Mardi 4 septembre 2007

L'ancien premier ministre se démène dans les médias pour distribuer bons et mauvais points au président.

 
DOMINIQUE DE VILLEPIN est en tournée de promotion. Sur tous les tons, et avec une liberté retrouvée, l'ancien premier ministre redevenu écrivain défend officiellement son nouveau livre sur Napoléon (Le Soleil noir de la puissance, Perrin). Son plan média lui a déjà ouvert les portes de TF 1, RTL, du Figaro, du Parisien, d'Europe 1 et France Info. Avant de se rendre ce soir sur i-Télé, demain sur France Inter et d'être vendredi le premier invité de Guillaume Durand sur France 2.
 
Après une cure médiatique de cent jours, Dominique de Villepin a donc recouvré la parole. Il a décidé d'exprimer la « rage » qui l'anime depuis qu'il a été mis en examen dans l'affaire Clearstream et avant son prochain rendez-vous, le 13 septembre, chez les juges. Hier, il s'est étonné qu'on puisse « à la fois être partie civile alors qu'on est président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, qu'on peut se tenir jour après jour informé d'un dossier - y compris de ce qui n'est pas dans le dossier - et qu'on peut donner des instructions à la Chancellerie et au parquet ? »
 
Redevenu bavard, le chiraquien Villepin dit tout haut ce que nombre d'amis de l'ancien chef de l'État pensent tout bas des premiers mois de la présidence Sarkozy. Pas une interview sans qu'il ne glisse tantôt un compliment, tantôt une pique contre son ex-rival. Témoin : sa prestation hier sur Europe 1, qui lui a permis de tacler la politique africaine de Sarkozy et de le mettre en garde sur l'Irak. « Sur la politique étrangère, il y a des dossiers sur lesquels nous pouvons faire mieux », a déclaré l'ancien patron du Quai d'Orsay.
 
Briser l'unanimisme ambiant
 
Revenant sur le discours prononcé par le président au Sénégal en juillet, Villepin s'est dit « blessé » par certains propos. Il a pointé ceux « tenus à Dakar sur l'homme africain qui n'entrerait pas suffisamment dans l'avenir ». Sur l'Irak, celui qui fut le chantre du refus de la guerre, a appelé à avancer « les yeux ouverts » et à « être lucides ». « Pour avancer en Irak, il faut un préalable, un gouvernement d'union nationale et un vrai calendrier de retrait des troupes américaines. »
 
Ces critiques font suite à ses déclarations sur le « développement de l'esprit de cour ». Avant, il avait appelé le président et la majorité à « ne pas s'endormir sur leurs lauriers » et souligné qu'il avait, lui, fait baisser « le chômage de deux points en deux ans ». Bref, Villepin est aux aguets. Prêt à sauter sur le moindre faux pas du successeur de Jacques Chirac.
 
En reprenant la parole, il n'a pas seulement retrouvé sa liberté. Il semble s'installer, même s'il s'en défend, dans le rôle de premier des opposants à Sarkozy. Ou, à tout le moins, de briser l'unanimisme ambiant autour des débuts de Sarkozy. Adepte de la pensée iconoclaste, il est même convaincu que, faute d'une gauche crédible, c'est à la majorité d'organiser, en son sein, le débat contradictoire avec le gouvernement. Un rôle taillé sur mesure pour Villepin. Mais l'ex-premier ministre a-t-il encore les moyens de ses ambitions ?
Source: le figaro
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Lundi 3 septembre 2007
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin "souhaite" que les "conditions d'un Etat de droit soient réunies" dans le traitement du dossier Clearstream par la justice, a-t-il déclaré lundi sur Europe 1.
 
M. de Villepin, mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance, complicité d'usage de faux" fin juillet dans cette affaire où Nicolas Sarkozy est partie civile, sera entendu sur le fond par les juges d'Huy et Pons le jeudi 13 septembre.

"Je répondrai à l'ensemble des questions parce que je ne revendique aucun privilège dans cette affaire. Le 13 septembre, la vérité fera un grand pas en avant", a affirmé M. de Villepin, qui s'est plongé dans "les 27 volumes" du dossier Clearstream et en est ressorti "stupéfait" de ce qu'il y a lu.

"Je souhaite simplement que les conditions nécessaires d'un état de droit soient remplies", a déclaré l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac.

"Comment peut-on être partie civile alors qu'on est président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, qu'on peut se tenir jour après jour informé d'un dossier - y compris de ce qui n'est pas dans le dossier - et qu'on peut donner des instructions à la chancellerie et au parquet?", a-t-il poursuivi.

"Je demande que les conditions soient réunies pour que la sérénité soit remplie dans ce dossier, je ne suis pas sûr que ce soit le cas aujourd'hui", a insisté celui qui a agi au cours de cette affaire politico-financière comme ministre des Affaires étrangères et de l'Intérieur.

Source: AFP

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Lundi 3 septembre 2007
L'ancien premier ministre Dominique de Villepin s'est dit "critique", lundi 3 septembre, au sujet de la politique africaine du président Nicolas Sarkozy, le mettant aussi en garde contre une "erreur fondamentale" s'il apportait sa caution à l'administration Bush au sujet de l'Irak. "Sur la politique étrangère, il y a des dossiers sur lesquels nous pouvons faire mieux", a déclaré M. de Villepin sur Europe 1, tout en se défendant d'être ou de devenir un "opposant".

 


Se disant "blessé" par certains propos du chef de l'Etat, M. de Villepin a relevé ceux "tenus à Dakar sur l'homme africain qui n'entrerait pas suffisamment dans l'avenir". Il a appelé à "tenir compte des réalités et des sensibilités"."Nous sommes le pays qui, grâce à Jacques Chirac, a construit le Musée du Quai Branly, qui comprend sans doute le mieux aujourd'hui l'Afrique et l'aime le plus", a-t-il fait valoir, "veillons à ne pas adresser des contre-signaux à partir d'interprétations qui sont éminemment discutables".

PAS DE CAUTION À GEORGE BUSH SUR L'IRAK

Lors de son premier déplacement en Afrique subsaharienne fin juillet, M. Sarkozy avait évoqué à Dakar "l'imaginaire" du paysan africain "où tout recommence toujours" et où "il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès".

A propos de l'Irak, celui qui fut aussi ministre des affaires étrangères et ardent défenseur du refus de la guerre, a appelé à avancer "les yeux ouverts" et à "être lucides". "Donner une caution aujourd'hui à l'administration Bush sur l'Irak et sur beaucoup d'autres sujets, ce serait une erreur monumentale", a-t-il averti. "Pour avancer en Irak, il faut un préalable, un gouvernement d'union nationale et un vrai calendrier de retrait des troupes américaines", a souligné M. de Villepin."Si nous ne le faisons pas, nous mettons la main dans la porte", a-t-il dit, assurant que "non seulement nous n'apportons pas de contribution utile mais que nous prenons des risques pour notre sécurité".

Source: Le monde

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Dimanche 2 septembre 2007

A lire, l'interview de Dominique de Villepin dans le Parisien sur le blog " halte au complot"

http://halte-au-complot-contre-villepin.over-blog.com/

 

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Vendredi 31 août 2007

La rentrée médiatique de Dominique de Villepin 

http://halte-au-complot-contre-villepin.over-blog.com/

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Vendredi 31 août 2007

L'ancien premier ministre Dominique de Villepin et le directeur de la Fondation Napoléon, Thierry Lentz, confrontent leurs points de vue sur l'épopée impériale.

 
LE FIGARO LITTÉRAIRE. - Raymond Aron disait : « Les Français s'obstinent à traiter en héros Louis XIV et Napoléon auxquels manquèrent par-dessus tout sagesse et mesure. » Au fond, par son esprit de conquête, Napoléon n'est-il pas un anachronisme dans une Europe où triomphe déjà, depuis Montesquieu, l'« esprit de commerce » ?
 
Dominique de VILLEPIN. - Ce sera l'analyse, parfois cruelle, des libéraux comme Benjamin Constant. Il est vrai que le choix anglais, en ce début de XIXe siècle, est un choix plus prometteur que celui de la France. Mais, à la décharge de Napoléon, il faut revenir sur les circonstances particulières qui l'ont conduit au pouvoir en Brumaire. Nous sommes au sortir d'une révolution meurtrière que nul ne parvient à maîtriser. Depuis 1789, le pouvoir est en fusion. La France a connu la monarchie constitutionnelle, la Convention, puis le Directoire. Les Français sont épuisés, le pays est à bout de rêve. La force et le talent de Napoléon, c'est d'arriver à terminer la révolution et ranimer ce pouvoir tombé dans le ruisseau. Napoléon dote dans le même temps la France d'un État efficace, notamment grâce à la centralisation, il crée un Code civil, il impose ses « masses de granit », etc. Taine dira qu'il a « fait la France moderne ». Tout cela est à mettre au crédit de Napoléon. Mais cet homme charismatique, selon la conception de Max Weber, va être peu à peu débordé par le pouvoir qui est d'autant plus fragile qu'il grandit. Ce sont les deux faces de Napoléon que j'essaye d'évoquer dans mon livre. Son génie de la réconciliation, à travers le Concordat, le retour des émigrés, la paix d'Amiens (1802), etc., a pour revers une ivresse du pouvoir, ce « soleil noir de la puissance » qui fait que la chute est inscrite dans les gênes de l'aventure.
 

 
Napoléon était-il condamné à échouer ?
 
Thierry LENTZ. - L'histoire le montre, mais, si on examine les faits de près, on s'aperçoit que Napoléon a mal négocié quelques tournants essentiels et probablement surestimé la capacité réelle de la France à dominer seule l'Europe. En économie, en finances, en diplomatie et en géopolitique, il cède en quelque sorte aux illusions de l'hyperpuissance. Ce qui le perd, c'est la déconnexion entre sa vision personnelle et la réalité politique du pays et de l'Europe. Jean-Claude Casanova dit parfois que Napoléon a résolu les problèmes du XVIIIe siècle pendant que les Anglais résolvaient les problèmes du XXIe siècle. C'est très juste.
 
D. V. - Beaucoup de choses s'expliquent par la précarité du pouvoir qui, dès l'origine, entraîne Napoléon dans une fuite en avant. Cette fragilité est frappante dès le coup d'État du 18 Brumaire et les deux conspirations de 1800 et de 1804 (qui conduit à l'exécution du duc d'Enghien). Cet homme de pouvoir reste un homme fragile. Il a peur. Ces lacunes de légitimité le conduisent à deux surenchères : la première, c'est le choix de l'hérédité avec le sacre de 1804 et, la seconde, le choix de la conquête institué par le Blocus continental (1806) où Napoléon essaye de « conquérir la mer par la puissance de la terre », comme il dit. À défaut de pouvoir mener la guerre directement en Angleterre, il tente de l'isoler du continent. Il devient agresseur alors que la France, à Marengo, à Austerlitz ou à Iéna, avait été l'agressée. Le pouvoir change de nature. Napoléon s'est coupé de la Révolution en 1804 et il s'est coupé de l'Europe en 1806. Un malentendu fondamental s'instaure à ce moment entre cet homme et la société française qui aspire plus que jamais à la paix.
 

 
Cette politique de conquête se justifierait par la légitimité fragile de Napoléon ?
 
T. L. - La légitimité n'est pas une question théorique pour Napoléon. Mais c'est un sujet qui l'a hanté parce qu'il est arrivé à un moment de l'histoire où on ne sait plus où est la légitimité. Dominique de Villepin a parfaitement raison d'insister sur l'ambiguïté du 18 Brumaire. La légitimité matérielle de Bonaparte tient alors au fait qu'il l'a emporté sur Sieyès. Mais il suffirait qu'un autre homme providentiel arrive pour que l'aventure s'achève. C'est pourquoi Napoléon se voudra à la fois national, monarchique, nouveau Charlemagne et représentant de la nation, etc. Au carrefour des légitimités, il choisit tous les chemins à la fois. Et finalement, il ne sera jamais sûr de conserver le pouvoir. Certes, Napoléon perd pied après 1807 ; il perd même le sens de la mesure. Mais, avant cette date, l'environnement international ne lui est pas favorable. Les vieilles ambitions diplomatiques, le combat séculaire entre la France et l'Angleterre, cette « deuxième guerre de Cent Ans », comme disait Gaxotte, reviennent au premier plan. Jusqu'en 1807, Napoléon n'est pas encore l'élément central du jeu, parce que, après tout, s'il avait été à ce point l'ennemi de l'Europe, celle-ci n'aurait pas attendu 1813 pour mettre en place une coalition générale contre lui. Jusqu'en 1807-1808, Napoléon est encore utile à beaucoup en Europe parce qu'il permet une bonne distribution des cartes. Et probablement son erreur, c'est qu'à ces moments charnières il ne sait pas saisir sa chance.
 
D. V. - C'est tout à fait juste. L'Europe ne comprend pas immédiatement la menace que représente Napoléon. De même, Napoléon croit rassurer l'Europe par le sacre. Il y a donc un malentendu au départ. Je crois que, en matière de légitimité, il faut saluer l'extraordinaire ambition de Napoléon. Il entend réconcilier l'Ancien Régime et la Révolution. C'est ce qui explique sa boulimie réformatrice. Il superpose les légitimités, celle du chef de guerre, par laquelle il s'impose, mais aussi la légitimité politique. Avec le sacre de 1804, il cumule le globe du Saint Empire romain germanique, la couronne de lauriers de César, le saint chrême des Bourbons, Charlemagne, le serment constitutionnel, etc. Il a aussi la volonté d'y ajouter la souveraineté populaire, à travers le plébiscite en 1804. Mais, cette légitimité politique s'use très vite. Finalement, c'est par la conquête qu'il va essayer de restaurer sa légitimité d'origine. « La conquête m'a fait ce que je suis, dit-il. La conquête seule peut me maintenir. » Mais le pouvoir est alors suspendu à la victoire. D'où cette fuite en avant et cette métamorphose de l'homme à partir du Blocus. À ce tournant majeur du règne correspond d'ailleurs la mutation physique et morale de l'Empereur. Ses traits s'alourdissent, il devient impatient et odieux, une espèce de dépression s'empare de lui. Il s'enferme, il s'isole dans sa cour.
 

 
Vous insistez sur l'esprit de cour. Mais rien n'obligeait Napoléon à créer une cour ?
 
D. V. - Non, mais l'esprit de cour, avec ses calculs, ses complots et ses bassesses, existe bien avant la création de la cour impériale. Dès le départ, Napoléon a essayé de maîtriser les ambitions de tous les acteurs de son temps, ceux qui ont gagné leurs galons sur le champ de bataille comme ceux qui rentrent d'émigration. Il croit pouvoir tenir en haleine par les vanités. Mais les vanités, une fois satisfaites, se lassent du risque. L'esprit de conservation tue alors l'esprit de conquête. L'exemple de l'armée est éloquent. En 1814, Napoléon a l'armée avec lui, mais il n'a plus les maréchaux... Je pense que s'il y a une leçon à tirer de l'expérience, c'est que la cour est intimement liée au pouvoir. Elle se métamorphose selon les régimes. L'esprit de cour est encore plus dangereux depuis la révolution car il est plus souterrain. Tocqueville disait que « les républiques démocratiques mettent l'esprit de cour à la portée du plus grand nombre et le font pénétrer dans toutes les classes ». Il faut, quand on a conscience de ce danger, tenter d'enrayer cet esprit, notamment par le volontarisme politique. Or, Thierry Lentz a fort bien posé une question : est-ce que Napoléon, homme du « tout politique », ne tue pas, de ce fait même, la politique ? C'est un risque majeur car Napoléon opère une fusion pouvoir-société autour de sa personne. Mais c'est dangereux car cela tue l'alternative politique, cela réduit la politique à une unanimité factice, lourde de tensions futures. L'entreprise napoléonienne est aussi vouée à l'échec parce qu'elle n'a pas réussi à établir des rapports harmonieux entre le pouvoir et la société.
 

 
L'Empire est en effet un « désert intellectuel ». Presse servile, censure, absence d'esprit civique. Napoléon a encouragé le Français à se replier « sur son repos ou son succès », comme disait Constant. C'est déjà le triomphe de M. Homais.
 
T. L. - Le régime n'est pas aussi atone que les écrivains de la Restauration l'ont décrit. Compte tenu des circonstances de départ - cette nécessité de remettre de l'ordre, comme l'a souligné Dominique de Villepin -, on ne pouvait pas tout faire d'un coup. Je ne pense pas que Napoléon ait été un libéral. Mais peut-on dire qu'il a tué la politique ? Je dirais plutôt que la politique s'est endormie, comme elle s'endort toujours quand la lutte pour le pouvoir est inutile. Les politiciens de cette époque connaissaient aussi bien les rapports de force que ceux d'aujourd'hui et, en plus, c'est leur vie qui est en jeu. Il y a des moments où les circonstances rendent l'action inutile. D'ailleurs, l'opposition était affaiblie parce qu'elle était aussi très divisée. Il y avait, d'un côté, les républicains qui étaient si éparpillés que le régime pouvait facilement les attirer ou les faire taire. De l'autre côté, l'opposition royaliste attendait le retour des Bourbons. Je crois enfin que les libéraux du XIXe siècle perdent un peu de vue la situation de Napoléon. Ses adversaires sont des gens dangereux et il ne peut pas se permettre de perdre. Et pourtant, la seule exécution politique du Consulat et de l'Empire, c'est celle du duc d'Enghien. Ce n'est pas un régime sanguinaire, ni même une dictature.
 

 
Moins libéral ?
 
T. L. - Disons que le régime anglais est surtout aristocratique. Voyez comment sont élus les députés anglais et ceux qu'ils représentent vraiment à l'époque. En Angleterre, le régime parlementaire sert les élites mais sa grande force est d'être considéré légitime par l'ensemble des sujets. L'Empire cherche, lui, une adhésion des masses qui, à l'époque, ne se reconnaissent pas du tout en France dans l'opposition libérale. M. de Villepin parle de consensus dans son livre. Le consensus pour Napoléon, c'est la mise en place d'une société bourgeoise soutenue par des corps intermédiaires, sinon légitimes, du moins crédibles et capables de défendre le régime. En ce sens, Napoléon joue parfaitement le rôle du « sauveur », comme l'a défini Jean Tulard. Quand il cessera d'être utile, la bourgeoisie se détachera de lui et le train des choses continuera avec les mêmes structures et parfois les mêmes personnes.
 

 
L'échec politique de l'Empire est-il lourd d'avenir ?
 
D. V. - Quand Furet dit que Napoléon est un Louis XIV de l'État démocratique et que la France moderne naît « dans cette réconciliation posthume de Louis XIV et de Robespierre », il a raison. Napoléon modernise l'héritage absolutiste, il ne tient pas compte de l'esprit libéral. Mais, en France, la Révolution amorcée par la liberté a très vite étouffé la liberté. Napoléon en prend acte. Il disait : « Les Français sont indifférents à la liberté ; ils ne la comprennent ni ne l'aiment ; la vanité est leur seule passion et l'égalité politique (...) est le seul droit politique dont ils fassent cas. » Stendhal estimait que rien de plus juste n'avait été dit sur la nation française. Les tensions qui traversent alors la société depuis la Révolution sont trop fortes pour trouver un juste équilibre entre les pouvoirs. Ce qui se fait dans le sang enclenche des logiques d'affrontement qui se reproduiront d'ailleurs tout au long du XIXe siècle. De ce point de vue, la chance des révolutions anglaise puis américaine, c'est d'avoir inscrit comme principe premier la liberté et comme règle le pragmatisme.
Source: le figaro
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Mardi 28 août 2007

Jean-Michel Aphatie reçoit Dominique De Villepin le 29/08/2007 à 07:50.

http://direct.rtl.fr/

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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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