Mardi 31 janvier 2006

Le CPE fait l'objet d'un amendement au projet de loi sur l'égalité des chances.

Le premier amendement crée le contrat première embauche (CPE). Il permet aux entreprises de plus de 20 salariés d'embaucher des jeunes de moins de 26 ans avec une période de «deux ans de consolidation de l'emploi», pendant lesquels le contrat peut être rompu sans justification. Mais les durées des contrats de travail (temporaire ou stage) précédemment conclus dans la même entreprise «dans les deux ans précédant le CPE» s'imputent sur la durée des deux ans.


Comme pour le CNE, la rupture d'un CPE dans les six premiers mois donne droit à un préavis de deux semaines, un mois au-delà. L'employeur doit au salarié une indemnité de rupture de 8% de la rémunération qui «n'est soumise ni à impôt ni à cotisation», et une contribution de 2% à l'Assedic : le gouvernement réfléchit en outre à la mise en place d'un accompagnement personnalisé du salarié dont le CPE a été rompu. Si la rupture est à l'initiative de l'employeur, celui-ci ne peut conclure un nouveau CPE avant un délai de trois mois.


Si le salarié est licencié après quatre mois de contrat, il bénéficie d'une indemnité chômage payée par l'Etat de 16,40 € par jour pendant deux mois (au lieu d'un mois dans le CNE). Le salarié en CPE bénéficie dès la fin du premier mois de contrat – et non au bout d'un an comme avec le CNE –, du droit individuel à la formation (DIF) «prorata temporis» et peut avoir accès au 1% logement ainsi qu'aux dispositifs interprofessionnels accordant une garantie et une caution de loyer.

 Le deuxième amendement renforce le système de formation en alternance, pour parvenir à 500 000 jeunes en apprentissage en 2009 et 200 000 en contrats de professionnalisation à partir de 2007. Alors qu'aujourd'hui les apprentis représentent 3,8% des effectifs dans les entreprises de moins de 50 salariés mais seulement 0,5% dans celles de plus de 250 salariés, l'amendement vise à corriger cette insuffisance. Dans ces entreprises, le nombre de jeunes de moins de 26 ans en alternance devra atteindre 1% des effectifs au 1er janvier 2007, 2% en 2008 et 3% d'ici au 1er janvier 2009 : faute de respecter ces objectifs, les entreprises verront leur taxe d'apprentissage accrue de 20%, portant son taux à 0,6%.


 Enfin, un troisième amendement oblige les entreprises à rémunérer les stages de plus de trois mois, à un niveau qui sera fixé par convention de branche ou accord professionnel étendu. L'exposé des motifs rappelle que d'autres mesures seront prises ultérieurement, notamment une franchise de cotisation à hauteur de 360 euros d'indemnité mensuelle de stage et la prise en compte des stages dans l'ancienneté professionnelle.

source: www.lefigaro.fr

par rezeid publié dans : Emploi
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Mardi 31 janvier 2006

Bernard Accoyer, président du groupe des députés UMP, affirme que «le CPE vise à lutter contre la précarité, qui est la situation actuelle».

LE FIGARO. – Face aux attaques conjuguées de la gauche et de l'UDF, comment l'UMP va-t-elle défendre le CPE ?

Bernard ACCOYER. – Nous défendrons l'ensemble du projet de loi sur l'égalité des chances avec conviction et détermination, car notre priorité, c'est l'emploi. Avec près d'un jeune sur quatre au chômage en France, le mal est insupportable. D'autant que le parcours d'accès des jeunes à l'emploi est interminable et extrêmement précaire, les jeunes multipliant les stages, les intérims et les CDD, dont les plus nombreux sont d'une durée d'un mois. Devant cette situation, le gouvernement Villepin innove avec audace. Contrairement à ce que disent ceux qui s'y opposent, le CPE est un vrai contrat de travail avec un vrai salaire, il offre de vraies garanties à la formation, à l'accès au logement, au crédit et à l'indemnisation du chômage. Quel CDD propose de telles garanties ? C'est le contraire des emplois précaires et artificiels, financés temporairement par l'Etat, que la gauche a jadis proposés avec les «emplois jeunes». J'observe d'ailleurs que la gauche ne propose rien de nouveau et revient toujours à ses vieilles recettes. En attaquant le CPE, la gauche ment à la jeunesse une nouvelle fois. Le CPE vise à lutter contre la précarité, qui est la situation actuelle.


Craignez-vous une longue bataille d'amendements ?


Depuis le début de la législature, la gauche a constamment opposé aux grandes réformes des «murs d'amendements», selon la formule de Jean-Marc Ayrault. Cela a été le cas pour les réformes des retraites, de l'assurance-maladie, de l'aménagement du temps de travail. La gauche ne sait pas se départir de son idéologie pour entrer dans un vrai débat de fond. Elle préfère gesticuler, bloquer le travail parlementaire. Je préférerais entendre un PS avec de vraies propositions crédibles pour lutter contre le chômage des jeunes, plutôt qu'un PS à la remorque de l'extrême gauche.


Craignez-vous une forte mobilisation contre le CPE ?

A chacun ses objectifs et ses méthodes. Nous, députés UMP, nous allons continuer à faire notre travail d'explication et de pédagogie afin de répondre aux caricatures et aux contre-vérités assénées par la gauche. Il faut que les jeunes soient sur leurs gardes face à une nouvelle tentative d'instrumentalisation des présidentiables socialistes engagés dans une course à la surenchère.


Le président Jacques Chirac reçoit pour la première fois demain l'ensemble des parlementaires UMP. Veut-il restaurer son autorité sur sa majorité ?


A aucun moment l'autorité du chef de l'Etat n'a été remise en cause. Jacques Chirac reste au coeur de l'action politique. Il écoute, il échange, il décide. C'est le rôle du président de la République de maintenir le cap et de rappeler que 2006 doit être avant tout une année de travail et d'action au service des Français. Il appartient à chacun d'être fidèle à son engagement et ne pas «zapper» 2006.

source: www.lefigaro.fr

par rezeid publié dans : Contrat première embauche
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Mardi 31 janvier 2006
A la fin décembre, on comptait en France 2 310 600 demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE, selon les chiffres diffusés mardi 31 janvier par le ministère du travail. Des chiffres qui confirment le recul du chômage en France, qui termine l'année à 9,5 % de la population active, au terme d'une baisse de neuf mois consécutifs. C'est le niveau le plus bas enregistré depuis février 2003.

 

Après une année 2004 stable, le chômage a enregistré un recul de 5,2 % sur l'ensemble de l'année 2005 (– 6 % pour les hommes et – 4,3 % pour les femmes), soit 126 800 demandeurs d'emploi de moins. Pour le seul mois de décembre, le nombre de chômeurs a baissé de 0,8 % (– 19 300 demandeurs d'emploi).

Alors que le nombre de demandeurs d'emploi augmentait régulièrement depuis le début de l'année – jusqu'à atteindre 10,2 % en mars –, la courbe du chômage s'est inversée à partir du mois d'avril, d'abord timidement, puis plus franchement à compter de l'été. Ce retournement de tendance a profité à l'ensemble des catégories de chômeurs, aussi bien les jeunes (– 5,8 % en un an) que les plus de 50 ans (– 4,1 %).

DES OFFRES D'EMPLOI EN HAUSSE DE 17 % EN 2005

 

Les chiffres diffusés par l'ANPE font apparaître des signes encourageants pour l'évolution du marché du travail. En un an, le nombre des offres d'emploi enregistrées à l'ANPE a augmenté de 17,3 % (en dépit d'un tassement de 0,7 % en décembre par rapport au mois précédent). En décembre, près de la moitié des offres enregistrées (en données brutes), soit 109 922 sur 229 071, concernaient des "emplois durables", c'est-à-dire de plus de six mois. Sur un an, la part de ces emplois durables a progressé de 27,6 %.

Mais cette embellie suscite une vive polémique. Economistes, syndicats et politiques s'interrogent et s'affrontent depuis des mois sur l'origine de cette évolution. Les créations d'emplois qui accompagnent et expliquent habituellement tout recul sensible du nombre de demandeurs d'emploi semblent faire défaut. Selon l'Insee, l'emploi dans le secteur concurrentiel n'a que faiblement augmenté en 2005, avec 42 000 créations de postes sur les neuf premiers mois de l'année.

Pour le gouvernement, cette apparente contradiction s'explique par le fait que les statistiques de l'Insee cernent difficilement l'évolution de l'emploi dans les entreprises de moins de dix salariés. Or ces dernières ont fait l'objet de deux des mesures phares du gouvernement en matière d'emploi en 2005 : le contrat nouvelle embauche (CNE, réservé aux entreprises de moins de vingt salariés et lancé cet été) et le plan de développement des services à la personne, qui a permis de créer 80 000 emplois, selon le ministère de la cohésion sociale.

Le CNE – dont l'impact sur les créations d'emplois ne pourra être évalué que dans plusieurs mois – "a permis de débloquer des situations dans les toutes petites entreprises", assure le ministre de l'emploi et de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. Ce dernier a également mis en avant les premiers effets du plan de cohésion sociale, qui a relancé les contrats aidés (subventionnés par l'Etat) et l'apprentissage. Jean-Louis Borloo s'était félicité ce week-end d'une "tendance à la baisse durable" du chômage en France. Il s'était dit "très impatient que nous passions sous la barre des 8,9 %".

Syndicats et partis de gauche avancent, eux, des raisons bien différentes. Ils estiment que la baisse du chômage est avant tout liée aux premiers effets des départs à la retraite de la génération du baby-boom et au "durcissement du contrôle" des chômeurs engagé par le gouvernement, qui aurait conduit à une augmentation des radiations. Une accusation contre laquelle s'est vigoureusement élevé le directeur général de l'Agence nationale pour l'emploi, Christian Charpy, selon qui les radiations sont quasiment identiques à celles de 2004.

OFFENSIVE CONTRE LE CPE

Le premier ministre, Dominique de Villepin, ne devrait pas manquer de s'appuyer sur ces bons résultats dans les prochains jours, alors que syndicats, étudiants et partis de gauche s'apprêtent à lancer l'offensive contre son contrat première embauche (CPE), réservé aux moins de 26 ans. Ce projet promet une nouvelle bataille parlementaire à partir du mardi 31 janvier.

Le débat commencera mardi en fin d'après-midi après la séance des questions au gouvernement et le vote solennel du projet de loi Borloo sur le logement. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, interviendra sur le projet Borloo pour "faire le lien entre le logement et le CPE", a-t-on indiqué au PS. Outre le PS, le PCF et les Verts ont aussi annoncé une mobilisation générale contre ce texte emblématique pour eux de "la logique ultralibérale du gouvernement".

Les deux mesures les plus contestées du projet, l'apprentissage à 14 ans et le CPE, sont contenues dans les premiers articles du texte. Les opposants au CPE soupçonnent le gouvernement de préparer un contrat unique de travail pour démanteler le contrat à durée indéterminée (CDI). Pour Dominique de Villepin, ce dispositif est au cœur de sa lutte pour l'emploi. L'UDF n'est pas en reste, son président François Bayrou évoquant un "contrat de précarité absolue pour les jeunes". L'enjeu politique s'annonce de taille, quinze mois avant la présidentielle. Pour Dominique de Villepin, qui a battu le rappel de toute l'UMP, le CPE va "changer la donne" pour l'emploi des jeunes.

La discussion du texte controversé commencera par l'intervention du gouvernement, puis celle du rapporteur, Laurent Hénard (UMP). La gauche défendra ensuite des motions de procédure : l'exception d'irrecevabilité défendue par Gaëtan Gorce (PS), une question préalable défendue par Yves Durand (PS) avant la discussion générale puis la motion de renvoi en commission présentée par Jean-Pierre Brard (app. PCF).

source: www.lemonde.fr

par rezeid publié dans : Emploi
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Lundi 30 janvier 2006
Dominique de Villepin a annoncé lundi que les directives de Jacques Chirac visant à donner à l'esclavage sa "juste place" dans les manuels scolaires "seront mises en oeuvre dès cette année".

 "Les directives du président de la République tendant à ce que l'esclavage et la traite, qui sont une des sources historiques des idéologies racistes, trouvent leur juste place dans les programmes scolaires seront mises en oeuvre dès cette année", a déclaré le Premier ministre dans un communiqué publié à l'issue de la 7ème réunion du Comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

Lundi, le chef de l'Etat a tranché en faveur de la date du 10 mai pour commémorer en France métropolitaine le souvenir de "l'abomination", de la "blessure" que fut l'esclavage, marquant une nouvelle reconnaissance de "la part d'ombre" de l'histoire de France. Il a aussi souhaité que l'esclavage "trouve sa juste place dans les programmes de l'Education nationale".

Actuellement, l'esclavage est enseigné dans le système scolaire de manière succincte et essentiellement dans les programmes d'histoire.

Lors de la réunion du Comité interministériel à Matignon, M. de Villepin a indiqué que le ministère de l'Education renforcerait "les actions de formation des enseignants et des élèves, notamment par la diffusion, début 2006, d'un dossier de référence en matière de lutte contre le racisme et l'antisémitisme en milieu scolaire, qui sera également disponible sur internet".

Il s'est par ailleurs félicité de la décrue, observée en 2005, des actes ou menaces racistes et antisémites. Ces actes antisémites "ont diminué de 47% en 2005 par rapport à 2004" et "les autres actes racistes et xénophobes ont diminué de 22% pendant la même période", a-t-il souligné.

M. de Villepin a rappelé que le ministère de l'Intérieur développerait en 2006 la vidéosurveillance "aux abords des zones les plus sensibles, notamment les lieux de culte ou les écoles", et qu'il veillerait à ce que les personnes "qui se livrent habituellement à des manifestations racistes ou xénophobes soient interdites, par décision du préfet et à titre préventif, de pénétrer ou de se rendre aux abords des enceintes où des manifestations sportives se déroulent".

Le ministère "met également en place un +point de signalement internet+ au sein de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication", destiné "au recueil et au traitement des signalements portant sur les messages ou les comportements illicites sur internet, au premier rang desquels les contenus racistes ou antisémites", a ajouté le Premier ministre.

source: www.lemonde.fr

par rezeid publié dans : dominiquedevillepin
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Lundi 30 janvier 2006
Sarkozy désavoué par la loi

Les expulsions de jeunes, non titulaires de la nationalité française arrêtés lors des violences urbaines de la fin de l’année dernière, qui avaient été annoncées par le ministre de l’Intérieur, ont fait long feu. Sept procédures ont été engagées contre des étrangers, selon le ministère de l’Intérieur, qui n’a pas souhaité se prononcer sur leur aboutissement. En novembre, Nicolas Sarkozy avait précisé que « 120 étrangers, pas tous en situation irrégulière, avaient été condamnés » et demandé aux préfets leur expulsion.

Selon le président de la Ligue des droits de l’homme, Jean-Pierre Dubois, les services du ministère « se sont aperçus, et ce qui est extraordinaire c’est que Sarkozy lui-même apparemment ne s’en rendait pas compte quand il l’a dit, que la plupart des gens qui avaient été condamnés et qui étaient étrangers étaient inexpulsables ». « C’est un ballon de baudruche », a déclaré Jean-Pierre Dubois. « Sarkozy, comme il le fait souvent, a fait un effet d’annonce politicien pour capter un électorat d’extrême droite, et donc il a fait un grand moulinet et derrière il y a beaucoup de vent, heureusement en l’occurrence. » « Les quelques exemples de personnes étrangères majeures qui ont fait l’objet de poursuites et de condamnations pénales, dès lors qu’elles sont arrivées en France avant l’âge de treize ans, on ne peut pas les expulser », en vertu de la loi que Sarkozy a fait voter sur la double peine en 2003, a rappelé Didier Liger, président de la commission liberté et droits de l’homme du Conseil national des barreaux (CNB). Pour le responsable du CNB, qui représente les avocats de France, il est « évident que le ministre de l’Intérieur sait pertinemment, lorsqu’il a annoncé en novembre qu’il allait expulser tous les étrangers condamnés pour les émeutes, qu’il ne pourrait expulser personne ».

Selon le secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, Mouloud Aounit, Sarkozy « veut tirer plus vite que son ombre et il a voulu semble-t-il, comme il le fait malheureusement très souvent, renvoyer des messages en termes de communication qui sont complètement déconnectés de la réalité du terrain ». « C’est un véritable fiasco politique pour Nicolas Sarkozy », a-t-il ajouté.

Une commission de juges du tribunal de grande instance de Pontoise a rendu mercredi un avis consultatif défavorable à la procédure d’expulsion visant un Marocain, comme elle l’avait fait en décembre contre celle d’un Mauritanien.

par rezeid publié dans : Sarkozy//Villepin
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Lundi 30 janvier 2006
"Bonne Nouvelle, Villepin possède de nombreux avantages pour les présidentielles 2007 selon un sondage"
 

 

Selon une enquête d'opinion TNS-Sofres réalisée pour Le Figaro, les Français souhaitent un président plus jeune, homme ou femme, honnête et plus proche de leurs préoccupations.

LES FRANÇAIS veulent que le prochain président de la République soit un quinquagénaire, homme ou femme, qu'il soit polyglotte, honnête et à l'écoute des autres. Ils souhaitent qu'il soit attentif à leur vie quotidienne et s'implique davantage en politique intérieure que sur la scène internationale.

Le portrait-robot que notre sondage TNS-Sofres dessine du futur chef de l'État montre que, à quinze mois du premier tour de la présidentielle, le jeu reste ouvert entre tous les grands candidats, potentiels ou déclarés. Il révèle «l'envie d'une bascule générationnelle», un besoin de «modernité», observe Brice Teinturier, directeur du département politique et opinion de l'Institut.


Première évidence à la lecture de cette enquête, la présidentielle demeure dans l'esprit des Français l'échéance politique majeure. 90% des personnes interrogées considèrent en effet qu'elle constitue «quelque chose d'important», dont 56% pour qui c'est même «très important». «2007 sera une élection majeure», analyse Brice Teinturier pour qui «l'attente des Français est extrêmement forte, malgré le climat de rejet de la politique».

Un «leader» plutôt qu'un arbitre

Homme ou femme ? 63% jugent que le sexe du futur président leur est indifférent. Ils sont même plus nombreux (21%) à souhaiter «plutôt une femme», que «plutôt un homme» (16% seulement). Et – est-ce l'effet Ségolène Royal ? –, ces préférences sont plus fortes auprès des femmes, des socialistes et écologistes et des 25-50 ans.


Concernant l'âge idéal du prochain président, le sondage est net : les Français, à l'exemple des Espagnols, des Allemands ou des Britanniques, plébiscitent à 54% la génération des 50-59 ans, 27% souhaitent un président quadragénaire et 13% seulement un sexagénaire ou plus. Ces chiffres ne sont guère encourageants pour les acteurs de 2002, Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, tous deux septuagénaires, et Lionel Jospin, qui le sera à l'été 2007. Ils ne sont pas très bons non plus pour Jack Lang, né en 1939, et, dans une moindre mesure, pour Laurent Fabius, qui franchira le cap de la soixantaine en août 2006. En revanche, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou, Marie-George Buffet ou Philippe de Villiers peuvent être rassurés : ils sont tous quinquagénaires.


Sur le fond, le président de l'UMP marque un point. Ses propositions de réformes institutionnelles visant à faire du chef de l'Etat «un président leader» qui «s'engage sur tout ce qui concerne la vie quotidienne des Français», trouvent un écho auprès des Français : 66% des personnes interrogées souhaitent que le président se comporte «plutôt comme un chef de gouvernement, très présent et actif en politique intérieure» que comme un «arbitre» restant «au-dessus de la mêlée» (24%). Les Français préfèrent aussi un président de proximité à un chef d'État cultivant sa stature internationale. Pour 56%, sa «capacité à comprendre les problèmes quotidiens des Français» prime sur sa «capacité à bien représenter la France à l'étranger et défendre les intérêts du pays» (17%). «Si le président doit être proche des Français, il ne doit pas être comme eux», analyse Brice Teinturier. Ils n'attendent pas spécialement qu'il ait le même niveau de vie qu'eux, qu'il fasse ses courses lui-même et ils ne font pas de la simplicité une qualité majeure pour le chef de l'Etat.


Situation matrimoniale sans importance

Si les Français disent ne pas se préoccuper de tout ce qui relève de la sphère intime du futur président, de ses loisirs, de ses goûts culturels, de son milieu d'origine, ils veulent connaître le système de valeurs dont il se réclame, ses «modèles» et les études qu'il a faites.

En tête des qualités qu'ils attendent d'un président, ils placent l'honnêteté, loin devant l'écoute des autres, l'esprit de décision, l'intelligence ou la détermination, la prestance n'étant un atout que pour 13% des personnes interrogées. Mauvais point pour le premier ministre.


Les Français ne semblent pas vouloir se prononcer en fonction du parcours politique du candidat. Pour une nette majorité d'entre eux, avoir été ministre, voire premier ministre, avoir été parlementaire, maire d'une grande ville ou patron d'un parti politique n'est pas «indispensable» et même «pas vraiment important». Bonnes nouvelles pour Hollande, qui n'a jamais été ministre, ou Villepin, qui n'est pas élu.

Mondialisation et modernité obligent, les Français placent en tête des éléments de nature à les inciter à voter pour lui le fait qu'un candidat parle plusieurs langues. Net avantage sur ce terrain à Villepin, Fabius et Strauss-Kahn.


Les électeurs ne se déterminent pas en fonction de la situation matrimoniale ou familiale. Ils ne sanctionnent pas les divorcés ou les personnes vivant maritalement. Mais le fait pour un candidat d'être homosexuel reste un obstacle pour 22% des Français, et même pour 37% des sympathisants de la droite parlementaire.

Autre handicap aux yeux des électeurs, être issu de l'immigration incite 23% des Français à ne pas voter pour un candidat. Alors qu'être catholique n'est un obstacle que pour 2%, être juif en est un pour 13% des électeurs. Ce rejet s'élève à 38% s'il s'agit d'un musulman, pourcentage qui atteint 49% chez les électeurs UMP-UDF.


Bien qu'ils disent ne pas se soucier de sa situation familiale, 17% des Français – 24% des électeurs UMP-UDF –, sanctionneraient un candidat ayant des relations extraconjugales. «Si les Français établissent une limite entre la vie privée et la vie publique, ils restent attachés à certains principes qui peuvent jouer en défaveur d'un candidat», relève Brice Teinturier.

par rezeid publié dans : Sondages
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Dimanche 29 janvier 2006

 

Voici les dispositions clés du projet de loi sur l'égalité des chances, ainsi que les principaux amendements adoptés par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale:

EMPLOI

- Contrat première embauche:

Le contrat première embauche a été introduit dans le texte par un amendement du gouvernement adopté en commission. Il sera ouvert aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés. Ce contrat à durée indéterminée sera assorti d'une période de consolidation de deux ans, durant laquelle le jeune pourra être licencié à tout moment par l'entreprise. Le préavis sera de 15 jours en dessous de six mois et d'un mois entre six mois et un an.

Le CPE donnera droit à une indemnisation chômage au bout de quatre mois (460 euros par mois versés pendant deux mois). Le droit individuel à la formation s'ouvrira dès la fin du premier mois. L'accès au crédit et au logement devrait être garanti. Les stages, contrats à durée déterminée et formations en alternance effectués dans l'entreprise seront décomptés de la période de consolidation.

- Apprentissage junior:

A partir de la rentrée 2006, les jeunes pourront entrer en apprentissage dès 14 ans, au lieu de 16 ans. L'apprentissage junior reposera sur le volontariat et les jeunes pourront réintégrer leur collège à tout moment. Ce mécanisme comportera deux phases: une phase d'initiation aux métiers avec des enseignements généraux, technologiques, pratiques et des stages (qui feront l'objet d'une "gratification" de l'entreprise d'environ 50 euros par semaine). Dans un second temps, les jeunes pourront signer un contrat d'apprentissage, à partir de 15 ans.

Les entreprises qui prendront un "apprenti junior" bénéficieront d'un crédit d'impôt de 2.200 euros. Celles qui les accueilleront en stage dans leur période initiale de formation auront droit à un crédit d'impôt de 100 euros par semaine de présence.

- Apprentis: un amendement du gouvernement adopté en commission prévoit que la taxe d'apprentissage des entreprises de plus de 250 salariés sera majorée si elles n'embauchent pas un nombre défini de jeunes en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation: 1% de leurs effectifs au 1er janvier 2007, 2% en 2008 et 3% en 2009.

- Contrat jeune en entreprise: les jeunes des zones urbaines sensibles auront un accès privilégié au CJE, jusqu'à l'âge de 25 ans. Ce contrat sera également étendu aux jeunes au chômage depuis plus de six mois, quel que soit leur niveau de diplôme.

- ZFU: une quinzaine de nouvelles zones franches urbaines seront créées au 1er août, en plus des 85 déjà mises en place depuis 1996, sous réserve de l'accord des autorités européennes. Les exonérations fiscales attachées aux ZFU, actuellement limitées aux entreprises de moins de 50 salariés, seront étendues jusqu'à 250 salariés. Les grandes entreprises qui investissent dans les PME implantées en ZUS pourront déduire de leur impôt sur les sociétés 50% des versements effectués.

- Stage: un amendement du gouvernement adopté en commission prévoit que les stages de plus de trois mois devront faire l'objet d'une indemnisation, dont le montant sera fixé par l'entreprise.

AUTORITE PARENTALE

Le texte crée un "contrat de responsabilité parentale". En cas d'absentéisme scolaire ou de carence de l'autorité parentale, le président du conseil général pourra proposer aux parents de signer ce contrat, qui leur rappellera leurs obligations et leur ouvrira droit à une aide des services sociaux. Si ces obligations ne sont pas remplies, les allocations familiales seront suspendues en tout ou partie ou mises sous tutelle.

SERVICE CIVIL VOLONTAIRE

Les jeunes de 16 à 25 ans pourront s'inscrire au service civil volontaire, qui leur permettra d'acquérir une formation civique ou professionnelle. Le gouvernement espère que ce service concernera 30.000 jeunes en 2006 et 50.000 d'ici 2007.

LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS

- Le texte crée une Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, qui coordonnera les actions en faveur des quartiers.

- HALDE: les pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité seront renforcés. Elle pourra infliger des amendes d'un montant de 5.000 euros maximum pour une personne physique et de 25.000 euros pour une personne morale.

- Testing: le "testing", qui consiste en des vérifications à l'improviste de pratiques discriminatoires, sera légalisé.

- CSA: le Conseil supérieur de l'audiovisuel devra veiller à ce que les programmes représentent la diversité de la société.

par rezeid publié dans : Ministres
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