PARIS (AP) - L'offre "très inamicale" de Mittal Steel sur Arcelor "est peu satisfaisante dans la forme" et "pose problème sur le fond", a déclaré mardi soir Dominique de Villepin sur France 2. Face au défi lancé par le groupe indien, le Premier ministre a appelé les patrons au "patriotisme économique" pour créer des "champions français" et "européens".
"Cette offre est peu satisfaisante dans la forme. Il s'agit d'une offre très inamicale", a déclaré Dominique de Villepin, dans son premier commentaire public sur l'OPA lancée vendredi dernier par Mittal Steel, No1 mondial de l'acier, sur le groupe européen Arcelor. L'offre a été rejetée par le sidérurgiste européen.
La proposition du groupe indien "pose problème sur le fond puisqu'elle ne s'accompagne, à ma connaissance aujourd'hui, d'aucun projet industriel", a poursuivi le Premier ministre.
Dans cette situation, "chacun doit prendre ses responsabilités", a estimé M. De Villepin. Pour sa part, le gouvernement français est "en liaison" avec ses homologues européens concernés par le dossier pour "se concerter sur la meilleure réaction possible".
Le Premier ministre recevra mercredi matin son homologue luxembourgeois Jean-Claude Juncker. L'Etat luxembourgeois est le premier actionnaire d'Arcelor, né de la fusion en 2002 entre le Français Usinor, l'Espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed. M. Juncker sera ensuite reçu à dejeuner par Jacques CHIRAC.
Plus largement, Dominique de Villepin a réitéré son appel au "patriotisme économique", lancé en juillet dernier au moment des rumeurs de rachat du groupe Danone par l'Américain PepsiCo, pour "créer des grands champions français et des grands champions européens".
"Ce que nous souhaitons, c'est que puisse se dessiner une véritable politique industrielle européenne", a-t-il dit.
"C'est le message que je voudrais que tous les patrons français retiennent: pensez à la structure de votre capital, soyez conscients que votre capital doit être suffisamment bien organisé pour résister à des attaques", a poursuivi le Premier ministre.
"Le patriotisme économique, ce n'est rien de plus que ce que font déjà les Américains, les Chinois, d'autres pays. Alors dotons-nous des mêmes armes", a souligné celui qui "n'admet pas l'impuissance face aux événements". AP
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