Mardi 30 octobre 2007
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a défendu mardi l'action de son gouvernement lors de la vente d'actions EADS par Lagardère et Daimler au printemps 2006 et a pointé la responsabilité des industriels

Entendu par la Commission des finances du Sénat, il s'est montré particulièrement combatif, défendant "les principes fondamentaux" de l'action stratégique et de "l'action morale".

Il a expliqué que l'Etat attachait une grande importance à l'industrie aéronautique mais a souligné qu'il ne pouvait agir sur EADS que dans un cadre établi. Il a ajouté qu'il ne pouvait pas empêcher Lagardère et Daimler de vendre des actions et qu'une étude avait jugé impossible une préemption par l'Etat.

Les deux actionnaires industriels ont vendu chacun 7,5% du capital en avril 2006 quelques semaines avant l'annonce de nouveaux retards du programme A380, qui a provoqué une chute de 26% du cours de Bourse d'EADS en une seule séance, le 13 juin.

"L'Etat n'a pas vocation à se définir par rapport à telle ou telle occasion et donc il ne l'a pas fait", a dit Dominique de Villepin pour justifier la décision de ne pas vendre alors que, selon lui, Lagardère avait demandé à l'Etat de réduire sa part.

"C'est un mauvais procès qu'on fait à l'Etat de considérer qu'il fallait que nous sachions ce qui se passait dans les usines allemandes alors que l'état-major l'ignorait ou disait l'ignorer", a expliqué l'ancien chef de gouvernement.

"Il y a une responsabilité vraisemblablement mais je ne crois pas qu'il faille aller chercher des poux dans la tête de l'Etat parce qu'il n'y aucune raison de les trouver".

IMPRESSIONNE PAR LA PLUS-VALUE DE LAGARDERE

"En ce qui concerne les industriels, chacun doit assumer sa part de responsabilité", a-t-il dit. "Si nous posons la question aujourd'hui, il faut voir que nous sommes évidemment impressionnés par un certain nombre de faits révélés, la plus-value réalisée par le groupe Lagardère".

Il a expliqué que personne ne pouvait "se substituer à un management" pour savoir ce qui se passe dans une entreprise. "Si une information industrielle n'est pas transmise, rien ne pourra changer cette situation. Je reconnais que cela pose des questions mais cela ne pose pas de questions à l'Etat. Cela pose des questions à ceux qui ont la responsabilité industrielle.

A l'issue de l'audition, qui a duré à peine un peu plus d'une heure, Dominique de Villepin a de nouveau expliqué que la "gouvernance publique" avait bien fonctionné.

"Je crois qu'il était important de ramener les choses à de justes proportions. Aucune critique précise n'a pu être dirigée à l'Etat. L'Etat a fait ce qu'il devait. Qu'il y ait des zones d'ombres sur le plan industriel, sur la lenteur de transmission de certaines informations, c'est une chose. On ne peut pas soupçonner l'Etat dans ce dossier de ne pas avoir fait ce qu'il devait faire conformément aux principes qui ont été posés".

Il a enfin défendu le fonctionnement actuel de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui a acheté une partie des actions EADS cédées par Lagardère et qui subit une moins-value latente sur cet investissement de 600 millions d'euros.

Dominique de Villepin, ardent défenseur du patriotisme économique, a défendu la possibilité pour l'Etat de donner des instructions générales mais a assuré ne pas se mêler de cas particuliers d'investissement par l'organisme public.

"Il faut bien voir que toute remise en cause du schéma tel qu'il est aujourd'hui ferait entrer l'Etat dans une suspicion qui, à mon avis, serait largement plus dommageable", a-t-il dit.

Source: Reuteurs

 
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Jeudi 25 octobre 2007

Des tests ADN à l'ajournement sine die de la proposition de loi sur le financement des partis, une succession de remous agitent les rangs des députés UMP.

Dernier exemple en date, le débat mercredi sur le texte proposé par le Nouveau Centre a tourné au vaudeville à l'intérieur mais aussi à l'extérieur de l'hémicycle du Palais-Bourbon, et n'a pu être mené à son terme.

Le PS et le président de l'UDF-MoDem François Bayrou ont bataillé ferme contre ce qu'ils ont qualifié de "cadeau" fait aux 21 députés ralliés au chef de l'Etat. Les députés socialistes s'étaient mobilisés au point de surpasser en nombre les UMP, qui semblent avoir fait le service minimum.

"Beaucoup de collègues UMP ont fait comme moi. Rester dans leur bureau" plutôt que soutenir dans l'hémicycle ce "texte indécent", a commenté le villepiniste François Goulard, évoquant un "vrai malaise" au sein du groupe.

"Pas mal de députés UMP n'étaient pas très chauds pour faire cette fleur au Nouveau Centre. Ca fait désordre avant les municipales. Heureusement que Le Pen est dans les choux", a renchéri un responsable parlementaire UMP.

Ce nouvel incident est intervenu au lendemain de l'adoption définitive par l'Assemblée --avec une majorité réduite-- du projet de loi Hortefeux sur l'immigration. Après cinq semaines de polémiques autour du recours très controversé aux tests ADN, le texte n'a été adopté que par 282 voix contre 235.

Le vote sur la première partie du budget 2008 avait recueilli, une heure plus tôt, 339 voix. Preuve qu'il y a bien eu défection d'une quarantaine de députés UMP alors que l'orateur du groupe, Eric Ciotti, avait promis l'"unanimité".

Autre sujet de friction, avant même la présentation des propositions du comité Balladur: la réforme des institutions, qui suscite bien des craintes chez les députés mais aussi les sénateurs UMP, qui ne veulent pas entendre parler de proportionnelle, ni de limitation du cumul des mandats.

Arguant d'un calendrier chargé, avec la ratification du nouveau traité européen, gouvernement et majorité évoquent désormais une --éventuelle-- ratification de cette réforme en Congrès après les municipales de mars, et non plus fin janvier.

"Ils ont bien compris qu'ils n'avaient pas la majorité requise des 3/5èmes au Congrès", a souligné mercredi M. Bayrou.

"J'augure que la réforme constitutionnelle ne sera pas bouleversante", s'est déjà félicité le président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan, l'un des plus ardents opposants à une réforme profonde.

La grève des internes contre des mesures restreignant la liberté d'installation des médecins, prévues dans le budget Sécu en discussion à l'Assemblée, a également semé le trouble dans la majorité.

Les députés UMP ont montré leur agacement en supprimant la semaine dernière en commission, le temps d'une nuit, les articles incriminés avant de se résoudre à les rétablir.

"L'affaissement du pouvoir de Matignon se traduit par une forme d'autonomisation des parlementaires UMP", analyse le politologue Dominique Reynié.

"Tous ces flottements sont aussi une façon de marquer des limites vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Ils peuvent être aussi la conséquence d'une absence de vraie doctrine au niveau présidentiel" avec des signaux contradictoires envoyés par l'Elysée, selon M. Reynié.

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Mercredi 17 octobre 2007

Le ton monte, à l'UMP, à l'encontre du petit cercle des députés villepinistes. Mardi 16 octobre, le premier ministre, François Fillon, et le président du groupe à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, ont reproché à François Goulard, député (UMP) du Morbihan, sa présence au meeting organisé dimanche à Paris contre les tests ADN.

"Choquant", "inacceptable" revenaient en boucle dans les propos des responsables de la majorité pour qualifier la démarche de l'ancien ministre de la recherche du gouvernement Villepin, qui avait soutenu la candidature de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle.

"S'ils en sont là...", soupire M. Goulard, préférant éviter d'alimenter la polémique. Son collègue Georges Tron voit au contraire, dans ce rappel à l'ordre, la marque d'une "crispation inacceptable". "Goulard a eu des mots très justes, avec lesquels je suis en totale osmose, indique le député de l'Essonne. On nous explique que, l'ouverture, c'est la liberté d'expression, et c'est toujours contre nous que les attaques sont ciblées."

INFLUENCE LIMITÉE

Mais qui sont ces "nous", qui régulièrement se retrouvent autour de l'ancien premier ministre pour "analyser la situation" ? Les principales figures de cette "amicale", parmi lesquelles Jean-Pierre Grand (Hérault), Jacques Le Guen (Finistère) ou Hervé Mariton (Drôme), s'expriment régulièrement dans les couloirs de l'Assemblée. Ouverture, budget, tests ADN, EADS : autant de sujets sur lesquels ils font entendre une petite musique différente.

"Il n'y a ni volonté d'opposition systématique ni intention de monter un courant", se défend M. Tron, rappelant que, "jusqu'à présent, nous avons voté tous les textes qui nous ont été présentés". "Même si, parfois, nous pouvions considérer qu'il s'agissait plus de textes de circonstance", s'empresse-t-il d'ajouter.

Leur influence reste toutefois limitée. "Ils ne représentent qu'eux-mêmes", tranche Nadine Morano, porte-parole de l'UMP. "Nous sommes aujourd'hui rejoints par des élus qui sont en manque de repères et s'interrogent aussi bien sur la lisibilité de l'ouverture que sur l'efficacité économique de la politique mise en oeuvre", corrige M. Tron. M. Grand assure que les villepinistes "pèsent d'ores et déjà plus que le Nouveau Centre", qui compte 21 députés. Parmi les partisans de l'ex-premier ministre, certains préfèrent s'en tenir à une prudente réserve.

Ainsi, Bruno Le Maire, député de l'Eure, qui fut le directeur du cabinet de M. de Villepin à Matignon, s'abstiendra-t-il sur le texte immigration à cause de l'article sur les tests ADN. "Mais, tient-il à préciser, ce point de principe est une conviction personnelle, qui n'affecte en rien mon soutien à l'action du gouvernement et du président de la République."

 

Patrick Roger

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Lundi 15 octobre 2007

Dominique de Villepin inquiéterait-il l'exécutif ? Alors que l'affrontement à distance entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin s'est poursuivi ces derniers jours sur le terrain de l'affaire EADS (lire page 21), plusieurs membres du gouvernement sont montés hier au créneau pour tenter de décrédibiliser la parole de l'ancien Premier ministre. Eric Woerth, le ministre du Budget, a affirmé hier que Dominique de Villepin n'avait « pas de leçon à donner » en matière de gestion budgétaire puisque « les réformes qu'il avait engagées n'ont pas été appliquées ». « Déjà qu'il ne m'intéressait pas beaucoup quand il était dans les allées du pouvoir alors maintenant qu'il est dans les contre-allées... », a-t-il asséné sur Radio J. « Si vous voulez être audible, c'est bien d'être élu », a renchéri sur Europe 1 le ministre du Travail, Xavier Bertrand. Cela n'a pas empêché l'ancien locataire de Matignon de prendre à nouveau Nicolas Sarkozy pour cible. Au Grand Jury RTL-« Le Figaro »-LCI, il a dit craindre que la rupture promise ne se traduise que par des « demi-réformes », prévenant que l'exonération des heures supplémentaires n'est « pas une mesure miracle » et « ne créera sans doute pas de pouvoir d'achat ». Il a réitéré son opposition aux tests ADN, y voyant un risque d'« instrumentalisation » de l'immigration, déploré « la tentation d'un rapprochement, et peut-être un peu plus, avec l'administration Bush ». Et ironisé sur le bilan de la visite de Nicolas Sarkozy en Russie. « La vie internationale obéit aux règles de la pesanteur. Si on est en apesanteur, on est forcément surpris de la façon dont ça marche. »

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Lundi 15 octobre 2007

L'ancien premier ministre, invité du « Grand Jury » RTL- Le Figaro-LCI, a taillé en pièces la politique du gouvernement.

 
DOMINIQUE DE VILLEPIN se défend sur tous les fronts. Et attaque dans tous les sens. Invité hier du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, l'ancien premier ministre s'est justifié dans l'affaire EADS, en affirmant qu'il n'avait « rien à cacher ». Sur Clearstream, il a développé sa ligne de défense traditionnelle, invitant à « ramener cette affaire à de justes proportions » : il s'agit, selon lui, d'« une affaire industrielle » et pas « politique ». Il a dénoncé une « manoeuvre » de la part de « certains » qui « ont voulu se présenter en victimes ». En clair, il visait Nicolas Sarkozy. Sans jamais le nommer.
 
Une fois de plus, l'ex-chef du gouvernement a fait entendre ses divergences avec la politique et les méthodes du chef de l'État. « On ne peut pas réformer tous azimuts », a-t-il dit. S'il a donné un satisfecit sur la réforme des régimes spéciaux, Villepin a concentré ses attaques sur la réforme institutionnelle et les tests ADN. « On se divise, on divise la majorité, on divise les Français alors qu'on devrait se rassembler sur les réformes économiques et sociales », a-t-il dit.
 
Évoquant les travaux du comité Balladur sur les institutions, il a mis en garde contre une réécriture de l'article 20 de la Constitution aux termes de laquelle ce serait le président de la République qui définirait la politique de la nation, le gouvernement étant chargé de la mettre en oeuvre. « Que se passerait-il en cas de cohabitation ? », s'est-il interrogé en exprimant la crainte que le choix des électeurs soit alors « nié par l'article 20 ».
 
Contre le paquet fiscal
 
Signataire de la pétition de SOS Racisme, Libération et Charlie-Hebdo, il a demandé « le retrait pur et simple » de l'amendement sur les tests ADN qui « ne sera pas efficace » car « on bâtit une usine à gaz », et qui « n'honore pas notre pays ». « Je souhaite qu'il ne soit pas adopté » et, s'il l'était, qu'il soit invalidé par le Conseil constitutionnel, a-t-il dit.
 
Pour la première fois, Villepin a aussi fustigé le paquet fiscal qui « a été fait à contre-pied ». Ce sont « 15 milliards en moins pour faire les vraies réformes », a-t-il accusé. Il a également critiqué la politique étrangère de Sarkozy, lui reprochant son attitude envers la Russie et les « tentations d'un alignement sur l'Administration Bush » : « Chaque fois que la France sort de la politique de l'indépendance nationale et de la politique d'équilibre entre les grands États, elle se trompe. »
Source: le figaro
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Lundi 15 octobre 2007
Dominique de Villepin a refusé dimanche d'endosser le costume du "bouc émissaire" dans le dossier EADS et s'est dit "prêt à rendre compte" de son action, après les déclarations d'Arnaud Lagardère assurant que son groupe avait informé Matignon "dès janvier 2006" de son intention de vendre une part de sa participation au capital d'EADS.

"Sur un certain nombre de dossiers, de la manière la plus évidente, on recherche des boucs émissaires", a-t-il analysé au Grand Jury RTL-"Le Figaro"-LCI. "Il y a la tentation aujourd'hui de vouloir diviser les services de l'Etat", a-t-il jugé, fustigeant un "renvoi de mistigri". "L'art de la défausse est devenu un véritable sport national."

L'ancien Premier ministre s'est dit "prêt" à "rendre compte" de l'action de Matignon dans ce dossier "à tous ceux qui auront la vocation à faire la lumière sur cette affaire", citant la justice et les commissions parlementaires. "Nous n'avons rien à cacher" et "comme Premier ministre, j'assume tout ce qui a été fait à Matignon".

Dominique de Villepin est revenu longuement sur les déclarations d'Arnaud Lagardère. Dans le "JDD", ce dernier explique que son groupe a informé "dès janvier 2006" les services de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin de son intention de vendre une partie de sa participation au capital d'EADS. Il assure notamment que son groupe a adressé à Matignon "un descriptif de l'opération".

"Qu'Arnaud Lagardère précise, qu'il donne des éléments sur les différents points, qui dise clairement les dates, les rendez-vous" et "ainsi la vérité sera faite", a sommé Dominique de Villepin.

"C'est vrai que les services d'Arnaud Lagardère sont venus voir Bercy, puis Matignon (...) pour leur dire: 'voilà, nous envisageons, nous avons l'intention de céder ces titres'", a-t-il dit. "M. Lagardère est d'ailleurs venu à Matignon lui-même pour rencontrer mon directeur de cabinet sur cette opération de cession", a-t-il poursuivi, datant cette rencontre du "début de l'année, en février je crois 2006".

"Le point qui inquiétait et qui interpellait le groupe Lagardère, c'était de savoir si l'Etat lui-même était prêt à vendre, et c'est sur ce point que nous avons nous été interrogés", a-t-il développé. "Je suis moi allé le saluer, je lui ai indiqué de la façon la plus claire que l'Etat n'entendait pas modifier sa stratégie au sein d'EADS".

Pour ce qui concerne la cession des titres de Lagardère dans EADS, "nous ne nous sommes, nous Matignon, jamais intéressés à l'instruction technique de ce dossier, tout simplement parce que ce n'est pas notre responsabilité", a certifié l'ancien hôte de Matignon.

De même, concernant les conditions d'achat de ces titres par la Caisse des dépôts et consignations, "je redis ce que j'ai dit, nous n'avons jamais été informés" par la CDC, a-t-il martelé. "C'est vrai qu'il y a une note mémorandum" du groupe Lagardère "à Bercy au début de l'année 2006, comme aux services de Matignon", a-t-il consenti. "Alors on peut évidemment considérer à partir de cette note que Matignon était informé de l'opération de la Caisse des dépôts. Je trouve ça abusif".

Enfin, concernant l'A380, "à aucun moment nous n'avons été informés de ces difficultés industrielles", a garanti Dominique de Villepin. AP

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Samedi 13 octobre 2007

Ils ne sont qu'une poignée mais ont parfaitement compris que les critiques sont toujours plus relayées lorsqu'elles émanent de la majorité. Plusieurs proches de Dominique de Villepin prennent l'exécutif pour cible.

« Le départ de M. Hortefeux est plus souhaitable que celui de Mme Amara. » L'auteur de ce voeu assassin, formulé hier sur France Inter, n'est pas membre du PS, ni même du Modem. Il a pour nom François Goulard, député UMP et ancien membre du gouvernement Villepin. Depuis septembre, lui et quelques autres, tous proches de l'ancien Premier ministre, multiplient les attaques contre Nicolas Sarkozy et le gouvernement, ciblant avec précision les sujets sensibles : des tests ADN à l'« ouverture », en passant par le manque de maîtrise des déficits publics et « l'absence de rupture dans la politique économique et sociale ».

Ils ne sont qu'une poignée mais ont parfaitement compris que les critiques sont toujours plus relayées lorsqu'elles émanent de la majorité. Ils justifient tous leur attitude par la « liberté » des parlementaires, élus du peuple, comme le président, soulignent-ils en substance. Et veulent croire qu'ils expriment « tout haut ce que beaucoup, à l'UMP, pensent tout bas ».

Leurs motivations sont diverses : question de principes, esprit de revanche, volonté d'exister et parfois un peu des trois. Leur modus operandi sont eux aussi différents. En « franc-tireur », François Goulard est celui qui, le plus calmement du monde assène les coups les plus rudes, jusqu'au coeur même du pouvoir : en jugeant hier que la commission d'enquête parlementaire sur la Libye « a tout à fait le droit d'entendre l'épouse du chef de l'Etat » et en suggérant, la veille, un « favoritisme d'Etat choquant » (l'Elysée s'est senti visé) au profit d'Arnaud Lagardère dans l'affaire EADS. Des attaques dignes d'un Dominique de Villepin ; et pourtant son ancien ministre « ne veut pas s'enfermer dans un club d'anciens combattants ». Question d'efficacité pour celui qui « espère » à terme élargir le front.

Une « ligne jaune »

Georges Tron et Hervé Mariton n'ont pas cette réserve-là : ils se concertent régulièrement, parfois avec Dominique de Villepin. Leurs attaques à eux sont spécialisées : au premier la dénonciation de l'« ouverture », au second les commentaires mordants sur les finances publiques. « Je suis libre mais pas irresponsable. Dans la majorité, il y a une ligne jaune à ne pas franchir », précise Hervé Mariton. Cette « ligne jaune », Jean-Pierre Grand l'a franchie aux yeux de la direction de l'UMP : le député de l'Hérault appelle à voter pour la candidate socialiste aux municipales à Montpellier. Les raisons sont avant tout locales, mais l'élu ne résiste pas au plaisir de justifier ses actes par... « l'ouverture » qui doit se pratiquer « dans les deux sens et pour tout le monde ». Son parti devrait le suspendre dans les jours prochains. Une mesure préférée à l'exclusion pour « ne pas en faire un martyr », dit un proche du chef de l'Etat.

L'Elysée ne peut plus se contenter d'ignorer les villepinistes : Jean-Pierre Grand et Georges Tron, passe encore ; connu et « habile », François Goulard irrite sérieusement ; « plus précautionneux », Hervé Mariton n'est pas considéré comme une cause perdue. Et puis, il y a une agréable surprise, un homme « d'avenir » : Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, très discret depuis son élection dans l'Eure. « Je ne suis pas un homme d'étiquette, j'ai gagné mon autonomie et j'y tiens », explique ce dernier. S'il s'abstient de critiquer les villepinistes, le jeune élu, trente-huit ans, prend garde à ne pas heurter le chef de l'Etat, dont il salue d'ailleurs la politique économique et sociale. « Retenue » et « soutien » sont ses maîtres mots... sauf lorsqu'il s'agit de « cons- cience » : « Je doute fort de l'efficacité et de l'opportunité des tests ADN », a-t-il tenu à préciser hier.

ELSA FREYSSENET ET PIERRE-ALAIN FURBURY
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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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