Lundi 15 octobre 2007

Dominique de Villepin inquiéterait-il l'exécutif ? Alors que l'affrontement à distance entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin s'est poursuivi ces derniers jours sur le terrain de l'affaire EADS (lire page 21), plusieurs membres du gouvernement sont montés hier au créneau pour tenter de décrédibiliser la parole de l'ancien Premier ministre. Eric Woerth, le ministre du Budget, a affirmé hier que Dominique de Villepin n'avait « pas de leçon à donner » en matière de gestion budgétaire puisque « les réformes qu'il avait engagées n'ont pas été appliquées ». « Déjà qu'il ne m'intéressait pas beaucoup quand il était dans les allées du pouvoir alors maintenant qu'il est dans les contre-allées... », a-t-il asséné sur Radio J. « Si vous voulez être audible, c'est bien d'être élu », a renchéri sur Europe 1 le ministre du Travail, Xavier Bertrand. Cela n'a pas empêché l'ancien locataire de Matignon de prendre à nouveau Nicolas Sarkozy pour cible. Au Grand Jury RTL-« Le Figaro »-LCI, il a dit craindre que la rupture promise ne se traduise que par des « demi-réformes », prévenant que l'exonération des heures supplémentaires n'est « pas une mesure miracle » et « ne créera sans doute pas de pouvoir d'achat ». Il a réitéré son opposition aux tests ADN, y voyant un risque d'« instrumentalisation » de l'immigration, déploré « la tentation d'un rapprochement, et peut-être un peu plus, avec l'administration Bush ». Et ironisé sur le bilan de la visite de Nicolas Sarkozy en Russie. « La vie internationale obéit aux règles de la pesanteur. Si on est en apesanteur, on est forcément surpris de la façon dont ça marche. »

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Lundi 15 octobre 2007

L'ancien premier ministre, invité du « Grand Jury » RTL- Le Figaro-LCI, a taillé en pièces la politique du gouvernement.

 
DOMINIQUE DE VILLEPIN se défend sur tous les fronts. Et attaque dans tous les sens. Invité hier du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, l'ancien premier ministre s'est justifié dans l'affaire EADS, en affirmant qu'il n'avait « rien à cacher ». Sur Clearstream, il a développé sa ligne de défense traditionnelle, invitant à « ramener cette affaire à de justes proportions » : il s'agit, selon lui, d'« une affaire industrielle » et pas « politique ». Il a dénoncé une « manoeuvre » de la part de « certains » qui « ont voulu se présenter en victimes ». En clair, il visait Nicolas Sarkozy. Sans jamais le nommer.
 
Une fois de plus, l'ex-chef du gouvernement a fait entendre ses divergences avec la politique et les méthodes du chef de l'État. « On ne peut pas réformer tous azimuts », a-t-il dit. S'il a donné un satisfecit sur la réforme des régimes spéciaux, Villepin a concentré ses attaques sur la réforme institutionnelle et les tests ADN. « On se divise, on divise la majorité, on divise les Français alors qu'on devrait se rassembler sur les réformes économiques et sociales », a-t-il dit.
 
Évoquant les travaux du comité Balladur sur les institutions, il a mis en garde contre une réécriture de l'article 20 de la Constitution aux termes de laquelle ce serait le président de la République qui définirait la politique de la nation, le gouvernement étant chargé de la mettre en oeuvre. « Que se passerait-il en cas de cohabitation ? », s'est-il interrogé en exprimant la crainte que le choix des électeurs soit alors « nié par l'article 20 ».
 
Contre le paquet fiscal
 
Signataire de la pétition de SOS Racisme, Libération et Charlie-Hebdo, il a demandé « le retrait pur et simple » de l'amendement sur les tests ADN qui « ne sera pas efficace » car « on bâtit une usine à gaz », et qui « n'honore pas notre pays ». « Je souhaite qu'il ne soit pas adopté » et, s'il l'était, qu'il soit invalidé par le Conseil constitutionnel, a-t-il dit.
 
Pour la première fois, Villepin a aussi fustigé le paquet fiscal qui « a été fait à contre-pied ». Ce sont « 15 milliards en moins pour faire les vraies réformes », a-t-il accusé. Il a également critiqué la politique étrangère de Sarkozy, lui reprochant son attitude envers la Russie et les « tentations d'un alignement sur l'Administration Bush » : « Chaque fois que la France sort de la politique de l'indépendance nationale et de la politique d'équilibre entre les grands États, elle se trompe. »
Source: le figaro
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Lundi 15 octobre 2007
Dominique de Villepin a refusé dimanche d'endosser le costume du "bouc émissaire" dans le dossier EADS et s'est dit "prêt à rendre compte" de son action, après les déclarations d'Arnaud Lagardère assurant que son groupe avait informé Matignon "dès janvier 2006" de son intention de vendre une part de sa participation au capital d'EADS.

"Sur un certain nombre de dossiers, de la manière la plus évidente, on recherche des boucs émissaires", a-t-il analysé au Grand Jury RTL-"Le Figaro"-LCI. "Il y a la tentation aujourd'hui de vouloir diviser les services de l'Etat", a-t-il jugé, fustigeant un "renvoi de mistigri". "L'art de la défausse est devenu un véritable sport national."

L'ancien Premier ministre s'est dit "prêt" à "rendre compte" de l'action de Matignon dans ce dossier "à tous ceux qui auront la vocation à faire la lumière sur cette affaire", citant la justice et les commissions parlementaires. "Nous n'avons rien à cacher" et "comme Premier ministre, j'assume tout ce qui a été fait à Matignon".

Dominique de Villepin est revenu longuement sur les déclarations d'Arnaud Lagardère. Dans le "JDD", ce dernier explique que son groupe a informé "dès janvier 2006" les services de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin de son intention de vendre une partie de sa participation au capital d'EADS. Il assure notamment que son groupe a adressé à Matignon "un descriptif de l'opération".

"Qu'Arnaud Lagardère précise, qu'il donne des éléments sur les différents points, qui dise clairement les dates, les rendez-vous" et "ainsi la vérité sera faite", a sommé Dominique de Villepin.

"C'est vrai que les services d'Arnaud Lagardère sont venus voir Bercy, puis Matignon (...) pour leur dire: 'voilà, nous envisageons, nous avons l'intention de céder ces titres'", a-t-il dit. "M. Lagardère est d'ailleurs venu à Matignon lui-même pour rencontrer mon directeur de cabinet sur cette opération de cession", a-t-il poursuivi, datant cette rencontre du "début de l'année, en février je crois 2006".

"Le point qui inquiétait et qui interpellait le groupe Lagardère, c'était de savoir si l'Etat lui-même était prêt à vendre, et c'est sur ce point que nous avons nous été interrogés", a-t-il développé. "Je suis moi allé le saluer, je lui ai indiqué de la façon la plus claire que l'Etat n'entendait pas modifier sa stratégie au sein d'EADS".

Pour ce qui concerne la cession des titres de Lagardère dans EADS, "nous ne nous sommes, nous Matignon, jamais intéressés à l'instruction technique de ce dossier, tout simplement parce que ce n'est pas notre responsabilité", a certifié l'ancien hôte de Matignon.

De même, concernant les conditions d'achat de ces titres par la Caisse des dépôts et consignations, "je redis ce que j'ai dit, nous n'avons jamais été informés" par la CDC, a-t-il martelé. "C'est vrai qu'il y a une note mémorandum" du groupe Lagardère "à Bercy au début de l'année 2006, comme aux services de Matignon", a-t-il consenti. "Alors on peut évidemment considérer à partir de cette note que Matignon était informé de l'opération de la Caisse des dépôts. Je trouve ça abusif".

Enfin, concernant l'A380, "à aucun moment nous n'avons été informés de ces difficultés industrielles", a garanti Dominique de Villepin. AP

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