Dérogations, départs vers le privé, astuces en tous genres, les Parisiens sont des champions de l'évitement de la carte scolaire.
"Ensemble avec Dominique de Villepin"
Dérogations, départs vers le privé, astuces en tous genres, les Parisiens sont des champions de l'évitement de la carte scolaire.
En matière d'éducation, le premier ministre se démarque des prises de position récentes de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.
«Je ne me laisserai pas détourner, et je ne laisserai pas détourner le gouvernement de sa responsabilité, qui est de travailler», confie le chef de l'État au «Figaro».
Gaullien, Sarkozy ? En fait, c’est Chirac qu’il copie
Au fil de ses discours qu’il qualifie de « fondateurs », Nicolas Sarkozy cherche à dessiner son portrait de futur Président. Mais, à chaque fois, au lieu de se préciser, ses traits se brouillent. Comme si, à l’approche de l’élection présidentielle, ses tentatives de correction d’image et sa volonté de séduire des clientèles hétérogènes lui faisaient renoncer une à une aux cartes qui lui ont permis de s’imposer à droite.
Changements de pied
Où est donc passé l’homme de la rupture ? Depuis septembre 2005, Sarkozy s’était installé dans ce rôle. Il voulait en fi nir avec les politiques menées depuis trente ans. En clair, pas seulement avec la gestion des socialistes, mais aussi avec celles de Jacques Chirac et de la droite. Il n’avait pas de mots assez durs pour critiquer le modèle français, synonyme à ses yeux de chômage, d’inégalités et d’endettement.
Oh, certes, le président de l’UMP, qui connaît le poids des mots en politique, persiste et signe. « La rupture est nécessaire », s’est-il écrié dimanche à Marseille. Mais ce n’est plus la même ! Il ne s’agit plus de rompre avec le chiraquisme, mais avec les idées de Mai-68. Difficile de faire plus consensuel dans l’actuelle majorité ! D’ailleurs, Sarkozy condamne l’idéologie libertaire non seulement au nom des valeurs de droite, mais aussi au nom de Jaurès et de Blum, qu’il oppose – c’est un classique du camp conservateur – aux socialistes d’aujourd’hui.
Mais où est donc passé le champion du libéralisme, l’opposant intransigeant à Chirac et à Villepin qui incarnent, à ses yeux, un centralisme étatique d’un autre âge ? La soudaineté de son virage à Agen, le 22 juin, a déconcerté ses propres amis. Le voilà qui attaque la politique menée par la Banque centrale européenne et critique le dogme de la dépense publique. Apparemment converti aux idées de Keynes, il va même jusqu’à dire, comme certains à gauche, que « ce n’est pas le défi cit qui crée le chômage, mais le chômage qui creuse le déficit », et donc que « la dette publique doit être remboursée par la croissance et non par la diminution du pouvoir d’achat ». Au grand dam d’Edouard Balladur, qui s’émeut de la résurgence du débat sur « l’autre politique ».
Libéralisme « régulé »
Là encore, Sarkozy affi rme ne pas se contredire. Il est toujours libéral, dit-il, puisqu’il prône la responsabilité individuelle, la réussite par le mérite, la concurrence, l’allègement de la fi scalité des entreprises, une fl exibilité accrue, la réduction du coût du travail, la suppression des droits de succession. Mais son libéralisme n’est plus le même ! Il est « régulé », il s’accommode de l’intervention de l’Etat pour sauver Alstom, pour pousser au rapprochement de Sanofi et d’Aventis, pour imposer une baisse des prix à la grande distribution. Il est devenu « populaire » par opposition au capitalisme « sans règle et sans éthique ».
Pourquoi ces changements de pied qui troublent ses partisans sans rassurer ceux qu’il inquiète ? Première raison : il pense, à juste titre, qu’il est désormais sans rival à droite. Le sondage Ifop dans Le Journal du dimanche le confirme : 45 % des Français souhaitent sa candidature, contre 8 % pour Villepin et 3 % pour Chirac. Il a d’abord cherché à séduire le noyau dur de l’électorat de droite qui souhaite une remise en cause du syndicalisme, de l’étatisme, de la fiscalité. Et à justifi er sa candidature. S’il s’opposait au Président, ce n’était pas par ambition personnelle, suggérait-il, mais pour défendre des idées différentes. Chirac n’avait pas agi autrement avec Balladur en 1995. Il avait fait sien le discours sur la fracture sociale pour s’opposer à son rival.
Seconde raison : Sarkozy sait que les Français, tous les sondages le prouvent, sont réfractaires au libéralisme. Pas question donc de se marginaliser en chaussant les bottes de Madelin. Pour accéder à l’Elysée, il lui faut rassembler les libéraux, les centristes, les européens, les souverainistes et, pourquoi pas, des déçus de la gauche.
Pillage d’idées
C’est pourquoi Sarkozy est passé en quelques mois de la rupture libérale à une sorte de volontarisme gaullien. Un peu à la manière de Chirac en 1995 qui s’appuyait à la fois sur Madelin et Séguin. A Douai, en avril, il lance : « Seul un Etat fort peut accompagner le changement. » En mai, à Nîmes, il évoque « la grandeur de la France éternelle ». A Agen, en juin, il dénonce les patrons voyous et amorce un virage social. A Marseille, le week-end dernier, il tente de se réconcilier avec la jeunesse qui ne lui a pas pardonné le « Kärcher » et la « racaille ». Pour la séduire, il n’hésite pas à puiser dans le projet socialiste : service civique, droit à la formation tout au long de la vie, droit aux jeunes de disposer d’une « autonomie financière »… On croirait entendre Martine Aubry !
Heureusement que, dans son livre Témoignage, Sarkozy se définit comme gaulliste. En fait, il est l’enfant du chiraquisme. Comme Chirac qui lui a tout appris, il est, on l’a vu, d’une étonnante plasticité et pos sède un culot monstre. Comme Chirac, il est capable de surprenants zigzags. Comme Chirac, il change de convictions au gré de ses intérêts électoraux. Comme Chirac, avant même d’avoir conquis le pouvoir, il donne le sentiment de naviguer à vue.
http://challengestempsreel.nouvelobs.com/france/chall_309895.html
Emploi. Pour la première fois depuis 2002, le taux de chômage en France est passé sous 9 %. L’action du gouvernement y contribue en partie. La preuve par les chiffres.
Tout a été parfaitement orchestré. Annonce, le matin du 31 août, d’une nouvelle baisse du nombre de chômeurs en juillet et, dans la foulée, depuis Troyes, lancement par Dominique de Villepin d’un nouveau plan pour l’emploi. Le message, limpide, est relayé par l’ensemble de la majorité : les résultats sont là, mais il reste beaucoup à faire sur le front du chômage. Pas d’autosatisfaction. Sur la scène politique, tous les acteurs du gouvernement sont appelés à jouer, en cette rentrée 2006, la pièce Villepin ou le triomphe modeste . Ainsi, chaque ministre interrogé sur le sujet souligne la permanence de poches de chômage élevé, auxquelles il faut maintenant s’attaquer. Voilà pourquoi l’hôte de Matignon accélère l’embauche de personnes en difficulté par le secteur public, et renforce les actions de « préparation à l’emploi » pour les chômeurs les plus éloignés du monde du travail.
110 000 départs en retraite accélérés
Le premier facteur de baisse du chômage n’a rien à voir avec la politique de l’emploi. Du reste, le ministre Jean-Louis Borloo ne met jamais en avant cette explication, qui n’avait pas été anticipée. « Elle tient à la démographie », souligne Raymond Soubie, président du Conseil d’orientation pour l’emploi. Plus précisément, c’est la réforme des retraites, votée en 2003, qui joue indirectement un rôle majeur dans la baisse du chômage. Pour convaincre la CFDT d’approuver cette réforme, Jean-Pierre Raffarin avait autorisé le départ en retraite, avant l’âge de 60 ans, de salariés ayant commencé à travailler jeunes, à 15 ou 16 ans. Seule condition imposée : avoir cotisé pendant quarante-deux ans. La mesure, dont on pensait qu’elle concernerait seulement quelques dizaines de milliers de personnes, connaît un succès inattendu. Entre juin 2005 et juin 2006, 110 000 salariés âgés de 56, 57 ou 58 ans sont partis en retraite plus tôt que prévu à ce titre, selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav). Un véritable appel d’air dans les entreprises : pour remplacer ces partants, il a bien fallu embaucher. D’un point de vue macro-économique, ces sorties massives de l’emploi, s’ajoutant à une augmentation naturelle des départs en retraite liée au début du papy-boom – arrivée à 60 ans des classes d’âge nombreuses nées après guerre – ont eu un effet très simple : la population active n’augmente plus. Elle pourrait même s’inscrire en baisse – la prévision est particulièrement difficile en la matière. Auparavant, le nombre de jeunes entrant sur le marché du travail dépassait toujours celui des départs en retraite. Pour stabiliser simplement le chômage, il fallait donc créer de 100 000 à 150 000 emplois supplémentaires chaque année. Aujourd’hui, même en l’absence de créations d’emplois, le chômage resterait stable. Autrement dit, il est plus facile de le faire baisser. Comme, en outre, les créations d’emplois sont là…
106 000 créations d’emplois « traditionnels »
Cela ne fait plus de doute, l’économie française crée des emplois. L’Insee et les services de Jean-Louis Borloo évaluent ces créations nettes de postes, dans le secteur concurrentiel, à 106 000 sur un an, entre juin 2005 et juin 2006. L’industrie française n’est certes pas au mieux, et a supprimé pas moins de 75 000 jobs en un an. Mais le tertiaire, lui, embauche (138 000 postes en plus), de même que la construction (42 000). Au total, cette performance, dont s’enorgueillit le gouvernement, doit être relativisée, au regard de celles réalisées par le passé. En 1999 et 2000, l’économie française avait créé plus de 500 000 emplois par an, toujours dans le seul secteur concurrentiel. Cette comparaison peu flatteuse a poussé le gouvernement à mettre en cause les statistiques de ses propres services. L’administration sous-estime les créations de postes, a fait valoir le ministre de l’Economie, Thierry Breton. Il est vrai que les données rendues publiques chaque trimestre ne prennent pas en compte beaucoup d’emplois de services, qui ne relèvent ni du secteur concurrentiel – ils sont souvent créés par des associations, et subventionnés – ni de l’emploi public dans les administrations. Cela sera prochainement corrigé.
50 000 emplois de services à la personne
Le plan Borloo mise beaucoup sur les emplois de services à la personne, dont la création est facilitée par l’instauration du chèque-emploi service universel. Les premiers résultats disponibles sont plus qu’encourageants. « Ces services ont été à l’origine de 65 000 emplois créés au cours du premier semestre. Ce chiffre, nous pensions l’atteindre sur l’année entière » , se félicite Laurent Hénart, député UMP de Nancy et président de l’Agence nationale des services à la personne. « Aujourd’hui, plus de 10 000 entreprises et associations sont agréées. C’est la preuve que cela correspond à un besoin réel » , ajoute-t-il.
Un tiers de ces emplois concerne les enfants (garde, soutien scolaire). Un tiers répond à la demande des personnes âgées (soins à domicile, personnes handicapées et malades). Un tiers concerne plus largement la maison : besoin de gardiennage, de repassage, de jardinage…
Le hic, c’est que ces emplois s’apparentent trop souvent à des « petits boulots ». Ils ne représentent la plupart du temps que quelques heures par semaine. On comptabilise une création d’emploi à partir de sept heures de travail hebdomadaires proposées par une association ou une autre structure. Cela va sans dire, les salariés concernés sont contraints de cumuler les contrats. Autrement dit, les 65 000 emplois officiellement créés sont occupés par beaucoup moins de personnes. L’effet positif sur le chômage peut, au plus, être évalué à 50 000.
57 000 contrats aidés dans le secteur public
A écouter Thierry Breton, les emplois aidés offerts par l’Etat et les collectivités locales ne jouent qu’un rôle marginal dans la baisse du chômage. S’appuyant sur des prévisions réalisées en juin par l’Insee, il évalue à 30 000 les créations de postes de ce type pour 2006. Mais les chiffres récemment établis par les services de Jean-Louis Borloo sont supérieurs. Ils sont fondés sur le nombre de contrats effectivement signés. Sur un an, de juin 2005 à juin 2006, 57 000 emplois aidés ont ainsi vu le jour. Un impact non négligeable sur le chômage, donc, à mettre au crédit du plan Borloo. Les syndicats dénoncent des jobs au rabais. « Les contrats d’avenir peuvent-ils être comptabilisés comme de véritables emplois ? » s’interroge le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, interviewé par Challenges . « Non, tout comme les contrats d’accès à l’emploi [ CAE ] , qui ne sont le plus souvent que des mi-temps. » Cela n’empêche pas le gouvernement de les multiplier – 50 000 emplois de ce type verront bientôt le jour dans les écoles, a annoncé le ministre de l’Education, Gilles de Robien.
Manipulations statistiques ?
« Pour diminuer le chiffre du chômage, on radie les demandeurs d’emploi des listes de l’ANPE , dénonce Jean-Claude Mailly. On estime à 10 % l’augmentation du nombre de radiations en 2006. » Auparavant, un chômeur était convoqué avant de se voir radié. La procédure prenait un certain temps. « Aujourd’hui, s’il ne répond plus aux critères, le logiciel se charge de le sortir des listings automatiquement » , explique le secrétaire général de FO. Le gouvernement récuse cet argument. Selon Laure Maillard, le nombre de radiations n’a pas augmenté récemment. La hausse a lieu dès 2001, avec l’instauration du plan d’aide au retour à l’emploi (Pare).
Conclusion
L’action du gouvernement contribue, à l’évidence, à la baisse du chômage (emplois de services, contrats aidés). Mais il ne faut pas la surestimer. « Début 2006, la baisse du chômage s’expliquait pour un tiers par la démographie – départs en retraite –, un tiers par les créations de postes dans le privé, un tiers par les emplois aidés , explique Raymond Soubie. Aujourd’hui, les créations d’emplois jouent un rôle grandissant. » Thierry Breton en prévoit désormais 250 000 au total – y compris les emplois aidés – sur l’ensemble de l’année 2006. Elles trouvent leur origine dans une croissance plus forte, liée, notamment, au redémarrage de l’économie allemande.
Une décrue liée également à la démographie
Grâce aux nombreux départs à la retraite, naturels ou anticipés, la population active n’augmente plus. Même si l’économie ne créait pas d’emplois, le chômage baisserait.
Les mesures du nouveau plan emploi
Suppression des charges au niveau du smic
Les entreprises de moins de 20 salariés n’auront plus aucune charge à payer sur les salaires correspondant au smic, à compter de juillet 2007.
Création d’entreprise facilitée
Les chômeurs souhaitant créer une entreprise bénéficieront, à terme, d’un interlocuteur unique.
Actions préparatoires au recrutement
Le demandeur d’emploi accueilli dans l’entreprise pour y être formé sera rémunéré par l’Etat pendant trois mois, comme un stagiaire en formation professionnelle. A condition que l’entreprise s’engage à l’embaucher ensuite.
Prime pour l’embauche de chômeurs de longue durée
Une prime de cohésion sociale sera accordée aux employeurs – du secteur public – embauchant une personne de plus de 50 ans bénéficiant de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) depuis plus de deux ans.
Contrats d’apprentissage dans la fonction publique
Les administrations embauchant un jeune venant des quartiers difficiles auront droit à une prime de 1 000 euros par contrat.
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