Mardi 7 mars 2006
Dominique de Villepin annonce une dotation supplémentaire de 300 millions d'euros sur trois ans en faveur des pôles de compétitivité, sur lesquels le gouvernement compte pour donner un coup d'accélérateur dans le domaine industriel.

L'annonce a été faite à l'issue du comité interministériel à l'aménagement et à la compétitivité du territoire (CIACT), nouvelle appellation depuis octobre du comité interministériel à l'aménagement et au développement du territoire (CIADT).

En juillet, Dominique de Villepin avait déjà décidé de doubler l'effort public prévu pour les 67 pôles de compétitivité sélectionnés, faisant passer l'enveloppe de 750 millions à 1,5 milliard d'euros sur trois ans, de 2006 à 2008.

Plus de 300 millions d'euros ont déjà été engagés au profit des projets de recherche et développement (R&D) portés par des entreprises ou laboratoires des pôles, a précisé Matignon dans un communiqué diffusé à l'issue du CIACT.

Le gouvernement a par ailleurs décidé de simplifier certains mécanismes. Un dossier type de demande de subvention et une procédure unique d'instruction sont institués. L'ensemble des financements ministériels pour les projets de R&D est regroupé dans un fonds unique, le Fonds de compétitivité des entreprises.

Deux projets de pôles de compétitivité examinés une première fois en juillet 2005 ont été labellisés, après fusion entre candidatures initiales : Orpheme (PACA/Languedoc Roussillon) et MOV'EO (Haute-Normandie, Basse-Normandie et Ile de France).

Par ailleurs, 500 millions d'euros supplémentaires, prélevés sur les recettes de la privatisation de la gestion des autoroutes, seront débloqués pour les grandes infrastructures (routes, fer, ports, etc) en plus de l'enveloppe d'un milliard d'euros annoncée lors du dernier CIACT.

Le gouvernement va mettre en place une nouvelle contractualisation Etat-régions. Ce ne seront plus des contrats de plan, mais des contrats de projet axés sur des projets d'investissement d'envergure nationale.

"Le dernier contrat de plan était tellement exhaustif qu'il n'avait plus de sens politique : 38 milliards d'euros, dont 19 milliards pour l'Etat, avec autant de dépenses de fonctionnement que d'investissement", explique-t-on à Matignon.

Les infrastructures routières (environ 25% des contrats de plan précédents) ne seront plus dans les contrats de projet. "On ne contractualisera plus le système routier, les départements prendront en charge leurs routes", souligne-t-on.

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Mardi 7 mars 2006
Droit dans ses bottes ! A la veille de la journée de mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) organisée, mardi 7 mars, à l'appel de l'ensemble des syndicats et d'organisations de jeunes, Dominique de Villepin continue d'afficher sa détermination. "Face au traumatisme du chômage des jeunes, les demi-mesures ne sont plus de circonstances : il est temps de faire des choix et de les assumer", a déclaré le premier ministre dans un entretien au Parisien du 5 mars.

 

Interrogé par Le Monde, jeudi 2 mars, le chef du gouvernement refusait d'envisager un "plan B" au cas où les manifestations seraient de grande ampleur. "Le recul des gouvernements dans le passé a eu des effet désastreux sur la légitimité des politiques", soulignait-il, en mettant les réactions hostiles au CPE sur le compte de l'inaction de ses prédécesseurs : "On a attendu tellement longtemps avant de tenter quelque chose contre le chômage des jeunes que la peur est devenue la réponse chaque fois que l'on propose une solution". Le CPE étant, selon M. de Villepin, la seule possible : "Je ne vois jamais que l'on me propose une alternative", réplique-t-il à ses interlocuteurs qui contestent ce dispositif.

CHUTE DE POPULARITÉ

Tous les indicateurs dont dispose le premier ministre sont pourtant au rouge. A commencer par les sondages. Selon le dernier en date, réalisé les 3 et 4 mars par l'institut LH2 auprès de 1 056 personnes, et publié lundi dans Libération, Dominique de Villepin ne recueille plus que 37 % de jugements positifs. Soit 7 points de moins qu'en février, et 12 de moins par rapport à janvier. Depuis le 16 janvier, date à laquelle le chef du gouvernement a annoncé la création du CPE, les enquêtes d'opinion ont enregistré une chute de sa popularité, corrélée à un rejet croissant du CPE. Dans l'enquête précitée, 58 % des Français sont "contre" le CPE, alors qu'ils n'étaient que 52 % en février. Selon un sondage de l'institut CSA, réalisé auprès de 1004 personnes les 1er et 2 mars - au lendemain de la publication des chiffres du chômage en hausse - et publié dans Le Parisien du 5 mars, 69 % des personnes interrogées déclarent "ne pas faire confiance au gouvernement pour faire baisser le taux de chômage des jeunes". M. de Villepin dispose, en outre, des notes émanant des préfets et des renseignements généraux, qui laissent présager une assez forte mobilisation.

A cela s'ajoutent les impressions recueillies lors d'entretiens à Matignon avec des associations (comme Génération précaire), ou des groupes de jeunes UMP qui y sont reçus une fois par semaine. Les responsables syndicaux déplorent un manque de concertation. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, assure au Monde que le premier ministre a fait preuve de "beaucoup de conviction", mais d'"aucune écoute" à la veille de la présentation du CPE. M. Chérèque raconte qu'il a mis le premier ministre en garde : "Il n'est jamais bien de donner le sentiment de discriminer les jeunes. En tout cas, nous, nous ne laisserons pas les jeunes seuls dans la rue". Le chef du gouvernement aurait répliqué, selon M. Chérèque, en fustigeant "les gauchistes qui descendront manifester", et en ajoutant : "Je ne me laisserai pas intimider."

source: www.lemonde.fr

SO

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Mardi 7 mars 2006
Dominique de Villepin se prépare à affronter une nouvelle semaine difficile, avec la journée d'action anti-CPE mardi, mais le Premier ministre veut tenter de conjurer la "malédiction de Matignon" en tenant son cap.

Neuf mois après sa nomination, au lendemain de l'échec du référendum sur la Constitution européenne, le chef du gouvernement connaît depuis plusieurs semaines un décrochage sérieux dans les sondages.

La raison: l'annonce le 16 janvier de la création d'un contrat de travail spécifique pour les moins de 26 ans, le contrat première embauche (CPE), un CDI assorti d'une période d'essai de deux ans, sur le modèle du contrat nouvelles embauches (CNE) lancé en août dans les très petites entreprises.

Au début plutôt bien accueilli dans l'opinion, le CPE semble aujourd'hui être devenu le symbole de ce que redoutent les Français pour leurs enfants: une précarisation accrue du marché de l'emploi.

Le passage à l'Assemblée à coup de "49-3" n'a pas arrangé les choses. A quatorze mois de l'élection présidentielle, la gauche n'a pas manqué l'occasion d'instruire le procès du gouvernement.

Conscient du danger, Dominique de Villepin s'est employé depuis une dizaine de jours à tenter de réparer ce que les sondeurs appellent une "rupture d'image". Et de conjurer la "malédiction de Matignon" qui veut qu'aucun Premier ministre ne soit sorti vainqueur électoralement de ses années de mandat.

Ce proche de Jacques Chirac avait en effet été perçu à son arrivée à Matignon comme un gaulliste aux couleurs sociales. Il affirmait vouloir faire "avancer la France en la rassurant".

Dans une interview au Parisien-Dimanche, Dominique de Villepin récuse l'étiquette de libéral qui lui est désormais accolée par l'opposition.

"Regardons la réalité de notre action : je veux conjuguer plus de souplesse et plus de solidarité, plus de protection pour chacun et une chance pour tous", souligne-t-il en rappelant l'élaboration du projet de loi sur l'égalité des chances après la crise des banlieues de novembre. Projet de loi où il a intégré le CPE.

"JE SOUHAITE CONVAINCRE CHACUN"

"Inflexible" sur le CPE, comme le titre Le Parisien-Dimanche, le chef du gouvernement souligne qu'"il est temps de faire des choix et de les assumer".

"Face à des changements importants, il est naturel que des peurs et des réticences s'expriment. Je souhaite convaincre chacun, pour que le pays puisse franchir sereinement un nouveau cap. Il faut du temps, il faut de la persévérance, le gouvernement n'en manque pas", insiste-t-il.

Un sondage CSA-Le Parisien, publié également dimanche, montre que le Premier ministre n'a pas encore remporté sa bataille dans l'opinion. Près de deux Français sur trois (69% des sondés) ne font pas confiance au gouvernement pour faire baisser le taux de chômage des jeunes.

Dans une interview au Journal du Dimanche, le socialiste Jack Lang estime que "le gouvernement Villepin est un Titanic qui prend l'eau de toute part".

"La présidentielle est encore loin mais la droite est plus plombée que jamais", affirme-t-il.

Selon le sondage CSA-Le Parisien, la gauche a toutefois du chemin à parcourir car les Français ne sont que 33% à lui faire confiance pour améliorer l'emploi des jeunes.

Reste que la dégringolade de Dominique de Villepin dans les sondages inquiète aujourd'hui son rival à droite, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

Les proches du ministre de l'Intérieur se sont émus de voir leur champion chuter dans les enquêtes d'opinion, dans la foulée du Premier ministre.

Ce recul de l'équipe gouvernementale intervient bien trop tôt aux yeux de Nicolas Sarkozy, qui ne cache pas son ambition de succéder à Jacques Chirac à l'Elysée en 2007.

La situation est paradoxale pour le ministre de l'Intérieur: une défaite de Dominique de Villepin dans sa bataille pour l'emploi anéantirait sans doute les chances du Premier ministre pour la compétition présidentielle mais risquerait aussi de fragiliser Nicolas Sarkozy face à la gauche.

source: www.liberation.fr

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Mardi 7 mars 2006

Neuf directeurs des ressources humaines de grandes entreprises ont fait part lundi à Dominique de Villepin de leur intérêt pour le contrat première embauche, à la veille des manifestations contre le CPE.
Les DRH d'Alcatel, Axa, Société générale, Total, Bouygues construction, Manpower, IBM France et LVMH participaient à cette réunion avec le Premier ministre.
"Il y a plein d'entreprises actuellement qui ne pourront recruter que si dans six mois à un an l'aspect commercial est bon", a expliqué à l'issue de la réunion Sylvain Lecoq, responsable du cercle Vinci, qui rassemble une centaine de DRH de grandes entreprises. "Pour certaines catégories de jeunes, entre autre les jeunes peu qualifiés, le CPE peut nous paraître intéressant".
Les participants ont assuré au Premier ministre qu'il n'y aurait pas d'effet d'éviction du CPE et que "tous les recrutements en contrat à durée indéterminée (CDI) seraient maintenus".
A cet égard, Dominique de Villepin a rappelé que le CPE "ne remplace pas l'ensemble des contrats de travail mais vise bien à créer une nouvelle voie d'accès à l'emploi pour les jeunes", selon un communiqué de Matignon. Le Premier ministre "a souligné que les employeurs peuvent, s'ils le jugent souhaitable, réduire la période de consolidation à moins de deux ans".
Les DRH présents ont répondu que beaucoup de CPE seraient transformés en CDI avant la fin de cette période de deux ans pendant laquelle l'entreprise peut mettre un terme à tout moment au contrat. "Les bons (jeunes) qu'on va former, il n'est pas question qu'on les perde. Les deux années dans beaucoup de cas seront ramenées à un an, voire neuf mois, voire six mois", a prédit M. Lecoq.
Alors que les premiers recours contre le licenciement abusif de salariés embauchés en contrat nouvelles embauches (CNE) arrivent devant les tribunaux, le responsable du cercle Vinci a reconnu qu'il y aura "quelques excès" mais que 95% des entreprises voudront garder les jeunes qu'elles auront formés. Il a rappelé que la mission des DRH était de "faire respecter le code du travail et les conventions collectives".

source: www.nouvelobs.com

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Vendredi 3 mars 2006

L'intéressant avec Villepin, prototype du gouvernant lui-même gouverné par la passion dévorante de l'urgence, c'est qu'il dégaine si vite, de manière si imprévisible, qu'il laisse l'appareil médiatique à découvert, dépourvu d'argumentaires à mouliner, et les journalistes nus et désarmés devant l'ampleur de leur tâche d'explication et de critique. Dans cet espace vacant, se lit leur désarroi. Normalement, les médias sont chargés d'expliquer ou de critiquer (dans des proportions laissées à leur appréciation) les décisions du gouvernement, sur la base (notamment) des argumentaires que le gouvernement leur a fournis. Normalement, ça ne se voit pas. Les articles les plus habiles évitent de dire : «Ce sont les chiffres et les arguments du gouvernement.» Ils se contentent de les citer. Le lendemain, pour que tout le monde soit content, on diffuse une minute d'interview de François Hollande tout rouge, ou d'un syndicaliste dans son bureau poussiéreux. Après un délai de décence, on passe à la décision suivante.

Mais Villepin ne joue pas le jeu. Il va trop vite. En désarmant les médias, il laisse crûment apparaître ce qu'ils tentent de cacher : leur inclinaison profonde à la résonance plutôt qu'au raisonnement, leur soumission aux réflexes plutôt qu'à la réflexion. Derrière chaque mouvement villepinien, il y a du mou dans la corde à noeuds de l'information. Flottant, elle se laisse observer dans ses flottements. Plusieurs exemples. Au matin de l'arrestation de Youssouf Fofana en Côte d'Ivoire, Villepin, par coïncidence, se trouve sur le plateau de Canal +. Interrogé à chaud, il assure que Fofana sera extradé vers la France «dans les toutes prochaines heures». Et toutes les radios claironnantes du matin, comme un seul homme, de répéter triomphalement : «dans les toutes prochaines heures».

Pourtant, les radios claironnantes du matin sont animées par des hommes, et des femmes, doté(e)s d'un cerveau, et pas seulement d'une voix dynamique et entraînante. Ce cerveau, dans l'absolu, pourrait leur permettre une connexion rapide entre le dossier «Fofana arrêté à Abidjan» et le dossier «situation politique de la Côte d'Ivoire».

Dans ce dernier dossier, il leur serait possible d'entrevoir quelques éléments contredisant le bel optimisme villepinien. Rapports tendus entre Gbagbo et Villepin, quasi-guerre civile, force du sentiment antifrançais dans le camp de Gbagbo, autant d'éléments de nature à faire, au moins, naître le doute sur l'extradition claironnée «dans les toutes prochaines heures». Accessoirement, même tôt le matin, on devrait pouvoir se souvenir que la Côte-d'Ivoire est un pays souverain. Qu'il y existe vraisemblablement des institutions judiciaires, des avocats, des procédures. Bref, au lieu d'ouvrir leur journal en disant «Fofana sera en France dans les toutes prochaines heures», ils pourraient dire : «Villepin s'affirme certain que Fofana sera en France dans les toutes prochaines heures.»

Il en est allé de même pour les lancements précipités du CNE, et du CPE. Villepin assura aux patrons : «Vous n'aurez plus besoin de motiver le licenciement dans les deux premières années.» Et les médias de répéter : on n'aura plus besoin de motiver le licenciement dans les deux premières années. Et chacun d'oublier qu'il existe en France des conseils de prud'hommes, qui jugent en fonction d'un droit du travail préexistant. Lequel droit du travail, comme le rappelait cette semaine le Monde économie, comporte une convention 158 de l'Organisation internationale du travail, qui stipule «qu'un salarié ne peut être licencié sans qu'il existe un motif valable de licenciement lié à l'aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l'entreprise». Autant dire que le CNE et le CPE sont d'ores et déjà engagés dans la moulinette judiciaire. Mais le droit du travail, comme les institutions judiciaires ivoiriennes, c'est loin. C'est gris. C'est dans l'ombre.

Le week-end dernier enfin, Dominique de Villepin annonçait une fusion entre deux grandes entreprises françaises, GDF et Suez. Cette fois, ce fut au duo Chazal-Schoenberg que revint la lourde tâche d'informer. Une information économique importante en plein week-end, c'est une incongruité. Une fois pour toutes, le système a décidé qu'aucune information ne pouvait advenir à partir du vendredi matin. Le week-end, le seul imprévu imaginable au JT est d'ordre sportif, météorologique, ou concerne l'état du trafic routier. Donc, pendant que les JT offraient le minimum syndical sur la fameuse fusion, pendant qu'on se promenait des élevages de dindes aux hôpitaux de la Réunion, on avait tout loisir de se poser des questions sur l'ovni économique. Nationalisation de Suez, ou privatisation de GDF ? Cette menace d'OPA italienne, en filigrane, est-elle la vraie raison, ou n'est-elle qu'un prétexte ? Et cette loi votée il y a moins de deux ans, garantissant que l'Etat ne descendrait pas sous les 70 % de participation dans GDF, l'a-t-on oubliée ? Et si le gouvernement fait voter une loi contredisant la loi votée deux ans plus tôt, que vont penser les citoyens de ce reniement ? Mais, pour que toutes ces questions soient seulement posées, il fallait attendre la fin du week-end. Ainsi le villepinisme fait-il bon marché du respect des règles et des lois, avec la complicité tétanisée des médias, à qui on peut faire confiance pour se rattraper dès que les sondages se retourneront.

par rezeid publié dans : Divers
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Vendredi 3 mars 2006
Pris dans la houle des mauvais sondages, Dominique de Villepin veut tenir le cap mais aussi être "à l'écoute" des Français.

La huitième conférence de presse mensuelle du Premier ministre intervenait mercredi dans un contexte difficile : tragicomédie du Clemenceau, bataille du contrat première embauche (CPE), remontée du chômage, crises sanitaires de la grippe aviaire et du chikungunya, meurtre d'Ilan Halimi.

Se disant "guidé par une exigence de sérénité et de détermination", Dominique de Villepin a plaidé pour un "devoir d'action".

"Mon objectif est double : d'une part être à l'écoute des préoccupations et des inquiétudes des Français et d'autre part, et peut-être surtout, répondre à leurs difficultés. C'est ce devoir d'action qui s'impose", a-t-il lancé.

Il a souligné qu'il voulait trouver "le juste équilibre" entre "action, écoute et dialogue".

"La règle est simple : tous les jours essayer de faire mieux. Il faut le faire avec l'humilité qu'implique l'action politique et avec l'ambition que je veux avoir pour notre pays", a martelé le Premier ministre.

Entouré de six de ses ministres, le chef du gouvernement, qui est monté en première ligne sur tous les dossiers chauds ces dernières semaines, a tenu à saluer son équipe "rassemblée".

"Même si les choses ne sont pas faciles, même s'il y a beaucoup de défis à relever, et ce n'est pas spécifique à la France, l'unité gouvernementale est entière, nous sommes tous à la tâche, tous soucieux de jouer notre rôle, selon le cap fixé par le président de la République", a-t-il insisté.

"Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles, il y a surtout cette détermination, cette conviction sur les capacités de la France, sur la volonté des Français d'aller de l'avant. Donc, nous tenons le cap", a-t-il plaidé.

Placé sur la défensive, Dominique de Villepin s'est voulu combatif, estimant nécessaire de se "battre sur tous les fronts à la fois".

"JE VEUX ÊTRE JUSTE"

S'il n'a pas fait d'annonces nouvelles, le Premier ministre s'est livré à un exercice de pédagogie sur sa politique, contre laquelle gauche, syndicats et organisations étudiantes et lycéennes manifesteront à nouveau le 7 mars.

Général en chef de la bataille de l'emploi depuis son arrivée à Matignon il y a neuf mois, le Premier ministre a jugé que la tendance restait "bonne", en dépit de la remontée du nombre de chômeurs en janvier.

Il a promis de mettre la France "à l'abri de nouveaux à-coups" et a rappelé que son objectif était "bien une société du plein emploi".

Il a assuré que le contrat nouvelles embauches (CNE) lancé en août avait "un effet positif sur l'emploi" et a défendu le CPE, affirmant vouloir sortir "des demi-mesures et des demi-solutions du passé".

Le Premier ministre, qui a perdu du terrain dans l'opinion en apparaissant plus comme un adepte d'un pragmatisme aux couleurs libérales que comme un gaulliste social, a puisé dans l'imaginaire gaullien pour détailler un projet de loi sur la participation et l'actionnariat salarié, qui prévoit notamment la généralisation de la distribution d'actions gratuites.

"Le patriotisme économique, cela doit profiter à chacun : aux entreprises, bien sûr, mais aussi aux salariés", a-t-il dit.

C'est au nom de ce même patriotisme économique que Dominique de Villepin a une nouvelle fois défendu le projet de fusion entre Gaz de France et Suez. L'occasion pour lui de préciser que le secteur nucléaire et ses acteurs, comme EDF et Areva, devaient rester sous le "plein contrôle" de l'Etat.

Dominique de Villepin a également plaidé pour une prévention "maximum" en matière sanitaire, notamment face aux risques de grippe aviaire.

Il a confirmé qu'il retournerait à la Réunion dans trois mois pour évaluer les mesures de lutte contre l'épidémie de chikungunya et a annoncé qu'il assisterait à la mi-mars à Paris à un exercice national de simulation d'une pandémie de grippe aviaire.

"Je veux être juste. Juste dans la protection des Français parce que c'est mon devoir. Juste également dans l'écoute et la prise en compte de leurs préoccupations. Parce que c'est ma responsabilité", a conclu le Premier ministre.

par rezeid publié dans : Divers
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Lundi 27 février 2006

SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION - Dominique de Villepin a de nouveau défendu la gestion par l'Etat de la crise de l'épidémie de chikungunya au terme d'une visite de 24 heures à la Réunion, où il compte revenir dans trois mois.

"Neuf malades sur dix l'ont été depuis le mois de janvier, cela met fin à toutes les polémiques possibles" (sur la vitesse de réaction du gouvernement), a déclaré le Premier ministre, en brandissant un graphique montrant la progression de l'épidémie.

"Personne n'a prévu l'explosion de cette épidémie, personne ne pouvait la prévoir", a-t-il répété.

"Je reviendrai moi-même dans trois mois pour vérifier l'efficacité des actions engagées", a-t-il annoncé.

Les ministres de l'Outre-mer, François Baroin, de la Santé, Xavier Bertrand, et du Tourisme, Léon Bertrand, précéderont la nouvelle visite de Dominique de Villepin.

Soucieux d'affirmer la "détermination totale" du gouvernement à lutter contre l'épidémie de chikungunya, le chef du gouvernement a annoncé lundi la création prochaine à la Réunion d'un "centre de recherche et de veille sanitaire dédié aux maladies émergentes".

A la date du 19 février, 157.000 personnes - soit environ un habitant sur cinq - avaient été atteintes par la maladie, qui se manifeste par de fortes fièvres et des douleurs articulaires.

Au total, 77 décès - dont ceux de deux enfants auparavant en bonne santé - peuvent lui être imputés, directement ou indirectement.

Dimanche, Dominique de Villepin avait détaillé un ensemble de mesures sanitaires et économiques destinées à aider l'île à surmonter la crise, pour un montant de 76 millions d'euros s'ajoutant aux 15 millions déjà engagés.

Ce plan d'action a été accueilli favorablement sur l'île.

PROTEGER LA METROPOLE

"Enfin nous sommes entendus. Le Premier ministre a pris la mesure de l'ampleur de l'épidémie", a déclaré la sénatrice communiste Gélita Hoarau qui avait dénoncé en novembre la "fatalité annoncée" du chikungunya face à l'inaction des autorités.

Pour Jocelyne Lauret, présidente du Comité du tourisme de la Réunion, "la mobilisation des acteurs locaux, publics et privés, a été payante."

"Le minimum est assuré, l'engagement du gouvernement est sans ambiguïté", a estimé Eric Magamootoo, président de la Chambre de commerce et d'industrie.

"Il faudra être vigilant, maintenant, sur cet engagement", a tempéré Paul Vergès, président du conseil régional de la Réunion.

Dominique de Villepin a souhaité inscrire l'action du gouvernement dans la durée.

"Je veillerai personnellement à ce que les besoins de la Réunion soient satisfaits dans le futur contrat de plan et dans les fonds européens qui seront négociés", a-t-il dit.

"Nous sommes en train de prendre toutes les mesures susceptibles de diminuer (le) risque" d'une propagation du chikungunya en métropole à partir de cet été, a également fait savoir Dominique de Villepin.

Depuis le début de l'épidémie, un nombre indéterminé de voyageurs en provenance de la Réunion ou d'autres îles de l'océan Indien touchées par le virus ont présenté les premiers symptômes de la maladie à leur retour.

"Il n'y a pas de moustiques Aedes albopictus qui soit à l'heure actuelle opérant en métropole", a souligné Xavier Bertrand.

Aedes albopictus est un des vecteurs de la maladie;

"A condition de se protéger, on peut venir à la Réunion et y passer un séjour merveilleux", a conclu le Premier ministre, qui devait quitter l'île en milieu de matinée, à destination de Paris, via Djibouti.

De maladie bénigne, le méconnu chikungunya est passé au statut de maladie potentiellement mortelle, même si sa létalité concerne surtout des personnes très âgées et déjà affaiblies par d'autres pathologies.

En l'absence de vaccin et de traitement spécifique, le seul moyen de se prémunir est d'éviter les piqûres de moustiques, une gageure en cette saison.

source: www.liberation.fr

par rezeid publié dans : Divers
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