Mardi 21 mars 2006
Selon le président de l'Assemblée nationale, la menace d'une grève générale contre le CPE porte atteinte à la démocratie. Les syndicats se réunissent lundi.

  Jean-Louis Debré (Sipa)
Jean-Louis Debré (Sipa)
 
" Donner l'ordre à l'Etat par un ultimatum de ne pas appliquer ou de retirer une loi votée par le Parlement, c'est porter atteinte à la République et à la démocratie". C'est en ces termes que le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré a qualifié dimanche 19 mars la menace brandie pare les syndicats pour lutter contre le CPE.
Les organisations doivent se réunir lundi 20 mars à 17h00 pour discuter de la poursuite du mouvement anti-CPE, qui pourrait prendre la forme d'une grève interprofessionnelle.
Proche de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, Jean-Louis Debré s'est insurgé ainsi, dans un communiqué, contre "l'ultimatum adressé par certaines organisations syndicales au président de la République et au Premier ministre de retirer la loi sur l'égalité des chances".
La loi sur l'égalité des chances instaure le contrat première embauche.
Jean Louis Debré a tenu "à rappeler que donner l'ordre à l'Etat par un ultimatum de ne pas appliquer ou de retirer une loi votée par le Parlement (c'était) porter atteinte à la République et à la démocratie".

"Un précédent unique"

Forts d'une nouvelle manche gagnée dans la bataille d'usure du CPE, les syndicats se réunissent lundi pour envisager une suite à la mobilisation de samedi, l'organisation d'une journée de grève étant évoquée, alors que Dominique de Villepin paraît déterminé à garder le cap.
Après le succès de la mobilisation de samedi 18 mars, les syndicats se retrouvent à 17h00 lundi au siège de la CFTC pour envisager de nouvelles actions afin d'accroître la pression sur le gouvernement. La FSU, FO et la CGT ont suggéré l'organisation d'une journée de grève interprofessionnelle.
Dès samedi, ils en avaient appelé "solennellement" à Jacques Chirac et au gouvernement, estimant qu'il "portent l'entière responsabilité des tensions sociales". Pour la CGT Bernard Thibault a averti qu'il n'était pas question de laisser "s'installer en France" une réforme instaurant "pour la première fois en Europe la possibilité pour les employeurs de licencier sans motif, un précédent unique". Quant aux lycéens de la Fidl ils ont déjà annoncé une nouvelle journée de manifestation le 23.

Entretien Sarkozy-Villepin

Côté gouvernement, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est rendu dimanche après-midi à Matignon pour un "long entretien" avec Dominique de Villepin sur "la situation politique" liée à la crise autour du CPE, a-t-on appris dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.
Par ailleurs, vingt-quatre personnes, sur 72 en garde à vue dimanche à la mi-journée, étaient en cours de défèrement dimanche soir au parquet de Paris après la manifestation anti-CPE de la veille. Sur les 72 personnes, 29 ont été relâchées, les autres feront l'objet d'un traitement judiciaire.

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Mardi 21 mars 2006

Deux députés UMP, Guy Geoffroy et Dominique Paillé, ont déclaré mardi que lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Dominique de Villepin avait affirmé sa volonté de ne "pas retirer le texte" sur le CPE.

"Le Premier ministre est tout à fait déterminé à tenir le cap de la République", c'est-à-dire appliquer une loi votée par le Parlement, a rapporté le député de Seine-et-Marne, Guy Geoffroy, dans les couloirs de l'Assemblée. Le Premier ministre a jugé que la loi "égalité des chances" était "une loi intelligente" et qu'il n'était pas question "de la remettre en cause" ni "de la changer", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les dispositions les plus critiquées de la période d'essai et du motif du licenciement, le Premier ministre a affirmé qu'il n'y avait "pas de questions taboues", a précisé M. Geoffroy.

Dominique de Villepin a expliqué qu'il ne voulait "pas retirer le texte" et que "le suspendre serait enfreindre les règles constitutionnelles", a complété le député sarkozyste des Deux-Sèvres, Dominique Paillé, dans les couloirs du palais Bourbon.

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Lundi 20 mars 2006

CLAIRE CHAZAL
Alors donc avec nous ce soir, Dominique de VILLEPIN, merci beaucoup d’être là sur ce plateau.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Bonsoir.

CLAIRE CHAZAL
Beaucoup d’agitation, beaucoup de tensions sociales, une opposition très forte à ce CPE. Avant d’aborder le fond du problème qui est, bien sûr, très important, tout d’abord la forme : es-ce que vous ne regrettez pas de ne pas avoir négocié avec les partenaires sociaux, et d’avoir... d’être passé en force, j’allais dire, à l’Assemblée avec ce 49.3 ?

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Claire CHAZAL ; d’abord, vous me permettrez de dire à nos compatriotes que je comprends l’inquiétude qui s’exprime dans notre pays, je suis à l’écoute des Français, à l’écoute, bien sûr, de ceux qui manifestent, mais à l’écoute aussi de ceux qui veulent étudier, et préparer leurs examens, à l’écoute des parents et des familles qui s’inquiètent...

CLAIRE CHAZAL
C’est-à-dire qu’ils considèrent que vous n’avez pas été tellement à l’écoute d’eux, puisque vous n’avez négocié sur ce CPE, au départ.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
A l’écoute de ceux qui s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. A tous, je veux d’abord dire ce soir, je suis un homme d’action et de conviction, je suis aussi un homme d’écoute et de dialogue. Alors pour répondre à votre question...

CLAIRE CHAZAL
... Pas de dialogue...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Pour répondre à votre question, le dialogue il a été noué dès mon arrivée puisque j’ai multiplié les contacts avec les partenaires sociaux, avant même de faire ma déclaration de politique générale. Mais il faut savoir dans quelle situation est notre pays. Nous sommes confrontés à une situation de précarité de l’emploi des jeunes, ça c’est le défi qu’il faut relever, et cela fait vingt ans, presque trente ans que nous connaissons cette situation, et cette situation se dégrade. La question qui se pose à ces jeunes en difficultés pour lesquels nous avons conçu le CPE, c’est-à-dire ceux qui enchaînent les CDD, qui enchaînent les stages et les périodes d’intérim...

CLAIRE CHAZAL
Ça veut dire que vous ne vous adressez pas à ces étudiants que l’on voit manifester dans les facultés ?

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Cela s’adresse à ceux qui ont le plus de difficultés pour rentrer sur le marché de l’emploi, ceux qui enchaînent les CDD, les stages et les périodes d’intérim, et qui sont en marge de l’emploi pendant des années, vous l’avez dit, parfois jusqu’à dix ans, ceux, peut-être surtout, à qui on ne propose rien. Nous avons eu une crise des banlieues, on la vite oubliée, une crise des banlieues il y a quelques mois. Le chômage des jeunes dans les banlieues est de 40 à 50 %, que répond t-on à ceux-là ? C’est bien la question à laquelle il nous faut répondre ce soir. En écoutant certains commentaires que vous venez de passer, on a le sentiment que tout va bien, qu’il n’y a rien à changer. Nous avons 23 % de chômage des jeunes, 40 % chez les non qualifiés. Alors que fait-on face à cette précarité ? Est-ce qu’on reste les bras croisés comme on l’a fait pendant tant d’années ? Est-ce qu’on baisse les yeux ? Ou est-ce qu’on traite le problème ? Nous avons proposé le CPE. Sur le plan de la méthode que vous avez évoqué, et ce qui a été dit dans le reportage n’était pas tout à fait complet, le CPE...

CLAIRE CHAZAL
C’est ce qu’expriment les jeunes.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Le CPE a été votée par l’Assemblée nationale, le 49.3, que vous avez évoqué, a été mis après sur le reste du texte, parce qu’il y avait blocage...

CLAIRE CHAZAL
Mais il n’y avait aucune nécessité de faire ce 49.3 puisque justement le texte était voté, on a senti que là il y avait une précipitation, une envie de...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Mais parce que nous étions confrontés, compte tenu du calendrier, à une obstruction systématique sur des mesures qui concernaient l’égalité des chances et la situation des banlieues, les zones urbaines sensibles, la lutte contre les discriminations, et le débat a été mené jusqu’à son terme, jusqu’à son terme, 95 heures de débat au Sénat, 135 heures au total. Donc je le dis clairement, nous avons été obligé de prendre des décisions difficiles au cours de ces dix premiers mois, la création du contrat nouvelle embauche, la création du contrat première embauche, c’est un temps d’action. Compte tenu du retard que nous avons pris, si nous voulons pouvoir lutter à armes égales avec les pays voisins qui tous, comptent avancer, il faut que nous ayons les outils. Ces outils, nous les avons, et je suis, bien évidemment, désireux de répondre aux interrogations et d’avancer dans la voie du dialogue.

CLAIRE CHAZAL
Alors d’une question simple, Dominique de VILLEPIN, puisqu’on sent la demande de ces jeunes, elle est très claire, ils veulent le retrait du texte. Est-ce que vous dites, ce soir, que vous ne retirerez pas ce texte ?

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Je dis, ce soir, que la loi qui a été votée s’appliquera.

CLAIRE CHAZAL
Donc il n’y a pas de retrait du CPE.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Cette loi sera mise en œuvre, mais je souhaite, comme cela est prévu par la loi, compléter les garanties qui sont apportées et je souhaite que nous puissions y revenir, compléter ces garanties par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux.

CLAIRE CHAZAL
Sous forme donc de décrets d’application, d’arrêtés qui ensuite s’appliqueront après discussion avec les partenaires.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Sous forme de négociation avec les partenaires sociaux, nous aurons l’occasion de développer les propositions que je souhaite faire.

CLAIRE CHAZAL
Vous parliez tout à l’heure du CNE, pourquoi au fond ne pas avoir prolongé ce CNE qui avait été assez bien accepté, même très bien accepté, et qui était d’ailleurs souhaité par le MEDEF, il demandait une prolongation et une extension à toutes les entreprises, c’était assez simple finalement.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Vous auriez alors interrogé les partenaires sociaux et les syndicats sur la réaction qui aurait été la leur. Ce contrat a été fait pour les très petites entreprises, 360 000 contrats signés, un tiers de nouveaux emplois créés.

CLAIRE CHAZAL
... Il suffit de l’étendre aux grandes entreprises.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Je m’étais engagé à ce que ce contrat reste spécifique aux très petites entreprises, et j’ai voulu - dans la logique de réponse différenciée, pragmatique, c’est la clé de l’action du gouvernement - répondre à la situation particulière des jeunes en difficulté, c’est bien ça l’objectif du gouvernement. Le contrat...

CLAIRE CHAZAL
Mais ils sentent mis dans une catégorie particulière et c’est ça, parfois, qui provoque le malaise, vous le sentez, ça ?

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Vous savez, les jeunes en difficulté, ce sont d’abord ceux qui sont au chômage, à qui on ne propose rien. Donc ils sont bien dans une situation particulière, et qu’est-ce que c’est que le contrat première embauche ? C’est d’abord...

CLAIRE CHAZAL
Parce que vous avez compris que l’inquiétude majeure...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
J’ai bien compris.

CLAIRE CHAZAL
C’est la précarité.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Et nous allons y répondre...

CLAIRE CHAZAL
Ils se sentent en situation précaire car...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Le gouvernement

CLAIRE CHAZAL
Possiblement remerciés par l’employeur pendant deux ans, sans motif, c’est ça, au fond, le problème.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Nous allons y répondre. Le contrat première embauche, c’est d’abord un emploi et tous ceux qui ont un emploi savent à quel point c’est important. C’est un emploi et il s’adresse aux moins de 26 ans...

CLAIRE CHAZAL
Un CDI.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Un véritable CDI avec une vraie rémunération, ceux qui rencontrent le plus de difficultés. Et il n’a pas vocation à se substituer aux autres contrats. Les jeunes, qui sortent de leur école avec une bonne formation et qui ont tout de suite un contrat à durée indéterminée classique, continueront à l’avoir. Donc il ne remplacera pas le CDI classique. Il s’adresse donc à ceux qui ont des difficultés. Donc ce CPE, c’est d’abord un emploi, c’est aussi une expérience, tous les jeunes le savent. La première chose qu’on leur demande quand ils arrivent dans une entreprise, “Quelle expérience avez-vous ?”. Là, ils ont la possibilité, tout de suite, d’avoir une véritable expérience.

CLAIRE CHAZAL
D’être formés.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Et nous leur apportons des garanties qu’ils n’ont jamais eues jusqu’à ce jour...

CLAIRE CHAZAL
Vous savez bien qu’ils n’ont pas de garanties en matière de logement par exemple...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Justement...

CLAIRE CHAZAL
Ou de crédits.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Justement, la première garantie que nous leur apportons, c’est un droit individuel à la formation dès le premier mois du contrat, dès la fin du premier mois. La deuxième garantie que nous avons négociée, Thierry BRETON de son côté, Jean-Louis BORLOO, que nous avons négociée avec les différents partenaires, c’est un accès au logement...

CLAIRE CHAZAL
Ça c’est donc nouveau...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Et un accès aux crédits...

CLAIRE CHAZAL
Par rapport à...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
C’est un engagement qui est pris avec le contrat. Et la troisième garantie, c’est une allocation chômage qui est versée dès le quatrième mois, c’est le seul contrat qui comporte un tel avantage, dès la fin du quatrième mois, la possibilité d’avoir une allocation chômage. Donc il faut mesurer tous les avantages que comporte ce contrat. Alors bien sûr, vous l’avez dit, il y a cette période initiale de deux ans, c’est cette période qui, dans le fond, fait peur.

CLAIRE CHAZAL
C’est comme une longue période d’essai pendant laquelle on peut au fond se séparer du salarié.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Ce n’est pas juridiquement une période d’essai, mais c’est une période initiale, donc insistons sur cette période. D’abord l’employeur qui engage un jeune, il s’engage, il s’engage à lui assurer une formation dans son entreprise. Un employeur qui s’engage, ça n’est pas quelqu’un qui va jeter son salarié pour le plaisir de le faire. Donc il s’engage dans la durée avec ce jeune, et l’intérêt de son entreprise, comme son intérêt à lui, c’est de le garder autant que faire se peut. Deuxièmement, cette période des deux ans, c’est une période maximum, elle peut être raccourcie, elle peut être raccourcie du fait de l’employeur et j’ai rencontré un certain nombre de chefs d’entreprise qui m’ont dit, tout de suite, compte tenu de la taille de l’entreprise, compte tenu du fait que nos entreprises se portent bien dans des secteurs d’innovation, nous sommes prêts à réduire à un an cette période.

CLAIRE CHAZAL
Parce qu’ils n’ont pas tous été unanimes au MEDEF sur ce CPE, on a bien senti parfois certaines réticences...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
On a été cherché les voix discordantes, mais d’une manière générale pour l’entreprise, c’est évidemment la possibilité de créer plus d’embauches. Si ce contrat était conçu avec la souplesse des deux ans, c’est parce qu’il faut inciter les entreprises à créer de l’emploi, à créer de l’embauche, alors même qu’on le sait spontanément, cet emploi ne serait pas naturellement créé. Un certain nombre d’observateurs disent, mais il faudrait attendre le retour de la croissance. Nous ne voulons pas attendre le retour de la croissance, nous voulons créer de l’emploi qui créera davantage de croissance. Donc une période maximale et pendant cette période, il faut le rappeler aussi, les droits du travail seront préservés. J’entends dire parfois qu’une jeune femme qui serait enceinte pourrait être licenciée, ce n’est pas vrai. Tout le droit du travail s’applique, bien sûr, à ces jeunes pendant cette période-là. Et je souhaite pouvoir augmenter ces garanties, augmenter ces garanties dans le cadre de la négociation avec les partenaires sociaux.

CLAIRE CHAZAL
Avec la difficulté que si vous augmentez les garanties, évidemment il y a moins de souplesse et que les chefs d’entreprise dont vous parlez seront peut-être moins enclins à embaucher.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Non, non, parce que l’équilibre...

CLAIRE CHAZAL
C’est bien le paradoxe de la complexité.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
L’équilibre du contrat, tel qu’il a été prévu par la loi, reste posé. La possibilité qui est ouverte par la loi, l’article 8, par exemple, prévoit la possibilité de garanties supplémentaires négociées avec les partenaires sociaux. Donc nous ne modifions pas le cadre de la loi, nous respectons la loi. Alors quelles sont ces garanties supplémentaires ? Et c’est pour cela que, aujourd’hui, j’ouvre le dialogue avec les partenaires sociaux. Première garantie, c’est l’accompagnement pendant la période des deux ans, un certain nombre de jeunes, rentrant dans l’entreprise sans expérience préalable, sont inquiets, à juste titre. Ils pourraient avoir la possibilité d’être accompagnés par un référent qui les conseilleraient, lèveraient leur appréhension, les aideraient à régler leurs problèmes, c’est la première proposition, je souhaite pouvoir en parler avec les partenaires sociaux. Deuxième proposition ; dans la période des deux ans, la grande inquiétude, c’est s’il est mis fin au contrat, comment rassurer le jeune ?

CLAIRE CHAZAL
Parce qu’on peut le faire à tout instant, sans motif.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Alors nous y reviendrons, on ne peut pas le faire à tout instant sans motif, nous y reviendrons. Quelle est la deuxième proposition que je vais faire ? Proposer aux partenaires sociaux un complément de rémunération, un complément de rémunération qui s’ajouterait à l’allocation chômage pour une période par exemple de trois mois, et qui permettrait aux jeunes d’avoir une formation complémentaires s’ils le souhaitent, de façon à retrouver rapidement un emploi, c’est la troisième proposition... c’est la deuxième proposition. Et la troisième, parce que toute l’action menée par le gouvernement, toute l’action est soumise à l’expérience, et elle est soumise à l’évaluation. Je suis prêt avec les partenaires sociaux à soumettre notre action à une évaluation régulière, comme je le fais devant les Français tous les mois, trouvons des rendez-vous tous les six mois pour évaluer dans le cadre, par exemple, du comité d’orientation pour l’emploi, dans le conseil d’orientation pour l’emploi, évaluons avec les partenaires sociaux ce contrat. Et puis, je ne me satisfais pas de cela, je veux aller plus loin pour l’ensemble de nos compatriotes, parce que nous le savons, au-delà du contrat première embauche, il y a une inquiétude dans notre pays sur la précarité, elle concerne les jeunes, mais elle concerne aussi les salariés à temps partiel, toutes ces femmes qui s’inquiètent pour le lendemain notamment, elle concerne aussi les salariés non qualifiés. Je propose d’ouvrir un dialogue avec les partenaires sociaux sur les moyens de réduire la précarité dans l’emploi. Que dans les quinze prochains jours, Gérard LARCHER, Jean-Louis BORLOO rencontrent les partenaires sociaux, qu’ils avancent sur les différents moyens, sur les propositions qui existent, et je souhaite pouvoir rencontrer, lors du mois d’avril, l’ensemble des partenaires sociaux pour avancer avec eux et donner des réponses concrètes aux Français.

CLAIRE CHAZAL
Alors...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Alors, si vous le permettrez, j’aimerai que nous puissions regarder ensemble la situation d’un jeune dont le contrat aurait pris fin au bout de six mois, qu’elle serait sa situation ? De quelles garanties disposerait-il ? Premièrement, il a un préavis, contrairement à ce que j’entends dire partout, il a un préavis d’un mois ; deuxièmement, il a une indemnité de rupture de la moitié d’un mois de traitement ; troisièmement, il a une indemnité chômage de sept mois. Ça veut dire qu’il a travaillé six mois, il a une indemnité de chômage de sept mois, et il a le service public de l’emploi qui va l’accompagner, mois après mois. Avec Jean-Louis BORLOO, nous avons mis au point, depuis le 1er janvier un accompagnement mensuel, la même personne le guidera mois après mois, et le conseillera pour qu’il retrouve un emploi. Et nous ajoutons, si les partenaires sociaux le souhaitent, un complément de rémunération avec une formation personnalisée qui pourrait être de trois mois. Vous savez, c’est un contrat qui offre des progrès substantiels. Beaucoup de jeunes en Europe souhaiteraient pouvoir bénéficier d’un tel contrat.

CLAIRE CHAZAL
Alors, c’était important effectivement de détailler tout ça, parce qu’il y a beaucoup de choses mal expliquées au départ...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Il y a beaucoup de malentendus...

CLAIRE CHAZAL
Il y a eu beaucoup de malentendus...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Il y a beaucoup de confusions, il y a beaucoup d’incompréhension. Et vous savez, on m’a dit, pourquoi essayer de régler le problème des jeunes, c’est à chaque fois très sensible et il y a toujours le risque de voir ces malentendus créer des perturbations. Mais est-ce que je peux, comme chef du gouvernement, ne pas prendre en compte cette situation de précarité des jeunes qui n’a fait que s’accroître depuis vingt ans ? Est-ce que nous pouvons rester sans rien faire ? Et quelles sont les propositions alternatives qui sont sur la table ?

CLAIRE CHAZAL
Alors il y a celle-ci, mais qu’est-ce que vous ferez si, cette semaine, on l’a vu, beaucoup de choses se préparent, beaucoup d’actions se préparent, est-ce que... qu’est-ce que vous ferez si la mobilisation se maintient et si elle s’amplifie ? Est-ce que vous n’envisagez absolument pas le retrait ? Est-ce que c’est exclu ? OU est-ce que, éventuellement, ça sera une solution in fine, en dernier recours ?

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Si je suis là, ce soir, Claire CHAZAL, c’est bien pour expliquer à nos compatriotes les enjeux. L’enjeu, ce n’est pas un enjeu personnel, il ne s’agit pas de ma personne, cela ne compte pas. L’enjeu...

CLAIRE CHAZAL
Sauf que vous vous êtes engagé personnellement dans ce projet et que vous l’avez porté vous-même...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Je veux dire par là que pour notre pays, ce n’est pas là l’enjeu. L’enjeu c’est quoi ? L’enjeu, c’est est-ce que nous sommes capables de prendre des mesures ensemble nécessaires, des mesures nécessaires ? Est-ce que nous sommes capables de les assumer ? Et est-ce que nous sommes capables de les tenir ? Est-ce que nous sommes capables d’adapter notre modèle social, un modèle social auquel, vous le savez, je suis profondément attaché...

CLAIRE CHAZAL
Mais c’est là...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Sans être capable de prendre des mesures nécessaires.

CLAIRE CHAZAL
On sent bien que là, il y a une entaille à ce modèle social puisqu’on parle de précarité, puisqu’on parle de licenciement sans motif, évidemment vous avez donné vos précisions, elles sont très importantes. Mais là, c’est vrai qu’on fait une entorse à nos traditions, d’une certaine façon, de protection, et c’est très difficile à faire accepter.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Je crois que l’équilibre que nous avons voulu trouver, plus de souplesse pour pouvoir créer plus d’embauche et en même temps des garanties pour le jeune dans l’entreprise, avec les garanties du droit du travail, avec toutes les garanties que j’ai énoncées. Tout cela crée un équilibre. Vous savez, on peut parfaitement se satisfaire de la situation présente, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les jeunes dans les banlieues resteront sans emploi, ça veut dire que les jeunes qui enchaînent aujourd’hui dans la précarité des petits contrats de moins d’un mois et qui n’acquièrent jamais d’expérience utile pour pouvoir vraiment obtenir un CDI dans une entreprise, ceux-là n’auront jamais leur chance. Moi, je n’accepte pas de laisser tous ces jeunes au bord du chemin. Alors je sais que c’est difficile, mais vous savez, j’ai beaucoup de chance, j’ai un gouvernement uni, j’ai une majorité...

CLAIRE CHAZAL
Il n’est pas formidablement uni dans cette affaire...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
J’ai un gouvernement uni...

CLAIRE CHAZAL
La majorité n’est pas...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
J’ai un gouvernement uni et quand je vois le travail qui est fait par les uns et par les autres, Nicolas SARKOZY en matière de sécurité sur l’ensemble des sujets, quand je vois le travail...

CLAIRE CHAZAL
On a entendu quelques voix discordantes dans le sujet qu’on a passé avant.

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Nous allons y revenir. Quand je vois le travail fait par Gilles de ROBIEN...

CLAIRE CHAZAL
Ça ne vous a pas facilité la tâche...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Par Gilles de ROBIEN, François GOULARD, tous les jours mobilisés, à l’écoute des étudiants pour apporter des réponses, quand je vois le travail fait par Jean-Louis BORLOO et Gérard LARCHER, j’ai un gouvernement uni et déterminé. J’ai une majorité qui a fait un travail formidable. Alors vous me citerez une voix...

CLAIRE CHAZAL
Il y en a eu quelques-unes...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Une voix...

CLAIRE CHAZAL
François BAYROU est encore dans la majorité...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Une voix... François BAYROU est soucieux de son indépendance et je la respecte. Une voix, celle d’Hervé de CHARRETTE...

CLAIRE CHAZAL
Non, mais on a le sentiment...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Vous savez que, entre la présentation qui est faite, et la réalité des choses, ce que je dis, c’est que, aujourd’hui, il s’agit de l’intérêt général de notre pays, il s’agit de l’intérêt national. Pourquoi est-ce que je me bats ? C’est parce que j’aime la France, c’est parce que j’aime les Français, c’est parce que je veux que notre pays avance, c’est parce que je veux que notre pays avance, c’est parce que, je le vois bien, d’autres pays font des changements importants. Prenons l’exemple de la lutte contre la précarité, l’Espagne a décidé de taxer davantage les CDD, discutons-en avec les partenaires sociaux, voyons comment ils réagissent, quelles propositions ? C’est un peu cela qui est paradoxal. On aurait le sentiment que, aujourd’hui, certains préfèreraient laisser les choses en l’état, alors que c’est aujourd’hui. La précarité, ce n’est pas le gouvernement - le CPE n’est pas entré en vigueur - qui a créé la précarité. La précarité, c’est ce que vivent beaucoup de jeunes tous les jours. Alors sortons de la confusion, sortons des malentendus, évitons les amalgames, évitons de personnaliser un débat qui est un enjeu décisif pour tout notre pays.

CLAIRE CHAZAL
On ne veut pas personnaliser le débat...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Et soyons soucieux de préparer l’avenir.

CLAIRE CHAZAL
Mais c’est vrai que vous étiez, vous-même, impliqué directement, personnellement, c’est vrai, on l’a dit...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Madame CHAZAL, est-ce qu’un chef, le chef du gouvernement, est-ce qu’il se met derrière ses troupes, ou est-ce qu’il se met devant ses troupes ? Quelle est la promesse que j’ai faite aux Français dans ma déclaration de politique générale ? Je me suis engagé à livrer une bataille sans précédent sur l’emploi, c’est-à-dire à utiliser tous les moyens, ceux qui n’avaient pas été utilisés. Alors je dis aux Français, soyons pragmatiques, soyons pragmatiques, avançons, essayons, testons les différentes solutions, et personne ne peut dire qu’au Premier ministre social a succédé un Premier ministre ultra-libéral. J’ai, au cours des derniers mois, relancé des contrats aidés pour les jeunes en leur apportant un complément de formation. J’ai décidé la mise en place du dispositif défense deuxième chance qui s’adresse aux jeunes qui ont le plus de difficultés. Nous avons, et c’est très important, dans la loi qui vient d’être votée, fait un pas considérable pour les stages. Désormais les stages sont encadrés, désormais les stages sont rémunérés obligatoirement au bout de trois mois, désormais ils sont inscrits dans le cursus universitaire et professionnel. L’alternance, l’apprentissage, l’apprentissage c’est une clé pour notre pays, 80 % de ceux qui rentrent en apprentissage trouvent un emploi. Nous avons décidé d’amplifier considérablement l’effort dans ce domaine...

CLAIRE CHAZAL
Et alors...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Et d’obliger les grandes entreprises à accepter des apprentis.

CLAIRE CHAZAL
On est sur un CPE, très important, des malentendus, vous avez essayé de les lever. Bien évidemment, c’est une épreuve personnelle pour vous, un tournant, j’allais dire, dans la politique du gouvernement et dans la vôtre...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Claire CHAZAL, je vous arrête. L’épreuve personnelle, mais cela ne compte pas ! Je défends l’intérêt général et l’intérêt national de ce pays. Ma personne n’a aucune importance dans cette affaire ! Ce qui compte, c’est de savoir quel est le choix que nous faisons, nous Français, pour l’avenir. Est-ce que nous cédons à la peur ? Est-ce que nous revenons en arrière, est-ce que, comme nous l’avons trop souvent fait depuis trente ans, nous renonçons à apporter des réponses parce que c’est difficile ? Ou est-ce que notre responsabilité, la mienne de chef du gouvernement, celle de tous ceux qui ont une parcelle de responsabilités, des parents vis à vis de leurs enfants, de l’ensemble de la classe politique, est-ce que c’est de regarder vers l’avenir, de nos préparer à l’avenir ? Comment peut-on envisager que la France garde sa place, que la France garde son modèle social, si nous ne sommes pas capables de prévoir les adaptations nécessaires ? Pas pour le plaisir, pour sauvegarder ce modèle social, parce que nous y tenons.

CLAIRE CHAZAL
Merci beaucoup Dominique de VILLEPIN...

DOMINIQUE DE VILLEPIN
Merci Claire CHAZAL.

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Lundi 20 mars 2006
Le Premier ministre a abordé à Matignon, avec les patrons, le thème de l'insertion professionnelle des jeunes. Il exclut toujours le retrait du CPE.

L e Premier ministre Dominique de Villepin a reçu lundi matin 20 mars à Matignon des chefs d'entreprises pour aborder avec eux le thème de "l'insertion professionnelle des jeunes".
Cette rencontre, qui a débuté vers 10h15, s'inscrit dans le cadre des discussions engagées par le chef du gouvernement pour essayer de trouver une issue à la crise du CPE.
Elle réunissait les ministres Jean-Louis Borloo (Emploi), Thierry Breton (Economie), Renaud Dutreil (PME) et Gérard Larcher (Travail) et les chefs d'entreprise Claude Bébéar (Axa), Charles Beigbeder (Poweo), Thierry Desmarets (Total), Maurice Lévy (Publicis), Henri Lachmann (Schneider Electric), Denis Ranque (Thales), Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain), Didier Lombard (France Telecom), Philippe Carli (Siemens) et Vincent Bolloré.
Vendredi soir 17 mars, il avait déjà reçu des présidents d'université qui lui ont demandé de "suspendre" le contrat première embauche. Lundi après-midi, il doit rencontrer une quinzaine de jeunes, parmi lesquels des opposants au CPE, a-t-on indiqué dans son entourage.

Mea Culpa

Ces rencontres n'ont pas vocation revenir sur le texte du CPE.


Le Premier ministre le dit dans une interview parue lundi 20 mars dans un mensuel diffusé dans les lycées. Dominique de Villepin exclut implicitement de retirer le contrat première embauche (CPE), mais fait un début de mea culpa sur sa méthode.
Dans cette interview au mensuel gratuit Citato, Dominique de Villepin précise qu'il acceptera de négocier avec les partenaires sociaux, mais dans le "cadre" de la loi votée. "La loi qui crée le CPE, la loi pour l'égalité des chances, fixe un cadre général: dans ce cadre, je souhaite que nous puissions travailler avec les partenaires sociaux pour l'améliorer et l'enrichir", souligne-t-il.
Le Premier ministre reconnaît toutefois que sa méthode n'a pas toujours été bien comprise. "Il y a eu de l'incompréhension sur la méthode: je le regrette. Il n'a jamais été question dans notre esprit de refuser le dialogue ou d'éviter la concertation", admet-il. "Ma seule préoccupation a été d'avancer vite, car nous avons trop longtemps attendu."

"Je suis sûr qu'il marchera"

Le chef du gouvernement se dit convaincu de la réussite du CPE. "Pour ma part, je suis sûr qu'il marchera, qu'il créera des nouveaux emplois", assure-t-il.
"Il faut laisser sa chance au CPE! Un CPE complété, amélioré pour répondre aux inquiétudes de chacun"
Dominique de Villepin explique que "le CPE s'adresse en priorité aux jeunes qui n'ont pas de formation, de qualification ou d'expérience professionnelle" et que c'est "un outil supplémentaire pour faire reculer le chômage". Il rappelle que, pour les chefs d'entreprise, "le CPE n'est pas obligatoire".
Le Premier ministre assure également qu'il n'a pas "fait le CNE (contrat nouvelle embauche, NDLR) et le CPE pour préparer le contrat unique". Toutefois, ajoute-t-il, "sur le contrat de travail unique, je n'ai aucun a priori".
Cette interview a été accordée en deux temps: l'essentiel a été réalisé vendredi, à la veille de la journée de forte mobilisation de samedi, mais elle a été complétée et finalisée dimanche, a précisé Mehdi Lounis, rédacteur en chef de "Citato", un mensuel tiré à 200.000 exemplaires, qui existe depuis deux ans.
Il n'y a pas eu d'entretien en face-à-face, mais les questions ont été envoyées par écrit à Matignon. Les réponses du Premier ministre, revues et amendées dimanche, ont ensuite été renvoyées au mensuel.
"Citato" avait posé plusieurs questions sur les manifestations et la mobilisation de samedi, mais Dominique de Villepin n'a pas souhaité y répondre.

par rezeid publié dans : Divers
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Samedi 18 mars 2006
Dominique de Villepin aurait peut-être préféré orner la couverture du prestigieux magazine américain en d'autres circonstances. « Est-il un protectionniste raté ou une graine de réformateur ? », s'interroge notre confrère en pleine polémique sur les OPA et le CPE. « A Bruxelles, Villepin est vu comme une sorte de «Luddite» des derniers jours s'acharnant contre une machine économique européenne déjà chancelante », indique « Newsweek », en allusion à ces ouvriers anglais du XIXe siècle qui détruisaient les nouvelles machines supposées leur enlever du travail.

Mais est-ce aussi simple que cela ? Pas si sûr, et l'affaire Suez-Gaz de France possède deux faces. Je prend la posture de défense du pays d'un côté, et, de l'autre, j'en profite pour privatiser une entreprise publique à la veille de l'ouverture des marchés. Un mouvement classique en France, souligne le journal : réthorique à gauche, mouvement à droite ; parler fort et ensuite faire ce qui est délicat. D'ailleurs, selon le FMI, les investissements directs étrangers représentent 13 % du PIB en Italie, 25 % en Allemagne, 36 % en Grande-Bretagne et 42 % en France. C'est justement cette ouverture qui la rend sensible au discours politique. Le cas du CPE est emblématique. « Cette réforme pourrait paraître anodine dans un marché du travail fluide comme aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, où beaucoup d'emplois sont disponibles, et beaucoup d'entre eux sont temporaires. Mais les Français sont habitués à l'idée que les emplois sont permanents, ou devraient l'être. »

Cependant, utiliser la réthorique protectionniste comme écran de fumée pour faire passer des réformes, est-ce la bonne tactique ? En cachant la réalité plutôt que d'expliquer que l'ouverture des frontières est bonne pour la France, le Premier ministre ne rend pas service aux Français. D'où ce conseil de « Newsweek » à Villepin : apprendre que, contrairement à ce qu'affirme le renard au Petit Prince de Saint-Exupery (dont un exemplaire ancien trône dans son bureau), « ce qui est essentiel doit aussi être visible ».
par rezeid publié dans : Divers
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Samedi 18 mars 2006

Je suis étudiant à AIX-MARSEILLE U3 université "Paul Cézanne",

nous avons votés:

- contre la grève

- contre les blocage

- et pour le CPE!!!

Il y avait aussi des élections où 10 sièges réservés aux étudiants sur 40. L'UNEF

en obtient 0 !!!

par rezeid publié dans : Divers
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Jeudi 16 mars 2006
Le Conseil supérieur de la participation examine l'avant-projet de loi du gouvernement sur l'actionnariat salarié.

  Dominique de Villepin (Sipa)
 
D ominique de Villepin doit présenter jeudi 16 mars au Conseil supérieur de la participation l'avant-projet de loi sur l'actionnariat salarié, destiné à permettre aux salariés de compléter leur rémunération par un "dividende du travail".
Ce texte permettra aux entreprises de distribuer des actions gratuites à l'ensemble de leurs salariés. Ces actions devront être placées pendant cinq ans sur un Plan d'épargne d'entreprise (PEE).
Les salariés bénéficieront en échange d'une exonération d'impôt sur le revenu de l'avantage salarial résultant de l'attribution des actions, ainsi que de la plus-value réalisée lors de la cession des actions.
L'avant-projet de loi "pour le développement de la participation et de l'actionnariat salarié" donnera en outre la possibilité aux entreprises de verser à leurs salariés un supplément d'intéressement au titre de l'exercice clos.

Compte épargne-temps

Le texte encourage le développement de l'épargne retraite d'entreprise et de l'actionnariat salarié.
Les salariés qui transfèrent leurs avoirs d'un compte épargne-temps (CET) vers un plan d'épargne pour la retraite collectif ouvert (PERCO) ou un PEE, bénéficieront d'un étalement dans le temps de l'imposition des sommes transférées. Ces transferts pourront dépasser le plafond annuel de versement sur les plans d'épargne salariale, fixé à 25% de la rémunération annuelle brute.
Afin de relancer les négociations sur la participation, le texte donne aux partenaires sociaux la possibilité de réduire à trois ans la durée du blocage des sommes versées à ce titre, contre cinq ans auparavant.

Plan d'épargne entreprise

Le patronat et les syndicats pourront prévoir des cas de déblocage anticipé et mettre en place un abondement de l'entreprise en cas de blocage long. Les entreprises de moins de 50 salariés, non assujetties à la participation, pourront en bénéficier si un accord de branche est conclu.
L'avant-projet de loi vise par ailleurs à rendre systématique l'adossement des accords de participation à un plan d'épargne entreprise (PEE), afin de donner le choix aux salariés entre plusieurs placements et diversifier les risques.
Des mesures sont enfin prévues pour moderniser le fonctionnement de la participation et de l'actionnariat salarié.
Dominique de Villepin compte sur ces mesures pour permettre aux salariés de "compléter leur rémunération" et répondre aux revendications sur le pouvoir d'achat.

Patriotisme économique

Le Premier ministre, chantre du "patriotisme économique", compte aussi sur l'actionnariat salarié pour défendre les entreprises françaises face aux appétits des groupes étrangers. Les affaires Arcelor ou Suez-GDF ont mis en évidence la vulnérabilité des grandes entreprises françaises face aux raids hostiles.
Signe de l'importance qu'il attache au sujet, Dominique de Villepin devrait venir présenter lui-même ces mesures au Conseil supérieur de la participation, réuni jeudi après-midi au ministère de l'Emploi. La présence du Premier ministre n'était cependant pas confirmée mercredi soir en raison de la crise du CPE.

par rezeid publié dans : Divers
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