Vendredi 3 février 2006

Dominique de Villepin a choisi internet pour poursuivre sa campagne d'explication sur le contrat première embauche (CPE), qui suscite un tollé de la gauche et des syndicats.

Devant un fond bleu, où était inscrit son slogan "la bataille pour l'emploi, le Premier ministre a répondu aux internautes lors d'un "chat" vidéo d'une cinquantaine de minutes. Plus de 5.000 questions lui avaient été posées à l'avance.

"Merci de me donner cette chance d'expliquer le CPE", a dit Dominique de Villepin.

"Le CPE, a répété le chef de gouvernement, c'est un vrai CDI, avec une vraie rémunération. Nous sommes très loin des sous-contrats ou des smics-jeunes dont on entend parler".

Le Premier ministre a souligné avoir voulu apporter des "réponses" et des "garanties" en matière de formation.

Dénonçant un "goût de l'idéologie" en France, il a dit vouloir agir avec "pragmatisme".

Pour le chef du gouvernement, "on n'a pas tout tenté dans la lutte contre le chômage" et "il faut se doter de moyens nouveaux".

"Je suis convaincu que le contrat nouvelles embauches et le contrat première embauche feront la différence", a-t-il ajouté.

Dominique de Villepin s'est employé à rassurer les plus jeunes, qui lui ont fait part de leurs inquiétudes sur une possible précarisation des emplois.

"Il faut éviter les risques de détournement de ces contrats et les abus", a-t-il dit.

"NOUS NE PERDONS PAS DE TEMPS"

Le Premier ministre a annoncé qu'il réunirait "prochainement" les banques pour "vérifier la bonne application du dispositif" concernant l'aide au logement qui accompagne le CPE. "Nous serons soucieux de l'effectivité de ce que nous annonçons", a-t-il promis.

Dominique de Villepin a précisé que le CPE serait disponible "dès que le Parlement aura voté la loi, dès qu'elle sera promulguée", c'est-à-dire à la fin du mois de mars.

"Nous ne perdons pas de temps, ce qui nous vaut un certain nombre de critiques. Si je n'étais pas convaincu de l'urgence qu'il y a à agir, j'irais moins vite, mais cette urgence nous oblige", a-t-il dit.

A une internaute qui dénonçait "une vaste fumisterie qui ne profitera qu'aux patrons", le Premier ministre a répondu ne pas croire "qu'une entreprise qui a décidé d'accompagner un jeune pendant deux ans aura intérêt à l'écarter".

"Le CNE donne déjà des indications. Dans la majorité des cas, les contrats ne sont pas rompus. Il s'agit bien de consolider les emplois", a-t-il assuré.

Le Premier ministre a décidé de multiplier les exercices pédagogiques avant la journée d'action nationale de la gauche et des syndicats contre le CPE le 7 février.

Il sera vendredi à Troyes, dans l'Aube, pour un déplacement consacré à l'emploi et à la formation des jeunes.

Dimanche, Dominique de Villepin sera l'invité de l'émission politique d'Europe 1.

par rezeid publié dans : Contrat première embauche
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Jeudi 2 février 2006


Avec la création du contrat première embauche destiné aux jeunes, le Premier ministre joue son quitte ou double et prend le risque d'affronter la rue. Son rêve: montrer que la rupture avant la rupture est possible. Mais bousculer Jacques Chirac, piller le programme de Nicolas Sarkozy et court-circuiter les syndicats lui permettront-ils d'entrer vraiment dans la course élyséenne?

 
Infographie: son Matignon


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C'est la première fois depuis sa nomination comme chef de gouvernement qu'il intervient de la sorte, en toute fin du Conseil des ministres. Le 25 janvier, Jacques Chirac, comme il en a pris l'habitude depuis plusieurs mois, demande si l'un des membres du gouvernement veut ajouter quelques mots. Après que Jean-Louis Borloo eut souhaité une meilleure valorisation de ses efforts en faveur du logement, Dominique de Villepin prend lui-même la parole. Il présente le contrat première embauche comme une «affaire importante» et exige la solidarité de toute son équipe. L'hôte de Matignon mobilise. Avec une devise en guise d'étendard: l'intérêt général, c'est lui.

Au même moment, de l'autre côté de la Seine, se déroule une autre scène rare. Le directeur du cabinet du Premier ministre, Pierre Mongin, a convoqué ses homologues des ministères. Il le fait généralement le lundi,mais là ne se situe pas l'originalité du rendez-vous. Ce jour-là est présent le secrétaire général adjoint de la présidence de la République, Augustin de Romanet. Chacun est prié de faire le point sur l'état d'avancement dans son secteur des réformes exigées par Jacques Chirac lors de ses différentes cérémonies de vœux. Ce qui n'empêchera pas Dominique de Villepin de passer sous silence, lors de sa conférence de presse, le lendemain, la principale mesure réclamée au début de janvier par le chef de l'Etat, la taxation de la valeur ajoutée des entreprises. Mais le message de cette réunion est clair: l'hôte de l'Elysée veille.





 

La méthode Villepin vue par...

Edouard Balladur, ancien Premier ministre
On ne peut pas particulièrement parler de «méthode Villepin». Ce qui se passe est dû à l'émiettement syndical. S'il y avait en France un ou deux syndicats vraiment représentatifs, comme dans la
plupart des pays d'Europe, on pourrait chercher un accord avec eux. Là, ils sont plus nombreux, ils se font concurrence, ils ne sont pas toujours d'accord entre eux. Et on peut accepter, dès lors que le sujet a été débattu - et il l'a été depuis le mois d'août - de décider.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO
Il a bien commencé, mais cela a duré trois jours. Pour la première fois, un Premier ministre a reçu les syndicats avant sa déclaration de politique générale. Il nous a écoutés, il n'a rien dit et l'on a tout découvert le jour de la déclaration! De manière générale, je note une
contradiction entre le discours, sincèrement républicain, et la pratique, qui consiste à puiser dans la boîte à outils libérale.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT
Dominique de Villepin s'affiche volontiers partisan du dialogue, mais, confronté à la réalité, son discours n'entretient qu'illusion. On cherche en vain une mesure, une
seule, qui ait été précédée d'une concertation. Les ordonnances de l'été dernier et le lancement du CPE en sont les illustrations les plus caricaturales.

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT
Quand j'entends le Premier ministre parler de contacts étroits et
permanents avec les syndicats, cela me fait hurler et je parle de mensonge. Nous sommes confrontés à un Premier ministre qui ne cesse de gagner en autoritarisme et d'égrener des décisions unilatérales. La création du contrat nouvelle embauche, nous l'avons apprise par la conférence de presse.
En décidant d'accélérer sur un dossier jugé traditionnellement sensible puisqu'il concerne les jeunes, Dominique de Villepin ouvre une séquence politique décisive. S'il la réussit, il entre de plain-pied dans la course élyséenne; s'il échoue en raison d'un mouvement social fort, il n'aura plus qu'à gérer les derniers mois d'un quinquennat aléatoire. Mais quand il dit «avoir en mémoire ce qui s'est passé en 1994», il pense moins au contrat d'insertion professionnelle (CIP), rapidement retiré par Edouard Balladur, qu'à l'immobilisme qui fut fatal au Premier ministre d'alors. Avancée ambitieuse ou simple agitation, lui veut être en mouvement perpétuel.

Pour cette épreuve de vérité, Villepin a choisi son territoire, celui sur lequel les gouvernements successifs échouent, l'emploi. Il teste l'état de la société, son aptitude à accepter la réforme comme le rythme qu'elle est prête à suivre. Il cherche aussi à faire évoluer le rapport de forces au sein de la majorité entre Nicolas Sarkozy et lui. Le président de l'UMP a choisi d'incarner la «rupture»? Le Premier ministre tente de personnifier la rupture avant la rupture.

Il veut enfin créer son propre espace politique. A sa droite, il y a donc Nicolas Sarkozy. Et, au-dessus, Jacques Chirac. Le chef du gouvernement doit se démarquer de l'un comme de l'autre, en usant d'une bonne vieille ficelle: y penser toujours, n'en parler jamais. En tout cas, pas de manière explicite. «On ne peut pas faire comme avant.» «En ouvrant les yeux, nous constatons que nous avons une situation inacceptable» (à propos de la dette). «Nous avons laissé défiler le paysage sans inscrire suffisamment notre marque.» «Nous nous heurtons à ce problème du chômage des jeunes depuis vingt-cinq ans. Il est temps d'agir.» Terrible constat. Jamais peut-être, au cours de sa conférence de presse du 26 janvier, Dominique de Villepin n'avait fait autant référence au «président de la République». Jamais non plus il n'avait tenu pareil réquisitoire sur la politique menée depuis plusieurs années. Du passé faisons table rase. Le Premier ministre veut nettoyer la France au Kärcher.

Sa démarche même doit lui permettre de marquer sa différence. «En s'obligeant à avoir des résultats, il se situe dans une ère postchiraquienne, montrant ainsi qu'il n'est pas le clone du chef de l'Etat», relève Jean-Marc Lech, coprésident d'Ipsos. «Villepin, c'est Chirac!» affirmait Nicolas Sarkozy en marge d'un conseil national de l'UMP, le 11 juin 2005. Le pari - silencieux - du Premier ministre est de prouver le contraire. Il est arrivé à Matignon avec une idée assez précise de la gestion du calendrier: «En France, il faut faire les choses plus vite, sinon on ne fait rien», confiait-il pendant l'été. «La mécanique Matignon fonctionne aujourd'hui plus rapidement que sous Jean-Pierre Raffarin, car elle n'a pas le temps devant elle», observe le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau.

 

La rue... ou comment s'en servir

La rue vue de l'hôtel Matignon ne ressemble pas forcément à celle que l'on observe de la Place Beauvau. Jusqu'à présent, c'est surtout comme ministre de l'Intérieur que Dominique de Villepin dut gérer des manifestations - et notamment celles que le pouvoir aime le moins, les défilés de jeunes. Au début de 2005, les lycéens protestent contre le projet de loi sur l'école: ils sont environ 165 000 le 8 mars. Villepin téléphone à son collègue de l'Education nationale, François Fillon. Il redoute des incidents et, à l'unisson avec l'Elysée, qui a immédiatement demandé le retrait de la partie de la réforme concernant le bac, insiste pour que le gouvernement lâche du lest. Celui-ci reculera assez vite.

La rue, s'en méfier ou… s'en servir. Deux mois plus tard, plusieurs organisations ayant appelé à voter non au référendum sur la Constitution européenne incitent leurs troupes à se rendre place de la Bastille, le 29 mai au soir, pour célébrer leur victoire. Au cours de ses conversations du week-end avec
l'Elysée, Villepin, qui n'a alors reçu aucune assurance sur sa désignation à la tête du gouvernement, agite la menace d'une manifestation qui dégénérerait en une quasi-insurrection. Il convainc ainsi Jacques Chirac que la victoire du non pourrait avoir des conséquences sociales graves. «Il avait cette fois besoin du drame pour renforcer ses chances, donc il l'a inventé!» se souvient un proche du chef de l'Etat.

La manifestation contre le CPE, le 7 février, à l'appel des organisations lycéennes et étudiantes et des syndicats, sera le premier vrai rendez-vous du Premier ministre avec la rue, en dehors des protestations habituelles. Matignon dit aujourd'hui faire preuve de «sérénité».
Le contrat première embauche illustre la méthode Villepin: il mêle la surprise - personne ne l'a vu venir - l'audace - encore un coup de canif dans le droit du travail - et ce talent particulier de faire du neuf avec du vieux. Le chômage des jeunes bat des records en France depuis vingt-cinq ans? Lui, Dominique de Villepin, le premier, en prend la mesure. Avec l'ardeur des néophytes, Matignon découvre l'Amérique: les jeunes, vous explique-t-on, ont besoin d'argent pour se loger, se brancher sur Internet ou s'installer avec leur petit(e) ami(e). Il aura fallu un diagnostic de l'ANPE - après qu'elle eut reçu individuellement 57 000 jeunes à la demande du Premier ministre - pour établir cette évidence: on demande à ces débutants une expérience professionnelle, mais on leur refuse le premier emploi leur permettant de l'acquérir.

En fait, avant de passer à l'offensive vis-à-vis des jeunes, Matignon a examiné d'autres options. Au début de décembre, le Premier ministre veut passer à une deuxième étape de sa lutte pour l'emploi. Il en a déjà planifié une troisième. Il était arrivé à Matignon avec la première toute prête. Ses mesures d'urgence, en juin, destinées aux PME, comportaient un dispositif phare: la création du contrat nouvelle embauche (CNE), réservé aux entreprises de 20 salariés au plus. Une extension de ce seuil est donc étudiée. La piste est finalement abandonnée: pourquoi monter à 50 plutôt qu'à 100 ou 250? «La rationalité d'une telle mesure n'était pas évidente», indique Matignon.

A l'inverse, la généralisation du CNE à toutes les entreprises est parfaitement logique, mais politiquement très dangereuse. Le gouvernement a promis une évaluation avant toute décision de ce genre. Certes, les chiffres disponibles sont flatteurs et le Premier ministre les cite abondamment: 280 000 CNE auraient été signés et un sondage Fiducial montre que 29% correspondraient à de vraies créations d'emploi. Mais ils sont trop fragiles et trop limités pour être probants. Matignon redoute aussi d'effrayer l'immense majorité des salariés, qui ont un CDI: pour eux, le CNE universel serait une dégradation et non un progrès.

Le chef du gouvernement va donc prendre le risque de faire peur aux jeunes. Donc à l'Elysée. Au cours d'une de leurs réunions, Jacques Chirac a prévenu Dominique de Villepin: «Quoi qu'on fasse pour les jeunes, il y a toujours un risque.» Le président se méfie des jeunes, le Premier ministre ose les défier. Sur ce terrain-là aussi flotte un parfum de rupture. Lui, c'est lui, et moi, c'est moi.

Dominique de Villepin rencontre plusieurs experts incontournables: Pierre Cahuc, Francis Kramarz, Raymond Soubie, Jean-Paul Fitoussi, Thomas Piketty, Christian Saint-Etienne, Christian de Boissieu. Il s'appuie également sur de nombreuses études (voir l'encadré) et sur cette image inventée par un conseiller de Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, celle du chapeau melon: la bosse évoque les taux d'activité des 25-49 ans, conformes à la moyenne européenne; les bords plats représentent les taux très bas des moins âgés d'un côté, des seniors de l'autre. «Transformer le chapeau melon en béret basque, voilà notre objectif», note Gérard Larcher. Ce diagnostic, assez banal, est totalement partagé. A Bercy, on veut aussi mettre tout le monde au travail, mais, si l'on aime bien les vieux, on préfère les jeunes: parce qu'ils ont soif de consommer, d'investir et de faire des bébés, ils sont une promesse de croissance. L'analyse sociale et économique converge sur les jeunes.

 

Du CNE au CPE

Le contrat nouvelle embauche, lancé le 4 août, est réservé aux entreprises de 20 salariés au plus, quel que soit l'âge de ces derniers; le contrat première embauche, annoncé le 16 janvier, est destiné aux moins de 26 ans, quelle que soit la taille de l'entreprise.

Points communs
Possibilité de rompre le contrat pendant deux ans sans justification.

Indemnité de rupture de 8% des salaires versés.


Particularités du CPE

Une indemnité chômage mensuelle (après quatre mois de travail) de 460 euros, perçue pendant deux mois. Pour le CNE, une allocation forfaitaire n'est versée que pendant un mois.
Droit individuel à la formation dès la fin du premier mois.
Accès au Locapass (étalement du paiement de la caution pour louer un appartement).
Seuls des responsables politiques lancent des avertissements. «Dans la majorité, beaucoup nous ont déconseillé de bouger», raconte un proche du Premier ministre. Or ce dernier n'a jamais écouté les élus au point de suivre leurs conseils. «Ce n'est pas un problème entre la droite et la gauche, explique Villepin à L'Express, c'est la querelle entre les anciens et les modernes.» Il veut être le premier des modernes.

Des plans pour les jeunes, il en existe depuis 1977, sous le gouvernement de Raymond Barre. Le sien se veut décapant. S'ils chôment plus que les autres, c'est parce qu'on les embauche moins volontiers - c'est la fameuse première expérience - mais aussi parce qu'on les vire plus facilement. Ils supportent le poids de l'ajustement conjoncturel, disent les économistes. Des mots savants pour désigner une vilaine chose: quand ça va mal, les entreprises se séparent souvent des moins de 26 ans, parce que leur départ est plus facile. Et pour cause: le plus souvent, ils ont été recrutés en CDD.

Le paradoxe est que le CPE, qui leur est réservé, va accentuer cette flexibilité puisque, frère jumeau du CNE, il peut, pendant un délai de deux ans, être rompu à tout moment et sans explication, alors que le titulaire d'un CDD de six mois, par exemple, est assuré de rester en poste pendant cette durée. Pour compenser, le gouvernement a prévu plusieurs garanties (une petite assurance-chômage, un meilleur accès à la formation, etc.) destinées aux jeunes recrutés. En outre, il prévoit que les stages, les CDD, les formules en alternance effectués dans la même entreprise seront décomptés du CPE. D'une certaine manière, le nouveau contrat peut remplacer cette période probatoire et sécuriser un peu mieux l'entrée dans la vie active.

Les banques ont été priées d'y mettre du leur: le 12 janvier, elles avaient publié - de leur propre initiative, affirme-t-on à la Fédération bancaire française - un communiqué indiquant que le CNE équivalait à un CDI (contrat à durée indéterminée) et que, de toute façon, les établissements ne s'intéressaient pas à la nature juridique du contrat de travail. Bercy leur a demandé de faire de même avec le CPE: nouveau communiqué le 17 janvier. Ni le CNE ni le CPE ne seront - si chaque établissement applique ces consignes - un facteur discriminant pour les emprunteurs. Cet engagement ne fait pas disparaître pour autant les handicaps propres aux jeunes: revenus irréguliers et manque d'antériorité. Or ces deux critères sont essentiels dans l'appréciation des prêteurs. Si les banques ne respectent pas leur promesse, Bercy pourrait leur imposer une contrainte réglementaire, l'interdiction de demander à l'emprunteur la nature juridique de son contrat de travail.

Le choix du CPE relève donc d'un pari pascalien. Côté entreprises, décomplexer l'embauche des jeunes, puisque la séparation sera très aisée. De plus, elles bénéficieront, si elles recrutent un chômeur de plus de six mois, d'une exonération totale de charges sociales pendant trois ans. Côté salariés, le CPE devrait faciliter l'accès à la première expérience et la valoriser comme un vrai démarrage professionnel. En réalité, le but du contrat n'est pas tant de créer des emplois - prudemment, le gouvernement ne se fixe aucun objectif - que de changer l'ordre des priorités dans la file d'attente des chômeurs: donner un coup de pouce aux jeunes pour leur faire gagner quelques places dans la queue… Le mouvement patronal Ethic fait d'ailleurs remarquer que le CPE réduit encore les chances d'embauche des seniors.

 

Sources et inspirations

Le 16 janvier, en annonçant le CPE, Dominique de Villepin frappe fort: «A la suite de leurs études, [les jeunes] mettent de huit à onze ans avant de trouver un emploi stable.» D'où viennent ces chiffres effrayants? De l'OCDE, répond Matignon. Laquelle affirme ne pas en être l'auteur. Les services du Premier ministre finissent par reconnaître leur méprise et délivrent leur source: le Conseil d'orientation pour l'emploi, placé auprès du Premier ministre, a repris une étude d'Eurostat. L'organisme européen de statistiques a fait le diagnostic suivant: alors que 90% du stock total des emplois est constitué de CDI, il faut attendre environ l'âge de 33 ans pour que le taux par âge rejoigne cette moyenne. Mais le Premier ministre a extrapolé en concluant qu'il fallait de huit à onze ans pour accéder à un emploi stable. Tous ne sont pas condamnés à une si longue galère et le pourcentage de contrats précaires diminue avec le temps, passant de 90% à 18 ans à 25% à 25 ans, pour atteindre 10% à 33 ans. On retombe à ce moment-là sur la moyenne de 90% de CDI.

La situation des jeunes est donc plus diverse, mais tout de même inquiétante. Le Premier ministre s'est également fondé sur une étude
du Cereq (2004) montrant que 2 jeunes sur 3 entrent dans l'emploi par un CDD ou en intérim; deux statuts fragiles, puisque les deux tiers des CDD (tous âges confondus) ne sont pas transformés en postes stables (étude de la Dares, 2004) et que la durée moyenne des missions d'intérim est de dix jours. Enfin, l'écart entre le taux de chômage des jeunes et celui des autres salariés est de 12 à 13 points en France, contre de 7 à 8 en moyenne dans les pays de l'OCDE.
Ne le dites pas au Premier ministre, mais il fait de la discrimination positive! Ce parti pris est doublement risqué. D'abord, il doit éviter la révolte de la rue. Le souvenir du CIP, qui, en 1994, autorisait une rémunération de 80% du Smic pour les jeunes, a beaucoup joué. «Nous avons bien analysé les deux sujets et conclu que cela n'avait rien à voir, puisque l'on ne touche pas au salaire minimum et que l'on accorde de sérieuses garanties», affirme un membre de cabinet. Encore faut-il le faire savoir… «Nous sommes attentifs à la précision des informations, parce que, avec les blogs et les MSN, elles peuvent vite être dénaturées», ajoute-t-il. Le Premier ministre «chattera» donc ce 2 février.

L'exécutif redoute également le syndrome des 35 heures: l'an dernier, les syndicats avaient mobilisé contre leur assouplissement, programmé par le gouvernement Raffarin. Les salariés, s'ils avaient ignoré ce mot d'ordre, s'étaient enflammés pour la défense de leur pouvoir d'achat. Le CPE peut ne pas remplir les manifs, mais donner des idées. Second risque: le gouvernement bouscule délibérément les syndicats. Il vante les mérites du dialogue social, lance des réflexions sur le sujet, mais il en piétine la lettre et l'esprit. La loi du 4 mai 2004, qui oblige, dans son préambule, à une négociation des partenaires sociaux avant toute législation en matière de droit du travail, n'est pas respectée. La concertation revendiquée par Matignon n'est souvent qu'une simple information tardive.

La semaine précédant l'annonce du CPE, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, dîne avec Louis-Charles Viossat, directeur adjoint du cabinet de Matignon. Ce dernier lui parle des jeunes en général et des stages en particulier. Pas du futur contrat. François Chérèque a droit au même genre d'agapes, le jeudi 12 janvier. Le lendemain, le quotidien Les Echos, mieux informé que les syndicats, révèle la piste du CPE. C'est finalement le dimanche 15 janvier que le secrétaire général de la CFDT recevra un coup de fil de Matignon pour lui annoncer la naissance du CPE, le lendemain. Jean-Claude Mailly n'est officiellement prévenu que deux heures avant la conférence de presse de Dominique de Villepin, parce qu'il a rendez-vous avec Pierre Mongin. Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, reçoit un appel quarante minutes avant. Bernard Thibault, lui, attend toujours d'être prévenu. Le secrétaire général de la CGT a même enquêté au sein de sa propre organisation pour savoir si les «contacts étroits» dont parlait le Premier ministre avaient pu avoir lieu à un autre niveau. Rien. Maryse Dumas, secrétaire confédérale du syndicat, résume l'état d'esprit: «On nous dit que l'on parlera du contrat unique en juin. Je n'y crois pas, je suis sûre que le Premier ministre sortira quelque chose avant.» Chat échaudé…

 

Quand Hollande le dépassait

C'est devenu la promotion de l'ENA la plus célèbre de France: Voltaire vit ainsi défiler, entre 1978 et 1980, Dominique de Villepin et sa sœur, Véronique (épouse Albanel), François Hollande, Ségolène Royal, Renaud Donnedieu de Vabres, Michel Sapin, Frédérique Bredin, Pierre Duquesne, administrateur français du FMI, ou encore Henri de Castries, président du directoire d'Axa.

Moins connu est leur classement de sortie. Quand les énarques se plongent dans leurs souvenirs, on apprend que Frédérique Bredin, ancienne ministre socialiste devenue éditrice du Journal du dimanche, fut parmi les plus brillantes: elle termina 7e. François Hollande serait arrivé 11e. Il aurait pu choisir l'Inspection des finances, mais a laissé sa place à l'un de ses amis, l'ancien directeur du cabinet adjoint de Lionel Jospin à Matignon, Jean-Pierre Jouyet. Le premier secrétaire du PS s'est destiné à la Cour des comptes et a nettement devancé Dominique de Villepin, 25e. Celui-ci, après avoir longtemps songé à choisir la préfectorale, opta pour le Quai d'Orsay, car il voulait s'occuper de l'Afrique. Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a terminé aux alentours de la 45e place, selon un condisciple, et a choisi le corps préfectoral. La palme des «mal classés» reviendrait à Michel Sapin et à Ségolène Royal, tous deux dans les profondeurs du classement (autour de la 95e position) et affectés aux tribunaux administratifs. De son côté, Pierre Mongin avait déjà le sens de la hiérarchie: l'actuel directeur du cabinet du Premier ministre se rappelle avoir terminé dans le ventre mou du classement, laissant ainsi son patron d'aujourd'hui loin devant lui.50
Les syndicats ont remarqué que l'activisme de Dominique de Villepin n'était pas exempt de contradictions: il crée le CNE puis le CPE, sérieuses entorses au droit du travail, et ensuite refuse la généralisation du CNE par crainte de heurter l'ensemble des salariés, avant de lancer une réflexion sur le contrat de travail! Ils critiquent d'autant plus ces procédés que le contenu leur déplaît: étatiste sur la méthode, Villepin est libéral sur le fond.

Le Premier ministre, lui, s'estime fondé à court-circuiter ces organisations: il les trouve lentes et sans idées, adeptes d'un double langage qui les rend compréhensives en privé et contestataires devant les micros. Son entourage affirme qu'aucun syndicat - à l'exception de la CFDT et, dans une moindre mesure, de la CFTC - n'a soulevé devant lui le problème des jeunes, et que le temps syndical, avec ses rituels (concertations, négociations, tables rondes et nuits blanches), n'est pas celui du Premier ministre. «On peut rester dans un microcosme, où les syndicats discutent avec les hommes politiques, mais les Français sont impatients», résume un conseiller de Matignon. Villepin fonce donc, au risque d'affaiblir encore davantage des partenaires dont lui ou son successeur aura besoin dans trois gros dossiers à venir: les intermittents, l'assurance-maladie et les retraites.

Il aura raison s'il... réussit. C'est le pari ultime de Villepin, celui de l'efficacité. Si le nombre de sans-emploi a baissé de 5,2% en 2005, soit 126 800 demandeurs de moins, cela ne tient qu'en partie à son action, et pas à la plus novatrice: l'accent mis sur le traitement social, ces contrats aidés par l'Etat. Le phénomène se poursuivra cette année, également favorisé par la moindre progression de la population active. En revanche, il est actuellement impossible de mesurer les effets du CNE ou ceux de la kyrielle de mesures pour l'emploi annoncées depuis juin. Il faudra aussi du temps pour apprécier le rôle du CPE.

Mais, d'où qu'elle vienne, une baisse du chômage est bonne à prendre. Son taux (9,5% à la fin décembre) pourrait passer au-dessous de 9% d'ici à la fin de l'année. Dominique de Villepin attend ce moment avec gourmandise: «Nous avons rendez-vous tous les mois, pas uniquement en 2007... avec les chiffres du chômage», disait-il, le 25 janvier, à l'Assemblée nationale. Au début de janvier, il a discrètement réprimandé Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, pour avoir annoncé les résultats de novembre avant leur publication officielle, ce qui accrédite le soupçon d'une manipulation politique. Oubliant que lui-même avait prématurément divulgué ceux de septembre au cours de sa conférence de presse du 27 octobre.

Villepin l'homme pressé ne cesse de répéter qu'il n'a pas deux ans pour mettre un dossier sur la table et attendre. Souvent, il puise dans la boîte à outils de son concurrent, Nicolas Sarkozy: il mène une réforme fiscale qui touche aussi l'ISF, lance la discussion sur le contrat de travail unique, veut alléger le coût des heures supplémentaires pour les entreprises, etc. Evoquer ses ambitions présidentielles n'est même pas nécessaire, car sa stratégie pour anéantir la candidature du président de l'UMP est autre. Il se contente, pour l'heure, de détricoter son programme et d'opposer son action d'aujourd'hui aux promesses pour demain de son rival. «Il y a ce que l'on fait, et ce que l'on propose virtuellement lorsqu'on est candidat, souligne un proche de Villepin. Les Français sont lucides, ils savent qu'au-delà des programmes on se heurte parfois au réel.»

A l'en croire, seul le principe de réalité guiderait son action et Laurent Fabius, s'il se penchait autant d'heures que lui sur la question du chômage des jeunes, parviendrait à la même solution. L'été dernier, Dominique de Villepin disait déjà: «Il y a un moment où c'est l'intérêt général de faire un certain nombre de choses qui ont été différées. Je serai peut-être arrêté dans mon élan, mais par qui?»
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Mercredi 1 février 2006
NOUVELOBS.COM | 01.02.06
A la faveur d'une journée d'action pour l'emploi lancée par la CGT, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés mardi dans plusieurs villes.

  Des lycéens contre le CPE dans les rues de Paris (Sipa)
Des lycéens contre le CPE dans les rues de Paris 
 

P remière offensive contre le contrat première embauche (CPE) mardi 31 janvier. A la faveur d'une journée d'action pour l'emploi et les salaires lancée par la CGT, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes de France pour une mobilisation en demi teinte.
"On est au début d'un processus de mobilisation durable pour s'opposer à la déréglementation du travail", a affirmé le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en tête d'une manifestation parisienne qui a réuni plus de 5.000 personnes selon la confédération, 1.600 selon la police, dont un quart de jeunes.
"C'est bien que les jeunes se mobilisent: ils ne sont pas prêts à accepter la servilité qu'on veut leur imposer", a-t-il ajouté.
Les manifestants, qui marchaient derrière une banderole de tête réclamant le "Retrait du CPE", sont partis du siège du Medef (7e arrondissement) vers 15h15 pour rejoindre l'Assemblée nationale (7e arrondissement).

Coup d'envoi

A l'origine, cette journée d'action annoncée début janvier par la CGT était organisée pour "débattre avec les salariés des revendications à poser dans les entreprises", sur les questions de l'emploi et des salaires.


Mais entre-temps, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé la création du CPE, cristallisant le mécontentement des syndicats et de la gauche.
Le CPE est un contrat à durée indéterminée réservé aux moins de 26 ans, dans les entreprises de plus de 20 salariés, et débutant par une période de deux ans au cours de laquelle le salarié pourra être licencié sans justification.
Cette journée d'action coïncidait avec le début de l'examen du texte par les députés, le Premier ministre ayant décrété l'urgence et avancé d'une quinzaine de jours les débats.
Elle a donc aussi marqué le coup d'envoi de la mobilisation contre le CPE, avant la grande journée de manifestations du 7 février à laquelle ont appelé l'ensemble des confédérations syndicales - à l'exception de la CFE-CGC - et des organisations lycéennes et étudiantes.
"Ce n'était pas une date prévue de rassemblement, pourtant les jeunes sont là c'est le signe d'une détermination importante. La mèche de la mobilisation est allumée", a déclaré Bruno Julliard, le président de l'Unef, principal syndicat étudiant, dans le cortège parisien.
Derrière la CGT, défilaient des militants de l'Unef et de l'UNL (lycéens).

En province aussi

Etudiants et lycéens sont aussi venus grossir les rassemblements organisés en province, notamment à Strasbourg, Lille ou Metz.
Près de 1.700 personnes - dont 500 étudiants et lycéens - selon la police, 4.000 - dont 800 étudiants et lycéens - selon la CGT, ont manifesté à Nantes.
A Lyon, un défilé contre la précarité et pour les salaires a réuni 800 personnes selon la police et de 2.500 à 3.000 personnes, selon les organisateurs. Près de 1.500 manifestants se sont réunis à Caen, 1.000 à Clermont-Ferrand et 500 à Marseille, selon la CGT.
Deux opérations villes mortes ont par ailleurs été organisées à Aÿ (Marne) et Auchel (Pas-de-Calais) pour protester contre les plans sociaux annoncés dans plusieurs entreprises.
D'autres rassemblements ont eu lieu à Toulouse, Auch, Orléans et Bordeaux où des tracts ont été distribués.

source: www.nouvelobs.com

 

 

par rezeid publié dans : Contrat première embauche
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Mercredi 1 février 2006
Jacques Chirac a appelé mercredi les parlementaires UMP réunis à l'Elysée à l'unité derrière Dominique de Villepin pour la "dernière ligne droite de la législature". Il a rendu un hommage appuyé au Premier ministre et apporté son soutien à sa mesure phare, objet de vives contestations, le CPE.

"Nous allons tous ensemble défendre ce projet" car "c'est l'intérêt de l'emploi, des jeunes et de la France", a en effet lancé le chef de l'Etat aux quelque 500 députés et sénateurs conviés pour un "buffet campagnard" à l'Elysée pour la première fois depuis dix ans.

"La précarité, ce n'est pas le CPE" mais "la situation que vivent encore beaucoup trop de jeunes aujourd'hui", a-t-il expliqué selon son entourage, en réponse aux critiques formulées par l'opposition et les syndicats. "Le CPE, c'est au contraire une vraie réponse pour ouvrir les portes d'un premier emploi aux jeunes".

"Nous ne pouvons pas accepter une situation où les jeunes doivent enchaîner stades, CDD, intérims, sans indemnités de chômage et sans perspectives", a-t-il insisté. Le Contrat première embauche "correspond parfaitement aux exigences d'aujourd'hui" et à l'"exigence de cohésion de notre pacte social".

Le chef de l'Etat a donc enjoint les parlementaires, divisés entre sarkozistes et villepinistes, à "l'union et au rassemblement derrière le gouvernement", à qui il a rendu un hommage appuyé. "Dominique de Villepin a pris des mesures énergiques et intelligentes pour lutter contre le chômage", a-t-il souligné.

"2006, plus que toute autre année doit être une année d'action, de progrès et de réussite pour la France" et "je fais toute confiance à Dominique de Villepin pour qu'il en soit ainsi", a-t-il ajouté.

"C'est par sa capacité d'union et d'action que notre majorité s'imposera au-delà des polémiques, des scepticismes et des pessimismes qui se développent quelquefois avec des arrière-pensées", a-t-il prévenu. "Unis et rassemblés pour l'action, c'est la clé de la responsabilité et de la réussite. C'est particulièrement vrai aujourd'hui, alors que nous abordons la dernière ligne droite de la législature".

source: www.yahoo.fr

par rezeid publié dans : Jacques CHIRAC/DDV
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Mercredi 1 février 2006
Dominique de VILLEPIN a exhorté mercredi les entreprises à jouer tout leur rôle dans sa "bataille pour l'emploi" en utilisant les "instruments nouveaux" mis en place par le gouvernement, et notamment le contrat première embauche (CPE).

"Le succès de la bataillepour l'emploi, la clé de la modernisation de notre pays, c'est entre vos mains qu'ils se trouvent", a déclaré le Premier ministre lors de l'inauguration du salon des entrepreneurs.

Devant la présidente du Medef Laurence Parisot, le ministre des PME Renaud Dutreil et 3.500 patrons, Dominique de Villepin s'est réjoui du nombre record de créations d'entreprises en 2005. Le chef du gouvernement a vu dans ces 225.000 entreprises nouvelles la preuve que "l'esprit d'entreprendre est plus vivant que jamais". "En 2006, nous ferons mieux encore, toutes les conditions sont réunies pour cela", a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a rappelé les "réformes ambitieuses" mises en place par son gouvernement, qui créent selon lui "un environnement favorable" pour les entreprises. "A vous de saisir cette opportunité pour vous développer et pour embaucher", a-t-il dit.

Il a notamment évoqué le "succès" du contrat nouvelles embauches (CNE) mis en place l'été dernier pour les entreprises de moins de 20 salariés. Selon lui, "300.000 contrats ont déjà été signés" et "un tiers de ces embauches n'auraient pas eu lieu sans ce nouveau contrat de travail".

Il a également mentionné le contrat première embauche (CPE) pour les moins de 26 ans, examiné depuis mardi par les députés, et le chèque emploi pour les très petites entreprises (TPE).

Le chef du gouvernement a par ailleurs marqué sa volonté de lever "un à un" les obstacles rencontrés par les entreprises.

Afin d'inciter les investisseurs à accompagner davantage les petites et moyennes entreprises (PME), il a confirmé la mise en place avant l'été du dispositif réclamé par Jacque Chirac dans ses voeux. Le chef de l'Etat souhaite que deux milliards d'euros soient levés sur les marchés financiers pour être investis dans le capital des entreprises les plus dynamiques.

Le Premier ministre a également confirmé la mise en place prochaine d'un "small business act" à la française pour réserver aux PME une partie des marchés publics.

Avant de prononcer son discours, Dominique de Villepin a visité pendant une heure le salon, où 60.000 visiteurs sont attendus. En plein débat sur le CPE, le Premier ministre s'est dit "heureux" d'avoir pu rencontrer des personnes soucieuses d'être "au rendez-vous de la modernisation de notre pays et de l'esprit d'entreprise".

source: www.yahoo.fr

par rezeid publié dans : Emploi
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Mercredi 1 février 2006

Dominique de Villepin et Jean-Claude Juncker se sont mis d'accord mercredi matin sur une réponse commune de leurs gouvernements à l'OPA hostile de Mittal Steel sur Arcelor, selon le Premier ministre luxembourgeois.

"Nous avons accordé nos violons sur les réactions à avoir suite à l'opération hostile de Mittal sur Arcelor", a déclaré M. Juncker, reçu pendant une heure par son homologue français.

Les deux hommes ont fait un "tour d'horizon" de l'actualité en Europe et au Moyen-Orient, selon le Premier ministre luxembourgeois. "Sur tous ces points, nous sommes d'accord", a-t-il dit.

Le Grand-Duché, premier actionnaire d'Arcelor avec 5,6% des actions, a rejeté mardi l'offre publique d'achat non sollicitée de Mittal Steel, numéro un mondial de l'acier, sur le groupe européen, issu de la fusion en 2002 entre le Français Usinor, le Luxembourgeois Arbed et l'Espagnol Aceralia.

Le porte-parole du gouvernement français Jean-François Copé a appelé mercredi les actionnaires d'Arcelor à la "vigilance". "Nous sommes dans une économie ouverte", mais "respecter les règles du jeu de la concurrence, ça ne veut pas dire qu'on doit laisser faire tout et n'importe quoi", a-t-il déclaré lors du compte-rendu du Conseil des ministres.

"Nous sommes vigilants face à cette OPA hostile", a-t-il ajouté. "Nous appelons les actionnaires d'Arcelor à être attentifs au projet économique et stratégique que Mittal va leur soumettre". Car "on s'interroge sur ce que peut être le projet industriel. Y'en a-t-il un? Quel est-il?".

En tout état de cause, cette affaire "doit inciter nos entreprises à consolider leur capital et à développer l'actionnariat salarié", a estimé M. Copé, qui a rappelé qu'un projet de loi sur l'actionnariat salarié était en préparation et serait "prochainement présenté au Parlement".

Interrogé mardi soir sur France-2, Dominique de Villepin a lui aussi rejeté l'offre "très inamicale" de Mittal Steel sur Arcelor. Cette offre est "peu satisfaisante dans la forme" et "pose problème sur le fond", selon lui. Les deux gouvernements déplorent l'absence de projet industriel de la part du groupe indien.

Après cet entretien à Matignon, Jean-Claude Juncker sera reçu à 15h par le président Jacques Chirac à l'Elysée.

source: www.boursorama.com

par rezeid publié dans : dominiquedevillepin
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Mercredi 1 février 2006

A l’occasion de son premier chat vidéo, Dominique de Villepin répondra en direct aux questions des internautes sur le thème de l’emploi, le jeudi 2 février 2006 à 18h30 sur www.premier-ministre.gouv.fr  Le Premier ministre a engagé la bataille pour l’emploi : Contrat nouvelle embauche, apprentissage, service public de l’emploi, services à la personne, Contrat première embauche. Il lance le dialogue avec les citoyens sur le web.

Les internautes peuvent dès maintenant poser leurs questions en se connectant sur le site du Premier ministre.

par rezeid publié dans : Emploi
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