Jeudi 16 novembre 2006
Le Premier ministre Dominique de Villepin sera l'invité de l'émission "Ripostes" présentée en direct par Serge Moati sur France 5 le 19 novembre, à partir de 17H25, annonce un communiqué de la chaîne publié mardi.La chaîne précise que cette émission sera réalisée en partenariat avec "Le Figaro Magazine" et que la rédactrice en chef du service politique du "Figaro Magazine", Sylvie Pierre-Brossolette, sera en plateau avec Serge Moati pour analyser le baromètre présidentiel réalisé par TNS Sofres pour "Le Figaro Magazine" et France 5.

 

L'émission du 19 novembre, avec Dominique de Villepin, inaugure une série de cinq émissions exceptionnelles de "Ripostes", d'une durée de 85 minutes, autour des principales personnalités politiques françaises.
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Jeudi 16 novembre 2006
Dominique de Villepin a mis en garde jeudi Nicolas Sarkozy et l'UMP contre la tentation d'imiter le Parti socialiste et de "figer les choses" en se lançant trop rapidement dans la course à l'élection présidentielle.
Le Premier ministre a cultivé l'ambiguïté sur sa propre candidature dans une brève intervention devant le conseil national de l'UMP.
"Le moment est-il venu de figer les choses? Nous devons avancer ensemble, étape par étape. Avancer sur notre projet, avancer sur nos idées sur la base de la réflexion qui a été menée", a déclaré M. de Villepin.
"Gardons-nous là aussi d'imiter le Parti socialiste: la route sera longue pour la candidate ou le candidat qui sera désigné la semaine prochaine", a ajouté le Premier ministre.
"Face à cela, il est impératif de poursuivre le débat, il est impératif d'aller toujours plus loin dans nos propositions pour prendre en compte la réalité de ce que vivent les Français et leur apporter des réponses", a souligné M. de Villepin.
Dans ce débat, "aucune prise de parole n'est illégitime, aucune position n'est dissidente dès lors que nous obéissons à une règle claire: formuler des propositions utiles et constructives, faire gagner celui ou celle qui sera la mieux placé le moment venu", a averti le chef du gouvernement, ajoutant que "le débat n'est pas un risque".
Dominique de Villepin a redit son opposition à des primaires à l'intérieur de l'UMP sur le modèle de celles du PS. "Nous sommes engagés dans l'action au service des Français: nous ne pouvons pas nous distraire de nos responsabilités", a-t-il dit. Mais celui qui pourrait se présenter en dehors de l'UMP n'a rien dit de ses propres intentions.
Défendant son bilan, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de "ne pas jeter aux orties tout le travail accompli" depuis 2002. Ce bilan "donne du poids à nos paroles, de la crédibilité à nos propositions", a-t-il dit.
Le chef du gouvernement a promis de "mettre toute son énergie au service de la victoire".
Contrairement à Michèle Alliot-Marie, le Premier ministre a été applaudi par le conseil national de l'UMP. Pas avare de compliments, Dominique de Villepin a il est vrai salué "l'énergie", la "créativité" et "l'enthousiasme" de Nicolas Sarkozy.
Le président de l'UMP s'est de son côté dit "très heureux" d'accueillir le chef du gouvernement. "Je suis heureux qu'il soit ici dans sa famille politique. Il peut être fier du travail qu'il fait depuis que Jacques Chirac lui a confié le gouvernement de la France", a dit Nicolas Sarkozy.
Soucieux de démentir toute tension avec le Premier ministre, il a précisé que le moment de l'intervention de Dominique de Villepin au conseil national avait été fixé "en plein accord" avec lui. Prévu initialement dans la matinée, le discours de M. de Villepin a été décalé dans l'après-midi à la demande du Premier ministre, selon l'entourage du président de l'UMP.
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Jeudi 16 novembre 2006

L'économiste américain, pape du libéralisme, est décédé jeudi à l'âge de 94 ans.

 
Le grand économiste du libre marché, Milton Friedman, est mort d'une attaque cardiaque après avoir été transporté à l'hôpital près de sa demeure de San Francisco. Il était le pape du désengagement de l'Etat dans la vie économique et avait reçu le prix Nobel d'économie en 1976.
 
Milton Friedman aimait jouer les provocateurs. Peu d'économistes ont inspiré autant de controverses. "S'il faut privatiser ou élaguer une activité publique, faites-le complètement. Ne recherchez pas un compromis grâce à une privatisation ou à une réduction partielle du contrôle étatique", déclarait-il.
 
L'ancien professeur de Chicago qui, depuis 1977, était devenu le gourou de l'Institut Hoover à l'université de Stanford en Californie, était né le 31 juillet 1912 à New York. Cadet d'une famille juive de quatre enfants, venue d'Ukraine, Milton Friedman a vécu ses premières années dans le New Jersey.
 
Inspirateur de la politique économique de Ronald Reagan
 
Il était surtout connu pour avoir fondé en 1948 l'Ecole de Chicago, une équipe de purs et durs du libéralisme, qui inspira notamment la doctrine économique des dictateurs en Amérique latine, comme au Chili. La reconnaissance de l'opinion se fait dans les années 1962-1964, et il devient le grand inspirateur de la politique économique de Ronald Reagan, dont il était le conseiller. Cependant, Milton Friedman a toujours refusé toute position gouvernementale.
 
Ses analyses ne s'étaient pas limitées aux Etats-Unis. Ainsi, selon lui, la monnaie unique européenne était une erreur et il estimait que l'euro ne survivrait pas longtemps à sa création.
 
Milton Friedman a mené de nombreux combats concernant, en particulier, la limitation des dépenses publiques, l'introduction de la liberté de choix dans le domaine de l'éducation, la réforme monétaire ou la libéralisation de la drogue. Il était auteur de nombreux ouvrages, tels que "La théorie quantitative de la monnaie" et "La tyrannie du statut quo".
 
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Jeudi 16 novembre 2006

L'UMP était censée jeudi débattre de son projet pour les législatives. Le conseil national du parti majoritaire a donné lieu jeudi matin à une explication frontale entre Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie sur fond d'ambitions rivales pour l'élection présidentielle.
La ministre de la Défense, qui envisage d'être candidate contre le président de l'UMP pour défendre les valeurs gaullistes, y compris en dehors du parti, a pris ses distances avec le projet de l'UMP.
Dans un discours très incisif prononcé dans un silence glacial et salué par un mélange d'applaudissements et de huées, "MAM" a critiqué le projet du parti sur deux points, les institutions et la discrimination positive.
Le président de la République "n'est pas le président du peuple de gauche ou du peuple de droite. Il n'est pas le président d'un parti politique. Il est le président des Français", a-t-elle ainsi lancé devant un Nicolas Sarkozy impassible. "Il n'est pas un super-ministre."
La ministre de la Défense a par ailleurs redit son opposition à la discrimination positive prônée par le président de l'UMP, qui revient selon elle à "faire passer l'appartenance à une communauté avant la prise en considération des besoins de la personne".
Sans nommer le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Michèle Alliot-Marie a reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir "trop souvent braqué la jeunesse" depuis 2002 par ses déclarations contre les jeunes des banlieues. "Trop souvent nous avons laissé s'insinuer l'idée pernicieuse qu'un jeune était un délinquant en puissance ou en devenir", a-t-elle lâché.
La ministre de la Défense a également reproché à Nicolas Sarkozy de "calquer" son programme sur les envies des Français, à l'image de la socialiste Ségolène Royal. "La politique, ce n'est pas le copier-coller de l'Ifop ou de la Sofres", a-t-elle dit.
Nicolas Sarkozy a répliqué sèchement au discours de sa rivale. "Le combat, c'est contre nos adversaires, à l'extérieur de notre famille politique", a lâché le président de l'UMP.
Le président de l'UMP a persisté et signé dans ses propositions et son discours sur les jeunes. "Je continuerai à parler comme cela", a-t-il prévenu, déplorant que personne n'ait élevé la voix pour "parler au nom" de Mama Galledou, brûlée dans un bus à Marseille.
Il a défendu la discrimination positive, "seule façon de faire reculer les injustices". "Ne pas reconnaître que dans notre pays la France il y a du racisme, ce n'est pas voir la réalité telle qu'elle est", a déclaré M. Sarkozy.
Le président de l'UMP a aussi maintenu ses propositions d'évolution des institutions. Le projet de l'UMP qui devait être adopté dans l'après-midi par le conseil national propose notamment de limiter à deux le nombre des mandats du chef de l'Etat et de lui permettre d'expliquer sa politique devant le Parlement.
"Je ne pense pas qu'on déplace 40 millions d'électeurs pour leur demander d'élire un président-arbitre qui regarde passer les balles et qui commente de temps en temps", a lancé M. Sarkozy.
Le président de l'UMP a cependant affirmé qu'il ne devait pas y avoir de "combat" au sein du parti. "Il peut y avoir une concurrence, mais cette concurrence ne dégénèrera jamais en combat pour la raison simple: on aura besoin de tout le monde, parce que comme Michèle Alliot-Marie, moi je veux gagner", a conclu M. Sarkozy sous un tonnerre d'applaudissements. Michèle Alliot-Marie, attendue à Gérone (Espagne) au 19e sommet franco-espagnol, a alors quitté la salle.
Les intervenants qui se sont succédé à la tribune tout au long de la matinée ont multiplié les appels à l'union, donnant raison à Nicolas Sarkozy. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a ainsi exhorté l'UMP à ne pas "tomber de le piège de la division" qui aboutirait à "l'échec" lors de l'élection présidentielle.
"C'est aux socialistes que nous devons nous en prendre plutôt qu'à nous-mêmes", a rappelé Edouard Balladur. Dans une allusion à la présidentielle de 1995, l'ancien Premier ministre a mis en garde les chiraquiens contre un "comportement dont la répétition serait destructrice".
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a lui aussi invité les chiraquiens "à cesser d'envoyer ses flèches contre leur propre camp". "Deux candidats de l'UMP au premier tour de l'élection présidentielle, c'est forcément zéro candidat UMP au second tour", a-t-il averti.
Après Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin, dont l'intervention était prévue en milieu d'après-midi, devait lui aussi faire entendre sa différence.

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Jeudi 16 novembre 2006
Cejeudi 16 novembre, Dominique de Villepin doit s'exprimer devant le Conseil National de l'UMP pour un discours "important, où il va dire des choses", notamment sur certains points du programme du Parti.
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Jeudi 16 novembre 2006
Le Conseil National de l’UMP, qui se déroule aujourd’hui, est un moment important pour notre famille politique majoritaire et de ce fait aussi, un moment important pour le débat démocratique dans notre pays. L’UMP est un grand rassemblement issu de l’union des familles gaulliste, libérale, centriste et républicaine. Depuis quatre ans, transcendant ces familles, des sensibilités diverses mais fortes s’expriment au sein de l’Union, lui donnant une grande richesse et des atouts politiques nouveaux.
 
En raison de cette diversité même, le projet de l’UMP est celui qui a le plus de chances de convenir à l’ensemble des Français, à la condition que nous renforcions notre union. Notre projet pour les législatives sera présenté le 16 novembre : il se doit de rassembler toutes les sensibilités. Celle à laquelle j’appartiens doit être mieux entendue.
 
Nous devons en effet nous rassembler, car nous avons un impératif de victoire en 2007. Le retour des socialistes signifierait la rechute.
 
Pourquoi vouloir remettre en selle des méthodes qui n’ont pas marché ?
 
Pourquoi promettre l’augmentation des prélèvements obligatoires, pour les entreprises et les ménages, alors que l’économie française a retrouvé le chemin de la croissance et de l’emploi ?
 
Dès 1998, à l’initiative de Michel Barnier, Jacques Barrot, de Dominique Perben et de Jean-Pierre Raffarin, s’est créé Dialogue & Initiative, une plate-forme politique qui fut la première maquette de l’Union pour un Mouvement Populaire avec l’Union en Mouvement. Comptant aujourd’hui parmi ses membres une dizaine de Ministres, une centaine de Députés et de Sénateurs, Dialogue & Initiative a structuré ses travaux autour de dix convictions initiales, puis de vingt-cinq propositions.
 
L’identité de la France doit rester le socle de notre action. La première nécessité du prochain quinquennat sera de redonner sens aux composantes essentielles de notre identité : les Chrétiens ont construit notre assise spirituelle sur l’amour, qui deviendra la fraternité, les penseurs des Lumières ont défendu l’idée que l’homme doit se conduire d’après sa raison, et les Républicains ont instruit le peuple, afin que les élites soient choisies pour leurs compétences et leurs mérites. Sur cette base, notre projet doit être créatif, et bâti à partir de notre expérience. Comme le souligne Jean-Pierre Raffarin, il faut le bon dosage de continuité et de changement. Nous affirmons notre fidélité à l’approche pragmatique, qui permet d’obtenir les meilleurs résultats.
 
Nous l’avons vu avec les succès obtenus par le Gouvernement de Dominique de Villepin dans la lutte contre le chômage.
 
Face au problème de l’insécurité, notre seconde priorité, nous voulons une police de terrain et d’intervention capable de mettre en œuvre à la fois une politique de présence dans les quartiers, mais aussi de dissuasion et de réparation immédiate dès le premier délit. Le Parti Socialiste promettait de lutter contre le sentiment d’insécurité ; Nicolas Sarkozy a promis à l’inverse de faire disparaître le sentiment d’impunité. Le rapport du Sénat sur les banlieues préconise un nouveau pacte de solidarité pour réduire le chômage dans les quartiers en difficulté et enrayer le phénomène des ghettos.
 
Nous réaffirmons la confiance dans les valeurs, en proposant la création d’un Code républicain qui reprendrait les principes républicains, expliquerait le fonctionnement de nos institutions et détaillerait le contenu de valeurs essentielles comme la laïcité. Le Code républicain serait signé par chaque citoyen, à sa majorité ou lors de l’acquisition de la nationalité française.
 
Concernant l’augmentation du pouvoir d’achat, notre troisième priorité, nous demandons un plan de relance de la participation. Il faut un meilleur partage des bénéfices. Ainsi, les livrets d’épargne salariale devraient être proposés à tous les salariés et les entreprises du CAC 40 atteindre une participation minimale de 5% de leurs salariés dans leur capital.
 
Afin de remettre nos Universités dans la course, nous proposons de doter la recherche de 10 milliards d’euros supplémentaires pendant cinq ans.
 
Cette loi de programme, en 2008, devrait également impliquer davantage les régions et les entreprises dans le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans notre esprit, la dotation publique doit se combiner avec d’autres méthodes, toujours dans un souci de pragmatisme et d’efficacité.
 
Enfin, la France doit avoir les moyens de se protéger des désordres du monde, comme le terrorisme ou l’immigration clandestine. Afin de pouvoir faire face aux risques, la France doit maintenir un effort de défense qui doit être durablement supérieur à 2% de notre PIB.
 
Les propositions établies au sein de Dialogue & Initiative sous la conduite de Jean-Pierre Raffarin sont une source d’inspiration importante pour l’UMP. Nous souhaitons que Nicolas Sarkozy considère avec attention ces propositions libérales, sociales et républicaines. Un projet équilibré et partagé constitue le gage le plus sûr en vue du rassemblement des forces et peut, seul, nous permettre de l’emporter.
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Mercredi 15 novembre 2006
Exclusif. Jacques Jacques Chirac candidat pour un troisième mandat ? Déjà, la première dame de France y travaille, car "la messe n’est pas dite".

  Bernadette et Jacques Chirac (AP)
Bernadette et Jacques Chirac (AP)
 
E lle reçoit, élégante en tailleur bleu nuit avec châle de cachemire et soie assorti, dans son bureau dont les fenêtres ouvrent sur les petits hôtels particuliers de la rue de l’Elysée. "C’est celui qu’occupait Danielle Mitterrand", précise Bernadette Chirac. Elle a réchauffé à sa manière cet ancien dressing de Napoléon III, avec de lourds rideaux de soie rouge foncé, des couleurs, des coussins soyeux. Danielle, Bernadette… Naturellement, comme une évidence, la conversation s’engage sur les femmes.N’avait-elle pas annoncé en février dernier, lors d’un voyage officiel en Inde, que "l’heure des femmes" avait "sonné" ? "N’avais-je pas raison ? Ca pousse. Regardez. Angela Merkel, Tarja Halonen -présidente de la Finlande- Hillary Clinton, si remarquablement intelligente. J’espère qu’elle y arrivera. Elle sera un drapeau qui se lève pour toutes les autres dans le monde."

Royal est "la première à avoir levé le drapeau"

Et en France ? Pour l’épouse du président de la République, "Ségolène Royal" est, chez nous, "la première à avoir levé le drapeau". Il y en eut d’autres pourtant.
Arlette Laguiller, par exemple. "Oui, c’est vrai, je l’oubliais, mais ce n’est pas pareil, elle fait partie des meubles". Et Marie-France Garaud, ancienne conseillère de Pompidou puis de Chirac à Matignon, qui fut candidate à l’élection présidentielle de 1981 ? Petit silence. Moue dubitative, regard éloquent. "Ah, elle ! Oui, c’est vrai." On évoque quelques souvenirs, notamment cette retentissante interview que Bernadette Chirac donna en 1979 au magazine Elle et qui contribua au départ de cette "mère Joseph" qu’elle jugeait nuisible à la carrière de Jacques."Vous savez, à l’époque, j’avais demandé la permission à mon mari de parler à une journaliste, chose que je ne fais plus aujourd’hui"…
Le phénomène Ségolène n’étonne pas Bernadette Chirac. "Elle a un look, elle est très photogénique, il faut le reconnaître. Vous savez, le fait d’être une femme ne suffit pas pour s’imposer mais c’est important, cela joue dans le subconscient de toutes les autres".Très attachée aux valeurs de la famille, la femme du chef de l’Etat se retrouve-t-elle dans certains des combats de la candidate à l’investiture du PS ? La réponse fuse, très politique : "Vous ne pouvez pas demander à la femme de Jacques Chirac de devenir une militante socialiste". Et MAM qu’on allait oublier ? "Elle est très bien. Très bien." Ce sera tout sur la ministre de la Défense.

"Sa décision sera importantissime"

Et les hommes dans cette élection présidentielle ? Le sien, par exemple ? Jacques Chirac pourrait-il se représenter ? "Il est trop tôt pour le dire.

Nous ne sommes qu’en novembre. On verra les choses plus nettement au premier trimestre. Quelle que soit sa décision, elle sera importantissime, mais ce sera la sienne. C’est une chose qu’il ne partage pas avec moi. C’est le choix d’un homme, pas d’un couple."
Sans doute. Mais depuis plusieurs années, l’épouse du président de la République, conseillère générale de Sarran en Corrèze, s’est affirmée comme une vraie femme politique.
On se souvient de sa prise de position contre le Pacs, de sa prescience avant le 21 avril 2002 lorsqu’elle avait senti sur le terrain la montée de Jean-Marie Le Pen, ce qui avait bluffé son président de mari.
Elle a peut-être sa propre idée sur la candidature de Jacques Chirac ? "Ah, vous savez, moi je suis une battante ! Je suis très fière d’être la femme du président de la République. J’aime cette vie, je ne m’en cache pas. Jamais vous ne m’entendrez dire le contraire. J’ai eu beaucoup de chance. Toute ma vie, j’ai essayé de faire honneur à mon mari et à la France.
J’ai du reste beaucoup appris. J’aime cette vie parce qu’on y rencontre des gens passionnants, cultivés, intelligents, engagés, des hommes et des femmes qui s’efforcent de servir l’intérêt général, qui réalisent de grands projets et qui façonnent le destin de leur pays."

En campagne pour deux

L’atmosphère ouatée était trompeuse. On se croyait dans un boudoir. On est dans un QG. Bernadette Chirac est entrée en campagne. Elle dit "Guerre à Le Pen, oui, guerre à Le Pen", en levant le poing, au souvenir funeste du 21 avril 2002.
Assurée, avec une impeccable maîtrise de son verbe, elle est très politique, très contrôlée. Elle sait jusqu’où ne pas aller trop loin. Elle est en campagne pour deux. Pour son mari. Et pour elle.
"Je resterai conseillère générale. Je suis élue jusqu’en 2010." Se présentera-t-elle aux élections sénatoriales comme elle l’avait envisagé il y a quelques mois ? Lorsqu’elle avait évoqué cette hypothèse devant le président, il lui avait dit : "Vous êtes la première dame de France, cela vous suffit. Si vous vous présentez, on dira que les Chirac veulent tout".
Le Sénat, elle y songe encore, pourtant. "Je vous l’ai dit, je suis une battante. On verra, on verra bien –elle lève le doigt dans un geste de défi- si je suis encore bonne à quelque chose. On verra après." Après quoi ? Après la présidentielle, bien sûr !
Bernadette Chirac s’échauffe, hausse le ton. "On n’est pas dans l’après. Il y a trop de gens qui croient qu’on est déjà dans l’après." C’est pour ça, raconte-t-elle que, récemment dans un déjeuner de femmes, elle a dit "J’y suis, j’y reste".
Le 14 juillet dernier, lors de la garden-party à l’Elysée, un familier de la maison était venu la saluer et lui souhaiter "bon courage pour les mois à venir". Elle, du tac au tac : "Pourquoi les mois, les années plutôt. La messe n’est pas dite." Et elle avait répété pour que son interlocuteur comprenne bien : "La messe n’est pas dite". Ce samedi de novembre, lorsqu’elle reçoit le Nouvel Observateur, elle enfonce le clou. "Vous savez, on peut avoir des surprises. La situation du monde est complexe. Et parfois, cela bouscule tout…"

"Cinq ans, c’est bien court"

Pour ceux qui auraient encore des doutes malgré l’hyperactivité et l’omniprésence du président de la République depuis quatre mois, les voilà levés. Jacques Chirac est donc bien en campagne, lui aussi ? "On le dit…", sourit-elle. "Vous savez, mon mari est très populaire. En province, je le vois bien. C’est le destin de la France qui est aujourd’hui en question et il y est attaché." Et elle poursuit, avec un art consommé de l’ambiguïté : "Cinq ans, c’est bien court"… Manière de plaider pour cinq petites années supplémentaires ? Non, on se méprend.
En fait, partisante convaincue du septennat, elle voulait parler des méfaits du quinquennat en général. "Cinq ans, c’est très court. Il faut apprendre ce métier. Il y faut un savoir-faire, une expérience. Cela ne s’improvise pas."
Au printemps dernier, l’épouse du chef de l’Etat se préoccupait d’abord de ménager la santé de son mari après son accident vasculaire cérébral et excluait devant ses interlocuteurs toute hypothèse d’une nouvelle candidature. Ce temps là est révolu.
"Vous avez vu comme il est en forme ?" Elle s’énerve tout d’un coup : "Mon mari n’est pas gâteux ! Quand je lis ce que je lis parfois, c’est honteux". On insiste. Un troisième mandat tout de même… Même François Mitterrand n’en a fait que deux ! "Oui, mais de sept ans. Et quel âge avait-il lorsqu’il s’est représenté ?" Mitterrand avait alors 72 ans. Chirac en aura 74 dans deux semaines.
L’"après", cet "après" honni, l’avenir hors de l’Elysée, Bernadette Chirac accepte pourtant de l’évoquer. "Ce sera difficile dans un premier temps. Vous savez, quand on aime la chose publique, quand on aime gouverner… Si ça doit s’arrêter là, il fera autre chose. Il fera tout ce qu’il n’a pas eu le temps de faire jusqu’ici. Chacun connaît son amour de l’art. Il voyagera." Mais ce n’était là qu’une brève, très brève concession au principe de réalité. La femme du chef de l’Etat coupe court et se reprend très vite. A l’idée que Jacques Chirac pourrait siéger au Conseil constitutionnel – avec Giscard !- la voilà remontée à nouveau. "Oui, il ira. Dans cinq ans !" Et elle répète : "Vous m’entendez. Dans cinq ans"… On ne saurait être plus clair.
Bernadette Chirac se lève. "Dès que mon mari aura annoncé sa décision, quelle qu’elle soit, je serai en campagne". On avait cru le comprendre.

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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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