Samedi 19 août 2006
Conforté par les bons chiffres du chômage, de la croissance et, vendredi 18 août, par la forte reprise des créations d'emplois dans le secteur marchand, le premier ministre a renoncé à entreprendre une nouvelle réforme globale du marché de l'emploi, comme il l'envisageait encore au printemps.

 

Dominique de Villepin veut désormais ajuster à la marge les dispositifs existants. "On est passé par les épreuves du CPE (contrat première embauche)", reconnaît aussi l'un de ses principaux conseillers. "Avec le CNE (contrat nouvelles embauches>, et la tentative avortée du CPE, on a quand même ouvert un débat de société sur le juste équilibre entre flexibilité et protection. Ce débat reprendra pendant la campagne présidentielle et après l'élection", estime-t-il.

Pour le moment, et plus modestement, "la bataille pour l'emploi se gagne chaque jour", insiste Matignon, qui devrait annoncer de nouvelles mesures, dans le cadre d'une conférence de presse de rentrée sur son programme de travail jusqu'à l'élection présidentielle. Désormais en passe d'être gagnée, considère-t-on au gouvernement, cette bataille de l'emploi se mène aussi depuis l'Elysée. Jacques Chirac, qui inscrit, touche par touche, son retour actif sur la scène politique, a convoqué pour début septembre un conseil restreint sur l'emploi.

D'ici là, les différents ministres en chargés de ce dossier vont confronter leurs réflexions de l'été. Jean-Louis Borloo, le ministre de l'emploi, voit dans les bons chiffres qui se succèdent la consécration d'un an et demi de mise en oeuvre de son plan de cohésion sociale.

Il réclame donc des moyens supplémentaires. Il s'agirait notamment d'élargir l'accès aux contrats aidés existants au profit des populations les plus touchées par le chômage, notamment les jeunes des quartiers en difficulté. Le ministre veut aussi des mesures supplémentaires pour le logement, arguant de la contribution à la création d'emplois du secteur de la construction.

Le ministre de l'économie, Thierry Breton, considère, lui, que c'est la croissance actuelle qui crée l'emploi. "En matière d'emploi, il n'y a pas de fée", déclarait-il dans Le Monde du 12 août, répondant ainsi à M. Borloo, qui s'était lui-même qualifié de "fée Clochette du gouvernement". M. Breton pousse vers de nouveaux mécanismes d'aide à la création d'entreprises, notamment en faveur des chômeurs.

M. de Villepin arbitrera en faveur "de mesures ciblées et symboliques", précise son entourage. Que ce soit dans le domaine de l'emploi, de l'éducation, du pouvoir d'achat, des charges sur les bas salaires, du dialogue social ou de la lutte contre le tabac, il veut pouvoir faire entendre sa voix au sein de son camp dans la campagne électorale.

Le premier ministre a d'ailleurs décidé de faire sa rentrée sur le thème de l'éducation et de l'égalité des chances, et non plus sur le thème spécifique de l'emploi. Devant l'ensemble des recteurs, des inspecteurs généraux et des représentants des chefs d'établissement, jeudi 24 août, il expliquera que "la promesse républicaine de l'égalité des chances s'honore à l'école". De nouveaux dispositifs en faveur de l'accompagnement personnalisé des élèves, de l'aide à la rentrée universitaire et la création d'un service public de l'orientation pourraient être annoncés.

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Jeudi 17 août 2006

Le premier ministre se réjouit du soutien de Nicolas Sarkozy sur le dossier GDF-Suez.

 
Dominique de Villepin s'est accordé quelques jours de vacances supplémentaires. Rentré de Dinard avant le week-end du 15 août, le premier ministre est reparti dans le sud-est de la France pour prolonger cet été réparateur. «Il sera à Matignon en fin de semaine», indique-t-on sobrement dans son entourage. Tout en rappelant qu'il a été «très actif» et présent sur de nombreux dossiers : Liban, canicule, sécheresse, hébergement d'urgence…
 
Au fond du trou avant l'été, le chef du gouvernement a profité de la pause estivale pour panser ses plaies. La bonne gestion de la crise internationale ajoutée à la confirmation de la baisse du chômage et la reprise économique ont fait oublier les déboires du printemps : flop du CPE, tourmente Clearstream, fronde des députés UMP sur le dossier GDF. S'il reste bas dans les sondages, Dominique de Villepin a vu cet été sa popularité repartir à la hausse. Cinq points de plus dans les dernières enquêtes. Les prochaines s'annoncent bonnes également. De quoi espérer une rentrée politique sous de meilleurs auspices.
 
«Déclic psychologique»
 
Supporter de la première heure du chef du gouvernement, le député UMP de l'Hérault Jean-Pierre Grand croit au «déclic psychologique». «Les Français commencent à comprendre que le premier ministre travaille bien et agit en profondeur», estime-t-il. Député UMP de l'Essonne, Georges Tron évoque un «retournement estival». Pour lui, «au fur et à mesure que les résultats tombent, les Français prennent conscience du courage de Villepin». L'accélération de la baisse du chômage comme les bons chiffres de la croissance tombent à pic pour le gouvernement Villepin qui travaille à un nouveau plan en faveur de l'emploi des jeunes sans qualification.
 
Fort des résultats économiques encourageants, il espère retrouver à la rentrée une majorité rassurée et… disciplinée. La fusion GDF-Suez servira de test dès l'ouverture de la session extraordinaire du Parlement, le 7 septembre. Dans ce contexte, le premier ministre a enregistré avec satisfaction le soutien public de Nicolas Sarkozy. Interrogé sur France 2, le président de l'UMP a révélé qu'il avait donné son «accord pour constituer un grand pôle énergétique français». Jusqu'à présent discret sur ce dossier explosif, le numéro deux du gouvernement et probable candidat à la présidentielle a levé l'ambiguïté : «Ce n'est certainement pas à huit mois d'une échéance qu'il faut se diviser. Donc, ce sera le rassemblement.» Les adversaires de la fusion à l'intérieur de l'UMP (Pierre Méhaignerie, Marc-Philippe Daubresse ou Dominique Paillé), sont donc invités à serrer les rangs pour la privatisation de GDF.
 
«L'unité doit être la règle»
 
Voilà qui devrait rassurer Dominique de Villepin. «On est très sensible à la prise de position de Nicolas Sarkozy. Cela clarifie les choses et apaise le climat politique», relève un des principaux collaborateurs du premier ministre. Le chef du gouvernement avait d'ailleurs pris ses distances, dès le week-end dernier, dans un entretien au Journal du dimanche, avec les critiques de ses partisans (François Goulard, Hervé Mariton et Georges Tron) contre la candidature élyséenne de Nicolas Sarkozy. «Si nous voulons mettre toutes les chances de notre côté, l'unité doit être la règle. Les querelles de personnes, non. Le débat d'idées oui», avait anticipé le chef de la majorité.
 
À l'orée de leurs derniers mois de travail en commun, Villepin et Sarkozy ont opté pour un ultime donnant-donnant dans lequel chacun des deux hommes trouve son intérêt. Le premier peut compter sur le soutien total de l'UMP pour passer son projet de privatisation de GDF face à une gauche très mobilisée. Le second signe une sorte de paix armée avec les chiraco-villepinistes jusqu'à sa sortie du gouvernement, toujours programmée en janvier 2007. À Matignon, on place la rentrée politique sous le signe «du «rassemblement et de la complémentarité entre Villepin et Sarkozy. Seul moyen, insiste-t-on, de l'emporter en 2007».
 
Cela implique-t-il que Villepin renonce définitivement à toute ambition élyséenne ? Officiellement, l'homme de Matignon n'est candidat à rien. Officieusement, il n'a rien abdiqué. «La pièce de 2007 n'est pas jouée d'avance. S'en tenir à l'affiche de Ségolène et Nicolas est un peu réducteur», prévient Jean-Pierre Grand. Mais un autre villepiniste se montre plus pessimiste : «Même s'il remonte dans les sondages, je ne crois pas que ça le remette en selle. Je crois plus à une nouvelle candidature de Chirac qui est le grand gagnant de l'été.»
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Jeudi 3 août 2006
Le député UMP Hervé Mariton, proche du Premier ministre Dominique de Villepin, a affirmé jeudi ne "pas être sûr" que Nicolas Sarkozy "soit le meilleur candidat à la présidentielle". "Je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy soit le meilleur candidat. Ce que nous souhaitons mettre au débat, c'est un mieux-disant en terme de programme. S'il conduit à un mieux-disant en terme de candidat, tant mieux", a déclaré le député UMP de la Drôme sur RTL.

 

"Tout ne me convient pas dans le programme de Nicolas Sarkozy", a-t-il poursuivi en évoquant notammant la "distance" marquée par le président de l'UMP "par rapport à la rigueur budgétaire et à la politique de l'euro fort".

 

"On n'est pas sûr d'avoir le candidat de notre choix mais nous aurons notre programme et notre projet", a-t-il ajouté en annonçant que, "sur un certain nombre de sujets", les députés UMP "proposeront, dès la rentrée, des contributions", notamment sur l'Europe et la décentralisation, ou l'évolution du pouvoir d'achat.
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Mardi 1 août 2006
Hier, à Mantes-la-Jolie, le Premier ministre a déclaré que la baisse du chômage ne tenait pas " du hasard ". Il annoncera à la rentrée des mesures en faveur de l'emploi.

La baisse du chômage, ce n'est pas un hasard du calendrier. Elle ne résulte pas de l'évolution démographique comme certains le prétendent [...]. La baisse du chômage, c'est le résultat d'une politique pragmatique et volontariste. " Lors de sa 13e conférence de presse mensuelle, hier à Mantes-la-Jolie, Dominique de Villepin a fait l'éloge de l'action de son gouvernement en faveur de l'emploi. Pour lui, ce sont le plan de cohésion social, l'instauration du contrat nouvelle embauche (CNE) et les initiatives prises pour assurer l'égalité des chances qui expliquent les bons résultats. Quitte, donc, à tordre quelque peu le cou à la réalité en minorant l'impact de la démographie. Car, certes, si l'augmentation de la population active se poursuit, le rythme n'est plus du tout le même : tendanciellement, cette dernière progressait encore de 126.000 en 2003, contre seulement 24.000 nouveaux entrants sur le marché du travail attendus cette année...

Le locataire de Matignon s'est ainsi félicité que le taux de chômage soit revenu à 9 % à la fin du mois de juin, soit un niveau exactement comparable à celui enregistré en mai 2002, lorsque la majorité actuelle est revenue aux affaires. Mais Dominique de Villepin a réitéré sa volonté de ne pas s'arrêter là en souhaitant voir le nombre des demandeurs d'emploi passer sous la barre des deux millions " au début 2007 " (ils étaient 2.186.600 à la fin juin). Pour ce faire, le Premier ministre a confirmé qu'un nouveau train de mesures pour favoriser l'emploi serait annoncé début septembre (voir " La Tribune " du 27 juillet). Ce nouveau plan a d'ailleurs fait l'objet d'un conseil restreint autour du président de la République hier après-midi, puis était inscrit au menu d'un séminaire gouvernemental. On sait en effet que le gouvernement planche sur plusieurs pistes, dont une extension du mécanisme du contrat de transition professionnelle (CTP), l'institution d'un " service public de l'orientation "à destination des jeunes, la mise en place d'une " école du savoir "pour permettre à tous les adultes de disposer de " six savoirs fondamentaux ".

Mais, côté syndical, on s'inquiète aussi de voir le Premier ministre, après l'échec mal digéré du CPE, ressortir l'idée d'un contrat spécifique réservé aux jeunes les moins qualifiés. " Si c'est le cas, il nous retrouvera sur sa route ", prévient Jean-Christophe Le Duigou (CGT). À la CFTC, on se déclare " vigilant ". De fait, après Évreux la semaine dernière, c'est la deuxième fois, hier, que le Premier ministre fait allusion à la nécessité de trouver une solution adaptée aux " moins qualifiés ", soulignant que c'était " l'objet du CPE " mort-né. En réalité, le CPE, qui dispensait l'employeur de motiver pendant deux ans les raisons d'un licenciement, était réservé à tous les jeunes de moins de 25 ans, quel que soit leur niveau de diplôme. Aussi, s'il devait y avoir une nouvelle mesure de ce type, elle viserait manifestement un public plus restreint. Pour autant, l'idée d'un nouveau contrat est loin d'être arrêtée, tant le sujet semble trop polémique. Et, surtout, les ministres " sociaux " de Dominique de Villepin ne sont absolument pas partisans de ce scénario.

En outre, pour relayer le volontarisme social du gouvernement, Dominique de Villepin compte aussi sur un surcroît d'activité. Conscient que la France ne crée pas encore assez d'emplois, il a précisé que rien ne se ferait sans stimuler le dynamisme des PME. Il a à cet égard indiqué que " pour leur permet-tre d'affronter la compétition internationale, je suis notamment fa- vorable à l'instauration au niveau européen d'un quota pour l'accès des PME aux marchés publics ".

Enfin, le Premier ministre a confirmé que, sur instruction du président de la République, une initiative majeure serait prise pour moderniser le " dialogue social ". Il consultera à cet effet les partenaires sociaux dès la rentrée, avant la rédaction d'un projet de loi. L'idée serait de soumettre préalablement et obligatoirement à la concertation du patronat et des syndicats toute initiative modifiant le contenu du Code du travail.

Le conflit sur le CPE, plus que la baisse du chômage, a influencé l'opinion sur la politique gouvernementale (IFOP)

Les conflits sociaux, et notamment celui sur le contrat première embauche (CPE), ont influencé, davantage que la baisse du chômage, le grand public dans son jugement sur la politique économique et sociale du gouvernement, selon une analyse rendue publique mardi par l'IFOP. Ainsi, au moment de la crise du CPE, 47% des Français en février puis 41% d'entre eux en mars ont déclaré que le gouvernement menait une bonne politique économique et sociale, alors que le taux de chômage enregistré durant ces deux mois s'est successivement élevé à 9,6% puis 9,5%. En décembre et en janvier, par exemple, alors que le chômage atteignait de semblables taux (9,5% et 9,6%) et que le CPE n'avait pas encore déclenché un important mouvement de contestation, 48% des personnes interrogées puis 52% avaient estimé que le gouvernement menait une bonne politique économique et sociale, selon des données d'enquêtes de l'IFOP. Contrairement à son ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, le Premier ministre Dominique de Villepin a été "directement et durement affecté par le conflit du CPE et la dégradation perçue de la politique économique et sociale du gouvernement", souligne l'IFOP. Durant la crise du CPE, le chef du gouvernement a ainsi vu sa cote de popularité dégringoler de 52% en février à 41% en mars puis à 29% en avril, tandis que celle de M. Borloo est restée stable à 58% en février et 57% en mars avant de grimper à 60% en avril.

par rezeid publié dans : Conférences de presse
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Mardi 1 août 2006
Après la timide progression de 2004 (+48.800 postes), la reprise de l'emploi s'est consolidée en 2005 avec 107.800 postes supplémentaires, soit une hausse de 0,7% sur un an, rapporte mardi l'Unédic.
Ces résultats sont à rapprocher de l'augmentation du Produit intérieur brut (PIB) qui n'a pas dépassé 1,2% sur l'année 2005 alors qu'elle avait atteint 2,0% en 2004, souligne l'Unédic dans un communiqué.
La hausse de l'emploi observée en 2005 porte à 15.977.870 le nombre de salariés des secteurs concurrentiels au 31 décembre 2005, niveau jamais atteint jusqu'alors.
Ce sont dans les établissements de 10 à 19 salariés que le taux d'évolution de l'emploi a été le plus élevé (+2,3 %, soit +42.200 salariés). Les établissements de 5 à 19 salariés ont eux concentré un peu plus de la moitié des créations nettes d'emplois en 2005 (+1,5 % sur un an, soit +55 000 salariés) alors qu'ils ne représentent que 23,9% des actifs salariés.
Comme en 2004, la progression des effectifs dans les services et la construction a plus que compensé le recul observé dans le secteur industriel: ce dernier a affiché une baisse de 2,4% (-85.700 postes). En revanche, le secteur de la construction a poursuivi sa progression (+3,5% par rapport au 31 décembre 2004, +45.400 salariés), contribuant pour un quart aux créations nettes d'emplois sur un an. De son côté, le tertiaire a enregistré une croissance de 1,3% (+147.400 salariés).
En relation avec ces évolutions, l'emploi féminin a progressé de 0,8% (+54.800 salariés) tandis que l'emploi masculin augmentait de 0,6% (+53.000 postes). Ce qui porte la part des femmes dans l'emploi à 43,2% de la population salariée. Une proportion qui a gagné plus de six points depuis 1981.
Sur un plan géographique, un peu plus de la moitié des régions ont créé des emplois l'an dernier. Parmi elles, les plus créatrices d'emplois se situent principalement sur un grand arc Atlantique-Méditerranée qui, globalement, voit son emploi progresser de 1,7%.
En tête, figurent la Corse (+3,7%), le Languedoc-Roussillon (+2,1%), Midi-Pyrénées (+2,0%), Provence-Alpes-Côte d'Azur (+1,6%), l'Aquitaine (+1,4%) ainsi que les régions Pays de la Loire (+1,2%) et Bretagne (+1,1%). A l'autre bout de l'échelle, on trouve les régions Franche-Comté (-0,7%), Champagne-Ardenne et Lorraine (-0,6% chacune) et Nord-Pas-de-Calais (-0,5%).
Par ailleurs, l'emploi salarié progresse globalement de 2,4% dans les départements d'Outre-mer, avec des différences entre la Réunion (+3,8%), la Guyane (+3,4%), la Martinique (+1,9%) et la Guadeloupe (+0,6%).
par rezeid publié dans : Emploi
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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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