Jeudi 16 mars 2006

Dominique de Villepin aurait peut-être préféré orner la couverture du prestigieux magazine américain en d'autres circonstances. « Est-il un protectionniste raté ou une graine de réformateur ? », s'interroge notre confrère en pleine polémique sur les OPA et le CPE. « A Bruxelles, Villepin est vu comme une sorte de «Luddite» des derniers jours s'acharnant contre une machine économique européenne déjà chancelante », indique « Newsweek », en allusion à ces ouvriers anglais du XIXe siècle qui détruisaient les nouvelles machines supposées leur enlever du travail.

Mais est-ce aussi simple que cela ? Pas si sûr, et l'affaire Suez-Gaz de France possède deux faces. Je prend la posture de défense du pays d'un côté, et, de l'autre, j'en profite pour privatiser une entreprise publique à la veille de l'ouverture des marchés. Un mouvement classique en France, souligne le journal : réthorique à gauche, mouvement à droite ; parler fort et ensuite faire ce qui est délicat. D'ailleurs, selon le FMI, les investissements directs étrangers représentent 13 % du PIB en Italie, 25 % en Allemagne, 36 % en Grande-Bretagne et 42 % en France. C'est justement cette ouverture qui la rend sensible au discours politique. Le cas du CPE est emblématique. « Cette réforme pourrait paraître anodine dans un marché du travail fluide comme aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, où beaucoup d'emplois sont disponibles, et beaucoup d'entre eux sont temporaires. Mais les Français sont habitués à l'idée que les emplois sont permanents, ou devraient l'être. »

Cependant, utiliser la réthorique protectionniste comme écran de fumée pour faire passer des réformes, est-ce la bonne tactique ? En cachant la réalité plutôt que d'expliquer que l'ouverture des frontières est bonne pour la France, le Premier ministre ne rend pas service aux Français. D'où ce conseil de « Newsweek » à Villepin : apprendre que, contrairement à ce qu'affirme le renard au Petit Prince de Saint-Exupery (dont un exemplaire ancien trône dans son bureau), « ce qui est essentiel doit aussi être visible ».
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Mardi 14 mars 2006
Le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a indiqué mardi qu'on ne pouvait "pas revenir" sur le contrat première embauche CPE), voté par le Parlement, mais "modifier un certain nombre de dispositions" par le biais d'un nouveau projet de loi."Le Premier ministre est ouvert. On peut améliorer, corriger un texte voté par des amendements, un dépôt d'un nouveau projet de loi qui va modifier un certain nombre de dispositions. Mais on ne peut pas revenir dessus", a-t-il déclaré sur Europe 1 à propos de la contestation anti-CPE.

 

M. Debré a assuré que la majorité UMP "soutient Dominique de Villepin" sur le CPE. "La loi a été votée par le Parlement. Si maintenant parce qu'il y a des manifestations, on remet en cause l'autorité et la légitimité de la loi, il n'y a plus de République, il n'y a plus de démocratie", a-t-il dit.

 

Il a observé en outre que "face au chômage des jeunes, l'opposition ne propose rien" et "la majorité a bien compris qu'il fallait innover, avancer et non pas attendre".

 

Interrogé sur le silence de Jacques Chirac, Jean-Louis Debré a fait valoir que le chef de l'Etat s'était "déjà exprimé à plusieurs reprises" sur le CPE.

 

Le président de l'Assemblée nationale a répliqué à Hervé de Charette, député UMP du Maine-et-Loire qui avait demandé la suspension du CPE. "Hervé de Charette a été piqué par le chikungunya politique et médiatique. Il ne représente que lui, et encore pas toujours", a-t-il ironisé.
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Mardi 14 mars 2006
Dominique de Villepin souhaite que les fusions dans le domaine de l'énergie en Europe se fassent "sur une base amicale" et assure que le rapprochement entre Suez et Gaz de France se fera dans le respect des règles européennes.
"La fusion Suez-GDF s'inscrit dans une double logique: industrielle et européenne" et se fera "dans le cadre d'une économie ouverte", a déclaré le Premier ministre à Madrid lors d'une conférence de presse commune avec le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.
Ce rapprochement est "un projet européen dans la mesure où il concerne la France et la Belgique", a-t-il souligné. "Il respectera les règles du droit européen."
Les fusions dans le domaine de l'énergie doivent se faire "sur une base amicale et non inamicale", a insisté le chef du gouvernement français après un entretien de trois quarts d'heure avec Zapatero au palais de la Moncloa.
A l'approche du sommet européen des 23 et 24 mars à Bruxelles, où les questions énergétiques tiendront une grande place, les deux dirigeants ont évoqué les projets de fusion en cours dans leurs pays respectifs.
Au cours des dernières semaines, Paris et Madrid ont été accusés d'interventionnisme par une partie de leurs partenaires européens.
"PAS QUESTION DE PROTECTIONNISME"
Bruxelles reproche à l'Espagne ses efforts pour repousser une OPA de l'allemand E.ON sur l'électricien espagnol Endesa.
La Commission européenne a également demandé au gouvernement français des explications sur les éventuelles manoeuvres qui auraient fait capoter le projet de reprise de Suez par l'italien Enel et Veolia, afin de permettre in fine le mariage entre Suez et GDF.
"Il n'est pas question de protectionnisme mais de sécurité énergétique", a martelé José Luis Rodriguez Zapatero, rappelant que l'Espagne était dépendante à 80% dans ce domaine.
A l'approche du sommet du G8 sur l'énergie, qui se tiendra cette semaine à Moscou, les deux dirigeants ont jugé "indispensable" la création de grands groupes énergétiques européens, à l'image de ce qui s'est fait avec Airbus dans l'aéronautique.
"Face au défi de l'après-pétrole et du réchauffement climatique, l'Europe doit avoir une stratégie pour assurer son approvisionnement énergétique", a déclaré Dominique de Villepin, qui a également plaidé pour que les entreprises européennes aient "les moyens de se battre à armes égales" dans le monde.
L'Europe, qui achète plus de la moitié de son énergie à l'extérieur, "doit parler d'une seule voix", a-t-il estimé.
Dominique de Villepin a rappelé par ailleurs l'objectif d'améliorer la sécurité dans le domaine de l'alimentation électrique des deux côtés des Pyrénées.
Il a confirmé l'objectif de porter l'interconnexion entre les deux pays à 4.000 mégawatts, "tout en tenant compte des contraintes environnementales".
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Mardi 14 mars 2006
L'UMP est solidaire du chef du gouvernement sur le CPE et son président Nicolas Sarkozy le soutient "loyalement", mais l'inquiétude domine au sein du parti majoritaire, où l'on redoute une aggravation de la situation qui ferait chuter Dominique de Villepin."Les députés sont préoccupés. Qu'ils soient proches de Sarkozy ou de Villepin, aucun n'imagine qu'une reculade du Premier ministre serait bonne pour leur avenir", soupire l'un d'eux, réputé pour être aussi proche du numéro un du gouvernement que du numéro deux.

 

Officiellement, le ministre de l'Intérieur joue la solidarité gouvernementale. Son principal lieutenant Brice Hortefeux a réaffirmé lundi que Nicolas Sarkozy soutenait "pleinement le gouvernement" et accompagnait "loyalement" le Premier ministre sur la question du CPE, lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP, au cours duquel il a répondu d'une manière moins calme que d'habitude aux journalistes.

Le CPE est "une mesure intelligente" mais qui peut être "ajustée" et "enrichie", avait-il affirmé la veille sur Radio J, émission préparée en concertation avec Matignon.

 

Officieusement, le ton est différent.

Des députés villepinistes, tels François Cornut-Gentille ou Georges Tron, apportent un soutien sans faille au CPE.

 

Mais de nombreux autres, pour la plupart sarkozystes, expriment inquiétudes et doutes quant à la capacité de M. de Villepin à endiguer la colère estudiantine.

 

Un ancien ministre laisse éclater sa colère: "entre un Villepin complètement exalté et un Chirac absent - je me demande même si le président, ce n'est pas E.T. - il faut arriver à faire des propositions, sans faire avaler son chapeau au Premier ministre !"

 

Pour le député Dominique Paillé, il convient de "rétablir le dialogue, par tous les moyens, avec les étudiants. François Fillon, ancien ministre de l'Education, a activé ses réseaux".

 

Mais "la situation n'est pas brillante. La mobilisation prend !", lâche, dépité, un UMP. "Le soutien de Sarkozy est calibré", constate-t-il. Pour lui, comme pour plusieurs de ses collègues, si le ministre de l'Intérieur ne soutient pas le Premier ministre, il se fait mal voir d'une partie de l'électorat de droite. Mais en le soutenant, il risque aussi de perdre des plumes.

 

Si la situation dégénère, au fil des manifestations, Jacques Chirac pourrait être tenté d'appeler un nouveau Premier ministre, relèvent des députés.

 

"Ce pourrait être Sarkozy. Et Matignon, ça ne se refuse pas. Ou alors on prend le risque de le faire passer pour celui qui ne peut pas assumer. Mais s'il y va, Sarkozy est mort pour la présidentielle", selon plusieurs observateurs.

 

Conclusion: le président de l'UMP a tout intérêt à ce que l'orage passe et que la situation se rétablisse pour Villepin.

 

Pourtant, "Sarkozy ne croit pas à un contrat spécifique pour les jeunes. Il pense même que Villepin a sorti le CPE pour être identifié, lui et non Sarkozy, à la rupture", confiait récemment à la presse un très proche du ministre.
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Lundi 13 mars 2006

Quelque 11,5 millions de téléspectateurs ont suivi dimanche soir l'interview du Premier ministre Dominique de Villepin dans le journal de 20H00 de TF1, a annoncé la chaîne lundi, citant des chiffres de Médiamétrie.

Cette interview, au cours de laquelle le chef du gouvernement a notamment affirmé que la loi sur le Contrat première embauche (CPE) "s'appliquera", a réuni une part d'audience de 44,3%, a précisé la Une.

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Mercredi 8 mars 2006

"Venez dans ma fac, il n'y a pas que des opposants au CPE" Aix-Marseille 3 soutient le CPE!!!!!!!!

Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien juge "inadmissible" le blocage d'universités par des étudiants qui protestent contre le contrat première embauche (CPE).

"Il va y avoir des examens bientôt et donc il est inadmissible d'occuper et de bloquer des universités", a-t-il dit sur Europe 1. "Je m'élève vraiment contre les occupations, contre les blocages des universités, qui mettent en danger la sécurité des étudiants, qui les empêchent d'étudier."

Au soir d'une journée de manifestations contre le CPE, l'Unef a lancé mardi un appel à la grève dans toutes les universités françaises.

Selon le syndicat étudiant, 22 universités sur 88 étaient en grève mardi soir.

Gilles de Robien a déclaré compter "sur la responsabilité de tous et de tous ceux qui se soucient vraiment de l'avenir de la jeunesse pour ne pas interrompre les études".

"Les agissements qui sont irréguliers, voire violents, les perturbations, ne sont pas de nature à convaincre qui que ce soit. Il faut laisser travailler ceux qui veulent travailler", a-t-il ajouté. "Ceux qui veulent manifester, qui veulent aller dans la rue, ont l'espace public pour cela."

Le CPE est un nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans. Il est assorti de la possibilité de licencier sans justification pendant les deux premières années.

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Mercredi 8 mars 2006
"Sud-Ouest" affirme mercredi matin que "la mairie de Bordeaux prépare le retour de Juppé". Toutefois, selon le quotidien régional, "les élus de l'équipe d'Hugues Martin ne seraient pas majoritairement favorables à des élections municipales anticipées à l'automne".

Le journal évoque une question, censée rester confidentielle, posée par Hugues Martin, maire UMP de la ville, aux élus de la majorité municipale, le 25 février dernier à l'issue d'un séminaire interne consacré à l'économie et à la culture. "Quand Alain Juppé est venu en décembre, il a évoqué sa passion pour Bordeaux, et il a ajouté qu'il était attentif à ce que ses amis pourraient dire sur son retour (...) Que lui répondons-nous?"

Pour une municipale anticipée à l'automne, il faudrait qu'un tiers au moins du Conseil municipal démissionne, alors que la majorité municipale dispose de 50 élus sur 61. Mais "Sud-Ouest" souligne que "ceux qui ne militent pas farouchement pour une municipale à l'automne" seraient "majoritaires selon plusieurs élus interrogés".

Ancien maire de Bordeaux, Alain Juppé, à nouveau éligible depuis le 6 décembre dernier après sa condamnation en 2004 dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, peut également envisager de revenir par le biais d'une élection législative anticipée, qui devrait alors se tenir au plus tard au mois de juin, au plus tard un an avant la date des législatives de 2007.

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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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