Samedi 16 septembre 2006

À la veille de l'interview de Jacques Chirac, lundi sur Europe 1, la tension monte entre le numéro un et le numéro deux du gouvernement.

 
L'ARMISTICE entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy n'aura pas duré longtemps. L'image de rassemblement donnée à Marseille est loin. En quelques jours, on est passés de la paix armée à la drôle de guerre. Entre sarkozystes et villepinistes, les «incidents de frontières» se multiplient. Le premier ministre a pris le contre-pied de toutes les propositions défendues par le président de l'UMP : de la suppression de la carte scolaire à l'instauration d'un service civil obligatoire. De la réforme des droits de succession à celle des régimes spéciaux.
 
En l'espace de deux semaines, les deux hommes n'ont cessé de se répondre par journalistes interposés. À Marseille déjà, Dominique de Villepin avait prévenu : «On ne gagne pas contre quelqu'un, on gagne si on se bat pour la France.»
 
Villepin : «Un chef de parti qui fait des propositions »
 
Quelques jours plus tard, les hostilités ouvrent avec la carte scolaire. Villepin juge la proposition «irréaliste». Puis c'est le tour du service civil obligatoire. «Je ne suis pas certain que cela corresponde aux aspirations des jeunes d'aujourd'hui», dit-il, préférant «sa» solution basée sur le volontariat.
 
Entre-temps, Sarkozy a lui aussi posé quelques banderilles. Des Etats-Unis, il critique le choix par la France d'imposer son veto à l'ONU, et regrette une diplomatie «grandiloquente». De quoi faire bondir Villepin et le camp chiraquien qui dénoncent des «propos scandaleux».
 
Au même moment, le sarkozyste François Fillon choisit de lâcher sa bombe sur les régimes spéciaux. En pleine polémique sur la privatisation de GDF, c'est un «très mauvais coup», s'indignent les partisans de Villepin, qui soupçonnent les amis de Sarkozy de jouer double jeu. De retour à Paris, le numéro deux du gouvernement riposte en soutenant son «ami» Fillon, et en maintenant ses positions sur la carte scolaire et le service civil obligatoire. Et il minore les critiques de Villepin en rappelant que le chef du gouvernement n'avait plus que «sept mois de travail devant lui».
 
Sarkozy : «Il est cassé»
 
Hier, le premier ministre, en marge d'un déplacement dans le Rhône, n'a pas voulu en rajouter : «Chacun est dans son rôle, je ne crois pas qu'il faille opposer les uns aux autres.» Mais il n'a pu s'empêcher de ramener son rival au rang de «chef de parti qui fait des propositions».
 
Les deux hommes ont choisi de continuer la route ensemble, mais leur rivalité semble plus forte que tous les pactes de non-agression signés lors de déjeuners mensuels. Au fond ces deux-là s'exaspèrent. Même si Sarkozy ne considère plus son rival comme un concurrent sérieux : «Il est cassé», confie-t-il.
 
Il n'empêche : le premier ministre inquiète toujours. Les sarkozystes s'interrogent depuis quelques jours sur les intentions de Villepin, dopé par les sondages et les bons résultats du gou vernement : «Veut-il alimenter le débat ou bien faire perdre son camp ?» Pas du tout, dit-on à Matignon : «Sarkozy cherche la bagarre. Le premier ministre ne cédera pas aux provocations. Simplement, il ne laissera pas passer des propositions irréalistes.»Chirac, invité d'Europe 1 lundi matin, se posera-t-il en arbitre ? Ses proches attendaient de sa part un recadrage après les déclarations de Sarkozy sur les relations franco-américaines. Il n'en a rien été. Pourtant, il y a peut-être urgence à envoyer les Casques bleus : entre un Villepin qui malmène le projet et un Sarkozy qui critique le bilan, la majorité prépare la recette pour perdre.
 
par rezeid publié dans : Divers
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Samedi 16 septembre 2006

Dominique de Villepin a défendu vendredi à Oullins (Rhône) l'action de son gouvernement en matière de chômage, attribuant la baisse encourageante de ces derniers mois à sa détermination, son "pragmatisme" et sa volonté de mieux cibler les réponses.

"Depuis plusieurs mois, à chaque fois que les chiffres du chômage sont publiés, j'entends un certain nombre d'explications", a ironisé le Premier ministre lors d'un point-presse dans les bureaux de l'ANPE. "La baisse du chômage serait due au hasard, au mieux à l'évolution de la démographie, au pire à une augmentation des radiations", a-t-il noté avant de réfuter ces arguments.

"Mon objectif, ce ne sont pas les chiffres", a avancé le chef du gouvernement. "Mon objectif, c'est que la situation des Français s'améliore et qu'ils puissent toucher du doigt la baisse du chômage".

Sur la démographie, il a expliqué que la population active continuait d'augmenter. Jusqu'en 2007, sa croissance annuelle "devrait continuer sur le rythme observé en moyenne depuis 1970. Ce n'est qu'alors que ce rythme ralentira", a-t-il affirmé.

Ensuite, entre juillet 2005 et juillet 2006, "les radiations sont restées stables par rapport à la même période de l'année précédente", a-t-il ajouté.

Rappelant son objectif "pour cette législature" de passer sous la barre des deux millions de chômeurs, il s'est engagé à "réduire encore le chômage structurel pour parvenir à un taux de l'ordre de 5 à 6%", créer des parcours professionnels mieux sécurisés, et améliorer la qualité de l'emploi.

"La précarité du travail ne peut pas être le prix à payer pour la baisse du chômage", a-t-il affirmé.

par rezeid publié dans : Divers
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