Lundi 24 avril 2006
Le président UMP de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a critiqué dimanche les propos de Nicolas Sarkozy sur l'immigration et l'a accusé de "courir après un électorat: le plus extrémiste".

"Je ne veux polémiquer avec personne, ce n'est pas ma personnalité, mais je ne reprendrai ni la formulation ni l'esprit de ces phrases", a souligné Jean-Louis Debré lors du Grand Jury "RTL-LCI-Le Figaro".

Samedi, le président de l'UMP avait déclaré devant des centaines de nouveaux adhérents de son parti réunis à Paris: "si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter".

"La politique s'est, pendant longtemps, résumée à des petites phrases totalement inutiles: nos concitoyens en ont assez de ces petites phrases cinglantes qui veulent tout dire et rien dire et on se fait plaisir", a-t-il déploré. "Le vrai problème -c'est là que je crois que le ministre de l'Intérieur a raison- c'est qu'il y a nécessité (de passer) d'une immigration subie à une immigration choisie".

"Je dis des choses voisines" de Nicolas Sarkozy mais "sans blesser et sans vouloir courir après un électorat (...) le plus extrémiste", a lancé le président de l'Assemblée nationale.

Mais "n'oublions jamais que derrière les problèmes, il y a des hommes et des femmes, des gens qui souffrent et qui hélas sont obligés de quitter leur pays alors qu'ils voudraient y rester", a analysé M. Debré. "Essayons de faire cela avec un peu d'humanité."

Interrogé sur la place de Nicolas Sarkozy dans le gouvernement, le député de l'Eure s'est déclaré "inquiet sur le fonctionnement des institutions de la Ve République". "Il y a beaucoup de difficultés dans un gouvernement où le numéro deux est le chef du parti majoritaire et semble avoir en tant que tel une politique différente de celle suivie par le gouvernement auquel il appartient".

"C'est une gymnastique qu'on a bien connue sous la IIIe et la IVe République qui a abouti à une instabilité gouvernementale (...) et au déclin de la France", a prévenu ce proche de Jacques Chirac. "J'ai un peu le sentiment que, dans les déclarations du président de l'UMP, il se permet un certain nombre de critiques à l'égard du Premier ministre ou du gouvernement: ce n'est pas sain."

Le député de l'Eure a d'autre part assuré que Dominique de Villepin pouvait "tout à fait" être candidat à l'élection présidentielle. Par contre, "il ne sait pas" si Jacques Chirac pourrait à nouveau se présenter à la course à l'Elysée.

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Dimanche 23 avril 2006
 

"Dans l'épreuve, je préfère qu'on soit tous ensemble plutôt que se démarquer", a lancé mardi le président UMP de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré au sujet de la crise du CPE.

Ecartant "les polémiques stériles", Jean-Louis Debré a expliqué sur France-Inter préférer "dans la difficulté, dans l'épreuve, ceux qui serrent les rangs et font face ensemble plutôt que ceux qui n'ont qu'une obsession, se démarquer".

"Ceux qui donnent des leçons sont un peu suspects", a ajouté le président de l'Assemblée nationale qui a assuré "ne pas parler de Nicolas Sarkozy".

Le député de l'Eure a jugé qu'"il y a une épreuve on va l'assumer tous ensemble avec un seul souci (...) Il y a un échec des dégâts essayons de faire en sorte que la situation de l'emploi s'améliore".

Le Premier ministre n'a pas "à sa connaissance" envisagé de démissionner, a affirmé Jean-Louis Debré. "Il est fatigué c'est normal, nous sommes tous fatigués".

"Son moral est entier, il est combatif il a reçu une mission du président qui est d'essayer de faire en sorte de lutter chaque jour, à chaque instant contre le chômage", a-t-il assuré. "Il y a une voie qui n'a pas réussi, on va commencer par une autre".

Interrogé sur les marges de manoeuvre de Dominique de Villepin, le président de l'Assemblée a "souhaité que la majorité, le gouvernement, le président, le Premier ministre se mobilisent". "Chaque jour est un jour important".

"De cette crise est née une prise de conscience qui va durer très longtemps: il faut impérativement réformer, retrouver la flexibilité dans le parcours professionnel comme tous les pays du monde", a avancé M. Debré. "De cette crise n'en faisons pas un gâchis".

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Samedi 22 avril 2006

A Chamonix, le premier ministre a affiché sa volonté «d'adapter notre modèle social».

 
Sans mentionner le CPE, Dominique de Villepin s'est dit prêt à «tirer les leçons de ce qui n'a pas marché ou de ce qui a mal marché». (Photo AFP /CHRISTOPHE ENA)  DE SON PROPRE AVEU, c'est pour «reprendre des forces» que Dominique de Villepin s'est rendu hier à Chamonix. Son premier déplacement public depuis que la crise du CPE a interrompu le rite de ses immersions hebdomadaires en France profonde. Sa dernière plongée, le 3 mars, à Marseille, s'était déroulée sans aucun incident. Hier, toutes les conditions étaient réunies pour faire de ce retour sur le terrain le «symbole de la volonté commune d'avancer» que le premier ministre affirme encore ressentir chez les Français.
 
Le lieu, d'abord. Un chalet isolé sur la route des Praz, au pied de l'aiguille du Midi. Un décor grandiose, aux accès facilement contrôlables. L'objectif de la visite, ensuite. Dominique de Villepin a choisi d'honorer de sa présence l'association A chacun son Everest, qui offre depuis 1994 aux enfants et aux adolescents atteints de cancer ou de leucémie un «point de rupture avec la maladie». Sa fondatrice, le médecin et alpiniste Christine Janin, a «cru à une blague» mercredi soir, quand un appel de Matignon a annoncé la visite du premier ministre pour le surlendemain. Jeudi, elle a compris que c'était du sérieux, et elle a tout organisé en moins de vingt-quatre heures. Bernard Accoyer, convoqué lui aussi d'urgence en tant que député de la circonscription voisine, a apprécié en montagnard la performance de Christine Janin : «Ça ne m'étonne pas d'elle. Elle a été la première Française à gravir l'Everest. Le premier Français à l'avoir fait, c'est Pierre Mazeaud. Vous voyez le calibre...»
 
«Essayer de faire mieux»
 
Ce record n'est pas le seul point commun de la fondatrice d'A chacun son Everest et du président du Conseil constitutionnel. Tous deux sont membres des réseaux chiraquiens, même si c'est chacun à sa façon. Jacques Chirac a repéré et aidé le médecin-alpiniste quand il était maire de Paris. Bernadette Chirac a ensuite pris le relais, et Dominique de Villepin était là en tant que secrétaire général de l'Elysée lorsque le chef de l'Etat a remis la Légion d'honneur à sa protégée.
 
En terrain sûr, donc, Domi nique de Villepin a pu discuter à loisir avec une quinzaine de jeunes hôtes de l'association de leurs exploits respectifs. Il a félicité chaudement Jonathan, tout fier du titre de «roi de la culbute» que lui ont valu ses quatre-vingts chutes de la semaine. Sans mentionner le CPE, mais en y pensant très fort, il s'est déclaré prêt lui aussi à «tirer les leçons de ce qui n'a pas marché ou de ce qui a mal marché» et à «essayer de faire mieux». En engageant de nouvelles réformes ? D'abord enthousiaste, le premier ministre a tempéré son ardeur : «Bien sûr, des réformes... Enfin, des réformes... En tout cas, il faut tout faire pour adapter notre modèle social, permettre à notre pays de prendre toute sa place dans l'Europe et dans le monde. C'est la mission que j'ai reçue.»
 
Concrètement, Dominique de Villepin a annoncé son intention de s'appuyer sur le rapport que devait lui rendre officiellement hier après-midi Dominique-Jean Chertier, ex-conseiller social de Jean-Pierre Raffarin, pour «engager au cours des prochains mois des nouvelles actions» en faveur de la «modernisation du dialogue social».
 
Le premier ministre a salué les «idées intéressantes et importantes» de l'homme qui a piloté la réforme des retraites pour Matignon. L'une des mesures suggérées consiste à faire de la négociation entre partenaires sociaux la première étape obligée de toute modification du Code du travail. La proposition figure déjà au programme du candidat Sarkozy, qui l'a présentée lors de son meeting de Douai, le 27 mars, en pleine crise du CPE. Dominique-Jean Chertier fait un pas de plus en préconisant que la primauté des partenaires sociaux soit consacrée par une loi organique. Dominique de Villepin va-t-il en profiter pour griller la politesse au chef de l'UMP ? Il ne l'a pas précisé hier, mais sa volonté de «relever le défi» des Français qui «veulent que les choses changent» n'a apparemment pas été ébranlée par la crise du CPE.
 
 

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Vendredi 21 avril 2006

Dominique de Villepin a reçu vendredi un rapport sur l'amélioration du dialogue social, qui propose notamment des "méthodes plus simples et plus lisibles".

Le Premier ministre avait commandé en décembre un rapport sur les possibilités d'amélioration du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux, et la société civile. Ce rapport sur la "modernisation du dialogue social" a été réalisé par Dominique-Jean Chertier, membre du Conseil économique et social (CES).

Selon un communiqué diffusé vendredi en début de soirée par l'Hôtel Matignon, ce rapport préconise une amélioration via "des méthodes plus simples et plus lisibles compte tenu de la multiplicité des instances spécialisées de consultation et de la lourdeur des procédures".

Le rapport propose notamment "de faire du Conseil économique et social une instance pivot de ce dialogue", et de "simplifier les instances de concertation existantes".

Ce document, selon Matignon, montre également "que la situation de la France contraste avec celle des autres grandes démocraties qui sont parvenues à établir des modalités d'élaboration des normes sociales propres à leur histoire et souvent plus consensuelles qu'en France".

Les services du Premier ministre soulignent que "les enjeux politiques et sociaux" de ce dossier "sont suffisamment importants pour justifier une vaste concertation approfondie des partenaires sociaux et du président du Conseil économique et social".

"Conformément aux préconisations du rapport, le Premier Ministre a dès à présent demandé au secrétariat général du gouvernement de lancer le recensement des instances de consultation existantes", ajoute le communiqué de Matignon. Un autre rapport sur la représentativité et le financement des organisations professionnelles et syndicales, doit être remis à Dominique de Villepin dans les prochains jours.

Ce dernier sujet ne manquera pas de faire débat, alors que plusieurs syndicats -au premier rang desquels l'UNSA, qui a dépassé la barre des 5% aux dernières élections Prudhomales- demandent une réforme de la représentativité pour pouvoir être considérées au même titre que les cinq grandes confédérations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, FO, CGC). AP

god/sb

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Vendredi 21 avril 2006

Le Premier ministre Dominique de Villepin installera mardi à la Sorbonne la Commission nationale chargée d'organiser le débat sur les liens entre université et emploi, a annoncé vendredi le service de presse de Matignon.

Ce "grand débat national" avait été annoncé par le président Jacques Chirac lors de son allocution, le 31 mars, en pleine crise contre le CPE (contrat première emauche).

Il aura pour thèmes "l'orientation, l'information et l'insertion professionnelle", "la professionnalisation des études dans le cadre du cursus +Licence Master Doctorat+" et "l'apprentissage et le développement de l'alternance", a précisé Matignon.

Lors de sa dernière conférence de presse mensuelle, le 6 avril, M. de Villepin avait annoncé que l'organisation du débat serait "confiée au recteur de l'académie de Limoges, Patrick Hetzel".

Selon Matignon, la commission du débat national Université-Emploi "s'appuiera en premier lieu sur les débats qui seront organisés dans les académies" et "rendra un rapport d'étape en juin et ses conclusions au mois d'octobre".

Quatre ministres, Jean-Louis Borloo (Emploi et Cohésion sociale), Gilles de Robien (Education nationale), Gérard Larcher (Emploi) et François Goulard (Recherche) seront présents pour l'installation de la Commission, ainsi que des élus, des représentants du Conseil Economique et Social, des responsables universitaires et des syndicats de salariés et d'étudiants.

Le 10 avril, M. de Villepin avait affirmé qu'il fallait "traiter le problème des universités", dont la crise du CPE a révélé "le malaise profond", et souhaité "davantage de professionnalisation des filières" universitaires.

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Vendredi 21 avril 2006
Dix jours après l'enterrement du contrat première embauche, Dominique de Villepin est venu "reprendre des forces" auprès d'enfants convalescents dans un centre d'accueil de Chamonix (Haute-Savoie) et s'est dit déterminé à "tout faire" pour "continuer à adapter le pays au cours des prochains mois".

"On prend toujours des forces quand on voit des enfants ou des hommes et des femmes qui se battent pour des choses auxquelles ils croient, et qui donnent tout ce qu'ils ont", a-t-il déclaré après une visite du chalet de l'association "A chacun son Everest", centre d'accueil pour enfants malades créé par le médecin alpiniste Christine Janin.

Pour son premier déplacement en province depuis la crise du CPE, le Premier ministre s'est dit prêt à "tout faire" pour "adapter notre pays" et "tirer les leçons" du passé.

Il s'est dit déterminé à "tout faire pour continuer à adapter le pays aux cours des prochains mois. "C'est la mission que j'ai reçue", a-t-il souligné.

"Nous avons beaucoup fait au cours des derniers mois, même si nous avons rencontré des difficultés", a ajouté Dominique de Villepin.

Il a redit sa détermination à "adapter notre modèle social, permettre à notre pays de prendre toute sa place dans l'Europe et dans le monde, faire en sorte que chacun puisse avoir une chance, ne laisser personne au bord du chemin".

"C'est un vrai projet pour la France et c'est un projet, je crois, auquel adhèrent tous les Français", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse improvisée devant le chalet, face au Mont-Blanc.

"Donc nous devons tirer les leçons de ce qui n'a pas marché ou de ce qui a mal marché et essayer de faire mieux", a-t-il insisté. "Il y a beaucoup d'énergie, beaucoup d'enthousiasme, beaucoup d'attente dans notre pays, il faut relever le défi en permanence et cette journée d'aujourd'hui est bien symbolique de cette volonté commune d'avancer".

Le Premier ministre a évoqué le contenu du rapport sur le dialogue social que doit lui remettre à son retour à Paris Dominique Chartier.

Ce document contient selon lui "beaucoup d'idées intéressantes et importantes", qui permettront d'engager "au cours des prochains mois de "nouvelles actions" et "de le faire avec le souci d'un plus grand dialogue, de la plus grande concertation".

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Vendredi 21 avril 2006
Premier déplacement officiel pour le Premier ministre depuis sept semaines, Dominique de Villepin a visité un centre de vacances pour enfants malades.

  Déplacement en province pour Dominique de Villepin (Sipa)
Déplacement en province pour Dominique de Villepin 
 
T rès discret cette semaine, Dominique de Villepin s'est rendu vendredi 21 avril en fin de matinée à Chamonix, en Haute-Savoie, où il a visité, sous un soleil radieux, un centre de vacances accueillant des enfants atteints de cancer ou de leucémie.
Accompagné du ministre de la Santé Xavier Bertrand, le Premier ministre, qui n'a pas fait de déclarations politiques, a déjeuné avec les enfants et les bénévoles du chalet de l'association "A chacun son Everest", qui reçoit de jeunes adolescents malades de 22 centres hospitaliers en France.
Christine Janin, médecin et fondatrice il y a douze ans du centre, s'est déclarée ravie de la visite du chef du gouvernement et du ministre de la Santé, "vraisemblablement" parce que le travail de l'association "dégage une notion d'espoir qui montre que le cancer se guérit et que l'accompagnement est important".
Cette visite en Haute-Savoie est le premier déplacement officiel en province du Premier ministre depuis sept semaines, le dernier ayant eu lieu le 3 mars à Marseille.

"Reprendre des forces"

"C'est l'occasion de reprendre des forces.

On prend toujours des forces quand on voit des enfants ou des hommes et des femmes qui se battent pour des choses auxquelles ils croient et qui donnent tout ce qu'ils ont", a déclaré Dominique Villepin. "On se sent plus fort et meilleur au contact de solidarités comme celles que nous vivons aujourd'hui", a-t-il ajouté. Pressé de questions par les journalistes, le chef du gouvernement a fait une brève allusion à la crise du contrat première embauche : "nous avons beaucoup fait au cours des derniers mois, même si nous avons rencontré des difficultés. Mais nous devons aux Français d'adapter notre modèle social". "Il faut tirer les leçons de ce qui n'a pas marché ou de ce qui a mal marché", a-t-il ajouté, "et essayer de faire mieux".
Dominique de Villepin s'est déclaré "convaincu que les Français veulent que les choses avancent, ils veulent qu'on apporte des solutions aux difficultés, je crois qu'il y a beaucoup d'énergie, beaucoup d'enthousiasme, beaucoup d'attente dans notre pays et il faut relever le défi en permanence".

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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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