Samedi 7 octobre 2006
Une nouvelle candidature féminine à la présidentielle de 2007 ? C'est en tout cas ce qu'affirme "Le Parisien" dans son édition du samedi 7 octobre, à propos de Michèle Alliot-Marie, l'actuelle ministre de la défense, qui devrait annoncer sa candidature au début de la semaine prochaine. Elle pourrait se présenter à l'élection suprême en dehors du parti majoritaire, aujourd'hui présidé par le très probable candidat, Nicolas Sarkozy. Elle se présente commen candidate libre et indépendante et refuse la procédure interne de désignation du candidat de l'UMP.

 


Il y a quelques jours, le député UMP Patrick Ollier, qui est aussi son conjoint, avait déclaré que la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, "pense" à une candidature éventuelle à l'élection présidentielle de 2007. "Il est important que dans la droite et le centre il puisse y avoir aussi un choix", a déclaré le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale sur France 2.

 
"Michèle Alliot-Marie pense effectivement à une candidature. Mais c'est à elle et à elle seule qu'il revient de dire le moment venu si elle est candidate ou pas", a-t-il ajouté. "Pour l'instant, elle pense aux idées et je sais qu'elle travaille à cela." L'UMP doit officiellement désigner le candidat qu'il soutient dans ses rangs lors d'un congrès, le 14 janvier. Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, fait aujourd'hui figure de "candidat naturel" du parti.

"Michèle Alliot-Marie, d'ici là, aura dit ce qu'elle souhaite faire", a souligné Patrick Ollier, qui n'a pas exclu qu'elle se présente même si l'UMP désigne Nicolas Sarkozy. "Rien n'empêche personne. Bien sr, il y a des procédures. Mais chacun est libre de faire ce qu'il veut", a-t-il dit. "Ce qui est certain c'est que Michèle Alliot-Marie ne fera rien qui fasse perdre son camp."

Cette éventuelle candidature s'inscrirait dans la stratégie des fidèles du président Jacques Chirac qui ne veulent pas laisser le terrain de la présidentielle au seul président de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

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Samedi 7 octobre 2006
Tout en niant toute prétention élyséenne, Dominique de Villepin prend constamment le contre-pied de Nicolas Sarkozy sur les principaux sujets de société. Il ne manque pas une occasion de faire entendre sa différence. Cependant, difficile de deviner le jeu du premier ministre. Roule-t-il pour lui et attend-il le moment opportun pour se déclarer? Ou est-il le "porte-flingue" d’un Jacques Chirac prêt à tout pour saboter la candidature du ministre de l’intérieur?

A chaque fois que la question revient, c’est toujours la même réponse. Dominique de Villepin dément, nie, avec aplomb, avoir en tête un dessein élyséen. Une question inévitable, à plusieurs mois de l’élection présidentielle, pour tout premier ministre. Aucun n’y échappe. Normal, car il est difficile de croire en effet quand on tutoie ainsi les sommets de l’Etat et si près du plus haut d’entre eux qu’on ne cède pas à la tentation. Comment renoncer si près du but à l’instar de l’alpiniste qui a consacré sa vie entière à l’ascension d’un sommet ? N’est-ce pas la même chose pour nos responsables politiques ? Mais tout parallèle s’arrête, car la cordée n’existe pas en politique. Chacun roule pour soi. Que l’un tombe, tant mieux, cela dégage le terrain !

 

C’est pourquoi les paroles du premier ministre sont sujettes à (extrême) caution. Et n’engagent que celui qui les écoute. L’histoire en est la meilleure preuve. Michel Rocard, Edouard Balladur, Alain Juppé, Lionel Jospin, tous anciens premiers ministres, soit ont tenté l’aventure de la présidentielle (sans succès d’ailleurs), soit y songé fortement, et faute de moyens pour servir leur ambition ou en raison d’un contexte défavorable, ont dû renoncer.

 

Il est évident que Dominique de Villepin y pense. Après tous les efforts faits pour arriver là où il est, impossible de croire qu’il n’envisage pas de poursuivre son ascension. C’est dans la logique des choses. De secrétaire général de l’Elysée au portefeuille des Affaires étrangères et à l’intérieur puis à Matignon, le palais présidentiel s’impose comme la prochaine étape naturelle.

 

D’autant que Dominique de Villepin ne manque pas d’atouts. Fort désormais de ces responsabilités politiques qui lui faisaient défaut jusqu’ici, il se consacre au développement de ses idées et fait part, avec des airs gaulliens, de sa vision de la France. Or, dans ce domaine, Dominique de Villepin est loin d’être invisible. Bien au contraire, il y a du fond, il se montre convaincu, se défend avec panache et pugnacité, parfois au risque de s’emporter et de verser dans l’envolée lyrique. Seul point faible : c’est un homme du sérail qui n’a jamais été confronté au suffrage des électeurs. Mais cela ne vous rappellerait-il pas un certain Georges Pompidou ?

 

C’est pourquoi Dominique de Villepin, en désaccord sur le thème de la rupture, leitmotiv de son rival - officieusement et non officiellement - Nicolas Sarkozy, autrement dit sur la façon de voir la France et les moyens à mettre en œuvre pour lui garantir son rang dans le futur, le fait savoir. Et joue sur une autre gamme, celle de la continuité dans le changement. C’est le moins à attendre de tout homme politique à la stature de personnalité d’Etat : défendre ses opinions et user de sa force de conviction pour rallier le plus grand nombre, persuadé d’être dans le vrai.

 

Néanmoins, cette opposition systématique de Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy trouble. En effet, par rapport à son ministre de l’Intérieur, pour l’instant, le Premier ministre accuse des handicaps dans la course à la présidentielle. Des handicaps qui jusqu’à présent compromettent ses chances, même si elles n’entament en rien sa détermination : l’absence d’un parti, une faible popularité, un bilan positif mais fragile, sous l’emprise de la conjoncture. Que cette dernière se retourne, et ce bilan en souffrira immédiatement. Cependant, dans l’absolu, rien d’irréversible. Loin de là. Un certain Jacques Chirac en est un des meilleurs exemples ; notamment en 1995 ou sept mois avant l’échéance, il se trouvait au plus mal. Et personne n’osait parier même un kopek ! Tout le monde connaît la suite.

 

Toutefois, en dépit de ces obstacles, il se peut que Dominique de Villepin, mesurant le chemin de croix à parcourir, se prononce pour la sagesse. Autrement dit, le retrait. Mais dans ce cas, quel intérêt a le Premier ministre à s’exposer ainsi, à tirer à boulets rouges sur son ministre de l’Intérieur ? Une agressivité à laquelle il semble, d’ailleurs, prendre plaisir.

 

Dans ce cas, reste une dernière hypothèse : Dominique de Villepin sert de "porte-flingue" de Jacques Chirac, décidé à se représenter afin de faire barrage à Nicolas Sarkozy que, au fond de lui, et derrière les apparences afin de donner une image policée de leurs rapports, il ne peut voir en peinture. Un Jacques Chirac prêt à tout pour faire perdre Nicolas, comme en son temps l’avait fait François Mitterrand pour Michel Rocard. Au prix de faire élire le candidat ou la candidate de gauche. Une idée qui a dû effleurer le président. Faire la bise à son successeur au lieu de serrer la paluche à Nicolas Sarkozy, une perspective autrement plus séduisante pour Jacques Chirac. Et qui par là-même lui permettrait d’entrer dans l’histoire de la politique française comme le premier chef d’Etat à passer les pouvoirs à une femme !

 

Alors, Dominique de Villepin, vrai candidat en rodage ? Ou candidat virtuel en agent (2) 007 au service de Jacques Chirac, avec pour mission spéciale de dégommer Nicolas Sarkozy ? A vous de choisir.

 

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