"Ensemble avec Dominique de Villepin"
M. Debré a assuré que la majorité UMP "soutient Dominique de Villepin" sur le CPE. "La loi a été votée par le Parlement. Si maintenant parce qu'il y a des manifestations, on remet en cause l'autorité et la légitimité de la loi, il n'y a plus de République, il n'y a plus de démocratie", a-t-il dit.
Il a observé en outre que "face au chômage des jeunes, l'opposition ne propose rien" et "la majorité a bien compris qu'il fallait innover, avancer et non pas attendre".
Interrogé sur le silence de Jacques Chirac, Jean-Louis Debré a fait valoir que le chef de l'Etat s'était "déjà exprimé à plusieurs reprises" sur le CPE.
Le président de l'Assemblée nationale a répliqué à Hervé de Charette, député UMP du Maine-et-Loire qui avait demandé la suspension du CPE. "Hervé de Charette a été piqué par le chikungunya politique et médiatique. Il ne représente que lui, et encore pas toujours", a-t-il ironisé.
Officiellement, le ministre de l'Intérieur joue la solidarité gouvernementale. Son principal lieutenant Brice Hortefeux a réaffirmé lundi que Nicolas Sarkozy soutenait "pleinement le gouvernement" et accompagnait "loyalement" le Premier ministre sur la question du CPE, lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP, au cours duquel il a répondu d'une manière moins calme que d'habitude aux journalistes.
Le CPE est "une mesure intelligente" mais qui peut être "ajustée" et "enrichie", avait-il affirmé la veille sur Radio J, émission préparée en concertation avec Matignon.
Officieusement, le ton est différent.
Des députés villepinistes, tels François Cornut-Gentille ou Georges Tron, apportent un soutien sans faille au CPE.Mais de nombreux autres, pour la plupart sarkozystes, expriment inquiétudes et doutes quant à la capacité de M. de Villepin à endiguer la colère estudiantine.
Un ancien ministre laisse éclater sa colère: "entre un Villepin complètement exalté et un Chirac absent - je me demande même si le président, ce n'est pas E.T. - il faut arriver à faire des propositions, sans faire avaler son chapeau au Premier ministre !"
Pour le député Dominique Paillé, il convient de "rétablir le dialogue, par tous les moyens, avec les étudiants. François Fillon, ancien ministre de l'Education, a activé ses réseaux".
Mais "la situation n'est pas brillante. La mobilisation prend !", lâche, dépité, un UMP. "Le soutien de Sarkozy est calibré", constate-t-il. Pour lui, comme pour plusieurs de ses collègues, si le ministre de l'Intérieur ne soutient pas le Premier ministre, il se fait mal voir d'une partie de l'électorat de droite. Mais en le soutenant, il risque aussi de perdre des plumes.
Si la situation dégénère, au fil des manifestations, Jacques Chirac pourrait être tenté d'appeler un nouveau Premier ministre, relèvent des députés.
"Ce pourrait être Sarkozy. Et Matignon, ça ne se refuse pas. Ou alors on prend le risque de le faire passer pour celui qui ne peut pas assumer. Mais s'il y va, Sarkozy est mort pour la présidentielle", selon plusieurs observateurs.
Conclusion: le président de l'UMP a tout intérêt à ce que l'orage passe et que la situation se rétablisse pour Villepin.
Pourtant, "Sarkozy ne croit pas à un contrat spécifique pour les jeunes. Il pense même que Villepin a sorti le CPE pour être identifié, lui et non Sarkozy, à la rupture", confiait récemment à la presse un très proche du ministre.
Quelque 11,5 millions de téléspectateurs ont suivi dimanche soir l'interview du Premier ministre Dominique de Villepin dans le journal de 20H00 de TF1, a annoncé la chaîne lundi, citant des chiffres de Médiamétrie.
Cette interview, au cours de laquelle le chef du gouvernement a notamment affirmé que la loi sur le Contrat première embauche (CPE) "s'appliquera", a réuni une part d'audience de 44,3%, a précisé la Une.
"Venez dans ma fac, il n'y a pas que des opposants au CPE" Aix-Marseille 3 soutient le CPE!!!!!!!!
Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien juge "inadmissible" le blocage d'universités par des étudiants qui protestent contre le contrat première embauche (CPE).
"Il va y avoir des examens bientôt et donc il est inadmissible d'occuper et de bloquer des universités", a-t-il dit sur Europe 1. "Je m'élève vraiment contre les occupations, contre les blocages des universités, qui mettent en danger la sécurité des étudiants, qui les empêchent d'étudier."
Au soir d'une journée de manifestations contre le CPE, l'Unef a lancé mardi un appel à la grève dans toutes les universités françaises.
Selon le syndicat étudiant, 22 universités sur 88 étaient en grève mardi soir.
Gilles de Robien a déclaré compter "sur la responsabilité de tous et de tous ceux qui se soucient vraiment de l'avenir de la jeunesse pour ne pas interrompre les études".
"Les agissements qui sont irréguliers, voire violents, les perturbations, ne sont pas de nature à convaincre qui que ce soit. Il faut laisser travailler ceux qui veulent travailler", a-t-il ajouté. "Ceux qui veulent manifester, qui veulent aller dans la rue, ont l'espace public pour cela."
Le CPE est un nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans. Il est assorti de la possibilité de licencier sans justification pendant les deux premières années.
Le journal évoque une question, censée rester confidentielle, posée par Hugues Martin, maire UMP de la ville, aux élus de la majorité municipale, le 25 février dernier à l'issue d'un séminaire interne consacré à l'économie et à la culture. "Quand Alain Juppé est venu en décembre, il a évoqué sa passion pour Bordeaux, et il a ajouté qu'il était attentif à ce que ses amis pourraient dire sur son retour (...) Que lui répondons-nous?"
Pour une municipale anticipée à l'automne, il faudrait qu'un tiers au moins du Conseil municipal démissionne, alors que la majorité municipale dispose de 50 élus sur 61. Mais "Sud-Ouest" souligne que "ceux qui ne militent pas farouchement pour une municipale à l'automne" seraient "majoritaires selon plusieurs élus interrogés".
Ancien maire de Bordeaux, Alain Juppé, à nouveau éligible depuis le 6 décembre dernier après sa condamnation en 2004 dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, peut également envisager de revenir par le biais d'une élection législative anticipée, qui devrait alors se tenir au plus tard au mois de juin, au plus tard un an avant la date des législatives de 2007.
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