Lundi 31 juillet 2006
Un emploi pour tous : Dominique de Villepin a choisi, lundi 31 juillet, le quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines) pour marteler son credo et préparer les esprits à de nouvelles initiatives gouvernementales dès la fin du mois d'août, moins de cinq mois après l'échec du CPE. "La clé de l'égalité des chances, c'est l'emploi" a-t-il affirmé, à l'occasion de sa conférence de presse mensuelle qu'il a voulu "décentralisée" dans un quartier particulièrement touché par le chômage.

 

C'est d'ailleurs la troisième fois en une semaine que le premier ministre se rend dans un quartier "difficile", après le quartier de la Madeleine à Evreux (Eure), mardi 25, et Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), jeudi 27 juillet. Une manière aussi de marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy, son ministre de l'intérieur, devenu persona non grata dans les quartiers.

Fort des relatifs bons chiffres du chômage (9 % de la population active), le premier ministre veut aussi en profiter pour reprendre la voie de la réforme là où il l'avait abandonnée : la lutte contre le chômage des jeunes qui s'établit à 21,7 %. Même s'il dit avoir compris "la leçon" de la crise du contrat première embauche (CPE), il persiste à penser que "(son) diagnostic" était le bon.

OBJECTIF AMBITIEUX

Dans un mois, il devrait donc annoncer une série de mesures, notamment à destination des jeunes en difficulté, pour parvenir à l'objectif, révélé jeudi, de moins de deux millions de chômeurs au début 2007.

Pour associer l'ensemble de son gouvernement à cet objectif ambitieux (qui suppose un doublement du rythme mensuel de baisse du chômage), M. de Villepin avait convié les ministres chargés de la politique économique et sociale.

D'abord Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi et de la cohésion sociale, qui a eu l'occasion de s'expliquer à deux reprises, vendredi et lundi matin au cours du petit-déjeuner, avec le premier ministre qui avait "oublié" de l'associer, jeudi, aux bons chiffres du chômage. Les deux hommes sont-ils réconciliés ? Ils vont devoir en tout cas élaborer ensemble, au cours du mois d'août, le nouveau volet du plan emploi. Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale, et Azouz Begag, ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances ont également été conviés à Mantes, avant que l'ensemble du gouvernement ne se retrouve lundi soir pour un séminaire sur l'emploi.

A Mantes-la-Jolie, comme à Garges-lès-Gonesse et Evreux, l'actualité internationale s'est invitée dans le déplacement du premier ministre et dans les interpellations des habitants. Lundi, M. de Villepin devait revenir longuement, au cours de sa conférence de presse, sur la situation au Liban et sur la proposition française de résolution aux Nations unies, avec notamment le préalable d'un cessez-le-feu. Après une nuit de négociations au sein du Conseil de sécurité, M. de Villepin avait reçu mandat de Jacques Chirac de faire de la pédagogie sur la position française.

Conseil sur l'emploi: Chirac demande d'amplifier "le rythme de l'action"

Jacques Chirac, qui a présidé lundi un conseil restreint sur l'emploi avec plusieurs ministres, a demandé au gouvernement d'"amplifier le rythme de l'action et de tout mettre en oeuvre pour poursuivre et accélérer la baisse du chômage", selon un communiqué de l'Elysée.

 

Ce conseil réunissait, outre le Premier ministre Dominique de Villepin, les ministres Jean-Louis Borloo (Emploi), Gérard Larcher (Travail), Thierry Breton (Economie), Renaud Dutreil (PME), Jean-François Copé (Budget), Gilles de Robien (Education) et Philippe Bas (Sécurité sociale).

"Le président de la République a demandé au gouvernement d'amplifier encore le rythme de l'action et de tout mettre en oeuvre pour poursuivre et accélérer la baisse du chômage", selon un communiqué de l'Elysée.

"Il a demandé que de nouvelles mesures efficaces pour doper les créations d'emploi soient étudiées au cours de l'été", ajoute le communiqué, en précisant qu'"un nouveau conseil restreint aura lieu avant la rentrée pour arrêter les décisions nécessaires".

Au cours de cette réunion de travail, le chef de l'Etat et le gouvernement ont fait le point sur "les actions qui jouent à plein dans la baisse du chômage", dont les contrats du plan de cohésion sociale, le contrat nouvelle embauche, l'apprentissage et l'alternance, l'accompagnement des demandeurs d'emploi, la convention de reclassement personnalisé, le plan pour les services à la personne et la politique de création d'entreprise, selon l'Elysée.

M. de Villepin a rappelé lundi, lors de sa conférence de presse mensuelle, que l'objectif du gouvernement était de passer sous la barre des deux millions de chômeurs au premier trimestre 2007. "Le président de la République nous a fixé un cap: permettre au pays d'atteindre un taux de chômage de 8% d'ici l'été 2007", a-t-il souligné.

par rezeid publié dans : Divers
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Lundi 31 juillet 2006

Pour sa dernière conférence de presse mensuelle avant la trêve estivale, le premier ministre a estimé lundi que la trêve de 48 heures des bombardements israéliens était « un premier pas, mais un pas insuffisant ». Quant à la situation nationale, il l’a martelé : « Aucune pause n’est possible » dans l’action gouvernementale.

 
Alors que Philippe Douste-Blazy, le chef de la diplomatie française, se trouve actuellement au Liban, Dominique de Villepin a consacré la première moitié de sa conférence de presse mensuelle à la situation au Proche-Orient. Pour le premier ministre, le bombardement israélien sur la ville libanaise de Cana, qui a fait plus de 50 victimes civiles dimanche, constitue « un acte injustifiable ».
 
« La radicalisation du conflit et l’engrenage de la violence » appellent à « une réponse rapide » de la communauté internationale, a poursuivi le locataire de Matignon. Il a également rappelé les grandes étapes pour un règlement politique du conflit : « la cessation immédiate des hostilités, un accord entre les partis et le déploiement d’une force internationale ».
 
La France a présenté hier un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Le premier ministre, qui s’est réjoui « de constater le très large consensus pour participer à une solution diplomatique à la crise », souhaite que la résolution soit adoptée « le plus vite possible ». Interrogé sur le faible nombre de pays ayant déclaré vouloir participer à une force internationale au Liban, Dominique de Villepin a dit ne pas être inquiet : « Une fois les conditions réunies et une mission claire établie, de nombreux pays participeront», assure-t-il.
 
 
Dominique de Villepin a par ailleurs précisé que le gouvernement restait mobilisé pour s’occuper au mieux des ressortissants français, et a salué le travail des militaires français et des associations qui travaillent « dans des condition difficiles ».
 
 
« Que chaque Français bénéficie des résultats obtenus »
 
 
Pour cette treizième conférence de presse mensuelle depuis son arrivée à Matignon, Dominique de Villepin avait choisi le quartier du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie. Dans cette cité des Yvelines, le premier ministre voit « un vrai laboratoire, un terrain d’expérimentation et des choses qui marchent ».
 
 
Entouré des ministres Jean-Louis Borloo (Emploi), Thierry Breton (Economie), Azouz Begag (Egalité des chances) et Catherine Vautrin (Cohésion sociale et parité), Dominique de Villepin a détaillé les domaines « où le gouvernement doit continuer à marquer des points » : l’emploi, l’égalité des chances et l’éducation. Objectif : que « chaque Français puisse constater des améliorations dans sa vie quotidienne». « Car, a-t-il insisté, trop de Français ont encore le sentiment que rien ne change concrètement pour eux, que leur situation ne s'améliore pas».
 
 
Dominique de Villepin entend donc poursuivre les efforts dans la lutte contre le chômage, félicitant au passage l’action de Jean-Louis Borloo. Et de répondre aux attaques de la gauche sur les derniers chiffres de l’emploi : « La baisse du chômage, n’est pas un hasard de calendrier. Faire croire cela, c’est irresponsable et c’est refuser de reconnaître les efforts accompli par nos citoyens », a dénoncé le premier ministre.
 
Avec l’approbation de Thierry Breton, qui juge l’objectif « atteignable », Dominique de Villepin a fixé le cap du « premier trimestre 2007 » pour voir le taux de chômage passer « sous la barre des 2 millions ».
 
 
Pour cela, le gouvernement va « prendre de nouvelles mesures, surtout concernant les jeunes les moins qualifiés ». « Il en va de notre pacte national », a martelé le premier ministre, précisant : « L’emploi, c’est la première marche pour rétablir l’égalité des chances ». Cédant le micro à Azouz Begag, Dominique de Villepin a laissé son ministre délégué à la Promotion de l’Egalité des chances se féliciter que « 600 entreprises aient signé la charte de la Diversité ».
 
 
Dans la « fourchette haute » de la croissance au deuxième trimestre
 
 
Le ministre de l’Economie, Thierry Breton, est également intervenu, et a souligné que « la croissance du deuxième trimestre va être bonne ». « Oui nous sommes clairement inscrit dans la fourchette 2-2.5%, et même dans la partie haute », a-t-il déclaré, précisant que les chiffres seraient rendus publics que 11 août. Thierry Breton s’est également félicité de la « très bonne entente » entre Jean-Louis Borloo, un ministre « par nature dépensier » et lui-même, « par nature économe ».
 
 
Dominique de Villepin a lui aussi balayé toute tension avec son ministre de l’Emploi, expliquant qu’il n’y avait pas de « guerre» pour annoncer le premier les chiffres de l’Emploi. Tout va bien avec Nicolas Sarkozy aussi : les deux hommes devaient déjeuner ensemble lundi midi. Pour le locataire de Matignon, il n’y a qu’un seul cap qui vaille pour son gouvernement : 2007. Dans cette optique, souligne-t-il, « aucune pause n’est possible ».
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Lundi 31 juillet 2006
Le Premier ministre veut que "chaque Français puisse constater" des "améliorations" au quotidien.

  Dominique de Villepin (Assemblée nationale)
Dominique de Villepin (Assemblée nationale)
 
D ominique de Villepin veut "garder le rythme". Lors de sa dernière conférence de presse mensuelle avant la trêve estivale, le Premier ministre a prévenu lundi 31 juillet qu'il n'entendait accorder "aucune pause" à l'action gouvernementale. Avec un objectif: faire gagner la droite en 2007.
C'est au stade nautique de Mantes-la-Jolie (Yvelines), dans le quartier sensible du Val fourré, que le chef du gouvernement, accompagné de ses ministres Jean-Louis Borloo (Emploi), Thierry Breton (Economie), Azouz Begag (Promotion de l'égalité des chances) et Catherine Vautrin (Cohésion sociale) avait décidé de délocaliser sa traditionnelle conférence de presse. Auparavant, il avait visité les locaux de l'Agora, qui organise des cours d'été pour les enfants défavorisés, puis avait inspecté les activités estivales qui leur sont offertes au stade nautique.
Dominique de Villepin, qui a réalisé pas moins de six déplacements ces deux dernières semaines, entend visiblement privilégier la proximité avec les Français, alors qu'il est au plus bas dans les sondages. "J'ai voulu cet été vérifier sur le terrain que les mesures que nous avons prises s'appliquent et qu'elles marchent", a-t-il expliqué.

La continuité au programme"

S'il n'a pas annoncé lundi de mesures nouvelles, il a martelé sa volonté de continuité dans l'action gouvernementale, prenant ainsi l'exact contre-pied de la "rupture" prônée par son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Seul un travail de tous les jours nous permettra de trouver les solutions et d'apporter des résultats".
"Il est indispensable de garder le rythme de notre action au cours des mois à venir", a-t-il déclaré. Car "l'enjeu, c'est que la société française puisse aborder sereinement les échéances politiques de 2007" et "que nous ayons commencé à apporter des réponses suffisamment convaincantes aux Français pour éviter tout risque de surenchère ou d'extrémisme".
Dès lors, "le gouvernement poursuivra avec détermination son action tout au long des prochains mois pour que la situation s'améliore partout", a assuré Dominique de Villepin.
Le chef du gouvernement devait réunir en fin d'après-midi l'ensemble de ses ministres en séminaire gouvernemental à Matignon pour leur fixer leur feuille de route pour la rentrée.
"Mon objectif dans les prochains mois, c'est que chaque Français puisse constater des améliorations de la vie quotidienne", a-t-il résumé. Car "je sais que trop de Français ont encore le sentiment que rien ne change concrètement pour eux, que leur situation ne s'améliore pas".

"La baisse du chômage n'est pas un hasard"

Lors de ce séminaire, Dominique de Villepin entend se donner trois priorités en particulier: l'emploi, les PME et "l'égalité des chances". Concernant l'emploi, "je veux que nous puissions dès la rentrée prochaine renforcer les mesures existantes".
"La baisse du chômage, ce n'est pas un hasard de calendrier", a-t-il souligné au passage. "Elle ne résulte pas de l'évolution démographique comme certains le prétendent", mais "d'une politique pragmatique et volontariste".
"Il faut maintenant que cette baisse s'amplifie", a-t-il ajouté, en se fixant pour objectif de "passer sous la barre des deux millions de chômeurs au premier trimestre 2007". Après l'échec du contrat première embauche (CPE), "le problème du chômage des jeunes les moins qualifiés reste entier", a constaté Dominique de Villepin.
"Lorsque le taux de chômage des jeunes d'un quartier atteint 30 ou 40%, j'estime que les promesses de la République ne sont pas tenues".
Dominique de Villepin a par ailleurs insisté sur la bonne ambiance qui existerait selon lui au sein du gouvernement, précisant que, après avoir petit-déjeuné avec Jean-Louis Borloo, avec lequel il se dit "totalement en phase", il devait déjeuner avec Nicolas Sarkozy.
"Chacun est dans son rôle quand il défend le meilleur des projets possibles", et ce "sans perdre de vue l'ambition qui est la nôtre, qui est de faire triompher nos idées", a-t-il dit, en balayant les "petits jeux consistants à vouloir tirer la couverture à soi". Car "l'esprit, c'est bien de gagner en 2007", a-t-il lancé.

par rezeid publié dans : Divers
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Dimanche 30 juillet 2006
Recul du chômage, consommation vigoureuse, moral des ménages en hausse, inflation sous contrôle: les principaux indicateurs économiques publiés en juillet pour la France ont donné au gouvernement des motifs de se réjouir, mais les économistes préfèrent rester prudents.

Au fur et à mesure qu'ils sont tombés, les chiffres de l'Insee pour l'économie française ont surpris les économistes.

Le taux de chômage selon le Bureau International du Travail
 
D'abord, la production industrielle a fait un bond en mai (+2%), un résultats "meilleur qu'attendu" selon le ministre délégué à l'Industrie François Loos, qui a rappelé que le niveau atteint était le plus haut depuis 2000.

L'inflation a été nulle en juin, ramenant à 1,9% le niveau de la hausse des prix à la consommation sur un an. Là encore, c'est mieux que ce qu'attendaient les économistes.

Le déficit commercial, qui avait été l'un des points noirs de l'économie française tout au long de 2005, a été ramené en mai à 1,797 milliard d'euros. Pas de quoi pavoiser mais un résultat tout de même meilleur qu'en avril (-2 milliards) et qui a réjoui la ministre déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde. "On progresse plus vite que le commerce mondial, ce qui veut dire qu'on est en situation de gain de parts de marchés", a-t-elle estimé.

La liste des bonnes nouvelles n'est pas terminée. Le moral des industriels a rebondi en juillet alors que les économistes s'attendaient à une stagnation. Celui des ménages s'est amélioré lui aussi, ce qui n'est guère surprenant au vu de leur appétit de dépenses: la consommation des ménages en produits manufacturés a bondi de 1,7% en juin, alors que les économistes tablaient en moyenne sur une progression de 0,4%.

Enfin, le chômage a reculé de 1,17% en juin, ce qui porte son taux à 9%, du jamais vu depuis avril 2002.

L'annonce est intervenue au moment même où, à la Bourse de Paris, le CAC 40 (Paris: actualité) franchissait brièvement la barre des 5.000 points pour la première fois depuis fin mai grâce à une avalanche de résultats meilleurs que prévu.

Dans ces circonstances, on comprend que le gouvernement ne boude pas son plaisir. Le Premier ministre Dominique de Villepin, annonçant lui-même jeudi le recul du chômage, s'est fixé comme objectif de passer sous la barre des 2 millions de chômeurs d'ici début 2007.

Le ministre de l'Economie Thierry Breton lui aussi se frotte les mains, d'autant que les rentrées fiscales ont été confortables au premier semestre. Maintenant sa prévision de croissance dans une fourchette de 2 à 2,5% cette année, il soulignait il y a quelques jours que "l'économie française est très bien repartie" et qu'on est "sur une très bonne tendance".

C'est cependant sur ce point que les économistes sont plus sceptiques, en invoquant des phénomènes conjoncturels comme la Coupe du monde de football, même si une croissance à 2% ou un peu plus leur paraît plausible.

Pour Marc Touati (Natexis Banques populaires), l'euphorie de la consommation, principal moteur de la croissance française, pourrait ne pas durer, d'autant que le moral des ménage, même s'il s'améliore, reste "historiquement bas".

Pour Nicolas Bouzou (Xerfi), il ne faut pas oublier non plus que "l'économie française souffre essentiellement de pertes de compétitivité à l'exportation et d'un déficit d'investissement, deux problèmes qui ne seront pas réglés par un regain de confiance lié à un heureux événement sportif et à la multiplication d'emplois subventionnés".

par rezeid publié dans : Divers
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Dimanche 30 juillet 2006

En septembre, l'Assemblée nationale examinera un projet de loi relatif au secteur de l'énergie. Nous savons déjà que cette discussion va se transformer en course de lenteur. En effet, deux présidents de groupe de l'opposition ont annoncé leur intention de déposer plusieurs dizaines de milliers d'amendements pour bloquer le débat.

Cette stratégie délibérée d'obstruction n'est ni sans précédent ni le monopole de l'actuelle opposition. Elle me conduit cependant à m'interroger sur le fonctionnement du Parlement.

Compte tenu de l'idée que je me fais du rôle essentiel de l'Assemblée nationale dans notre démocratie, je voudrais exprimer mon inquiétude devant une évolution qui m'apparaît comme une dérive. Le Parlement s'enlise dans des discussions législatives dont l'objet n'est plus de "voter la loi", comme la Constitution lui en donne la responsabilité, mais bien davantage de permettre l'expression d'une opposition systématique ou la défense d'intérêts particuliers.

Je ne suis certes pas le seul à faire le constat d'une dérive du fonctionnement de l'institution parlementaire, d'autant plus frappante que la plupart des grandes démocraties connaissent des discussions législatives plus ordonnées. A la veille d'échéances électorales majeures, chacun s'accorde à dénoncer la situation et à formuler diverses propositions. Mais l'analyse qui en est faite comme les remèdes envisagés ne me semblent guère pertinents.

Au dire de certains, en effet, notre Constitution serait inadaptée, à bout de souffle, et la France connaîtrait une crise de régime ! Pour renforcer le Parlement, il faudrait donc réduire les prérogatives de l'exécutif : le gouvernement n'aurait plus la maîtrise de l'ordre du jour des assemblées, son pouvoir de prendre des ordonnances ou de mettre en oeuvre la procédure d'urgence serait plus strictement encadré, il ne disposerait plus de la possibilité de recourir au vote bloqué ou à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution... Il est vrai que l'usage de cette dernière procédure a été perverti puisqu'elle est désormais utilisée en réponse à l'obstruction menée par l'opposition, ce qui n'était pas sa finalité.

L'expérience des IIIe et IVe Républiques devrait cependant nous avoir appris qu'un gouvernement faible n'est nullement le gage d'un Parlement fort. Bien au contraire ! C'est alors même qu'elle provoquait l'instabilité ministérielle, empêchant ainsi le gouvernement de conduire la politique de la nation, que l'Assemblée nationale se montrait incapable de voter la loi. Elle se trouvait donc dans l'obligation de déléguer son pouvoir législatif au gouvernement. Ceux qui dénoncent aujourd'hui le recours aux ordonnances, qui reste une procédure de caractère exceptionnel, oublient que, sous la IIIe et la IVe République, les réformes importantes ne pouvaient être conduites qu'au travers des décrets-lois.

C'est de ce profond déséquilibre institutionnel que la Constitution de 1958 et le système majoritaire qui en est issu nous ont sortis. Désormais nous en sommes revenus à un fonctionnement normal de la démocratie : les électeurs choisissent, au travers d'élections libres et régulières, la majorité présidentielle et parlementaire qu'ils désirent investir de leur confiance ; le gouvernement, nommé par le président de la République, détient les moyens d'accomplir la mission que lui assigne la Constitution qui est de déterminer et conduire la politique de la nation, sous l'arbitrage du chef de l'Etat.

Quant à l'opposition, qui pourrait contester qu'elle dispose, non seulement dans le cadre parlementaire mais également au travers des médias, du pouvoir de faire connaître sa position sur la politique conduite de même que les alternatives qu'elle propose ? Faut-il donc admettre que, dans chaque discussion législative, elle puisse, en outre, retarder le vote des lois aussi longtemps que sa détermination le lui permet ? Le droit de s'opposer doit-il être assimilé à un droit de paralyser le fonctionnement de l'Assemblée, d'empêcher la majorité de voter la loi, le gouvernement de gouverner au travers des lois nécessaires à la conduite de sa politique ? Existe-t-il un principe de valeur constitutionnelle qui autorise un groupe minoritaire à défendre 50 000 amendements pendant les cinq minutes prévues par le règlement, ce qui représenterait plus de 4 000 heures de débat quand l'Assemblée siège en moyenne 1 000 heures par an ? !!!

On me dira que jamais l'opposition ne "tient" 4 000 heures et que son seul objectif, lorsqu'elle adopte ce type de stratégie, est de marquer symboliquement son hostilité radicale au projet qui vient en discussion. Mais je voudrais répondre à cette objection en évoquant la nature dérisoire des débats qui se déroulent dans le cadre des procédures d'obstruction, dont j'ai trop souvent été témoin pour avoir présidé de très nombreuses heures des débats de ce type. Les arguties juridiques - rappels au règlement, demandes de suspension de séance - et les prises de parole purement dilatoires l'emportent sur les discussions de fond. L'essentiel n'est plus d'exposer un point de vue mais d'occuper le temps et de faire traîner le débat. Lorsque l'objectif est atteint, le délai initialement prévu par le gouvernement dépassé, les amendements ne sont plus défendus et défilent à des rythmes record de 100 à 200 à l'heure.

Quelques mots également des discussions "ordinaires", qui ne relèvent pas de la catégorie des débats d'obstruction : sous l'influence des groupes de pression et compte tenu de l'augmentation des moyens matériels et humains dont disposent les groupes politiques et chaque député, l'inflation du nombre d'amendements les affecte également. Ceux-ci émanent - il faut le reconnaître - de la majorité comme de l'opposition. Pour une discussion programmée sur une semaine, le nombre de 500 amendements est devenu habituel et celui de 1 000 n'est plus exceptionnel. On imagine aisément que la discussion de chaque amendement ne peut guère être approfondie.

Est-ce vraiment la meilleure manière de voter la loi ? Peut-on, dans ces conditions, s'étonner que celle-ci soit souvent imparfaite ? Je voudrais seulement donner deux chiffres qui témoignent de la dégradation de la qualité du débat parlementaire : au début de la Ve République, l'Assemblée nationale examinait à peu près 1 000 amendements par an ; elle en examine aujourd'hui 20 000. Or, la durée annuelle des débats, qui s'établit aux alentours de 1 000 heures, n'a guère évolué. Cela démontre que l'examen de chaque amendement est 20 fois moins approfondi aujourd'hui. A l'évidence, le nombre nuit à la qualité.

Pour remédier à cette situation, j'avais proposé un système qui aurait permis à chaque groupe de disposer d'un temps de parole global. Cette réforme a suscité de fortes réserves de certains car elle aurait contraint les présidents de groupe à faire des arbitrages qu'ils jugeaient trop délicats. Des doutes ont même été émis sur la constitutionnalité du dispositif proposé, au motif que le droit d'amendement serait imprescriptible, comme si l'exercice d'un droit devait être confondu avec son abus. En définitive, la réforme envisagée n'a pu aboutir.

Aujourd'hui, face à la menace de paralysie de l'institution parlementaire, nous devons assumer nos responsabilités individuelles et collectives. Je tiens à souligner que l'appel que je lance, à cet égard, ne s'adresse pas aux seuls députés de l'opposition. Je crois, en effet, qu'il est nécessaire pour le bon fonctionnement de la démocratie, que la minorité parlementaire dispose de droits reconnus, en un mot d'un statut. Je pense avoir contribué à en tracer une première esquisse, notamment au travers de l'attribution systématique de fonctions de responsabilité dans les différentes instances chargées du contrôle de l'action gouvernementale, telles que les missions d'information ou les commissions d'enquête.

Cependant, l'opposition ne peut prétendre bloquer l'activité législative et paralyser ainsi la politique du gouvernement et de la majorité sans mettre en cause l'essence même de la démocratie et du système parlementaire.

Jean-Louis Debré est le président de l'Assemblée nationale

par rezeid publié dans : Divers
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Dimanche 30 juillet 2006
La semaine politique risque de se limiter à deux jours: lundi, choisi par Dominique de Villepin pour sa conférence de presse mensuelle, et mardi, date de l'ultime conseil des ministres avant la coupure de l'été.Pour sa treizième conférence de presse depuis son arrivée à Matignon, le Premier ministre sera au stade nautique de Mantes-la-Jolie, au coeur du Val-Fourré, dans les Yvelines, quartier qui symbolise, pour beaucoup, la quintessence du malaise des banlieues: urbanisme brutal, problèmes sociaux.

 

Emploi et égalité des chances devraient d'ailleurs être les principaux thèmes abordés par M. de Villepin, entouré de ses ministres "sociaux-économiques".

 

C'est à Mantes-la-Jolie que s'était déroulé un épisode mémorable de la campagne de 2002: une visite mouvementée du candidat Chirac, en direction duquel avait été lancé un crachat.

 

M. de Villepin poursuit dans cette cité de la grande couronne une tournée des "quartiers chauds" qui l'a vu aller à Evreux et Garges-les-Gonesse (Val-d'Oise).

 

Ces visites sont aussi l'occasion pour le Premier ministre de rencontrer des responsables proches de lui. En l'occurrence, cette fois, Pierre Bédier, ex-maire (UMP) et président du Conseil général des Yvelines, après notamment Jean-Louis Debré à Evreux ou Jacques Le Guen dans le Finistère.

 

Enfin, cette conférence décentralisée - la seconde après celle organisée à Chartres le 1er juin - peut être pour le Premier ministre une façon de se démarquer de son ministre de l'Intérieur et rival potentiel pour l'Elysée, Nicolas Sarkozy, sur les dossiers de la sécurité et la cohésion sociale.

 

M. de Villepin a encore à son menu un séminaire gouvernemental lundi en fin d'après-midi.

 

Mardi, il retrouve son gouvernement autour de Jacques Chirac à l'Elysée pour un conseil des ministres avancé d'un jour, afin de permettre un départ en vacances un peu plus tôt.

 

La situation au Liban y tiendra sans doute une place majeure, avec notamment une communication du chef de la diplomatie, Philippe-Douste-Blazy.

 

Ce sera ensuite la dispersion estivale: Jacques Chirac pour le dernier été de son mandat dans la villégiature présidentielle de Brégançon, Villepin à Dinard, Nicolas Sarkozy sur le bassin d'Arcachon...

 

De même, les présidentiables socialistes rejoignent leurs sites préférés pour prendre des forces avant une rentrée en surmultiplié (session extraordinaire sur l'épineux projet de fusion Suez-GDF, campagnes internes aux partis...): Mougins pour Ségolène Royal et François Hollande, l'Ariège pour Laurent Fabius, Marrakech pour Dominique Strauss-Kahn, le Luberon pour Jack Lang, l'île de Ré pour Lionel Jospin....

 

Les prochains rendez-vous politiques sont - sauf imprévu - programmés fin août.

 

Le PS cependant restera fidèle à ses points de presse hebdomadaires du lundi. L'UMP suspend les siens pour trois semaines, même si ses "caravanes" continuent de sillonner la France des plages.
par rezeid publié dans : dominiquedevillepin
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Dimanche 30 juillet 2006

Après un raid aérien meurtrier sur le village de Cana, le premier ministre libanais exclut toute négociation et refuse de rencontrer Condoleezza Rice. Cette dernière estime que le temps du cessez-le feu est venu.

 
Un cran encore au-dessus. L’aube a été rouge pour les habitants du petit village libanais de Cana, à quelques kilomètres de Tyr. Au petit matin, un raid israélien a rasé une bonne partie de ses immeubles. Un raid au bilan meurtrier très lourd, puisqu’au moins 51 personnes sont mortes, dont 22 enfants et 9 femmes, selon un premier bilan officiel, qui s’alourdit au gré de la découverte des décombres. Le pilonnage a duré deux heures, pour ce qui est l'attaque la plus meurtrière menée par Israël depuis le début de son offensive contre la milice chiite du Hezbollah.
 
«Le Hezbollah utilise le village de Cana comme base de tirs de roquettes. C'est lui qui est responsable si le secteur est devenu une zone de combats», a déclaré le capitaine Jacob Dalal. «A Cana, nous avons attaqué des sites d'où sont tirées des roquettes vers Nahariya et vers l'ouest de la Galilée», a-t-il indiqué. Selon lui,l'armée avait averti «depuis plusieurs jours» les habitants qu'ils devaient quitter la zone. «La plupart l'ont fait».
 
Il y a dix ans au même endroit, des bombardements israéliens avaient tué une centaine de personnes qui s'étaient réfugiées dans une base de la force de maintien de la paix de l'Onu, dans le cadre de l'offensive militaire dite des «Raisins de la colère». Les condamnations internationales alors unanimes de ce drame avaient contraint Israël à stopper l'opération.
 
Siniora suspend les négociations, Rice estime que le temps du cessez-le-feu est venu
 
Dès les premiers bilans des bombardements de Cana communiqués, vers 10h, le premier ministre Fouad Siniora est intervenu à la télévision pour annoncer que son gouvernement suspendait toutes discussions. «En cette triste matinée, il n'y a pas de place pour des discussions sans un cessez-le-feu immédiat et sans conditions et une enquête internationale sur les massacres israéliens en cours au Liban», s’est-il exclamé. Et de décider l’annulation de la visite de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, prévue en fin de journée.
 
Cette dernière s'est déclaré «profondément attristée» par les bombardements de Cana et a estimé que «le temps du cessez-le-feu est venu» entre Israël et le Hezbollah libanais. C'est la première fois que les Etats-Unis adopte cette position.
 
Ehoud Olmert ne partage pas le point de vue de son alliée américaine. Dimanche matin, il a considéré qu’«Israël n'est pas pressé de parvenir à un cessez-le-feu avant que nous n'arrivions au point où nous pourrons dire que nous avons atteint les principaux objectifs que nous nous sommes fixés». A la sortie de la réunion hebdomadaire de son gouvernement, le premier ministre israélien a répété que le village libanais de Cana servait de refuge aux combattants du Hezbollah.
 
Israël exprime «ses regrets» mais continuent les bombardements, la «Maison de l'Onu» attaquée à Beyrouth
 
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a toutefois exprimé «ses regrets pour la mort de civils innocents. Nous ne voulons pas voir des civils être pris dans la guerre entre Israël et le Hezbollah». Dans le même temps, le correspondant sur place de l'agence de presse AFP annonçait la reprise des bombardements autour de Cana, vers 10h, alors que les secours continuaient les évacuations.
 
A Beyrouth, de nombreux manifestants sont descendus dans les rues et ont attaqué la «Maison de l'Onu», siège de l'organisation internationale. Ils ont jeté des pierres sur la façade en verre et brisé les portes de verre de l'entrée centrale du bâtiment, situé dans le centre-ville de Beyrouth, qui abrite toutes les agences de l'Onu, en fustigeant la politique des Etats-Unis et la «barbarie» d'Israël. Les manifestants ont pénétré dans le hall du bâtiment et ont mis le feu à des drapeaux de l'ONU. «Ô Dieu, garde-nous Nasrallah», scandaient-ils en hommage au secrétaire général du Hezbollah chiite, Hassan Nasrallah. Le personnel s'est réfugié dans les sous-sol de l'immeuble.
 
Chirac condamne une «action injustifiable», le Foreign Office qualifie le bombardement de «révoltant»
 
A 11h, Jacques Chirac a fait parvenir un communiqué sans équivoque : «Le président de la République a pris connaissance avec consternation de l'acte de violence qui a coûté la vie à de nombreuses victimes innocentes, notamment des femmes et des enfants à Kana cette nuit. La France condamme cette action injustifiable qui montre plus que jamais la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu immédiat sans lequel d'autres drames ne peuvent que se répéter».
 
La secrétaire au Foreign Office britannique, Margaret Beckett, a qualifié la frappe aérienne israélienne «plutôt révoltante». «C'est absolument terrible», a-t-elle déclaré à la chaîne de télévision Sky News. «Nous avons à plusieurs reprises demandé à Israël d'agir de manière proportionnée», a-t-elle ajouté, en évitant toutefois de qualifier la frappe israélienne de «disproportionnée».
 
Le roi Abdallah de Jordanie, premier à réagir dans le monde arabe, parle de son côté d'un «crime odieux, une violation flagrante de tous les règlements internationaux».
par rezeid publié dans : Divers
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