Dimanche 29 janvier 2006


Le syndicat étudiant Uni, marqué à droite, a soutenu mardi le contrat première embauche (CPE) qu'il a décrit comme "un contrat à durée indéterminée" (CDI) et comme "une véritable avancée sociale" en termes d'indemnités chômage si le contrat est rompu.
Ce contrat sera efficace, selon l'Uni, "pour lutter contre la précarité et répondre plus efficacement aux besoins des jeunes en terme d'accès au logement de formation et d'indemnités chômage". Rappelant que "21% des bacs +4 n'ont toujours pas de travail après 9 mois de recherche", le syndicat a estimé que "c'est en moyenne après 8 à 10 ans de galère et de précarité qu'un jeune peut espérer décrocher son premier CDI".

Il a critiqué les "syndicats et partis de gauche" qui se sont lancés selon lui dans "une vaste campagne de désinformation et de diabolisation", cédant à "l'immobilisme". (Communiqué, mardi 24 janvier)

Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC: La CGC salue "une volonté de s'attaquer aux racines d'un certain nombre de maux de société. On a toujours dit qu'il valait mieux maintenir quelqu'un le plus possible dans l'emploi plutôt que de le détruire en le faisant passer par le chômage. Le CPE nous semble présenter l'intérêt d'une période probatoire de deux ans nettement plus courte que les huit à onze ans que mettent en moyenne les jeunes aujourd'hui pour intégrer un emploi.
Mais comme pour le CNE, il faudra voir si ce dispositif permet de lever la barrière psychologique qui fait que les chefs d'entreprises hésitent à embaucher les jeunes et les moins jeunes. On verra à l'issue des deux ans si les patrons vont jouer le jeu et ne pas licencier pour reprendre des gens derrière avec le même dispositif". (Déclaration, lundi 16 janvier)

L'organisation patronale CroissancePlus (entreprises innovantes) et la Confédération générales des petites et moyennes entreprises (CGPME) ont salué la mise en place d'un nouveau contrat de travail pour les jeunes.
Pour CroissancePlus, la création du contrat première embauche permet une "double avancée" en contribuant à "lutter contre le chômage endémique qui touche les jeunes" et à "adapter le Code du travail aux règles économiques qui gouvernent les entreprises".
Cette initiative "devrait encourager les chefs d'entreprise à donner leur chance aux jeunes (...) c'est un pas en avant en faveur de la relance des créations nettes d'emplois en France", a estimé Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'association, cité dans le communiqué.
De son côté Jean-François Roubaud, président de la CGPME, s'est félicité de voir le gouvernement "privilégier la relance de l'emploi plutôt que l'assistance". "Faire du premier emploi en faveur des jeunes une nécessité absolue, c'est vraiment ce que nous souhaitons nous aussi", a-t-il déclaré.
Mais cette proposition "nécessite des clarifications pour ne pas risquer d'introduire une complexité supplémentaire dans les dispositifs destinés à favoriser l'emploi des jeunes", a souligné la CGPME dans un communiqué. (lundi 16 janvier)

Chez les politiques


Dominique de Villepin, Premier ministre : "Je leur réponds que (...) la précarité, c'est ce que nous connaissons depuis 25 ans (...) Avant de manifester, de contester, de critiquer, informons-nous !". "Pas de bataille idéologique ! La situation est trop grave, l'enjeu des jeunes trop important pour l'avenir de notre pays pour que nous nous contentions de faire comme avant". "Il peut y avoir des malentendus, des préoccupations, des amalgames. C'est le rôle du gouvernement de ne jamais cesser d'expliquer", a reconnu Villepin, mais, voulant "être jugé aux résultats", il "croit très sincèrement que nos compatriotes comprennent" sa démarche. "Comparons cette période de deux ans" de période d'essai incluse dans le CPE "à la situation de galère d'aujourd'hui, où les jeunes mettent entre 8 et 11 ans avant de pouvoir véritablement avoir un emploi stable".
(Déclarations, vendredi 20 janvier)

Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi : Interrogé sur un éventuel retrait du CPE, face à la mobilisation des syndicats et des organisations de jeunes, le ministre a répondu : "non, je crois qu'il y a la volonté absolue du gouvernement d'avancer, d'écouter ce que nous dirons les parlementaires et de proposer aux jeunes de sortir de la galère". "Si c'est reculer pour retomber dans la situation antérieure, ce serait faire preuve d'un manque de courage, et le sens des responsabilités nous amène à essayer de répondre aussi bien aux problèmes des jeunes qu'à ceux des seniors". Il a défendu la décision du Premier ministre d'avancer de quinze jours, au 31 janvier, l'examen par l'Assemblée nationale du texte concernant le CPE, par la volonté de "ne pas tronçonner l'examen du texte entre commission et débat au Parlement". "Ce qui m'inquiète, c'est la situation des jeunes face à l'emploi, avec un taux de chômage qui depuis vingt ans est toujours deux fois plus élevé que le taux de chômage moyen", "depuis des années, les jeunes entrent en galérant dans le travail".
"Il faut le dire, 70% des jeunes entrent dans le travail par le CDD ou l'intérim", dit-il, "il faut des années pour consolider la stabilité dans l'emploi, on est dans une situation extrêmement dégradée pour les jeunes".
Il s'est défendu de renforcer la précarité de l'emploi pour les jeunes : "c'est l'inverse, la pire des précarités, c'est le chômage, c'est de ne pas pouvoir accéder au logement". (RTL, mardi 24 janvier)

Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement : "Il faut inviter les jeunes à prendre leur calculette et à voir la réalité d'aujourd'hui par rapport à ce qu'on propose (...) Dominique de Villepin propose des stages validés qui soient obligatoirement rémunérés, un contrat première embauche dans lequel il est prévu, au-delà de la période probatoire de deux ans, un CDI, rémunéré comme n'importe quel contrat de travail, en aucun cas en-dessous du droit commun". Il a récusé l'idée que le CPE serait source de "précarité". "La précarité, a affirmé le ministre du Budget, c'est celui qui est au chômage ou au RMI - et il n'y a pas d'accès au RMI pour mes moins de 26 ans -, c'est d'être dans un CDD".
"C'est cela la précarité et c'est l'inverse que nous proposons", a-t-il dit. (Europe 1, mardi 24 janvier)

Jean-François Lamour, ministre de la Jeunesse et des Sports, a dénoncé la "pétition spectacle" du député socialiste Jack Lang, qui a lancé un appel intitulé "SOS jeunesse en danger". "C'est un spectacle navrant qui témoigne que la tentation d'instrumentaliser la jeunesse à des fins individuelles et partisanes reste ancrée dans sa culture politique". "On ne sortira pas les jeunes de la précarité en prenant l'initiative d'une pétition spectacle à la mode de M. Lang". Selon lui, "les déclarations de M. Lang cherchent à masquer son absence totale de propositions". Pour le ministre, "les mesures proposées par le gouvernement poursuivent toutes le même objectif: sortir les jeunes de la précarité, leur permettre d'accéder à l'emploi". (Communiqué, mardi 24 janvier)

Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale : Le "dispositif n'a que des avantages par rapport à la situation que (les jeunes) connaissent et qui est insupportable".
"C'est un contrat à durée indéterminée alors qu'aujourd'hui les jeunes restent au chômage pendant des années interminables", "un jeune sur quatre est au chômage" et "40 %" quand ils sont "sans qualification". "Leur offrir un contrat à durée indéterminée, alors que la moyenne aujourd'hui, ce sont pour eux des CDD d'un mois, avec des droits, des avantages, un vrai salaire, c'est une avancée incontestable". "Il faut faire confiance" au gouvernement. "Ce que l'opposition est en train de vouloir avancer sans aucune contre-proposition, ça, c'est coupable. On n'a pas le droit de mentir à la jeunesse". (Assemblée nationale, mercredi 25 janvier)
"La gauche crée une polémique, crée une désinformation" et "elle ment à la jeunesse de France car elle n'a rien fait de durable". "Les dispositions que le gouvernement Jospin avait prises en ce domaine étaient des dispositions précaires, qui ne pouvaient, ni ne donnaient accès ou droit au chômage ou à la formation". Pour lui, le gouvernement Villepin, au contraire, "a décidé de s'engager pleinement et dans l'urgence dans le noyau le plus douloureux du chômage, le chômage des jeunes".
"Ce qui serait coupable, ce serait de ne rien faire", a-t-il ajouté. Les mesures nouvelles visent "à s'attaquer à cette trappe à précarité dans laquelle se trouvent les jeunes pendant un temps devenu insupportable". "C'est une avancée incontestable", a-t-il dit, stigmatisant les "mensonges d'une gauche passéiste qui n'a proposé que la précarité". "Le calendrier n'a pas été accéléré, il a été centré sur ce texte de telle façon qu'en séance il y ait tout le temps nécessaire pour le débat". (Point presse, mardi 24 janvier)

Jacques Le Guen, député UMP-Finistère : "Nous n'avons pas de temps à perdre dans des discussions stériles". L'inscription du projet de loi a été avancée "pour éviter qu'il soit tronçonné par les vacances parlementaires" (couloirs de l'Assemblée, mardi 24 janvier).

Guy Geoffroy, député UMP-Seine-et-Marne : "Le vrai problème est la crédibilité de l'action publique. C'est une question qui ne peut pas attendre. La priorité, c'est d'apporter des réponses et de les mettre en oeuvre rapidement".(couloirs de l'Assemblée nationale, mardi 24 janvier)

Jacques Myard, député UMP-Yvelines, souverainiste : "Dominique de Villepin a raison d'aller vite.
Le pragmatisme est une priorité contre les idéologies". (couloirs de l'Assemblée nationale, mardi 24 janvier)

Patrick Ollier, président UMP de la commission des Affaires économiques: C'est une "mesure courageuse et efficace". "L'indemnité obligatoire pour les stages de plus de trois mois est aussi de nature à lutter contre la précarité". (Communiqué, lundi 16 janvier)

Jean-Michel Dubernard, président UMP de la commission des Affaires culturelles et sociales: "Avec le lancement du contrat première embauche, le gouvernement a obéi à une double conviction: le combat pour le plein emploi suppose une stratégie à la fois globale et ciblée. Il faut en finir avec l'exception française qui veut que, dans l'hexagone, plus qu'ailleurs en Europe, les jeunes sont placés de façon quasi systématique au bout de la file d'attente des demandeurs d'emplois". (Communiqué, lundi 16 janvier)

Valérie Pécresse et Luc Chatel, porte-parole de l'UMP: "Nous nous félicitons de l'initiative du Premier ministre de mener la bataille pour l'emploi des jeunes. C'est une offensive prioritaire" car "redonner le moral aux Français c'est d'abord redonner confiance aux jeunes.
Les propositions présentées par Dominique de Villepin ont été élaborées à la suite de plusieurs entretiens avec le président de l'UMP Nicolas Sarkozy.
C'est une solution gagant-gagnant : il y a plus de souplesse pour les entreprises, plus de protection pour les jeunes, avec des droits au chômage, à la formation, qui n'existaient pas auparavant.
280.000 contrats de nouvelle embauche (CNE) ont été réalisés après cinq mois de mise en oeuvre, c'est un bon résultat mais comme nous avons le taux de chômage le plus élevé d'Europe chez les jeunes, il était nécessaire de passer à la vitesse supérieure dans le domaine des jeunes". (Déclaration, lundi 16 janvier)

Josselin de Rohan, président du groupe UMP au Sénat : "Le réforme globale du contrat de travail, la réforme du financement de la Sécurité sociale, celle du régime des heures supplémentaires, démontrent que le Premier ministre et le gouvernement entendent mener une action durable et approfondie, pour permettre à la France de concilier la nécessaire sécurisation des salariés avec la recherche de la compétitivité et le renforcement de notre économie." (Communiqué, lundi 16 janvier)

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine et président du groupe UMP au Conseil régional d'Ile-de-France : la création du contrat de première embauche "va permettre de sortir du cycle infernal chômage/précarité qui touche de très nombreux jeunes en Ile-de-France.
La perspective d'entrer directement en CDI dans le monde du travail est un vrai progrès par rapport à la situation actuelle" (Communiqué, lundi 16 janvier)

Nicolas Dupont-Aignan, député UMP de l'Essonne et président du club Debout la République : "L'intention du gouvernement de favoriser l'emploi des jeunes est louable, mais le contenu des mesures annoncées relève une fois de plus de l'accompagnement du chômage des jeunes, qui plus est dans le sens de la précarisation, plutôt que de son traitement" (Communiqué, lundi 16 janvier)
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Dimanche 29 janvier 2006
Le ministre de l'Emploi affirme que Contrat première embauche "sera plus avantageux" que les stages ou les contrats à durée déterminée.

  Le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo (Sipa)
Le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo  

L e ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a jugé dimanche 29 janvier que le Contrat première embauche (CPE), contesté par les syndicats et des organisations étudiantes, "sera plus avantageux" que les stages ou les contrats à durée déterminée (CDD).
"J'ai une fille de 23 ans, actuellement en stage. On ne lui propose que ça ou des CDD. Le CPE sera plus avantageux", a déclaré Jean-Louis Borloo dans un entretien au Journal du Dimanche.
Destiné aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés, le CPE est un contrat à durée indéterminée comprenant une période d'essai de deux ans au cours de laquelle le salarié peut être licencié sans motif.
"C'est un CDI souple qui ouvre des droits à la formation", selon le ministre qui estime qu'en cas de rupture anticipée "le CPE propose des indemnités et la possibilité d'être couvert par l'assurance-chômage".
Le CPE doit être examiné mardi à l'Assemblée.

"Bon sens"

"Je souhaite que le bon sens l'emporte", a-t-il ajouté, interrogé sur la contestation qui s'organise (syndicats et organisations de jeunesse ont prévu de se mobiliser ensemble le 7 février).


Avant la publication des chiffres du chômage mardi, Jean-Louis Borloo a rappelé que "nous sommes sur une tendance à la baisse durable, même si nous ne sommes jamais à l'abri d'un mois difficile".
La baisse du chômage n'est pas due selon lui aux radiations des listes de l'ANPE: "C'est totalement faux! (...) Je le répète, il y a beaucoup plus de créations d'emplois aujourd'hui que les statistiques ne l'indiquent, notamment dans les services à la personne et les très petites entreprises".
"Le CDI généralisé, nous le souhaitons pour tous et les partenaires sociaux sont ouverts au dialogue. Mais les situations professionnelles sont variées et nous devons renforcer dans le même temps les formations en alternance pour ceux qui recherchent un poste", a-t-il souligné.

source: www.nouvelobs.fr 

 

 

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Samedi 28 janvier 2006
 PARIS - Dominique de Villepin a décidé samedi d'accentuer la mobilisation de l'Etat face à l'épidémie de chikungunya quifrappe l'île de la Réunion et a dépêché sur place le ministre de la Santé, Xavier Bertrand.

Le Premier ministre, qui a convoqué samedi à Matignon les ministres de la Santé et de l'Outre-Mer, "a décidé d'accentuer lamobilisation des moyens de l'Etat, dans le cadre d'une stratégie globale de lutte contre l'épidémie". Il a demandé à Xavier Bertrand de serendre à la Réunion "d'ici lundi".

Matignon précise dans un communiqué que, "sans délai, 400 militaires supplémentaires seront mis à disposition de la lutteanti-moustique" à la Réunion et que "plusieurs dizaines de professionnels de santé avec des matériels nouveaux renforceront égalementla capacité de prise en charge des malades, notamment dans les hôpitaux".

Dès le retour de Xavier Bertrand, dont la date n'est pas précisée, Dominique de Villepin "réunira les ministres concernés pour arrêterun plan global et interministériel dans les domaines de la prise en charge des malades, de la démoustication et de la recherche dans lesîles de la Réunion et de Mayotte".

L'épidémie qui frappe l'île de la Réunion depuis mars 2005 aurait déjà touché plus de 22.000 personnes.

Xavier Bertrand a indiqué à l'issue de la réunion de Matignon qu'environ 5.000 nouveaux cas par semaine étaient actuellementenregistrés.

"LE VIRUS DE L'HOMME COURBÉ"

"Nous sommes aujourd'hui face à un tout nouveau pic dans l'épidémie (...) Il peut y avoir encore une accélération de l'épidémie. Noussommes particulièrement mobilisés face à l'évolution de la situation à Mayotte, où de premiers cas ont été observés", a-t-il précisé.

Le ministre de la Santé a mis aussi l'accent sur l'intensification des moyens de recherche pour "identifier le meilleur traitement".

Le chikungunya, ou "virus de l'homme courbé", n'est pas mortel, mais il n'existe ni vaccin ni traitement préventif médicamenteux.

La maladie, transmise par les piqûres de moustiques, se traduit par une forte fièvre, des éruptions cutanées, des courbatures dans lesarticulations, souvent celles des doigts et des genoux, obligeant le malade à se déplacer courbé. Les médecins spécialistesrecommandent le repos et la prise d'anti-inflammatoires.

Trois membres de la Sécurité civile avaient été envoyés vendredi à la Réunion pour une mission d'évaluation des moyens à déployerpour endiguer l'épidémie, qui a provoqué un report de la rentrée des lycées et collèges pour pouvoir démoustiquer les établissements.

François Baroin a fait savoir jeudi dernier lors des questions du gouvernement au Sénat, que "plus de 1.500 personnes sontactuellement sur le terrain pour engager la démoustication" à la Réunion.

source: www.liberation.fr

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Samedi 28 janvier 2006

Pour une fois, ils sont d'accord. Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy partagent une stratégie commune : isoler François Bayrou et en parler le moins possible. Alors que le président de l'UDF réunit ses militants en congrès samedi 28 et dimanche 29 janvier à Lyon, pour trancher la question de l'indépendance de l'UDF et de son positionnement ni de droite ni de gauche, les deux rivaux de l'UMP gardent un silence obstiné sur la stratégie du probable candidat centriste à l'élection présidentielle de 2007.

A ce jour, le président de l'UMP n'a jamais parlé de son homologue de l'UDF. L'y encourage-t-on, qu'il fait de la main droite le geste de lâcher un objet sans valeur. "On n'en parle pas", dit-il. Il n'hésite pas, à chacune de ses interventions, à rappeler que l'UMP est "le parti de la droite et du centre", comme si tous les centristes avaient rejoint l'UMP lors de sa création, en mai 2002. Le premier ministre préfère l'ironie. Interpellé fin juillet sur la fronde du centriste à propos de la vente des sociétés d'autoroute, M. Villepin avait répondu : "Je rappelle à l'intention de François Bayrou le numéro du standard de Matignon, il peut m'appeler quand il le souhaite." Pour les deux hommes, il s'agit d'éviter tout affrontement direct qui pourrait donner du crédit au positionnement du président de l'UDF et renforcer son image de "martyr" de l'UMP.

Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy ne se désintéressent pas pour autant du sort de l'UDF et de ses élus. Le premier a pointé que tous n'avaient pas suivi le mot d'ordre donné par M. Bayrou de voter contre le budget 2006. Le second, engagé dans son aventure présidentielle, sait qu'il aura besoin d'un apport de voix de l'UDF entre les deux tours. Aussi prend-il soin de ménager les élus centristes du conseil général des Hauts-de-Seine, qu'il préside.

"CONGRÈS SPECTACLE"

M. de Villepin, lui, peut compter sur une carte supplémentaire : il possède, en la personne de Gilles de Robien, ministre de l'éducation nationale, la preuve que l'UDF n'est pas tout entière rangée derrière la stratégie de son président. Certes, M. de Robien est minoritaire chez les adhérents du parti qui, dimanche, prendront fait et cause pour M. Bayrou. Mais, par sa seule présence, il incarne une alternative.

Ancien directeur de campagne de François Bayrou en 2002, M. de Robien veut ancrer le parti centriste dans la majorité. Après avoir demandé un vote des militants pour vider cette querelle, il refuse à présent ce qu'il appelle "un congrès spectacle" qu'il sait perdu d'avance pour ses thèses. Son espoir : contraindre, par son absence, son adversaire à un triomphe sans gloire et récupérer ce qui restera de l'UDF lorsque M. Bayrou l'aura, comme il le suppose, "conduit dans une impasse". "Je ne pourrais pas rester inerte devant cette tentative d'éloigner l'UDF de la majorité", confie-t-il, ajoutant : "Il faut que l'opinion publique sache qu'à l'UDF il y a des gens loyaux."

En promouvant autant qu'il le peut le seul ministre UDF, M. de Villepin fait en sorte de crédibiliser cette alternative. Il lui semble qu'elle rencontre des sympathies dans l'électorat centriste, réputé moins "bayrouiste" que les militants. Quant à l'UMP, elle ne voit pas d'un mauvais oeil l'opposition à M. Bayrou. M. de Robien sera "sans doute convié", dit l'entourage de M. Sarkozy, à la convention sur l'école de l'UMP prévue fin février.

M. de Robien pense avoir "créé un débat qui rassure les militants" et permet aux plus modérés d'entre eux de "rester dans la famille". Un sondage BVA pour L'Express du 26 janvier (réalisé du 19 au 21 janvier auprès d'un échantillon représentatif de 1 085 personnes), révèle que seuls 4 % des sondés sont prêts "à voter Bayrou", soit moins que son score en 2002 (6,84 %). Conclusion du ministre : "La stratégie de Bayrou est perdante."

source: www.lemonde.fr

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Samedi 28 janvier 2006

Invité à un colloque sur l'Europe, le Premier ministre, lyrique, use de citations à la pelle.

Le «poète» est de retour. Invité à Salzbourg (Autriche) pour participer à un colloque sur la crise européenne, Dominique de Villepin a ressorti sa verve des grands jours et a appelé à la rescousse ses plumes favorites. Un vrai festival. Après l'inévitable référence à Mozart, dont la patrie fêtait vendreri le 250e anniversaire de la naissance, il a truffé son propos sur l'Europe de citations évoquant le «continent kidnappé» cher à Milan Kundera ou la patrie selon Musil. Dans la foulée, il a convoqué Hermann Broch, Thomas Bernhard, Elfriede Jelinek, le peintre Klimt, Erasme, George Steiner, Elias Canetti, Stefan Zweig et même Sigmund Freud.

Petit aperçu du discours : «Jorge Semprun m'a souvent parlé de l'importance qu'avait eue pour lui la découverte d'une conférence de Husserl intitulée "La philosophie ou la crise de l'humanité européenne".» Et pour bien montrer qu'il en a sous la crinière, il a fini par ces mots : «Chacun sait que Schubert ne termina pas sa huitième symphonie, que Mozart mourut sans écrire les dernières notes de son Requiem et que Bach ferma les yeux sur les dernières notes d'une fugue sans fin. L'inachèvement n'est pas un échec.» Applaudissements. L'organisateur de la rencontre, qui l'avait présenté comme «celui qui envisage d'être élu président de la République en 2007», n'a pas été déçu.

Au passage, Villepin a quand même trouvé le temps de souhaiter en «revenir aux fondamentaux de l'Europe» après l'échec du référendum. Faisant le constat que l'UE est confrontée à une «crise profonde», il a souligné les risques de l'élargissement. «Aucun corps politique ne peut se construire dans un mouvement d'expansion rapide et continue aux limites incertaines, a-t-il expliqué. Aucun projet politique ne peut vivre sans frontières.» Et de regretter la rapidité de l'élargissement à 25 : «Ma conviction, c'est que nous n'avons peut-être pas suffisamment compris les conséquences de ces choix politiques majeurs [...] Nous devons reconnaître que cet élargissement n'a pas été suffisamment préparé sur le plan politique et économique alors même que nos entreprises et les salariés de nos pays faisaient face à de graves difficultés.»

Après le lyrisme, place à... Madonna. Car, dans l'avion du retour, Dominique de Villepin a tenu à confier qu'il trouve la star, en minishort et bas résille dans son dernier clip, «très en forme pour son âge»... Il a fait part de ses goûts musicaux : Marc Lavoine, Zazie, Renaud, Raphaël, et même Mylène Farmer qu'il jure écouter de temps à autre. Cet auditeur de RFM s'est ainsi présenté en grand amateur de «musique contemporaine» (sic). Pas question pour le «poète» de Matignon de laisser à Sarkozy le monopole de la culture grand public...

source: www.liberation.fr

par rezeid publié dans : Europe
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Vendredi 27 janvier 2006

Loin de Paris, Dominique de Villepin, fait entendre sa différence avec Jacques Chirac sur l'élargissement de l'Union européenne. Venu participer à une conférence sur l'avenir et la crise d'identité de l'Europe, Jeudi et vendredi 27 janvier à Salzbourg, le premier ministre français a mis en garde contre "une fuite en avant". "l'idée d'une fuite en avant alors même que nous sommes confrontés à des difficultés sur le plan institutionnel me paraît dangereuse", a-t-il dit jeudi soir lors d'une conférence de presse avec le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, dont le pays est l'un des plus opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Union.

M. de Villepin a affirmé que la "priorité est à l'approfondissement de l'UE". "L'Europe n'a pas vocation à s'élargir indéfiniment", a-t-il souligné. Le lendemain matin, dans son intervention devant la conférence, le premier ministre a enfoncé le clou : "La crise d'identité que nous connaissons tient à la rapidité de l'élargissement". Cette position tranche avec celle de M. Chirac, qui demeure favorable à la perspective de l'adhésion turque, en dépit de l'échec du référendum français du 29 mai sur la Constitution.

Ce positionnement n'est pas sans arrière-pensées franco-françaises. Les négociations d'adhésion avec la Turquie, ouvertes depuis octobre, embarrassent la droite. En dehors de Jacques Chirac, les principaux responsables de l'UMP, à commencer par son président, Nicolas Sarkozy, ne cachent pas leur hostilité. Les dirigeants français considèrent que la question de l'élargissement explique en partie le rejet de la Constitution. Ils craignent que le sujet s'impose de nouveau lors de la campagne de l'élection présidentielle. " Pour se neutraliser, tous les candidats de la droite en 2007 vont adopter le même positionnement" hostile à l'adhésion turque, dit un ministre français, en notant le "durcissement" de M. de Villepin sur le sujet.

Devant la conférence, le premier ministre a toutefois précisé que l'issue des négociations avec la Turquie "doit rester ouverte" jusqu'au bout et il a "souhaité" que les Etats des Balkans rejoignent l'Union. M. de Villepin a énuméré les trois "critères" qui doivent, selon lui, conditionner tout élargissement futur : "la vocation européenne des Etats, le respect d'un certain nombre de valeurs communes et la capacité d'absorption de l'Europe".

Au niveau européen, le gouvernement français veut s'appuyer sur la présidence autrichienne de l'Union pour alimenter le débat sur les "frontières de l'Europe". M. de Villepin sait qu'il peut aussi compter sur une oreille attentive en Allemagne : si elle ne remet pas en cause le processus à ce stade, la chancelière Angela Merkel a toujours plaidé, à l'instar de l'Autriche, pour un "partenariat privilégié" avec la Turquie. En revanche, la Grande-Bretagne milite avec vigueur pour l'entrée d'Ankara dans l'Union.

source: www.lemonde.fr

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Vendredi 27 janvier 2006

"Nous avons avec les institutions de 1958 enfin trouvé une forme de stabilité" répond le Premier ministre au souhait de Nicolas Sarkozy de renforcer la présidence.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a déclaré jeudi 26 janvier que l'"adaptation" des institutions de la Vème République, si elle mérite réflexion, n'est pas aujourd'hui "la priorité".
"Nous avons avec les institutions de 1958 enfin trouvé une forme de stabilité", a dit Dominique de Villepin, qui était interrogé sur les propositions de réformes institutionnelles faites par le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy a proposé lors de ses voeux à la presse le 12 janvier un aménagement de la Constitution prévoyant un président qui "devra davantage engager sa responsabilité", un Premier ministre seulement chargé de "coordonner" l'action du gouvernement et un Parlement renforcé dans ses prérogatives.

"La pratique évolue"

"Que les institutions aient besoin d'être adaptées, cela fait partie des réflexions qu'il faut faire, et je crois qu'il est important, en permanence de se soucier de ces adaptations", a ajouté le chef du gouvernement lors de sa conférence de presse mensuelle.
"Je ne crois pas qu'aujourd'hui, ce soit en tout cas la priorité de l'action qui est la mienne, la priorité de l'action gouvernementale", a-t-il ajouté.


"La pratique institutionnelle est au moins aussi importante que les textes, et cette pratique elle évolue", a-t-il dit, soulignant que "le quinquennat fait évoluer ces pratiques".
"Je pense que nous aurons sans doute au cours des prochains mois l'occasion de revenir" sur ces questions, a-t-il ajouté.

"Coups imaginaires"

Dominique de Villepin a cependant mis en garde ceux qui voudraient "compter des coups imaginaires" entre lui et Nicolas Sarkozy, car au sein du gouvernement "nous travaillons ensemble dans la même direction".
"S'il y a une chose sur laquelle je ne voudrais jamais être pris en défaut, c'est l'ingratitude vis-à-vis de tous ceux qui dans ce gouvernement se battent pour servir nos compatriotes", a-t-il déclaré. "Alors après, on peut par jeu politicien vouloir compter les points, compter des coups imaginaires. Mais la réalité, c'est que nous travaillons ensemble dans la même direction", a-t-il affirmé. "Un gouvernement, c'est une collégialité".

source: www.nouvelobs.fr

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