

En 1995, il s’engage dans la campagne présidentielle de Jacques Chirac pour qui il rédige un programme stigmatisant la fracture sociale et assurant qu’elle peut être résolue par une politique ultra-libérale. Après la victoire de Jacques Chirac, il est nommé ministre de l’Économie et des Finances du 1er gouvernement Juppé. Il en est débarqué, trois mois plus tard, après qu’Alain Juppé eut pris connaissance de la littérature interne de son cabinet. Celui-ci, composé de quarante-neuf membres (quatorze officiels et trente-cinq officieux), préparait en secret une série de décrets en vue de la « révolution libérale » qui devait intervenir dans une situation de crise majeure qu’Alain Madelin appelait de ses vœux.

En 1996, il se rapproche des lobbies religieux et introduit des références aux valeurs chrétiennes dans ses discours publics. À la même époque, il participe à la création de la New Atlantic Initiative, une émanation de l’American Enterprise Institute chargée de promouvoir l’extension de l’OTAN et l’établissement d’une zone de libre-échange américano-européenne. En 1997, il participe à diverses tentatives de constitution d’un pôle « national, libéral et moral » avec le CNI d’Olivier d’Ormesson, le MPF de Philippe de Villiers, Demain la France de Charles Pasqua, et même le MDC de Jean-Pierre Chevènement. En définitive, aux élections législatives seuls le CNI et le MPF firent accord. Au lendemain de la consultation, Alain Madelin aida François Léotard à arracher la présidence de l’UDF à Valéry Giscard d’Estaing à la condition de lui laisser la présidence du PR qu’il rebaptisa en Démocratie libérale. Ce jeu de chaises musicales rencontra la vaine opposition de Gilles de Robien.

Par ailleurs, Alain Madelin est toujours avocat à la Cour de Paris, associé au cabinet Peisse-Dupichot-Zirah. Il s’y est spécialisé dans le droit de la concurrence, le droit de l’environnement et les arbitrages internationaux, notamment concernant les pays de l’Est. C’est dans ce cadre professionnel qu’il préside l’International Center for Research on Environnemental Issue.

Pierre Lellouche, l’OTAN à l’UMP

(JPEG) Spécialiste des questions de défense, Pierre Lellouche enseigne dans diverses écoles de guerre. En 1992, il devient membre de l’International Institute of Strategic Studies de Londres. En 1993, il est élu vice-président de l’OSCE. En 1994, il est coopté à la Commission trilatérale. Il est, depuis 2002, vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Administrateur de l’Atlantic Partnership, il y siège aux côtés d’Henry Kissinger, de Micheal Howard (qui a publié le célèbre rapport accusant l’Irak de détenir des armes de destruction massive) et d’Henry Hyde (le président de la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants qui vient de faire augmenter les budgets officiels de propagande du département d’État).

Né le 3 mai 1951 à Tunis, Pierre Lellouche est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris et docteur en droit de l’université d’Harvard. De 1974 à 1978, il travaille aux côtés de Raymond Aron au Groupe d’études et de recherches des problèmes internationaux (GERPI). Ce dernier était un intellectuel anti-communiste dont les travaux étaient subventionnés par la CIA (Cf. The CIA and the World of Arts and Letters, The Cultural Cold War par Frances Stonor Saunders, The New Press, 1996). Aron travaillait en étroite collaboration avec Irving Kristol, père de Bill Kristol (actuel directeur de l’hebdomadaire néo-conservateur, The Weekly Standard, qui fit campagne pour la guerre contre l’Irak). Dans cette période, il milite en faveur du développement d’Israël et effectue divers stages en kibboutz.

En 1979, Pierre Lellouche est chercheur, puis directeur adjoint, de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et rédacteur en chef de la revue de l’Institut, Politique étrangère. Il enseigne à l’ENA, à l’IHEDN et dans diverses écoles de guerre. Il collabore à de nombreuses publications, Newsweek, The International Herald Tribune, Le Figaro etc. En 1989, il devient conseiller diplomatique du maire de Paris, Jacques Chirac. En 1992, il entre au comité éditorial de Survival, la revue de l’International Institute of Strategic Studies de Londres. Élu député, en 1993, il devient le spécialiste des questions de défense au RPR. Représentant de l’Assemblée nationale à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, il est élu vice-président de cette organisation. En 1994, il est coopté à la Commission trilatérale. Lorsque Jacques Chirac est élu président de la République, il devient l’un de ses conseillers diplomatiques.

Pierre Lellouche est aujourd’hui vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. À ce titre, il siège au Comité exécutif de l’European Strategy Group on Common Defence and Common Defence Policy. Il a créé avec Olivier Dassault le Cercle international, une association de chefs d’entreprises et d’hommes politiques atlantistes. Il est éditorialiste de Valeurs actuelles, l’hebdomadaire d’Olivier Dassault dirigé par Michel Gurkinkel, un expert du cabinet états-unien Benador Associates et ami de Richard Perle. Administrateur de l’Atlantic Partnership, il y siège aux côtés de Micheal Howard, président émérite de l’International Institute of Strategic Affairs de Londres - dont Lellouche est par ailleurs membre - et qui a publié, en 2002, le célèbre rapport accusant l’Irak de détenir des armes de destruction massive sur lequel le département d’État s’est appuyé pour justifier de la guerre. À l’Atlantic Partnership, il siège aussi aux côtés d’Henry Kissinger et d’Henry Hyde, le président de la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants qui vient de faire augmenter les budgets officiels de propagande du département d’État.

source. http://www.voltairenet.org/article9514.html

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Jeudi 14 septembre 2006
La cote de popularité de Jacques Chirac reste stable alors que celle de Dominique de Villepin gagne cinq points en septembre par rapport au mois précédent, selon le baromètre Ipsos pour l'hebdomadaire "Le Point" en kiosque jeudi.
Le président de la République recueille 41% d'opinions favorables (inchangé) et 55% d'opinions défavorables (inchangé). Son Premier ministre jouit de 41% d'opinions favorables (+5) et de 54% d'opinions défavorables (-4).
- sondage réalisé par téléphone les 8 et 9 septembre auprès d'un échantillon de 954 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.
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Jeudi 14 septembre 2006
Il ne le lâchera pas. Dominique de Villepin avait prévenu avant l'été, devant quelques journalistes, qu'il dirait ce qu'il pense des propositions du presque candidat Nicolas Sarkozy. Il ne se gêne pas. Hier, en visite sur la base de Montlhéry (Essonne), il a accusé François Fillon, le conseiller politique de Nicolas Sarkozy de «monter certains Français contre d'autres», en prônant la suppression des régimes spéciaux de retraite (lire page 12). Mais l'objectif essentiel de son déplacement dans un centre de «Défense 2e chance» était de dire tout le mal qu'il pense de l'instauration d'un service civil obligatoire. Manière de tacler à la fois les socialistes, qui ont fait les premiers cette proposition, et le président de l'UMP, qui l'a reprise lors des universités d'été de son parti à Marseille la semaine dernière. Il avait pourtant défendu l'option du volontariat en novembre 2005.
 
Veste. Cette entreprise de démolition était concertée avec Jacques Chirac. Le chef de l'Etat, qui a été à l'origine de la suppression du service militaire obligatoire, a dégainé le premier dans la matinée lors du Conseil des ministres. Le service civil volontaire est une «initiative essentielle pour faire vivre les valeurs civiques et renforcer la cohésion sociale», a-t-il insisté, comme l'a rapporté le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. Interrogé sur le caractère obligatoire de ce service préconisé par Sarkozy, le porte-parole a estimé que «l'idée de lancer une telle initiative ne peut rencontrer de succès que dans une logique de volontariat».  «Il n'est pas possible d'accueillir brutalement une classe d'âge de 800 000 jeunes», de les former et de les encadrer du jour au lendemain, a-t-il fait valoir. Un argumentaire repris mot à mot par le Premier ministre dans l'après-midi.
Boosté par un sondage Ipsos pour le Point, où il repasse la barre de 40 % de bonnes opinions (41 %), qu'il n'avait pas franchie depuis la crise du CPE, Villepin a tombé la veste pour discuter avec des jeunes du centre de Montlhéry. Après avoir tenté, en vain, de leur faire dire qu'ils n'auraient pas aimé être obligés de vivre une telle expérience, il a lui-même défendu sa thèse. Admettant que l' «idée» d'un service civil «obligatoire [...] peut paraître séduisante», il a donné une leçon à son ministre d'Etat en lui rappelant «un certain nombre de réalités que nous devons prendre en compte». «Une classe d'âge entière, cela représente en France environ 800 000 jeunes, a-t-il indiqué. Prendre en charge tous ces jeunes, garçons et filles, les héberger, les nourrir, leur proposer des activités, cela supposerait un dispositif administratif extrêmement complexe.» Et de souligner le coût financier que cela supposerait ainsi que les complications juridiques que cela entraînerait (lire ci-contre). Il a également mis en garde contre le risque de se mettre la jeunesse à dos : «C'est sans doute la question essentielle, je ne suis pas certain qu'un service obligatoire corresponde aux aspirations des jeunes aujourd'hui.» «Le caractère obligatoire est un véritable clivage», a-t-il confié ensuite. Un de plus avec Nicolas Sarkozy.
Dézinguer. Méthodiquement, froidement, le Premier ministre dézingue une à une les promesses de son numéro 2. Avant le service civil obligatoire, il avait déjà, la semaine dernière, pris ses distances avec la proposition sarkozyste d'en finir avec la carte scolaire, en estimant que sa suppression pure et simple provoquerait «plus d'injustice». Quelques semaines auparavant, il s'en était pris au projet du patron de l'UMP de supprimer les droits de succession entre parents et enfants. Et il n'a manifestement pas l'intention de s'arrêter là.
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Jeudi 14 septembre 2006

MONTLHERY, Essonne (Reuters) - Le gouvernement n'a pas de projet de réforme des régimes spéciaux de retraite, déclare mercredi Dominique de Villepin, qui a lancé une mise en garde contre le risque de "monter" des Français contre d'autres.

En marge d'un déplacement à Montlhéry, près de Paris, le Premier ministre a rappelé que son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin et le président Jacques Chirac avaient fait en 2003 une "réforme ambitieuse et courageuse" des retraites.

Un rendez-vous est prévu en 2008 pour faire le point sur cette réforme et ses suites éventuelles. "Il y a beaucoup de sujets sur la table, il n'y a pas que celui des régimes spéciaux", a souligné Dominique de Villepin.

"Que l'ensemble de ces données soient au fil des années mises à plat, cela me paraît nécessaire", a-t-il dit. "Il faut le faire avec beaucoup de respect, beaucoup de concertation avec le souci de veiller à ne pas monter certains Français contre d'autres."

"En tout état de cause, il n'y a pas de projet du gouvernement concernant les régimes spéciaux" de retraite, a ajouté le chef du gouvernement.

Il répondait ainsi au sénateur François Fillon, conseiller politique du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, qui s'est prononcé pour un alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général dès le début de la prochaine législature.

Les déclarations au journal Le Parisien de l'ancien ministre des Affaires sociales, auteur de la réforme de 2003, ont provoqué un tollé dans l'opposition et du côté des syndicats.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a ainsi dénoncé mercredi une "provocation", qui montre selon lui "le sens de la politique qui serait conduite" si Nicolas Sarkozy remporte l'élection présidentielle de 2007.

"Les Français sont parfaitement informés. S'ils veulent qu'on remette en cause l'ensemble des acquis sociaux, qu'on aggrave encore les régimes de retraite, ils peuvent voter tout à fait librement pour Nicolas Sarkozy et François Fillon", a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale.

EMBARRAS DE LA MAJORITE

Les déclarations de François Fillon embarrassent aussi un gouvernement et une majorité empêtrés dans un débat houleux sur l'avenir de Gaz de France au Parlement.

Le président UMP de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a ainsi jugé ces propos "inutiles, inopportuns et maladroits".

L'alignement des régimes spéciaux sur le régime général "n'est en aucun cas un projet du gouvernement", a pour sa part déclaré le ministre délégué au budget, Jean-François Copé, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Un autre membre du gouvernement, le ministre de la Justice, Pascal Clément, a estimé sur LCI qu'il fallait "toujours enclencher" le dialogue social "avant de dire des choses qui sont difficiles à entendre".

Un avis partagé par Jean-Pierre Raffarin, qui a jugé la déclaration de son ancien ministre des Affaires sociales "quelque peu prématurée".

Le rendez-vous de 2008 "doit faire l'objet d'une très large concertation, d'un très large dialogue", a confirmé Dominique de Villepin. "Nous avons un Conseil d'orientation des retraites qui est le lieu idéal où le débat peut se nouer."

"Je crois qu'il est important à chaque étape de tirer les leçons de l'expérience : concertation, dialogue", a ajouté le Premier ministre, auquel il a été reproché de n'avoir pas assez dialogué avec les partenaires sociaux, notamment à propos du "contrat première embauche" (CPE) qu'il a dû abandonner au printemps sous la pression de la rue.

par rezeid publié dans : Divers
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Jeudi 14 septembre 2006

MONTHLÉRY (Essonne) (Reuters) - Dominique de Villepin n'a pas d'ambition présidentielle, mais il pose insensiblement ses jalons dans la campagne naissante: le Premier ministre a pris jeudi position contre la proposition de Nicolas Sarkozy, et du Parti socialiste, d'un service civil obligatoire.

En déplacement au Centre "Défense deuxième chance" de Monthléry (Essonne), il a de nouveau décoché un trait contre le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP après avoir critiqué vendredi dernier à Thionville (Moselle) son projet de suppression de la carte scolaire.

"Je ne suis pas certain qu'un service obligatoire corresponde aux aspirations des jeunes d'aujourd'hui", a-t-il déclaré.

Autre pique indirecte au présidentiable UMP: s'agissant de la réforme des régimes spéciaux de retraite défendue inopinément par François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin a souligné la nécessité de pas "monter certains Français contre d'autres" tout en s'employant à calmer le jeu dans la majorité. "Il n'y a pas de projet du gouvernement concernant les régimes spéciaux", a-t-il dit.

Soucieux de se démarquer du numéro deux du gouvernement, qui a critiqué sans détour son action diplomatique durant son voyage aux Etats-Unis, le Premier ministre a défendu devant plusieurs dizaines de jeunes "l'engagement, le volontariat", "élément important au sein de notre société", dont le service civil volontaire, mesure chiraquienne qui s'adresse aux 16-25 ans, est selon lui l'illustration "pragmatique".

"On ne peut pas décréter du jour au lendemain l'application d'un service obligatoire, tout simplement parce que du jour au lendemain passer de 50.000 à 800.000, c'est impossible", a-t-il expliqué par la suite à des journalistes.

"Je crois que l'incitation, l'encouragement, l'engagement sont des éléments sur lesquels on peut fonder un service civil beaucoup plus solidement que par l'obligation", a-t-il souligné.

Le président de l'UMP propose un service civil volontaire de six mois pour les 18-30 ans, tandis que le Parti socialiste propose dans son programme électoral un service civique obligatoire de six mois, fractionnable, pour les jeunes âgés de 18 à 25 ans.

"C'est une idée qui peut paraître séduisante (...), c'est une idée, en tout cas, qui mérite d'être débattue et qui apporte au débat", a concédé Dominique de Villepin, tout en invoquant le coût financier "considérable" d'un tel projet.

"Entre trois et cinq milliards pour un service d'une durée de six mois, sans compter les infrastructures qu'il faudrait construire", a-t-il précisé.

"'Défense deuxième chance', le service civil volontaire, voilà des idées neuves, des idées ambitieuses, des idées d'avenir", a dit le Premier ministre aux côtés de Michèle Alliot-Marie (Défense), Catherine Vautrin (Cohésion sociale) et Azouz Begag (Promotion de l'égalité des chances). Comme une prémisse de campagne électorale.

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Jeudi 14 septembre 2006

Malgré l'unité affichée par les deux hommes lors de l'université d'été de l'UMP à  Marseille, la rivalité entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, toujours déterminé à  incarner la "rupture", persiste comme l'illustrent les piques qu'ils s'adressent mutuellement.

En déplacement mercredi dans l'Essonne, le Premier ministre a nettement pris ses distances avec l'instauration d'un service civil obligatoire, une proposition chère au PS et à  l'UDF et reprise à  son compte par le président de l'UMP à  Marseille.

"Je ne suis pas certain" que cela "corresponde aux aspirations des jeunes d'aujourd'hui", a lancé M. de Villepin, mettant aussi en avant le coût "considérable" d'une telle mesure, estimée entre "3 et 5 milliards d'euros" par an.

Surtout, il a tancé le conseiller politique de M. Sarkozy, François Fillon, qui a évoqué mardi une réforme des régimes spéciaux de retraite au lendemain de la présidentielle de 2007. Il ne faut pas "monter certains Français contre d'autres", a-t-il mis en garde.

La semaine dernière déjà , M. de Villepin avait pris ses distances avec la proposition de son numéro deux d'en finir avec une carte scolaire largement détournée en estimant que sa suppression pure et simple provoquerait "plus d'injustice".

Rejetant des approches "trop idéologiques", il avait lancé, ironique: "si demain, il y a un remède miracle, une idée géniale qui permet de faire mieux que la carte scolaire, eh bien nous l'étudierons".

Le chef du gouvernement n'avait pas non plus manqué de faire le parallèle avec ceux qui trouvent "tentant de dire +on supprime les ZEP+", nouveau tacle contre M. Sarkozy, qui suggérait en début d'année de "déposer le bilan des ZEP".

Le candidat potentiel de l'UMP à  la présidentielle n'est pas en reste. Après avoir estimé dans Le Monde que la menace du veto à  l'Onu contre la guerre en Irak était "inutile" - une pierre dans le jardin du duo exécutif Chirac-Villepin - il a lui aussi distillé quelques piques au cours de sa tournée de quatre jours aux Etats-Unis.

Le ministre de l'Intérieur -qui a posé pour les photographes en compagnie de George W. Bush comme pour mieux affirmer sa "rupture" avec la politique étrangère de Jacques Chirac- a mis en garde contre "une France arrogante".

"Plus jamais, nous ne devons faire de nos désaccords une crise. De nos désaccords, faisons l'occasion d'un dialogue constructif, sans arrogance et sans mise en scène", a-t-il asséné. Une petite phrase qui n'a pas entraîné de réaction officielle de l'Elysée ni de Matignon.

MM. de Villepin et Sarkozy ont, il est vrai, de lourds contentieux. Le premier a toujours imputé sa cuisante défaite sur le CPE à  un lâchage de l'UMP et de son président. Le second reste persuadé de l'implication du Premier ministre dans l'affaire Clearstream, coup monté visant selon lui à  l'abattre.

"C'est la paix armée", minimise le sarkozyste Gérard Longuet qui juge la situation "stimulante" car elle "évite de s'endormir sur ses lauriers".

"Les couteaux ne sont plus tirés comme au printemps. Mais les deux hommes se rendront coup pour coup", prévient toutefois le conseiller d'un ministre.

D'autant que la rivalité entre les deux hommes pourrait se trouver de nouveau exacerbée par la remontée progressive de M. de Villepin dans les sondages.

"Tout est plié" pour la désignation de M. Sarkozy comme candidat de l'UMP, lançait récemment M. Fillon. Les proches du Premier ministre ne l'entendent pas de cette oreille.

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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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