Mardi 22 août 2006

Près de 940 000 offres déposées à l'ANPE au 2e trimestre

Près de 940 000 offres d'emploi ont été déposées à l'ANPE au deuxième trimestre, dont plus de 400 000 pour des postes de plus de six mois, selon le baromètre des recrutements publié par l'Agence.

Au total, les entreprises ont confié 938.360 recrutements à l'Agence nationale pour l'emploi entre avril et juin, soit une augmentation de 11.000 offres par rapport à la même période de 2005, précise l'ANPE dans un communiqué.

Parmi ces offres, 400.275 ont concerné des "emplois durables", c'est-à-dire des postes en contrats déterminés ou indéterminés (CDD et CDI) de plus de six mois, soit une progression de 11,96% par rapport au deuxième trimestre 2005.

Au deuxième trimestre, selon les chiffres de l'Insee, 51.900 postes ont été créés dans le secteur marchand.

Le président du Conseil d'orientation pour l'emploi, Raymond Soubie, a estimé sur BFM que cette accélération de l'emploi salarié "éclaire les causes de la réduction du taux de chômage", redescendu à 9% en juin.

Il est cependant resté prudent. "On est dans une phase de reprise des créations d'emplois, mais il faut attendre plusieurs trimestres pour savoir quel en sera le rythme réel", a-t-il dit.

Selon le baromètre de l'ANPE, les contrats à durée indéterminée ont représenté 69,1% des offres d'emplois durables proposées au deuxième trimestre, soit une augmentation de 6,49% sur un an.

A l'inverse, les recrutements pour une période inférieure à un mois étaient en recul de 16,6%.

L'ANPE a en outre noté une augmentation des offres d'emplois qualifiés.

Les emplois qualifiés (cadres, agents de maîtrise et techniciens) ont augmenté de 3% au deuxième trimestre. Les agents de maîtrise ont connu la plus forte progression avec une hausse de 16,3% de ce type d'offres sur un an.

En revanche, les offres d'emploi de manoeuvres et d'ouvriers spécialisés ont baissé.

Au deuxième trimestre, selon l'ANPE, la distribution et la vente ainsi que les services à la personne ont été les "secteurs phares".

"Comme au premier trimestre 2006, les secteurs qui ont proposé le plus d'opportunités d'emplois sont la distribution et la vente, avec plus de 117.645 offres, les services aux particuliers et aux collectivités (agents d'entretien, aides aux personnes âgées...) avec 106.251 offres", écrit l'Agence.

Le secteur des services administratifs et commerciaux arrive en troisième position avec 104.039 offres.

Les régions qui ont connu les plus fortes hausses d'offres d'emploi sont le Poitou-Charentes (+13,4%), le Nord-Pas-de-Calais (+11,2%) et le Languedoc-Roussillon (+10,8%).

La Corse et le Limousin ont aussi enregistré de fortes évolutions mais avec des volumes d'offres plus faibles (respectivement +14,5% et +10,8%).

Accélération confirmée pour la croissance française au 2e trimestre

L'Insee a confirmé mardi que la croissance française avait connu un spectaculaire rebond au deuxième trimestre 2006, progressant de 1,1%, du jamais vu depuis fin 2000, une performance qui rend de plus en plus crédible une croissance de 2,5% cette année.

La première estimation de l'Insee, le 11 août, avait fait l'effet d'un coup de tonnerre en annonçant une fourchette de progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,1% à 1,2% au deuxième trimestre, alors que les économistes tablaient plus modestement sur 0,6% à 0,7%.

La deuxième estimation, publiée mardi, confirme la bonne performance réalisée par l'économie française au printemps, même si c'est le bas de la fourchette qui a été retenu.

Quant à l'acquis de croissance sur l'ensemble de l'année, c'est-à-dire le niveau de progression que le PIB est assuré d'atteindre en cas de croissance nulle pour le restant de l'année, il est désormais de 1,9%, ce qui permet à la plupart des économistes de considérer un taux de croissance de 2,5% pour 2006 comme "tout à fait réaliste".

Dès la publication de la première estimation de l'Insee le 11 août, le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, avait salué des chiffres "tout à fait exceptionnels", soulignant qu'une telle progression trimestrielle ne s'était vue que trois fois en 20 ans.

L'Insee explique cette fois-ci plus en détails cette accélération. Le fait majeur est le rebond des investissements des entreprises (+1,8%), qui ont également reconstitué leurs stocks, ce qui contribue positivement à la croissance du deuxième trimestre à hauteur de 0,8 point (-0,7 point au premier trimestre).

"C’est important car ça signifie que les entrepreneurs ont pris acte de l’affermissement de la conjoncture (sous l’effet notamment de la vigoureuse reprise allemande) et se sont départies, au moins provisoirement, de leur posture attentiste", explique Alexander Law, de la société d'analyses sectorielles Xerfi.

Sans surprise, la consommation des ménages, même si elle progresse moins qu'au premier trimestre (+0,7% contre +0,9%), reste une composante essentielle de la croissance, à laquelle elle contribue à hauteur de 0,4 point.

Le commerce extérieur, en revanche, a pesé sur la croissance (-0,5 point) pour cause de ralentissement des exportations et de progression des importations. Cet élément conduit, parmi d'autres, les conjoncturistes à mettre un bémol à leur enthousiasme.

"Alors que la conjoncture tant intérieure qu’extérieure est particulièrement porteuse, l’économie française n’en tire toujours qu’un parti limité en raison de ses difficultés structurelles d’offre", déplore Mathieu Kaiser (BNP Paribas).

Quant à Alexandre Bourgeois (Natexis Banques populaire), il estime que les bons résultats actuels de l'économie française ne font "que corriger la déception de l’an dernier" avec une croissance de 1,2%. Pour lui, la France, loin d'afficher des performances extraordinaires, "se situe plutôt dans la moyenne des pays européens", toujours "bien loin de la croissance américaine (3,5 % sur la période)".

La troisième et dernière publication de l'Insee concernant les chiffres de la croissance au 2e trimestre est attendue le 29 septembre.

par rezeid publié dans : Divers
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Mardi 22 août 2006

Une étude menée par le Financial Times révèle que les salariés européens sont favorables à plus de flexibilité dans leur temps de travail.

 
A LA QUESTION : « Un gouvernement est-il habilité à limiter le nombre d'heures travaillées par un employé ? », les Allemands et, plus inattendu, les Français sont plus de la moitié à répondre « non ». Voilà de quoi faire taire, temporairement du moins, quelques-uns de nos voisins européens qui, depuis l'avènement des 35 heures, n'en finissent pas de se moquer de « ces Français fainéants »...
 
Selon un sondage réalisé par le Financial Times auprès de cinq pays européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie et Espagne) publié hier, il ressort qu'une nette majorité des Européens souhaiteraient pouvoir travailler autant et aussi longtemps qu'ils le souhaitent. Ainsi, 62 % des salariés allemands et 52 % des français sont opposés à ce que l'État contrôle le nombre d'heures passées au travail. Mieux : trois quarts des Français se disent prêts à faire des « heures sup » pour gagner... plus. Les Espagnols sont l'exception qui confirme la règle puisque 72 % d'entre eux sont favorables à ce que l'État décide de leur temps de travail.
 
Inquiétudes sur la retraiteFait plus étonnant, ils sont moins de 40 % en France, contre largement plus dans les autres pays européens, à s'inquiéter du fait que leur employeur change, voire réduise le montant de leur retraite d'ici à leur départ. En dépit de la réduction du temps de travail, le taux de chômage en France et en Allemagne ces dernières années s'est établi à plus du double de celui de la Grande-Bretagne, oscillant autour de 5 %. On se souvient d'ailleurs que, voilà un an, lorsque le président Chirac avait déclaré que, selon lui, le modèle britannique n'était « ni à envier ni à copier » les Britanniques, piqués au vif, avaient rétorqué que les Français, au regard de leurs piètres performances, feraient mieux, au contraire, « de suivre leur exemple ». Des Britanniques qui, à 72 %, souhaiteraient pouvoir travailler au-delà de l'âge de la retraite, contre 67 % d'Italiens et 56 % d'Allemands.
 
Discutable ou pas, ce sondage apporte en tout cas de l'eau au moulin de ceux qui, plus nombreux, prônent plus de flexibilité.
par rezeid publié dans : Sondages
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Mardi 22 août 2006

Plutôt que des mesures révolutionnaires, le gouvernement travaille à des mesures ciblées sur l'emploi, les PME et le pouvoir d'achat.

 
C'EST LA RENTRÉE dans les cabinets ministériels. L'occasion, pour chacun, de peaufiner les dernières propositions économiques qui seront soumises aux arbitrages du premier ministre, Dominique de Villepin, dans les prochains jours. Rien n'est encore décidé en détail. Mais les grandes lignes sont déjà arrêtées. « On ne change pas une politique qui commence à faire ses preuves, en matière de croissance et d'emploi », résume-t-on de Bercy à Matignon. L'insee devrait confirmer ce matin que la croissance française du deuxième trimestre s'est exactement établie aux alentour de 1,15%, grâce notamment à une reprise de l'investissement et du commerce extrieur.
 
Les mesures fiscales du budget 2007 seront fixées en début de semaine prochaine. « Elles respecteront les engagements pris par le premier ministre lors de la Conférence nationale sur les finances publiques de janvier », assure-t-on à Matignon. Fin juillet, le ministre délégué au Budget Jean-François Copé avait indiqué que le coût total des nouvelles mesures fiscales inscrites dans le budget 2007 serait de 300 à 400 millions. Actuellement, Bercy plancherait sur un scénario central de 500 millions. De quoi financer la suppression totale des droits de succession à la charge du contribuable poussée par le ministre du Budget mais qui ne suscite pas un grand enthousiasme à Matignon.
 
En matière d'emploi, il ne faut pas s'attendre non plus à un « big bang ». Pour Matignon, « la philosophie est de continuer à traiter le problème tel qu'il se présente : chaque chômeur est dans une situation particulière, il faut lui apporter une réponse adaptée ».
 
Concrètement, cela signifie renforcer les dispositifs existants, en particulier ceux destinés à la réinsertion des jeunes en difficulté ou des habitants des zones urbaines sensibles (ZUS). En s'appuyant toujours plus sur les contrats aidés.
 
Autre axe de mesures en faveur de l'emploi : le renforcement des aides à la création d'entreprise par les chômeurs. Tous les ministères concernés s'accordent à vouloir améliorer, voire simplifier, les dispositifs existants. Ces plans participent plus largement de la volonté du gouvernement de développer le tissu des PME. Le ministre des PME, Renaud Dutreil, devrait occuper le terrain. Le projet de loi de finances définira notamment une sorte de « bouclier fiscal » pour les entreprises en forte croissance posant les principes d'un gel de l'IS et d'un étalement dans le temps du versement des charges sociales pour les PME répondant à des critères précis : avoir enregistré au cours des dernières années une hausse significative de la masse salariale, entre 15 et 20 %.
 
Dernier volet de la politique économique : le soutien au pouvoir d'achat. Il s'agira d'un thème majeur de la campagne électorale. En particulier, « le gouvernement réfléchit à la manière d'aider ceux qui utilisent les transports pour se rendre sur leur lieu de travail », annonçait le ministre de l'Économie Thierry Breton dans nos colonnes le 17 août. Le gouvernement envisagerait la mise en place d'un « chèque transport ». Objectif : compenser la hausse du prix des carburants à la charge des salariés. Un projet toutefois difficile à mettre en place techniquement. Le gouvernement pourrait aussi opter pour une seule mesure visible : un nouvel effort sur la prime pour l'emploi. Ce scénario coûteux divise les ministres.
par rezeid publié dans : Gouvernement
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