Dimanche 30 juillet 2006

"MASSACRE AU LIBAN, HONTEUX, CRIME CONTRE L'HUMANITE, INDIGNATION, OU VA LE MONDE EN LAISSANT CETTE TOTALE LIBERTE A CET ETAT FASCISTE d'israel"

Une frappe aérienne israélienne a tué 40 civils libanais, dont 21 enfants, dimanche à Kana, dans le Sud-Liban, ce qui en fait l'attaque la plus meurtrière menée par Israël depuis le début de son offensive contre la milice chiite du Hezbollah.
Des employés de la Croix-rouge libanaise recouvrent d'une couverture le corps sans vie d'un enfant. Le cadavre d'une femme en robe rouge gît dans un amas de débris. A côté d'elle, une jambe dépasse des décombres. Dans la rue, un enfant mort.
Plusieurs maisons se sont effondrées et un bâtiment de trois étages où une centaine de civils s'étaient réfugiés ont été détruits, rapportent des témoins et des secouristes.

A Kana, les cris de désespoir se mêlent aux hurlements de colère parmi les restes des bâtiments détruits.
On tente à mains nues de dégager les blocs de béton pour atteindre ceux qui sont encore en-dessous. Parmi les corps retirés des débris, ceux d'un bébé et d'un homme de 70 ans.
La terreur a réduit au silence Ibrahim Challoub, qui recherche sa soeur, toujours ensevelie.
Kana avait déjà, avant dimanche, connu des pertes civiles aux mains de l'armée israélienne.
En avril 1996, des bombardements israéliens y avaient tué une centaine de personnes qui s'étaient réfugiées dans une base de la force de maintien de la paix de l'Onu, dans le cadre de l'offensive militaire dite des "Raisins de la colère".

par rezeid publié dans : Le Proche-Orient
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Samedi 29 juillet 2006
par Mathieu Plane, économiste au département d'Analyse et de prévisions de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)

Le nombre de chômeurs a baissé de 250.000 au mois de juin pour atteindre un taux à 9%. Quels secteurs ont connu une amélioration en termes d'embauches ?

- On observe une amélioration dans le secteur marchand et celui non marchand. Selon nos estimations, 230.000 emplois seraient créés en 2006 dans ces deux secteurs.
Un premier facteur favorise l'emploi: le rebond de la croissance en France. Les indicateurs conjoncturels se portent bien, notamment celui des dépenses des ménages en produits manufacturés. Les chiffres ont été révélés la semaine dernière (+5,6%), et c'est indéniable, les ménages consomment de manière soutenue. Cela engendre plus de croissance et favorise les créations d'empois dans le secteur marchand.

Pour expliquer l'amélioration de l'emploi dans le secteur non marchand, il faut prendre en compte le Plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo [ministre de l'Emploi, ndlr]. Les contrats d'avenir et les CAE (Contrat d'accompagnement à l'emploi) sont deux mesures efficaces qui devraient créer 80.000 emplois dans le secteur non-marchand cette année.

Cette tendance est-elle amenée à durer ?

- Le chômage a baissé de manière significative deux mois de suite, mais cela n'a rien d'extraordinaire. Si nous anticipons 230.000 emplois en plus pour 2006, nous sommes encore loin des 600.000 emplois créés en 2000.
Cela dit, il faut prendre en compte l'évolution de la population active pour évaluer la situation de long terme.
Deux effets jouent sur la population active: l'un est démographique, l'autre transitoire.
D'abord, le vieillissement de la population active entraîne un ralentissement de son taux de croissance, elle augmente de moins en moins vite. Le nombre d'entrée de jeunes sur le marché du travail ralentit peu à peu, tandis que le nombre de sortants augmente. Ainsi, la population active a tendance à ralentir en période de croissance.
Ensuite, on a aussi l'influence d'un effet transitoire, celui d'une mesure de la loi Fillon de 2003, qui autorise les actifs ayant cumulé plus de 40 annuités de travail à partir en retraite avant 60 ans. C'est ce qu'on appelle les retraites anticipées, et beaucoup en ont profité.
Pour ces raisons, le ralentissement de la population active devrait s'accentuer dans les années à venir. Cette situation démographique laisse envisager qu'il sera plus facile de créer des emplois au fur et à mesure qu'on avance dans le temps. Le chômage devrait donc continuer à baisser.
En 2006, au total, la population active augmenterait de 40.000 personnes. Ce qui apparaît relativement infime à côté de la variation de 2002 qui s'élevait à 150.000.

Jean-Louis Borloo et Dominique de Villepin prévoient que le taux de chômage repasse sous la barre des 9% d'ici la fin de l'année. Est-ce possible ?

- Absolument.
Selon nos estimations, le taux de chômage pourrait diminuer à 8,8% fin 2006, et il continuerait sa trajectoire pour 2007.
L'amélioration sera durable tant que la croissance est présente, tout le scénario repose sur elle. On l'estime, pour l'instant, à 2,2% en 2006 et en 2007. C'est un taux suffisamment élevé pour faire baisser le chômage.
Cependant, certains risques ne doivent pas être écartés. La flambée des cours du pétrole, une remontée brutale des taux d'intérêt ou encore l'explosion de la bulle immobilière représentent de grands dangers pour la croissance, et donc pour l'emploi.
par rezeid publié dans : Divers
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Samedi 29 juillet 2006

L'enquête annuelle de l'Insee confirme la baisse de leur nombre en 2005 mais en corrige l'ampleur. Et renseigne sur leur profil

Chaque année, l' «enquête emploi» de l'Insee est très attendue, parce qu'elle mesure par sondage (auprès de 115 000 personnes) le nombre de chômeurs (selon la définition du Bureau international du travail), et non celui des demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE. Ce dernier chiffre qui, chaque mois, alimente le débat correspond plus à un décompte administratif qu'à la réalité économique et sociale.

La livraison de l'Insee du 6 mars ne bouleverse pourtant pas les données mensuelles. Elle confirme que le chômage a - un peu - baissé en 2005: son taux s'établit à 9,8%, contre 9,9 en 2004. Cela est une moyenne: en douze mois, le taux est passé de 10% (décembre 2004) à 9,6 (décembre 2005).

Toutefois, l'enquête de l'Insee corrige l'ampleur de la baisse enregistrée par l'ANPE en 2005: la statistique mensuelle faisait apparaître un plus haut à 10,2% (en mars) et un plus bas à 9,5 (en décembre). Pour l'Insee, le plus haut se situe à 10,1% (en janvier) et le plus bas à 9,6 (en décembre).

© JSI

Qui a profité de ce mouvement? Les femmes de plus de 50 ans, affirme l'Insee, les professions intermédiaires et les diplômés. En revanche, le chômage augmente pour les ouvriers et les sans-diplôme - déjà très frappés par ce mal. Et la part du chômage de longue durée progresse, notamment chez les jeunes: les personnes privées d'emploi depuis un an et plus représentent 42,5% du total, contre 41,6 un an plus tôt.

L'explication de ces évolutions se trouve du côté des créations d'emplois: on compte, en moyenne, 137 000 emplois de plus en 2005, essentiellement féminins et à temps partiel. Cette forme de travail a spécialement progressé en 2005 (+ 167 000). Dans le même temps, l'industrie a perdu 60 000 postes et l'agriculture 40 000, tandis que les personnels des services aux particuliers sont 90 000 de plus. En un mot, la tertiarisation de l'économie française se poursuit.

Sa précarisation, aussi? Alors que le CNE (qui est un CDI) existe depuis le 4 août 2005 et que 300 000 contrats de ce type ont été signés, le nombre de CDI n'augmente pas. Phénomène de substitution pure et simple? «Il est encore trop tôt pour le dire», reconnaît Eric Heyer, directeur adjoint à l'Obervatoire français des conjonctures économiques. L'intérim, lui, progresse, probablement parce que la reprise par à-coups, caractéristique de 2005, n'a pas donné beaucoup de visibilité aux entreprises. L'apprentissage bénéficie d'une hausse substantielle, résultat de la politique gouvernementale. En revanche, le nombre de contrats aidés dans le secteur public diminue: c'est logique, car le gouvernement a remplacé les anciens dispositifs par de nouveaux contrats (de professionnalisation, d'accompagnement vers l'emploi) et, pour l'année 2005, les sorties des premiers ne sont pas encore compensées par les entrées dans les seconds.

Morale de l'histoire? C'est Eric Heyer qui la formule: «Faire baisser le chômage avec une croissance de 1,4% seulement est une bonne chose, mais le niveau auquel on parvient n'est pas très glorieux.»

par rezeid publié dans : Emploi
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Jeudi 27 juillet 2006
Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé jeudi que le nombre de chômeurs avait continué à baisser en juin, avec 25.000 demandeurs d'emploi en moins par rapport à mai.Lors d'un déplacement à Garges-les-Gonesse, dans le Val-d'Oise, sur le thème de l'égalité des chances, le Premier ministre a fixé comme objectif pour son gouvernement de passer sous la barre des deux millions de demandeurs d'emploi "au début de l'année prochaine".

 

"Nous sommes pour le mois de juin sur une tendance de plus de 25.000 chômeurs en moins", a indiqué le chef du gouvernement.

 

M. de Villepin a ajouté que son gouvernement avait "au cours des derniers mois obtenu des résultats très significatifs". "Cette tendance se confirme", s'est-il félicité.

 

"Quand nous sommes arrivés, il y a un peu plus d'un an, il y avait dans notre pays 2,5 millions de chômeurs. Nous sommes aujourd'hui à 2,2, donc 300.000 chômeurs en moins au cours de ces derniers mois", a-t-il ajouté.

 

"Nous voulons aller plus loin. Nous voulons passer en-dessous de la barre des deux millions. C'est dire que nous nous fixons un objectif ambitieux puisque ce cap des deux millions a été franchi en 1983. Il s'agit de revenir sur 23 années de chômage de masse", a fait valoir M. de Villepin.

 

Le Premier ministre a souhaité que "nous soyons à ce rendez-vous au début de l'année prochaine".
par rezeid publié dans : Emploi
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Jeudi 27 juillet 2006
Le général Philippe Rondot, ancien expert du renseignement, nie avoir été chargé par Dominique de Villepin de "cibler" Nicolas Sarkozy dans son enquête sur les listings falsifiés de la société Clearstream, rapporte le quotidien L'Est Républicain.

"Jamais personne ne m'a demandé de cibler M. Nicolas Sarkozy ou d'autres, ni de nommer ou de laisser se faire un montage visant des personnalités", dit-il dans une lettre adressée aux juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, qui instruisent une information pour "dénonciation calomnieuse" et "faux et usage de faux".

Le général affirme en revanche qu'Imad Lahoud, l'informaticien soupçonné d'avoir falsifié les listings de la banque luxembourgeoise, connaîtrait Nicolas Sarkozy, ce dont le ministre de l'Intérieur s'est toujours défendu.

"Imad Lahoud m'a bien affirmé être très proche de collaborateurs directs de M. Sarkozy. Il m'a confié aussi qu'il avait même rencontré ce dernier en juin 2004, ce qui doit ressortir de l'un de mes 'verbatim' de cette époque", assure-t-il dans de larges extraits de la lettre publiés par le quotidien de Nancy.

Dans le livre "Témoignage", qu'il vient de publier, le président de l'UMP affirme : "Je n'ai jamais rencontré et ne connais nullement Gergorin, Lahoud, Rondot, ces personnages hauts en couleurs que j'ai découverts comme tout le monde dans la presse".

Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président du groupe EADS, a été mis en examen pour "dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux" dans cette affaire, de même qu'Imad Lahoud, ancien cadre d'EADS, pour les mêmes raisons.

Selon L'Est Républicain, Philippe Rondot devait être entendu jeudi par les enquêteurs de la Division nationale des infractions financières.

La police financière a été mandatée par les deux juges pour enquêter sur cette affaire dans laquelle des personnalités politiques, des industriels, des policiers, des magistrats et des artistes ont été accusés de posséder des comptes secrets à l'étranger.

par rezeid publié dans : Divers
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Jeudi 27 juillet 2006

Comment sortir de la crise actuelle au Proche-Orient ?

Une réunion a été convoquée à Rome sur le Liban. D'abord, elle va avoir pour objet les problèmes humanitaires. Le nombre des victimes, le nombre des personnes déplacées, la destruction massive, notamment au Liban, de tous les équipements nécessaires à la vie créent une situation humanitaire qui devient dramatique et qui exige une réaction de la communauté internationale. Les Américains ont évoqué une somme de 30 millions de dollars, affectée à l'aide humanitaire au Liban. La France, qui est déjà très engagée dans l'aide humanitaire, est décidée à faire un geste important. J'ai demandé que 15 millions d'euros supplémentaires soient affectés à l'aide humanitaire au Liban. Et, comme je l'avais demandé, des couloirs humanitaires vont être créés.

 
Le deuxième point est politique. Il est essentiel que la communauté internationale se mette d'accord sur les grandes lignes d'un arrangement politique, mis en œuvre après un cessez-le-feu. L'essentiel, c'est qu'il y ait un cessez-le-feu, qui suppose d'ailleurs que les soldats israéliens pris par le Hezbollah soient libérés, de même d'ailleurs que doit l'être celui qui a été pris par le Hamas. Mais il est essentiel d'avoir d'abord un cessez-le-feu. C'est le préalable.

Ce cessez-le-feu comporte deux exigences. D'une part, la sécurité d'Israël, qui doit être assurée, et, d'autre part, l'application réelle, sur le terrain, de la résolution 1559 de l'ONU.

Il n'y aura pas de Liban stable et démocratique, comme c'est sa vocation déjà confirmée, si une partie de son territoire échappe à l'autorité du gouvernement et relève de la seule autorité de milices. C'est ce qu'avait clairement indiqué la [résolution] 1559, et c'est ce qui doit être réalisé.

Tous les Libanais, qui sont un très vieux peuple, une vieille civilisation, qui a surmonté au cours de l'histoire toutes les épreuves possibles, y compris leur propension à se disputer, doivent comprendre qu'il n'y a pas d'Etat stable, démocratique, tel qu'ils le souhaitent, si l'autorité du gouvernement ne s'exerce pas sur l'ensemble du territoire.

Cela implique un retrait du Hezbollah du sud du Liban, un accord sur les fermes de Chebaa et un accord sur un échange de prisonniers, notamment un retour de prisonniers libanais qui se trouvent actuellement en Israël. Tout cela avec ensuite, en appui, une force multinationale pour s'assurer la mise en œuvre de l'ensemble de ces dispositions.

Appelez-vous à un cessez-le-feu immédiat ?

Je le souhaite. Car il n'y a pas de solution militaire à ce problème. Et s'il en était besoin, le drame que vient de vivre la Finul démontre que la situation empire sur le terrain. En frappant la Finul, où servent aussi des soldats français, c'est la force de paix de la communauté internationale qui est atteinte. On ne peut que condamner cette action, qui démontre plus que jamais l'urgence de l'arrêt des combats.

Dans ce conflit, les responsabilités sont évidemment partagées. Ce qui est sûr, c'est que la méthode utilisée, les frappes sur Gaza, d'une part, et sur le Liban ensuite, est à mon avis disproportionnée. D'autre part, je peux comprendre beaucoup de choses, mais je ne crois pas à une solution militaire dans ce genre de conflit.

Un cessez-le-feu, cela veut dire que les conditions en sont réunies. C'est prioritaire. Que ces conditions soient faciles à mettre en œuvre, ça, c'est un autre problème. J'ai parfaitement conscience de sa complexité. Mais, à partir du moment où il n'existe pas de solution militaire, un cessez-le-feu s'impose. Il faut en discuter les modalités.

Entre qui et qui l'accord politique dont vous parlez pourrait-il être négocié ?

Cet accord politique, qui suppose un cessez-le-feu, doit être négocié, d'une part, entre le gouvernement libanais et le Hezbollah, et, d'autre part, entre la communauté internationale, Israël et le Liban.

Vous paraît-il toujours inopportun de qualifier le Hezbollah d'organisation terroriste ?

Ce n'est pas au moment où l'on veut essayer d'avoir un retour du Hezbollah, si c'est possible, au sein de la communauté libanaise et sa transformation en un parti politique qu'il faut soulever des questions de cette nature.

Comment envisagez-vous une force internationale au Liban, et quel serait le rôle de la France ?

La force multinationale suppose des conditions impératives. La première, c'est l'acceptation du cessez-le-feu par l'ensemble des protagonistes. La deuxième, c'est l'acceptation du principe même d'une force internationale par les différentes parties. Et la troisième, c'est que cette force internationale soit sous le chapitre VII de l'ONU.

Le mandat de cette force doit être très soigneusement élaboré. Il y a d'abord un objectif politique, qui est le recouvrement par le gouvernement libanais légal de la totalité de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire. C'est une condition sine qua non. Il y a aussi un objectif militaire, qui est de donner la possibilité aux forces libanaises, restructurées et aidées, de se déployer sur l'ensemble du Liban, et d'assurer la sécurité du pays.

Cette force d'intervention doit avoir des moyens et des règles d'engagement adaptés à sa mission.

La zone de déploiement doit avoir une dimension cohérente avec sa mission. Sa mission serait de contrôler le cessez-le-feu et d'assurer le respect des frontières, à la fois les frontières israélo-libanaise et syro-libanaise, naturellement. Il s'agit de veiller à ce que la zone d'où le Hezbollah se serait en principe retiré – c'est l'objectif – soit totalement démilitarisée. Et, enfin, la mission de cette force est de s'assurer qu'aucun tir de roquettes, quelle que soit leur nature, ne puisse être effectué sur Israël.

Il faudra par ailleurs traiter de la sécurité de la frontière israélo-palestinienne.

Pour la France, l'OTAN n'a pas vocation à mettre sur pied une telle force. Pour des raisons techniques, mais aussi pour des raisons politiques, l'OTAN n'est pas faite pour ce genre d'intervention. L'OTAN est perçue, qu'on le veuille ou non, comme le bras armé de l'Occident dans ces régions, et, par conséquent, en termes d'image, l'OTAN n'a pas vocation à cela.

Si le Hezbollah refuse le désarmement et si Israël accepte un scénario de règlement du conflit, qui désarmerait le Hezbollah ? La force internationale ? l'armée libanaise ?

C'est une des vraies questions. Je ne pense pas qu'une force internationale, dans l'hypothèse où aucun engagement politique ne pourrait être obtenu, ait la possibilité ou la vocation de désarmer le Hezbollah. C'est au gouvernement libanais de le faire. Ce qui implique qu'il y ait un accord politique. Le Hezbollah est actuellement dans le gouvernement libanais. On peut très bien imaginer, en tout cas souhaiter, que le Hezbollah tire les conséquences de sa présence même au sein du gouvernement, et qu'il se transforme en force politique. D'où la nécessité qu'il y a à avoir un minimum de contacts entre le gouvernement libanais et le Hezbollah. Le Hezbollah, désarmé, a vocation à être une force politique au Liban.

Vous envisagez une force internationale déployée entre Israël et les Palestiniens ?

Nous avons toujours estimé qu'il faudra aussi une forme de présence internationale pour aider à la sécurité de la frontière israélo-palestinienne. Le mandat et le cadre en seront naturellement différents.

La Syrie doit-elle et peut-elle peser sur cette situation au Liban ?

Je serais tenté de parler d'abord de l'Iran, dont la position est encore plus importante que celle de la Syrie. Il y a le problème nucléaire, et puis il y a l'Iran dans la région, et je pense qu'il ne faut pas mélanger ces deux questions. Une négociation est engagée avec l'Iran. Je regrette que l'Iran n'ait pas répondu plus tôt. Je pense que l'Iran doit se soumettre aux règles internationales, et que de ce point de vue il faut qu'il comprenne qu'un accord conforme aux règles de la communauté internationale, c'est-à-dire à la non-prolifération, est dans l'intérêt de tout le monde, et dans son intérêt. Je rappelle que les propositions faites à l'Iran sont substantielles. C'est une coopération complète sur le plan de l'électronucléaire, une coopération économique et un dialogue sur les questions de sécurité dans la région.

J'ajoute que ces propositions, ce ne sont pas les "Trois" [Allemagne, France et Grande-Bretagne] qui les ont faites à l'Iran. Les Américains, les Russes et les Chinois s'y sont associés. C'est donc la communauté internationale dans son ensemble. Nous avons indiqué que s'il n'y avait pas d'accord, il faudrait aller devant le Conseil de sécurité et envisager des formules plus contraignantes, y compris des sanctions. Enfin, nous n'en sommes pas là.

Nous avons été un peu déçus que l'Iran attende pour répondre. Il peut d'ailleurs avoir des problèmes de politique intérieure qui le conduisent à prendre quelques délais, je n'en sais rien, je n'ai pas de jugement sur ce point. Je souhaite beaucoup que l'Iran apporte une réponse positive à l'ouverture qui lui a été faite, parce que ça veut dire en quelque sorte que, d'une façon ou d'une autre – et là on quitte le nucléaire pour passer au régional –, on reconnaît ce qui est légitime : le droit de l'Iran à défendre une position dans la région. L'Iran est une vieille civilisation, un grand pays. Sa préoccupation de compter dans la région est légitime. On ne peut pas faire comme s'il n'existait pas. Il faut que l'on puisse reprendre des relations normales avec l'Iran.

Par ailleurs, dans le conflit actuel, l'Iran a une part de responsabilité. Les informations dont nous disposons prouvent que des armements sophistiqués et des financements sont envoyés par l'Iran, via vraisemblablement la Syrie, au Hezbollah. C'est un problème.

Mais on peut discuter avec l'Iran. Je voudrais vous rappeler que lors des élections au Liban, il y a eu une période où l'on s'est demandé quelle serait la réaction du Hezbollah à l'égard de ces élections. Seraient-elles contestées ? Nous avons eu à cette époque des contacts avec l'Iran. Et je suis obligé de noter que l'Iran a été plutôt coopératif.

Pensez-vous que le déclenchement de la crise, le 12 juillet, porte la marque de l'Iran ?

Je ne veux accuser personne. J'ai le sentiment que aussi bien le Hamas que le Hezbollah n'ont pas pris ces initiatives irresponsables simplement de leur propre chef. Voilà mon impression.

Quant à la Syrie, je crois que c'est un problème un peu différent. La Syrie a, il faut bien le dire, un régime très minoritaire et très particulier, qui est à la fois juge et partie et qui a assez mal pris, après trente ans d'occupation, l'obligation de retirer ses troupes – 15 000 hommes – du Liban. Avec les conséquences politiques, économiques et sociales que cela comportait. Je n'aurais pas sur la Syrie le même sentiment que sur l'Iran.

Ce que peut faire de mieux la Syrie pour se protéger elle-même et protéger sa population, notamment son niveau de vie, son développement, c'est de ne pas chercher à se venger du Liban. Cela risque d'être très dangereux pour elle.

Quelle place pourrait prendre la France dans une force multinationale ?

Je crois comprendre qu'au fond les Etats-Unis, à défaut d'une solution plus efficace, plus rapide ou meilleure, ne verraient que des avantages, ou pas d'autre solution que l'intervention de l'OTAN, c'est-à-dire, en clair, de la Force de réaction de l'OTAN (NRF) qui serait commandée par l'état-major du corps européen composé de l'Allemagne, la France, la Belgique et l'Espagne.

J'ajoute que, d'après ce que nous croyons comprendre, il y aurait de la part des Américains le désir d'un envoi immédiat de cette force, qui serait en quelque sorte chargée d'appliquer le cessez-le-feu.

Je vous ai dit les raisons pour lesquelles je pense qu'il faut d'abord un cessez-le-feu, puis un engagement politique et, à partir de là, une force multinationale sur le terrain, pour les missions que j'évoquais tout à l'heure.

Je le répète, je ne crois pas que l'OTAN en tant que telle soit une bonne solution. Si ce n'est pas l'OTAN, qui est-ce ? Une autre expression de la communauté internationale, c'est-à-dire des nations qui sont volontaires pour constituer une force internationale de cette nature. On peut en trouver un certain nombre, j'en suis sûr.

Qu'on trouve la nation-cadre capable d'assurer le commandement, c'est moins sûr. Parce qu'il n'y a pas beaucoup de nations qui soient prêtes à le faire.

La France serait-elle prête à le faire ?

La France a toujours assumé ses responsabilités au Liban. Elle se déterminera selon un certain nombre de conditions. Nous souhaitons avoir un cessez-le-feu, un engagement politique et une force internationale chargée d'appliquer, dans des conditions strictement précisées, cette politique. A ce moment-là, nous verrons.

On a l'impression dans cette affaire que, malgré les différences, il y a tout de même une assez grande harmonie entre les positions américaine et française…

Nous voulons la paix, cela ne donne pas lieu à discussion. Nous avons, ensemble, en réalité tous les deux, imposé la résolution 1559. Celle-ci n'est pas arrivée par l'opération du Saint-Esprit. C'est le résultat d'une action commune entre les Etats-Unis et la France. C'est un élément déterminant de la stabilité dans la région. De ce point de vue, nous avons eu une approche commune. Peut-être que nous n'avions pas exactement les mêmes arrière-pensées. Je n'en sais rien. Mais nous avons eu la même action. Cela ne veut pas dire que nous avons toujours la même position.

Sur le désarmement du Hezbollah, il y a donc accord entre la France, les Etats-Unis et Israël ?

Sur la nécessité d'appliquer la 1559, il y a un accord général.

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a dit que le temps est venu d'un "nouveau Moyen-Orient". A quel point craignez-vous que les Américains ne poursuivent leur projet de transformation de la région ?

Je ne veux pas préjuger et encore moins faire de procès d'intention. Ce qui est sûr, c'est que l'on ne change pas des régions par la force. Cette crise est le fruit d'une histoire très longue et très complexe. On n'est pas du tout dans la situation de 1982 ou de 1996. Les choses ont évolué. Il y a eu la guerre d'Irak, dont les conséquences sont loin d'être terminées, qui a déplacé en quelque sorte les lignes dans cette région et qui ne les a pas simplifiées, c'est le moins que l'on puisse dire. Cette situation me paraît de plus en plus préoccupante.

Il y a eu une certaine évolution des rapports entre chiites et sunnites, et quelque chose qui m'inquiète énormément, qui est le durcissement entre l'islam mondial et l'Occident. Avec ce que cela comporte comme propension de développement du terrorisme.

Pensez-vous que l'Irak connaît une guerre civile ?

Si ce n'est pas la guerre civile, ce n'en est pas loin. Il y a des affrontements permanents, et ce qu'on pouvait craindre dès le départ, c'est-à-dire un éclatement de l'Irak, qui est la pire des solutions pour la région, est en train, je ne dirai pas de se produire, mais de devenir menaçant. Cela dit, la France n'étant pas impliquée dans cette affaire, il serait malvenu de donner des leçons.

Etes-vous favorable à un retrait américain de l'Irak ?

De l'Irak, sans aucun doute. Le problème est que c'est très difficile, parce que la présence de troupes américaines est à la fois nécessaire et source de préoccupations là-bas. Mais je ne crois pas que l'on puisse avoir une perspective de rétablissement de la paix civile en Irak sans donner aux Irakiens le sentiment qu'ils sont réellement souverains. Je crois qu'il faut, à une date qui reste à examiner, à déterminer, notamment avec les nouvelles autorités irakiennes, que nous soutenons, qu'il y ait une perspective de départ des forces étrangères.

Quels sont les moyens dont dispose la France pour faire prévaloir le scénario que vous avez décrit pour le Liban ?

Je dirai : le bon sens. Cela ne veut pas dire qu'il triomphe toujours. Nous avons dit clairement ce que nous pensions. Nous avons de cette région une certaine connaissance, traditionnelle, historique. Nous bénéficions probablement d'une certaine confiance de la part des Libanais au sens large et également de leur environnement, dans le monde arabe. Et Israël ne peut pas douter un seul instant que, pour nous, sa sécurité est un élément sur lequel aucune concession n'est possible. Cela nous permet tout de même de faire valoir une certaine expérience.

Comment avancer sans dialogue avec la Syrie ?

Il fut un temps où je parlais à Bachar Al-Assad. Je parlais avec son père. Pour ne rien vous cacher, ce dialogue s'est interrompu. C'est lui qui l'a voulu. Et puis je me suis aperçu qu'il ne débouchait sur rien. Que le régime incarné par Bachar Al-Assad me paraissait difficilement compatible avec la sécurité et la paix.

Cela veut-il dire que vous êtes favorable à une politique de "changement de régime" à Damas ?

Je me garderai bien d'ajouter un élément de complexité supplémentaire dans une situation qui ne l'exige pas.

Les deux problèmes, celui du Liban et celui de la Palestine, sont-ils liés ?

Ce sont deux problèmes différents, même s'il y a une problématique d'ensemble. Nous avons évoqué le problème du Liban en rappelant que la clé est la résolution 1559. Pour la Palestine, la clé, c'est de reprendre les discussions, d'abord avec Mahmoud Abbas. Quand il est venu à Paris, puis qu'Ehoud Olmert est venu à son tour, j'avais le sentiment que le dialogue allait repartir. L'un et l'autre m'avaient donné le sentiment qu'ils allaient se reparler et s'engager sur la voie de deux Etats côte à côte, indépendants, à la sécurité et à la viabilité garanties. J'étais plutôt optimiste.

Je me demande jusqu'à quel point le Hamas, dans cette provocation, a été inspiré par l'extérieur. Je n'en sais rien. Ce qui est sûr, c'est que la riposte a été, là aussi, disproportionnée et que tout s'est interrompu. Il n'y a pas d'autre solution qu'une reprise des négociations, qui conduirait peu à peu le Hamas à accepter les trois points qui ont été exigés de lui : renoncement à la violence, reconnaissance d'Israël et acceptation des engagements pris par l'OLP [Organisation de libération de la Palestine]. C'est cela la solution.

Quelle est la responsabilité de Téhéran ?

La situation au Liban et le nucléaire sont deux dossiers séparés et qui doivent être traités comme tels. L'affaire du Moyen-Orient est tout à fait différente. L'Iran a plusieurs préoccupations : s'affirmer comme une puissance – sa volonté de maîtriser les techniques nucléaires en découle – et s'affirmer comme une puissance qui existe, qui compte dans la région.

Cela a deux conséquences. Premièrement, l'Iran veut avoir des relations normales avec le reste du monde, notamment avec les Etats-Unis. Deuxièmement, il veut pouvoir donner son point de vue quand il s'agit des problèmes régionaux, alors qu'il est une puissance régionale importante.

Il est normal d'avoir un dialogue avec l'Iran. Ensuite on en tirera les conséquences. Il n'y a pas de concession possible sur l'affaire nucléaire. C'est pour cela que je dis que c'est un problème à part et qui se réglera si nécessaire au Conseil de sécurité. Pour le reste, tout dépendra du comportement de l'Iran. Je vous ai rappelé son attitude de coopération au moment des élections libanaises. On a vu à ce moment-là l'influence que pouvait avoir l'Iran sur le Hezbollah et sa disponibilité à écouter les conseils de modération qu'on lui faisait. Peut-être que ces choses sont dépassées, mais enfin, la diplomatie est faite aussi de mémoire.

par rezeid publié dans : Jacques CHIRAC/DDV
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Mercredi 26 juillet 2006

François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, reproche au président de l'UMP de bâtir son programme présidentiel en solitaire.

 
LE FIGARO. – Comment jugez-vous la précampagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ?
 
François GOULARD. – J'ai une vraie crainte : qu'à partir de septembre, la campagne s'engage sur de mauvaises bases. Or, il y a des choses que je n'accepte pas dans ce qui est en train de constituer le programme du candidat Sarkozy. Ce ne sont pas des points secondaires, mais des sujets essentiels, la conception des institutions et la politique monétaire européenne.
 
Sur le plan institutionnel, que lui reprochez-vous ?
 
Dans ce domaine, les propositions de Nicolas Sarkozy sont totalement inacceptables pour moi et, je pense, pour un certain nombre de gaullistes. Elles consistent notamment à faire du président de la République le chef du gouvernement. Tout doit se passer à l'Elysée, c'est le président qui doit décider de tout et être responsable devant les Français. En fait, il cantonne le premier ministre dans une espèce de rôle de ministre des Affaires européennes. Pour les spécialistes du droit constitutionnel, cette proposition est boiteuse, voire inquiétante en termes d'exercice du pouvoir. Pour ceux qui croient à l'esprit et à la lettre de la Ve République, elle est inadmissible. On ne peut pas laisser quelqu'un qui se présente comme notre probable candidat à la présidentielle exposer des vues tellement contraires à ce qui a été notre consensus politique, au moins à droite, depuis 1958. Il faut le dire nettement, on ne peut pas s'engager dans une précampagne avec de telles ambiguïtés.
 
Vous critiquez aussi les propos que Nicolas Sarkozy a tenus sur l'Europe dans son discours prononcé en juin dernier à Agen...
 
Oui, l'autre point contestable du candidat Sarkozy, c'est la mise en cause du traité de Maastricht et de la politique de l'euro. Là encore, je ne peux pas admettre que notre candidat défende des thèses aussi contraires à ce qui fait désormais l'objet d'un consensus dans la majorité. Il faut, au minimum, un débat sur cette question.
 
A vos yeux, Nicolas Sarkozy bâtit son projet en solitaire ?
 
Oui. Aujourd'hui, nous avons un homme, le président de l'UMP, qui prétend rassembler. Mais j'observe qu'il tient des propos en contradiction avec des positions qui nous réunissent à droite. Ces deux points, la conception des institutions et la politique monétaire européenne, sont pourtant des axes forts de rassemblement entre les familles libérale, centriste et gaulliste.
 
Avez-vous le sentiment que votre point de vue est largement partagé à l'UMP ?
 
Tout à fait. Ces craintes sont partagées par des gens d'origines politiques différentes, venant de DL, comme moi, de l'ancienne UDF ou du RPR. Au gouvernement et en dehors du gouvernement, c'est un point de vue largement diffusé. Il y a un véritable courant, un sentiment d'inconfort sur les positions de Nicolas Sarkozy. Personne ne s'est exprimé jusque-là, en dehors peut-être d'Edouard Balladur. Il faut commencer à le faire.
 
Iriez-vous jusqu'à encourager une autre candidature au sein de l'UMP ?
 
Nous verrons en temps utile. Aujourd'hui, le préalable, c'est d'exprimer un désaccord et de rassembler ceux qui n'acceptent ni le fond ni la méthode. Au terme du processus tel qu'il est aujourd'hui engagé, nous pourrions avoir un candidat et un programme qui n'auraient, en fin de compte, fait l'objet d'aucun débat véritable au sein de notre majorité. On ne peut pas faire comme si toute l'UMP se retrouvait dans ces propositions. Avoir un programme dans lequel ne se retrouve pas une partie de notre électorat, c'est courir le risque que les votes se dispersent et que l'abstention soit nourrie. Il vaut mieux réagir avant.
 
par rezeid publié dans : Ministres
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