Jeudi 11 octobre 2007
A l'entendre, Chirac était au courant de toute l'affaire depuis le début. Et Sarkozy aurait instrumentalisé la justice par une «victimisation» à outrance.
Dominique de Villepin ouvre son parapluie. Entendu ce jeudi pour la troisième fois dans l’affaire Clearstream, l’ex-Premier ministre n’avait plus qu’une personne lui évitant de prendre l’eau: l’ex-Président Jacques Chirac. Villepin a choisi de le mouiller, dans une note de 19 pages envoyée la veille aux juges d’instruction.
A l’entendre, Chirac était au courant de tout depuis le début. Après le rendez-vous initial du 9 janvier 2004, au cours duquel Dominique de Villepin avait reçu au Quai d’Orsay Jean-Louis Gergorin (vice-président d’EADS, futur facteur anonyme des listings Clearstream) et le général Rondot (électron libre des services de renseignement), il affirme avoir «informé le président de la République, au début de l’année 2004, dans le cadre de mes entretiens hebdomadaires et compte tenu de ses prérogatives particulières en matière internationale.» A ce stade, il n’aurait pas mis au courant Jean-Pierre Raffarin, faute de «disposer d’élements susceptibles d’être transmis au Premier ministre» de l’époque. De fait, les éléments transmis par Gergorin et Rondot étaient encore ténébreux.

Villepin nie toujours avoir donné le moindre feu vert à Gergorin en vue de transmettre, en mai 2004, des listings bancaires au juge Van Ruymbeke. Gergorin, soutenu par Rondot, maintient mordicus le contraire. Persuadé d’obtenir un non-lieu en matière de dénonciation calomnieuse (car il ignorait la fausseté des listings lors de leur remise par voie anonyme),Villepin tient surtout à se défendre de la moindre malgouvernance: «Le souci commun du président de la République et du gouvernement était d’être irréprochables quant aux actions engagées. Mais le choix était d’autant plus complexe que la situation était confuse»

Il revient longument sur la saisine de la DST, l’été 2004, Villepin ayant alors déménagé du Quai d’Orsay vers la place Beauvau - et Sarkozy de Beauvau à Bercy. C’est le principal point faible de sa défense: la justice étant alors saisie (avec ou sans sa bénédiction, peu importe), pourquoi mandater une enquête parallèle au contre-espionnage? Et pourquoi pas en avoir transmis le résultat à la justice?

Villepin affirme que la mission de la DST était purement «administrative», que ses «informations ont été partagées au plus haut niveau de l’Etat puisque, à chaque étape, le président de la République et le Premier ministre ont été tenus informés des recherches de la DST.» Coucou, revoilà Raffarin, enfin mis au parfum.

Quant à la non-transmission des rapports de la DST à la justice, Villepin s’en justifie au motif que le service «ne disposait pas d’informations suffisement probantes pour mettre en cause quiconque». Il n’aurait fait preuve que de «prudence».

La logique villepinienne se tient, mais pourquoi alors glisser, au détour de sa démonstration, cet extrait d’une note Rondot, selon laquelle «la DGSE a paniqué qu’on tombe sur les comptes Chirac et Hariri», l’ancien Premier ministre du Liban, intime du Président français? Dissuation atomique? A propos de la fameuse mention, «si nous apparaissons le PR et moi, nous sautons», Villepin dément mollement, affirmant qu’elle est «sortie de son contexte».

L’essentiel du fiel est réservé à Nicolas Sarkozy (lire ici), informé en temps réel des manœuvres en cours, qu’il accuse d’avoir «instrumentalisé» la justice par une victimisation à outrance: «Dès juillet 2004, lui-même et son entourage ont laissé se développer une campagne» en vue de «désigner le Président et moi-même.» Après le complot chiraquien contre Sarko, place au complot sarkozyste contre Villepin. Match très nul.
par rezeid publié dans : Divers
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Jeudi 11 octobre 2007

Mis en examen dans l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin revendique sa liberté de parole pour critiquer tous azimuts le président.

Comme tous les jours, il est en jean. Depuis qu'il a quitté Matignon, Dominique de Villepin a opté pour la version décontractée, denim délavé et veste en velours grosses côtes. Ce premier jeudi d'octobre, l'ancien chef du gouvernement est attendu à Nantes pour une séance de dédicaces de son dernier livre, Le Soleil noir de la puissance, 1796-1807 (Perrin).

11 h 57. Dominique de Villepin arrive de son bureau, mis à sa disposition par le Quai d'Orsay près de l'Etoile, à Paris. Il explique qu'il rédige ses manuscrits à la main, qu'il ne s'est jamais servi d'un ordinateur - d'ailleurs, précise-t-il, il ne sait même pas comment ça s'ouvre. Embraye derechef: «Et on veut me mêler à une affaire de listings informatiques, alors que j'ai chargé le général Rondot et la DST d'évaluer le dossier? Ces critiques sont absurdes!» Ce sera aux juges d'en décider: le 11 octobre, Dominique de Villepin est convoqué pour une nouvelle audition dans le dossier Clearstream.

Il assure qu'il ne règle aucun compte personnel avec Nicolas Sarkozy. Il affirme qu'il exerce juste sa liberté de parole. La dernière fois qu'il a vu le président - «Le 18 juin... une date qui ne s'oublie pas!» - Dominique de Villepin raconte que Sarkozy, à la fin de l'entretien, a appelé son secrétariat: «Notez! Je veux le voir tous les mois.» Belle mise en scène pour une rupture, songe à cet instant le sortant. Il dénonce encore le phénomène de «courtitude» en vigueur à l'Elysée. «Qui dit à Sarkozy qu'il se trompe? Personne.» Pourtant, à écouter Dominique de Villepin, le président se trompe chaque fois qu'il s'exprime. Et de citer sa prise de parole devant les parlementaires UMP: «Il explique qu'il a dit qu'il ferait et donc qu'il fera. C'est bien, mais cela ne suffit pas. S'abstraire des circonstances serait ridicule et dangereux. Ce serait de l'amour-propre mal placé. La clef, en politique, c'est de s'adapter.»

Devant la presse locale, il s'en prend à l'ouverture, qui exaspère les élus de la majorité. Villepin, jadis si prompt à les couvrir de noms d'oiseaux, abonde aujourd'hui dans leur sens: «Quel intérêt, si les gens nous rejoignent sans rien apporter? Chez nous, il en existe d'aussi compétents, d'aussi enthousiastes et de plus légitimes. Ne les oublions pas!» Même les sondages en frémissent, qui ont fait de Villepin le «meilleur opposant» au président - critiquer le pouvoir rapporte parfois plus que l'exercer.

La centaine de livres prévus par le libraire pour la séance est vendue en deux heures. Les acheteurs se succèdent. «Je vous ai soutenu pour le CPE», rappelle l'un; «Je me suis sentie fière d'être française en vous écoutant à l'ONU», confie l'autre. «C'est pour ma mère, précise un troisième. Avant, elle était gauchiste... - Moi aussi! l'interrompt l'auteur - Maintenant, elle est amoureuse de vous!» La politique mène à tout.
Source: L'express

par rezeid publié dans : Divers
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Jeudi 11 octobre 2007

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin affirme, dans une note de synthèse adressée mercredi aux juges de Clearstream et que l'AFP a pu consulter, avoir saisi la DST dès la révélation de l'affaire en juillet 2004, en liaison avec Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin.

Dans une nouvelle note de 19 pages accompagnée d'une vingtaine d'annexes présentant sa ligne de défense, M. de Villepin, mis en examen dans cette affaire notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse", s'attache à montrer qu'il a agi en toute transparence.

Les juges le soupçonnent d'avoir participé à une manipulation consistant à dénoncer la présence de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, par le biais d'un faux listing bancaire de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream.

Lorsque l'affaire est révélée dans la presse début juillet 2004, Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, explique avoir saisi la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour éviter les risques "d'amalgames, de dérapages et de manipulations".

Cette saisie faisait suite aux révélations de l'hebdomaire Le Point selon lesquelles les noms d'anciens ministres français, d'anciens préfets, patrons et membres des services secrets figuraient sur ces listings, dont le caractère contrefait n'avait à l'époque pas encore été démontré.

"J'évoque le dossier avec le Premier ministre (Jean-Pierre Raffarin) et le président de la République (Jacques Chirac) dès les premiers jours de juillet, la saisine de la DST s'impose à tous", écrit-il dans sa note aux juges, transmise aux parties civiles.

M. de Villepin se défend également de tout cloisonnement ou d'enquête parallèle. La "mission d'évaluation" qu'il a confiée le 9 janvier 2004 au général Philippe Rondot, et dont il dit ne pas avoir été tenu informé, a cessé dès la saisine de la DST, affirme-t-il.

"Je lui ai fait valoir le 19 juillet et à nouveau le 27 juillet que, s'il disposait d'éléments particuliers, il devait les adresser à la DST", raconte-t-il dans sa note.

Avant juillet, Dominique de Villepin rappelle avoir informé "en termes généraux le président de la République" de la mission du général Rondot. Une fois l'affaire révélée et la DST saisie, le Premier ministre et le président ont été "tenus informés des développements du dossier".

L'enquête administrative de la DST s'est orientée "très vite", selon lui, vers "l'hypothèse d'un +montage+ complet ou partiel, mais sans être en mesure d'en décrire le mécanisme".

"Les doutes émis par la DST, comme par le général Rondot (sur la véracité des listings, ndlr), indiquant qu'il y avait sans doute +du vrai et du faux+, n'ont été étayés que plus tard", ajoute-t-il.

Dominique de Villepin revient également dans sa note sur la "tension" avec Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé à la fin de l'été 2004 qu'un "rapport d'enquête de la DST l'innocentant avait été occulté".

Démentant à nouveau cette information, M. de Villepin estime dans sa note que "s'il n'y a pas eu d'inspiration politique au moment des faits, force est de constater qu'il y a eu par contre exploitation politique de ce dossier à partir du mois de juillet quand on a voulu désigner le président de la République et moi-même comme boucs émissaires".

Dominique de Villepin doit à nouveau être entendu jeudi par les juges d'Huy et Pons au pôle financier.

par rezeid publié dans : Divers
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Jeudi 11 octobre 2007

La France est aux prises avec la tentation "récurrente" d'"instrumentaliser l'immigration", a estimé mercredi Dominique de Villepin, marquant son accord avec Fadela Amara, en des termes toutefois plus nuancés.

"Je n'emploierai certainement pas le même mot que Fadela Amara, mais je respecte profondément la position qui est la sienne sur le fond parce que je la partage", a expliqué l'ancien Premier ministre lors de l'émission "Question d'info" sur LCP et France-Info. La secrétaire d'Etat à la Ville avait jugé "dégueulasse" lundi soir le fait d'"instrumentaliser" l'immigration.

"Nous avons la tentation dans notre pays d'instrumentaliser l'immigration. C'est une tentation qui est récurrente", a déclaré Dominique de Villepin.

Il a ajouté qu'il trouvait "dangereux" de "mélanger le débat sur l'immigration avec la question des tests ADN". "Il faut tout faire pour en revenir à une vision plus républicaine du sujet", a-t-il soutenu, appelant à la "sérénité" du débat.

par rezeid publié dans : Divers
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