L'économiste américain, pape du libéralisme, est décédé jeudi à l'âge de 94 ans.
Le grand économiste du libre marché, Milton Friedman, est mort d'une attaque cardiaque après avoir été transporté à l'hôpital près de sa demeure de San Francisco. Il était le pape du désengagement de l'Etat dans la vie économique et avait reçu le prix Nobel d'économie en 1976.
Milton Friedman aimait jouer les provocateurs. Peu d'économistes ont inspiré autant de controverses. "S'il faut privatiser ou élaguer une activité publique, faites-le complètement. Ne recherchez pas un compromis grâce à une privatisation ou à une réduction partielle du contrôle étatique", déclarait-il.
L'ancien professeur de Chicago qui, depuis 1977, était devenu le gourou de l'Institut Hoover à l'université de Stanford en Californie, était né le 31 juillet 1912 à New York. Cadet d'une famille juive de quatre enfants, venue d'Ukraine, Milton Friedman a vécu ses premières années dans le New Jersey.
Inspirateur de la politique économique de Ronald Reagan
Il était surtout connu pour avoir fondé en 1948 l'Ecole de Chicago, une équipe de purs et durs du libéralisme, qui inspira notamment la doctrine économique des dictateurs en Amérique latine, comme au Chili. La reconnaissance de l'opinion se fait dans les années 1962-1964, et il devient le grand inspirateur de la politique économique de Ronald Reagan, dont il était le conseiller. Cependant, Milton Friedman a toujours refusé toute position gouvernementale.
Ses analyses ne s'étaient pas limitées aux Etats-Unis. Ainsi, selon lui, la monnaie unique européenne était une erreur et il estimait que l'euro ne survivrait pas longtemps à sa création.
Milton Friedman a mené de nombreux combats concernant, en particulier, la limitation des dépenses publiques, l'introduction de la liberté de choix dans le domaine de l'éducation, la réforme monétaire ou la libéralisation de la drogue. Il était auteur de nombreux ouvrages, tels que "La théorie quantitative de la monnaie" et "La tyrannie du statut quo".
par rezeid
publié dans :
Divers
0
recommander
L'UMP était censée jeudi débattre de son projet pour les législatives. Le conseil national du parti majoritaire a donné lieu jeudi matin à une explication frontale entre Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie sur fond d'ambitions rivales pour l'élection présidentielle.
La ministre de la Défense, qui envisage d'être candidate contre le président de l'UMP pour défendre les valeurs gaullistes, y compris en dehors du parti, a pris ses distances avec le projet de l'UMP.
Dans un discours très incisif prononcé dans un silence glacial et salué par un mélange d'applaudissements et de huées, "MAM" a critiqué le projet du parti sur deux points, les institutions et la discrimination positive.
Le président de la République "n'est pas le président du peuple de gauche ou du peuple de droite. Il n'est pas le président d'un parti politique. Il est le président des Français", a-t-elle ainsi lancé devant un Nicolas Sarkozy impassible. "Il n'est pas un super-ministre."
La ministre de la Défense a par ailleurs redit son opposition à la discrimination positive prônée par le président de l'UMP, qui revient selon elle à "faire passer l'appartenance à une communauté avant la prise en considération des besoins de la personne".
Sans nommer le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Michèle Alliot-Marie a reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir "trop souvent braqué la jeunesse" depuis 2002 par ses déclarations contre les jeunes des banlieues. "Trop souvent nous avons laissé s'insinuer l'idée pernicieuse qu'un jeune était un délinquant en puissance ou en devenir", a-t-elle lâché.
La ministre de la Défense a également reproché à Nicolas Sarkozy de "calquer" son programme sur les envies des Français, à l'image de la socialiste Ségolène Royal. "La politique, ce n'est pas le copier-coller de l'Ifop ou de la Sofres", a-t-elle dit.
Nicolas Sarkozy a répliqué sèchement au discours de sa rivale. "Le combat, c'est contre nos adversaires, à l'extérieur de notre famille politique", a lâché le président de l'UMP.
Le président de l'UMP a persisté et signé dans ses propositions et son discours sur les jeunes. "Je continuerai à parler comme cela", a-t-il prévenu, déplorant que personne n'ait élevé la voix pour "parler au nom" de Mama Galledou, brûlée dans un bus à Marseille.
Il a défendu la discrimination positive, "seule façon de faire reculer les injustices". "Ne pas reconnaître que dans notre pays la France il y a du racisme, ce n'est pas voir la réalité telle qu'elle est", a déclaré M. Sarkozy.
Le président de l'UMP a aussi maintenu ses propositions d'évolution des institutions. Le projet de l'UMP qui devait être adopté dans l'après-midi par le conseil national propose notamment de limiter à deux le nombre des mandats du chef de l'Etat et de lui permettre d'expliquer sa politique devant le Parlement.
"Je ne pense pas qu'on déplace 40 millions d'électeurs pour leur demander d'élire un président-arbitre qui regarde passer les balles et qui commente de temps en temps", a lancé M. Sarkozy.
Le président de l'UMP a cependant affirmé qu'il ne devait pas y avoir de "combat" au sein du parti. "Il peut y avoir une concurrence, mais cette concurrence ne dégénèrera jamais en combat pour la raison simple: on aura besoin de tout le monde, parce que comme Michèle Alliot-Marie, moi je veux gagner", a conclu M. Sarkozy sous un tonnerre d'applaudissements. Michèle Alliot-Marie, attendue à Gérone (Espagne) au 19e sommet franco-espagnol, a alors quitté la salle.
Les intervenants qui se sont succédé à la tribune tout au long de la matinée ont multiplié les appels à l'union, donnant raison à Nicolas Sarkozy. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a ainsi exhorté l'UMP à ne pas "tomber de le piège de la division" qui aboutirait à "l'échec" lors de l'élection présidentielle.
"C'est aux socialistes que nous devons nous en prendre plutôt qu'à nous-mêmes", a rappelé Edouard Balladur. Dans une allusion à la présidentielle de 1995, l'ancien Premier ministre a mis en garde les chiraquiens contre un "comportement dont la répétition serait destructrice".
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a lui aussi invité les chiraquiens "à cesser d'envoyer ses flèches contre leur propre camp". "Deux candidats de l'UMP au premier tour de l'élection présidentielle, c'est forcément zéro candidat UMP au second tour", a-t-il averti.
Après Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin, dont l'intervention était prévue en milieu d'après-midi, devait lui aussi faire entendre sa différence.
par rezeid
publié dans :
Divers
2
recommander
Mercredi 15 novembre 2006
Exclusif. Jacques Jacques Chirac candidat pour un troisième mandat ? Déjà, la première dame de France y travaille, car "la messe n’est pas dite".
| |
 Bernadette et Jacques Chirac (AP) |
E lle reçoit, élégante en tailleur bleu nuit avec châle de cachemire et soie assorti, dans son bureau dont les fenêtres ouvrent sur les petits hôtels particuliers de la rue de l’Elysée. "C’est celui qu’occupait Danielle Mitterrand", précise Bernadette Chirac. Elle a réchauffé à sa manière cet ancien dressing de Napoléon III, avec de lourds rideaux de soie rouge foncé, des couleurs, des coussins soyeux. Danielle, Bernadette… Naturellement, comme une évidence, la conversation s’engage sur les femmes.N’avait-elle pas annoncé en février dernier, lors d’un voyage officiel en Inde, que "l’heure des femmes" avait "sonné" ? "N’avais-je pas raison ? Ca pousse. Regardez. Angela Merkel, Tarja Halonen -présidente de la Finlande- Hillary Clinton, si remarquablement intelligente. J’espère qu’elle y arrivera. Elle sera un drapeau qui se lève pour toutes les autres dans le monde."
Royal est "la première à avoir levé le drapeau"
Et en France ? Pour l’épouse du président de la République, "Ségolène Royal" est, chez nous, "la première à avoir levé le drapeau". Il y en eut d’autres pourtant.
Arlette Laguiller, par exemple. "Oui, c’est vrai, je l’oubliais, mais ce n’est pas pareil, elle fait partie des meubles". Et Marie-France Garaud, ancienne conseillère de Pompidou puis de Chirac à Matignon, qui fut candidate à l’élection présidentielle de 1981 ? Petit silence. Moue dubitative, regard éloquent. "Ah, elle ! Oui, c’est vrai." On évoque quelques souvenirs, notamment cette retentissante interview que Bernadette Chirac donna en 1979 au magazine Elle et qui contribua au départ de cette "mère Joseph" qu’elle jugeait nuisible à la carrière de Jacques."Vous savez, à l’époque, j’avais demandé la permission à mon mari de parler à une journaliste, chose que je ne fais plus aujourd’hui"…
Le phénomène Ségolène n’étonne pas Bernadette Chirac. "Elle a un look, elle est très photogénique, il faut le reconnaître. Vous savez, le fait d’être une femme ne suffit pas pour s’imposer mais c’est important, cela joue dans le subconscient de toutes les autres".Très attachée aux valeurs de la famille, la femme du chef de l’Etat se retrouve-t-elle dans certains des combats de la candidate à l’investiture du PS ? La réponse fuse, très politique : "Vous ne pouvez pas demander à la femme de Jacques Chirac de devenir une militante socialiste". Et MAM qu’on allait oublier ? "Elle est très bien. Très bien." Ce sera tout sur la ministre de la Défense.
"Sa décision sera importantissime"
Et les hommes dans cette élection présidentielle ? Le sien, par exemple ? Jacques Chirac pourrait-il se représenter ? "Il est trop tôt pour le dire.
Nous ne sommes qu’en novembre. On verra les choses plus nettement au premier trimestre. Quelle que soit sa décision, elle sera importantissime, mais ce sera la sienne. C’est une chose qu’il ne partage pas avec moi. C’est le choix d’un homme, pas d’un couple."
Sans doute. Mais depuis plusieurs années, l’épouse du président de la République, conseillère générale de Sarran en Corrèze, s’est affirmée comme une vraie femme politique.
On se souvient de sa prise de position contre le Pacs, de sa prescience avant le 21 avril 2002 lorsqu’elle avait senti sur le terrain la montée de Jean-Marie Le Pen, ce qui avait bluffé son président de mari.
Elle a peut-être sa propre idée sur la candidature de Jacques Chirac ? "Ah, vous savez, moi je suis une battante ! Je suis très fière d’être la femme du président de la République. J’aime cette vie, je ne m’en cache pas. Jamais vous ne m’entendrez dire le contraire. J’ai eu beaucoup de chance. Toute ma vie, j’ai essayé de faire honneur à mon mari et à la France.
J’ai du reste beaucoup appris. J’aime cette vie parce qu’on y rencontre des gens passionnants, cultivés, intelligents, engagés, des hommes et des femmes qui s’efforcent de servir l’intérêt général, qui réalisent de grands projets et qui façonnent le destin de leur pays."
En campagne pour deux
L’atmosphère ouatée était trompeuse. On se croyait dans un boudoir. On est dans un QG. Bernadette Chirac est entrée en campagne. Elle dit "Guerre à Le Pen, oui, guerre à Le Pen", en levant le poing, au souvenir funeste du 21 avril 2002.
Assurée, avec une impeccable maîtrise de son verbe, elle est très politique, très contrôlée. Elle sait jusqu’où ne pas aller trop loin. Elle est en campagne pour deux. Pour son mari. Et pour elle.
"Je resterai conseillère générale. Je suis élue jusqu’en 2010." Se présentera-t-elle aux élections sénatoriales comme elle l’avait envisagé il y a quelques mois ? Lorsqu’elle avait évoqué cette hypothèse devant le président, il lui avait dit : "Vous êtes la première dame de France, cela vous suffit. Si vous vous présentez, on dira que les Chirac veulent tout".
Le Sénat, elle y songe encore, pourtant. "Je vous l’ai dit, je suis une battante. On verra, on verra bien –elle lève le doigt dans un geste de défi- si je suis encore bonne à quelque chose. On verra après." Après quoi ? Après la présidentielle, bien sûr !
Bernadette Chirac s’échauffe, hausse le ton. "On n’est pas dans l’après. Il y a trop de gens qui croient qu’on est déjà dans l’après." C’est pour ça, raconte-t-elle que, récemment dans un déjeuner de femmes, elle a dit "J’y suis, j’y reste".
Le 14 juillet dernier, lors de la garden-party à l’Elysée, un familier de la maison était venu la saluer et lui souhaiter "bon courage pour les mois à venir". Elle, du tac au tac : "Pourquoi les mois, les années plutôt. La messe n’est pas dite." Et elle avait répété pour que son interlocuteur comprenne bien : "La messe n’est pas dite". Ce samedi de novembre, lorsqu’elle reçoit le Nouvel Observateur, elle enfonce le clou. "Vous savez, on peut avoir des surprises. La situation du monde est complexe. Et parfois, cela bouscule tout…"
"Cinq ans, c’est bien court"
Pour ceux qui auraient encore des doutes malgré l’hyperactivité et l’omniprésence du président de la République depuis quatre mois, les voilà levés. Jacques Chirac est donc bien en campagne, lui aussi ? "On le dit…", sourit-elle. "Vous savez, mon mari est très populaire. En province, je le vois bien. C’est le destin de la France qui est aujourd’hui en question et il y est attaché." Et elle poursuit, avec un art consommé de l’ambiguïté : "Cinq ans, c’est bien court"… Manière de plaider pour cinq petites années supplémentaires ? Non, on se méprend.
En fait, partisante convaincue du septennat, elle voulait parler des méfaits du quinquennat en général. "Cinq ans, c’est très court. Il faut apprendre ce métier. Il y faut un savoir-faire, une expérience. Cela ne s’improvise pas."
Au printemps dernier, l’épouse du chef de l’Etat se préoccupait d’abord de ménager la santé de son mari après son accident vasculaire cérébral et excluait devant ses interlocuteurs toute hypothèse d’une nouvelle candidature. Ce temps là est révolu.
"Vous avez vu comme il est en forme ?" Elle s’énerve tout d’un coup : "Mon mari n’est pas gâteux ! Quand je lis ce que je lis parfois, c’est honteux". On insiste. Un troisième mandat tout de même… Même François Mitterrand n’en a fait que deux ! "Oui, mais de sept ans. Et quel âge avait-il lorsqu’il s’est représenté ?" Mitterrand avait alors 72 ans. Chirac en aura 74 dans deux semaines.
L’"après", cet "après" honni, l’avenir hors de l’Elysée, Bernadette Chirac accepte pourtant de l’évoquer. "Ce sera difficile dans un premier temps. Vous savez, quand on aime la chose publique, quand on aime gouverner… Si ça doit s’arrêter là, il fera autre chose. Il fera tout ce qu’il n’a pas eu le temps de faire jusqu’ici. Chacun connaît son amour de l’art. Il voyagera." Mais ce n’était là qu’une brève, très brève concession au principe de réalité. La femme du chef de l’Etat coupe court et se reprend très vite. A l’idée que Jacques Chirac pourrait siéger au Conseil constitutionnel – avec Giscard !- la voilà remontée à nouveau. "Oui, il ira. Dans cinq ans !" Et elle répète : "Vous m’entendez. Dans cinq ans"… On ne saurait être plus clair.
Bernadette Chirac se lève. "Dès que mon mari aura annoncé sa décision, quelle qu’elle soit, je serai en campagne". On avait cru le comprendre.
par rezeid
publié dans :
Divers
1
recommander
Commentaires