Vendredi 16 mars 2007
 Dominique de Villepin, qui soigne sa stature internationale aux Etats-Unis, a plaidé vendredi à Harvard pour l'émergence d'une "véritable gouvernance mondiale", passant notamment selon lui par "un partenariat d'égal à égal" entre les Etats-Unis et l'Europe.Le Premier ministre français, qui a rencontré jeudi à New York le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et l'ex-président américain Bill Clinton, reconverti dans l'aide au développement, était invité à prendre la parole en anglais dans cette prestigieuse université proche de Boston (nord-est), sur le thème "Les Etats-Unis et l'Europe face à un ordre mondial en mutation".

 

Il a ainsi estimé que le règlement collectif des crises au Moyen Orient constituait "une urgence absolue dont dépend l'équilibre mondial". Ces différentes crises -Irak, Iran, Liban, conflit israélo-palestinien- "ont leur logique propre mais elle sont liées". "Nous devons donc les traiter séparément" mais "simultanément".

 

Sur l'Irak, M. de Villepin a ainsi réaffirmé que si la situation est "trop dégradée pour espérer une issue immédiate", il fallait opter au plus vite pour un "calendrier" de retrait des troupes étrangères, qui devrait intervenir, selon lui, "d'ici un an".

 

"C'est la condition pour que les Irakiens sentent que leur avenir est entre leurs mains et s'engagent sur la voie d'un retour à la souveraineté nationale", a-t-il dit.

 

Fixer un calendrier, telle est également à ses yeux une issue possible au conflit israélo-palestinien. M. de Villepin a plaidé pour "un horizon fixe pour la création de l'Etat palestinien", avec une date qui "doit être assez rapprochée".

 

Pour renforcer le multilatéralisme, il s'est aussi déclaré favorable à la création, à terme, d'une "véritable armée" des Nations unies.

 

Celui qui a porté, en 2003 à la tribune de l'ONU, le "non" de la France à l'intervention militaire américaine contre Bagdad, n'a pas manqué d'adresser quelques messages destinés tout spécialement à la Maison Blanche, invitée à "mieux prendre en compte la réalité du monde".

 

"Aucun pays ne peut aujourd'hui imposer seul un nouvel ordre mondial", a-t-il dit, en réclamant la création d'une d'une "véritable gouvernance mondiale".

 

Si les Etats-Unis reste "la première puissance" mondiale, M. de Villepin a affirmé que "la guerre en Irak a brisé l'image de l'Amérique" et "détérioré celle de l'Occident tout entier".

 

Pour autant, à ses yeux, "l'Europe est le seul allié global" de Washington. "Ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous divise. Nous partageons les valeurs fondamentales: la démocratie, les droits de l'Homme, une même conception de la place de l'individu dans la société (...) A nous de construire un partenariat d'égal à égal", a-t-il dit.

 

Conscient d'être devenu il y a quatre ans la bête noire des conservateurs américains, M. de Villepin a lancé: "à titre personnel, je veux vous dire, moi qui ai habité aux Etats-Unis, moi qui aime votre pays, que l'Amérique reste un rêve pour beaucoup de peuples dans le monde".

 

Après cette visite de deux jours aux Etats-Unis, où il ne sera pas passé par Washington, M. de Villepin devait regagner Paris samedi.
par rezeid publié dans : Divers
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Vendredi 16 mars 2007
Dominique de Villepin a profité d'un passage jeudi soir sur une chaîne de télévision américaine pour confier qu'il n'avait jamais rêvé être président en 2007 et qu'il accepterait bien, après Matignon, "toute mission" dans le règlement des crises internationales par exemple.Invité de l'émission "The Charlie Rose Show", le Premier ministre, en visite aux Etats-Unis, s'est exprimé longuement en anglais sur les questions de politique étrangère avant d'être interrogé sur la situation en France.

 

"Non", a-t-il ainsi répondu au présentateur qui lui demandait s'il aurait voulu être le candidat de l'UMP pour la présidentielle à la place de son ancien rival Nicolas Sarkozy, auquel il s'est finalement rallié lundi après que le président Jacques Chirac a officialisé sa non-candidature à un nouveau mandat.

 

A la question: "vous ne pouvez pas me regarder dans les yeux et dire que vous ne vouliez pas devenir président ?", il a rétorqué: "si". "Quand le président m'a demandé de devenir Premier ministre" en mai 2005, "je savais qu'il y a une règle non écrite" en politique: "quand vous devenez Premier ministre (...) vous n'êtes pas en position d'être candidat à la présidentielle. Je le savais".

 

"Si vous voulez briguer" l'Elysée, "n'allez pas à Matignon", a-t-il ajouté.

 

"J'ai voulu prouver qu'un gouvernement pouvait se sacrifier pour servir les Français durant cette période très difficile. Et c'est pour moi une réussite de voir que quelqu'un de mon parti, de mon gouvernement (NDLR M. Sarkozy), est en position de remporter l'élection grâce au bon travail que nous avons fait", a affirmé M. de Villepin, en jurant n'éprouver aucune amertume.

 

Se définissant comme un Premier ministre qui a gouverné "sans calcul" ni "plan de carrière", il a dit: "bien sûr, si j'étais un homme politique qui réfléchit à ce qui va se passer à l'étape suivante, j'aurais beaucoup de maux de tête aujourd'hui et je serais dans une situation très difficile. Mais ce n'est pas le cas".

 

Interrogé sur la percée de François Bayrou dans les sondages, il a estimé que "tous les scénarios sont possibles aujourd'hui" sur les deux candidats qui s'affronteront au second tour.

 

Invité à dire s'il jugeait probable la qualification du candidat UDF au détriment de Ségolène Royal, il a dit: "c'est trop tôt dans la campagne (pour le dire) (...) Mais rien ne doit être exclu et je pense qu'il est très important d'être capable d'expliquer aux Français quels sont les différents scénarios".

 

M. de Villepin, qui a adopté ces derniers temps la devise "ailleurs et autrement" pour évoquer son avenir et qui ne semble toujours pas vouloir briguer de mandat électif, a également dit être prêt à accepter "toute mission importante" qui serait conforme "à ses valeurs".

 

"J'ai toujours été un homme de combat, de mission, d'action (...) Toute mission importante, toute bonne mission, toute action qui pourrait être vraiment conforme à mes valeurs, je crois que cela m'intéressait", a-t-il ajouté en précisant que "bien sûr", il allait se remettre à écrire des livres et de la poésie.

 

Devant quelques journalistes, il a aussi confié qu'il avait "des idées assez claires" sur ce qu'il comptait faire après la présidentielle et qu'il ne pensait pas "être voué à prendre de longues vacances".

 

"S'il y a des crises" dans le monde "et qu'on peut aider à y faire face", pourquoi pas dans le cadre de l'ONU, "je serai naturellement toujours prêt", a ajouté M. de Villepin car il a été "formé à la gestion de crise".
par rezeid publié dans : Divers
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Dominique de Villepin :

"Le Soleil noir de la puissance"

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