Mardi 10 octobre 2006
UMP. Le Parisien/Aujourd'hui en France se penche sur l'opposition que rencontre Nicolas Sarkozy au sein de son propre parti et affirme que le ministre de l'Intérieur "fait peur... à droite".

  La une du <i>Parisien/Aujourd'hui en France</i>
La une du Parisien/Aujourd'hui en France
 
U n tournant dans la campagne? Nicolas Sarkozy ferait désormais peur, non seulement à la gauche, mais aussi à la droite. Le Parisien/Aujourd'hui en France se penche dans son édition du mardi 10 octobre, sur les nouvelles difficultés rencontrées par le président de l'UMP. "En dépit des sondages qui lui sont favorables, des voix nombreuses dans son propre camp mettent en cause son aptitude à rassembler et certains aspects de sa personnalité. Il en ferait trop et, avec sa volonté de 'rupture', inquiéterait à la fois l'électorat conservateur et les gaullistes", écrit le quotidien.
L'hostilité des proches de Jacques Chirac n'est pas nouvelle. Elle s'explique en partie par la "trahison" de 1995, quand Nicolas Sarkozy choisit de soutenir Edouard Balladur, mais aussi parce que, "sur le fond, les divergences sont réelles". Le ministre de l'Intérieur est "trop libéral, trop atlantiste, trop impulsif, trop agité" aux yeux de nombre de ses collègues de l'UMP, constate Le Parisien, qui rappelle un certain nombre de petites phrases très hostiles prononcées au sein même de l'UMP. "Nicolas Sarkozy s'inscrit contre la tradition gaulliste", estime ainsi François Goulard.

Image d'un homme "peu sympathique"

Plus problématique pour le candidat, le trouble gagne également les électeurs. "Quand il s'affiche avec George Bush en critiquant la politique de la France pendant la crise irakienne, il n'est pas sur qu'il rallie tous les suffrages", souligne le Parisien. Et de demander: "quand il parle de 'Kärcher' ou de 'racaille', il plait à la droite sur le fond, mais est-ce là le vocabulaire d'un éventuel président de la république?"
Nicolas Sarkozy se montre parfois "impulsif", poursuit le journal, ce qui est "souvent assimilé à de l'instabilité". Aussi le ministre apparaît-il comme "peu sympathique". "Le concept de rupture porté par homme considéré comme brutal, c'est beaucoup pour un seul candidat", alors que le président de la République "doit être un rassembleur, non un diviseur".

Rivaux en embuscade

Nicolas Sarkozy pourrait donc voir émerger un rival au sein de son propre parti. Michèle Alliot-Marie s'organise, tandis que Dominique de Villepin ne manque pas une occasion de se démarquer du projet sarkozyste. Le quotidien Libération a même rapporté qu'un ministre a déclaré: "Face à Sarkozy, je voterai Royal.
Sans hésitation." Un groupe d'une dizaine de ministres, dont Christian Jacob, Brigitte Girardin ou Philippe Bas, a pris l'habitude de se rencontrer régulièrement pour, selon leur collègue Henri Cuq, "rallier parmi les premiers une candidature Villepin ou Alliot-Marie".

 

par rezeid publié dans : Divers
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Mardi 10 octobre 2006
Comme s'ils s'étaient donné le mot. Ce week-end, les ténors de la chiraquie, Dominique de Villepin en tête, ont pris un malin plaisir à déstabiliser Nicolas Sarkozy en évoquant d'autres candidatures UMP possibles à la présidentielle. Et y sont visiblement parvenus. Interrogé hier matin sur France Inter, le ministre de l'Intérieur s'est montré très irrité, multipliant piques et sarcasmes. Sur un ton sec, il a défié Villepin : s'il veut être candidat à la candidature en vue de 2007, «qu'il le dise».  «Ses dernières déclarations doivent bien témoigner d'une quelconque impatience», a-t-il constaté avant de préciser : «Mais c'est son droit.» Pour Sarkozy, une chose est claire : «Que chacun qui a quelque chose à dire et veut porter une alternative ait le courage de le faire ! Mais ça se passe à l'intérieur de l'UMP, pas à l'extérieur.» Et de rappeler qu' «un calendrier a été prévu. Les candidatures devront se faire connaître à la fin du mois de novembre, et il y aura un congrès où tous les militants de l'UMP pourront voter». 
 
C'est sur ce point en particulier que le Premier ministre l'avait titillé la veille. Reprenant une idée lancée par Michèle Alliot-Marie lors des universités d'été de l'UMP à Marseille, en septembre, Villepin a assuré au Grand Jury RTL-LCI- le Figaro que l'UMP accordera «non pas une investiture à un candidat» en janvier «mais un soutien financier».  «Si d'autres avaient le sentiment de pouvoir jouer un rôle, de pouvoir s'engager, eh bien ce choix pourrait être le leur», a-t-il ajouté. Selon lui, un vote des militants UMP en faveur de Sarkozy le 14 janvier n'empêchera pas un autre candidat de se présenter. Le chef du gouvernement a ainsi rappelé que les gaullistes ont «un héritage qui est de considérer que cette élection, c'est d'abord la rencontre entre un homme, une femme et le peuple français». 
«Sortir du lot». Depuis quelque temps, les chiraquiens s'appliquent à jeter des clous sous les roues du bolide Sarkozy, qui fait plus que jamais, d'après les sondages, la course en tête. «Il faut l'aider à se prendre les pieds dans le tapis, c'est une oeuvre de salut public», estimait récemment un ministre sous couvert d'anonymat. Le chef de l'Etat avait donné le top départ en annonçant le 14 juillet qu'il dirait s'il se représente ou non au cours du premier trimestre 2007, soit probablement après la désignation du ministre de l'Intérieur.
Michèle Alliot-Marie s'applique également depuis plusieurs mois à maintenir le suspense sur ses intentions (lire ci-contre). Autre fidèle chiraquien, Jean-Pierre Raffarin a semé le trouble en estimant que l'investiture du candidat UMP devait être repoussée après la période des voeux présidentiels, qui durent quasiment tout le mois de janvier. Même Alain Juppé, réélu maire de Bordeaux, s'y est mis dimanche soir, faisant comme si la candidature unique de Sarkozy n'allait pas de soi. «Il y a plusieurs compétiteurs, et le paysage politique est assez riche pour que l'on puisse penser qu'un ou deux d'entre eux puissent sortir du lot», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne comptait pas s' «engager dans les questions de personnes aujourd'hui» : «Je ferai un choix le moment venu.» 
Tout le travail des chiraquiens consiste donc à montrer à l'électorat de droite qu'une autre offre est possible dans leur camp. Villepin s'est autodésigné grand pilote de l'opération en prenant systématiquement le contre-pied de Sarkozy sur tous les sujets de politique intérieure comme internationale (carte scolaire, service civil obligatoire, droits de succession, relations diplomatiques avec les Etats-Unis ou la Russie, etc.). Cette stratégie a pour but de légitimer une éventuelle deuxième candidature (de MAM, de Villepin ou, beaucoup moins vraisemblablement, de Chirac lui-même) si d'aventure le numéro 2 du gouvernement dégringole dans les sondages.
«Tout sauf gaulliste». Dans le scénario, pour l'instant le plus probable, où le patron de la Place Beauvau reste seul en piste, il s'agit pour ses adversaires de miser sur son échec et de prendre date pour «l'après». Le député UMP et candidat déclaré Nicolas Dupont-Aignan s'est engouffré dans le débat que tentent de lancer les chiraquiens en estimant, hier matin sur RMC, que Nicolas Sarkozy est «tout sauf un candidat gaulliste». Gilles de Robien, le seul UDF du gouvernement, toujours en désaccord avec Bayrou, a, lui, indiqué dans le Parisien qu'il soutiendra le candidat qui aura pris «un positionnement clair de centre droit». Manière de dire que Nicolas Sarkozy ne fera pas forcément l'affaire.
par rezeid publié dans : Divers
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