Mercredi 27 décembre 2006

Députés et sénateurs s'interrogent sur l'opportunité d'examiner des textes importants à quelques mois de la présidentielle.

 
«GOUVERNER et légiférer jusqu'au bout » : lors du pot de fin de session parlementaire, le 19 décembre, Dominique de Villepin a de nouveau répété le mot d'ordre, qu'il rappelle inlassablement aux députés depuis des mois. Alors que les ministres se pressent pour rallier Nicolas Sarkozy, le président de la République a lui-même pris soin de rappeler le gouvernement à l'ordre, lors du conseil des ministres du 6 décembre : « Vous êtes là d'abord pour gouverner et agir. »
 
Mais les députés sont obsédés par leur réélection, et donc par leur campagne électorale. « On a parfois besoin de députés sur nos textes mais ils désertent de plus en plus l'Assemblée pour rejoindre leur circonscription. Avoir un nombre suffisant de personnes en commission n'est plus toujours évident », témoigne le conseiller d'un ministre.
 
Le Parlement doit en théorie siéger jusqu'au 22 février, et se réunir en Congrès à Versailles pour adopter deux lois consti­tutionnelles très contestées à l'UMP : la réforme du statut pénal du chef de l'État, qui vient en discussion le 16 janvier à l'Assemblée, et le gel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie pour les élections provinciales, déjà adopté par les députés. Certes, ces deux réformes correspondent à des engagements du chef de l'État, mais les élus UMP, à commencer par leur président de groupe, Bernard Accoyer, se demandent encore pourquoi il était si urgent de les faire adopter solennellement à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle.
 
Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a lui aussi tiré la sonnette d'alarme sur la réforme du statut pénal du chef de l'État, qui prévoit que le Parlement, réuni en Haute Cour, peut voter à la majorité des 3/5e l'empêchement du président de la République, en cas de manquement grave incompatible avec sa fonction. Le président en cours d'exercice ne peut ni être entendu ni poursuivi, mais son immunité prendra fin un mois après la fin de son mandat.
 
D'autres textes en navette entre l'Assemblée et le Sénat sont plus consensuels et devraient donc normalement être approuvés avant les élections : le projet de loi instaurant la parité hommes femmes dans les exécutifs des collectivités locales de plus de 3 500 habitants, déjà adopté au Sénat, vient en examen à l'Assemblée la troisième semaine de janvier. La réforme des tutelles et des curatelles, qui concerne plusieurs millions de personnes handicapées ou atteintes de démence sénile, sera aussi inscrite à l'ordre du jour en début d'année à l'Assemblée. Ce texte tient particulièrement à coeur aux parlementaires UMP.
 
Le retour des peines planchers
 
L'Assemblée reprendra ses travaux, le 9 janvier, par la réforme de la protection de l'enfance, également très demandée. Les députés vont aussi examiner le projet de loi sur la télévision du futur, ainsi que le texte améliorant l'accès au crédit au profit des personnes atteintes d'un risque médicalement aggravé. Adopté par les députés en première lecture, le projet de Nicolas Sarkozy sur la prévention de la délinquance va maintenant être examiné par les sénateurs.
 
Il est probable que la question de l'instauration de peines planchers pour les mineurs multirécidivistes sera à nouveau évoquée, même si cette mesure ne figure pas dans le texte du ministre de l'Intérieur. En revanche, l'instauration de peines minimales en cas de multirécidive est inscrite dans le programme législatif de l'UMP pour 2007.
 
Jean-Louis Borloo veut par ailleurs faire passer deux dispositions, l'une sur l'instauration d'un « bouclier social » pour les PME, l'autre sur l'extension du champ des crédits d'impôts liés à l'emploi d'un service à domicile. Mais le groupe UMP est en conflit avec le gouvernement sur ce dernier point et de l'avis de Bernard Accoyer, « cette mesure ne passera pas ».
 
Les députés UMP ont demandé instamment au gouvernement de ne pas trop charger la barque. Certains ministres, dont Thierry Breton, pourraient en faire les frais. Le ministre de l'Économie a préparé un projet de loi sur la consommation, qui crée notamment les fameuses « class actions » (des actions de groupe permettant à des victimes de porter plainte ensemble), mais cette procédure, très utilisée aux Etats-Unis, serait une véritable révolution en droit français. Ce texte n'est pas, pour l'heure, inscrit à l'ordre du jour.
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Mardi 26 décembre 2006
Alors que les rapports semblaient se normaliser entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, le week-end de Noël a été l'occasion d'une nouvelle passe d'armes entre les deux hommes à propos de l'affaire Clearstream. Hier, le ministre de l'Intérieur, via son avocat, a apporté «un démenti catégorique» à des propos que le Premier ministre a tenu, selon les comptes rendus de son audition marathon publiés dans la presse.
En fin de semaine dernière, devant les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, Villepin a été amené à évoquer l'une des notes du général Philippe Rondot. Résumant un entretien avec le Premier ministre, le 19 juillet 2004, l'ancien agent secret avait écrit cette phrase : «Si nous apparaissons, le PR [président de la République, ndlr] et moi, nous sautons.» Face aux magistrats, le chef du gouvernement a jugé «absurde» cette note, précisant qu'elle provenait d'un entretien qu'il avait eu avec Sarkozy en octobre 2004 et non en juillet. «Très en colère» et «toujours pas convaincu», le ministre de l'Intérieur lui aurait dit, toujours selon Villepin : «Si vous apparaissez [comme ayant caché ce rapport, ndlr], le Président et vous, vous sautez.» Villepin a expliqué avoir lui-même parlé de cette altercation verbale au général Rondot qui l'aurait donc mal retranscrite.
Dans le Monde daté d'aujourd'hui, le locataire de la place Beauvau, et partie civile dans cette affaire, contre-attaque. Me Thierry Herzog, l'avocat du ministre de l'Intérieur, assure que son client a «découvert avec étonnement» les faits tels que relatés par le chef du gouvernement et «décidé, dans ces conditions, de faire exception à la règle qu'il [s'était] fixée de ne jamais commenter les éléments de la procédure, en apportant, sur ce point, un démenti catégorique». L'avocat précise que Sarkozy «se souvient parfaitement de cet entretien ; il affirme qu'il n'a pas prononcé les mots qui lui sont prêtés  [par Villepin], d'autant qu'à aucun moment il n'a pu envisager que le chef de l'Etat ait pu être concerné en quoi que ce soit par cette affaire» . Matignon rappelait hier que Villepin, qui s'était refusé jusqu'à maintenant à tout commentaire pour réserver ses explications aux juges, avait témoigné sous serment. Devant les juges, Villepin avait regretté «l'instrumentalisation politique et médiatique» de l'affaire Clearstream.
Quelques heures après son audition de dix-sept heures, Villepin avait reçu vendredi ses ministres (dont Sarkozy) pour un petit déjeuner afin de «terminer l'année de façon amicale» . Les deux hommes avaient alors fait assaut d'amabilité. Une trêve qui n'aura pas attendu la fin de l'année pour se terminer...
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Mardi 26 décembre 2006
Des patrons français à la tête de grandes entreprises étrangères, c'était l'exception. Plus maintenant. Les PDG made in France deviennent les « piliers » de grands groupes. Tour du monde.

«Non, je ne suis pas une star », lance avec une petite pointe d'accent américain le Français Jean-Pierre Garnier, 58 ans, le PDG du groupe anglo-américain GlaxoSmithKline, numéro deux mondial de la pharmacie (31,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires). Mais ce diplômé de pharmacologie de l'université Pasteur a beau jouer les modestes, dans le gotha des PDG internationaux, Garnier est une espèce rare ! Il fait partie du très sélect club des Français patrons de multinationales étrangères. Un destin qu'il doit peut-être à son père, redresseur d'entreprises. « Nous avons dû le suivre dans son travail à Dijon, au Mans, à Marseille, Paris, Strasbourg. Ça m'a donné le goût du voyage », plaisante-t-il. Dans les années 70, lauréat du concours Fullbright Fellow, destiné à recruter les meilleurs étudiants à travers le monde, Jean-Pierre Garnier obtient une bourse. Au choix : Harvard (Massachusetts) ou Stanford (Californie). Il opte pour la seconde université - « à cause du soleil et de l'ambiance ». MBA en poche, Jean-Pierre Garnier entre chez Schering-Plough. Il enchaîne dans le groupe pharmaceutique les postes en Suisse, au Danemark, au Portugal, avant de devenir chef commercial de la filiale américaine à Philadelphie. « Dans les années 80, un tel job pour un Français, c'était du jamais-vu », reconnaît-il. Après quinze ans de carrière chez Schering-Plough (qu'il quitte comme président), Jean-Pierre Garnier entre en 1990 chez SmithKline Beecham, comme patron de l'Amérique du Nord. Neuf ans plus tard, il en est nommé président. En 2000 il pousse à la fusion avec Glaxo Wellcome et prend la tête du nouvel ensemble ! Depuis, Jean-Pierre Garnier, fou de squash, partage sa vie entre Londres et Philadelphie et voyage deux cents jours par an. Un patron « made in France » devenu à 100 % un produit d'export.

Combien sont-ils comme lui ? A peine cinq ou six, à la tête des 100 plus grandes entreprises mondiales (si l'on exclut bien sûr les groupes français). Malgré la mondialisation, ce n'est donc pas tous les jours qu'un French boss prend la tête d'une firme étrangère. Pourtant, les exceptions se multiplient ces derniers temps. Depuis 2005, Patrick Cescau, 58 ans, tient seul les rênes d'Unilever, dont les produits remplissent nos placards (Lipton, Carte d'Or, Omo, Cajoline, Dove...). Une première pour cette vénérable multinationale jusqu'ici toujours dirigé par des tandems d'Anglo- Saxons ! Mais Patrick Cescau, un Essec Insead, qui parle six langues et a sillonné la planète durant trente ans pour le compte d'Unilever (s'expatriant en Allemagne, où il a rencontré sa femme, puis aux Pays-Bas, aux Philippines, en Indonésie, aux Etats-Unis), est en train d'infliger une sacrée thérapie de choc au mastodonte anglo-néerlandais ! Autre étoile des « French PDG internationaux », Philippe Varin. Depuis 2003, ce Français de 54 ans dirige le groupe sidérurgique anglo-néerlandais Corus. Cet X-Mines, marié à une femme médecin et père de quatre enfants, a su transformer une entreprise au bord de la faillite en belle fille très courtisée. Quand cet ancien de Pechiney arrive en 2003 chez Corus, l'action cotait 30 pence. Aujourd'hui, l'entreprise fait l'objet d'une féroce dispute entre l'indien Tata, qui propose 500 pence, et le brésilien CSN (515). « Quel que soit le vainqueur, Philippe Varin, chez Corus ou ailleurs, est promis à un avenir brillant », juge à son propos un banquier de la City.

De belles perspectives de carrière ? Des centaines de nos compatriotes dans le monde peuvent y prétendre. Ils sont aujourd'hui directeur financier, directeur international, directeur de marketing dans des grands groupes internationaux - Procter & Gamble, Coca-Cola, Microsoft, Apple, Kraft... Rien qu'aux Etats-Unis, selon le cabinet Transmark Partners, ils seraient déjà 5 000. « Plusieurs d'entre eux vont forcément émerger comme CEO - président de groupe - ces prochaines années », pronostique Jean-Pierre Garnier. Rien d'étonnant à cela. Plus d'un million et demi de Français sont partis ces dernières années à l'étranger, dont plus de 30 % de cadres sup. Ces futurs number one ne sont pas toujours très médiatisés. « Les entreprises redoutent qu'on les leur arrache ! », note la consultante Floriane de Saint-Pierre. Mais sans bruit, certains Frenchies sont déjà devenus des « piliers » de grands groupes. « Souvent, ils ont démarré chez des leaders mondiaux tricolores et se sont vu offrir un tremplin par la concurrence étrangère », raconte le consultant Michael Boroian.

Prenons Thierry Antinori. Depuis six ans, cet Essec de 45 ans d'origine lorraine est membre du directoire de Lufthansa et vice-président exécutif marketing, ventes et distribution de la compagnie. « Auparavant, je m'occupais d'Air France en Allemagne avec mon équipe et j'avais fait beaucoup progresser la compagnie », avoue l'intéressé. Hervé Martin a, lui, été « chassé » par le groupe de luxe italien Ferragamo, qui prépare son introduction en Bourse. Bardé de diplômes (Sciences po, droit et HEC), il est nommé en 2003 direttorre generale prodotto chargé de toutes les collections produits (hors parfums) de la communication et du marketing de Ferragamo, après avoir été successivement patron de la distribution de Cartier aux Etats-Unis, puis patron de Vuitton Europe et de Kenzo (groupe LVMH). Même parcours pour Alain Viot, 43 ans (Essec-MBA), un ancien de Cartier qui vient de prendre en Espagne la direction des porcelaines Llora, un pilier de l'économie de Valence. D'autres managers français, ex-consultants ou banquiers, ont eu aussi la chance de se faire « remarquer » par des clients. Comme Richard Lepeu, qui à Genève dirige aujourd'hui les finances du groupe Richemont, un grand mondial du luxe (Cartier, Van Cleef & Arpels, Jaeger LeCoultre, Piaget...), contrôlé par le Sud-Africain Johann Rupert. « En 1979, je travaillais chez Rothschild et Cie quand la maison Cartier, avec qui j'avais des relations, m'a proposé un job. A l'époque, je ne connaissais de la marque que la bague Cartier trois anneaux que j'avais achetée à ma femme », avoue-t-il.

Mais le plus souvent, les belles réussites à l'étranger tiennent surtout à l'audace seule d'individus qui « ont tenté l'aventure », explique le consultant Michael Boroian. Ainsi en a-t-il été pour Patrick Bousquet-Chavanne, group president du numéro un américain des cosmétiques Estée Lauder depuis 2001. « Quand j'ai préparé mon MBA, dans l'Indiana, j'ai tout de suite senti qu'aux Etats-Unis l'expérience comptait pour 70 % dans une carrière, j'ai alors voulu y rester », explique ce Provençal diplômé de l'Ecole supérieure de commerce de Marseille. Du coup, le jeune homme décroche un premier job comme directeur des ventes d'Elizabeth Arden au Texas et au Nouveau-Mexique. Expérience décoiffante. En 1987, il devient DG pour Arden en Grande-Bretagne jusqu'à ce que la famille Lauder, propriétaire d'Estée Lauder, lui propose de rejoindre le groupe à New York comme directeur international. Après une expérience de deux ans chez Dior, comme patron des opérations internationales, il revient en 1998 aux Etats-Unis chez Estée Lauder, avec pour mission de fusionner les directions américaine et internationale. Au fil des ans, d'ailleurs, le groupe s'est entouré d'une vraie French dream team. Cédric Prouvé, transfuge de L'Oréal, est group president international, Philip Shearer, group president (Clinique, Origins), Véronique Gabai-Pinsky (ex-Dior), senior vice-president designer fragrances, Fabrice Weber (ex-Chanel) prend la division Asie Pacifique ces prochains jours. Enfin, Marie-Rose Tricon, senior vice-president, travaille au lancement des produits Tom Ford pour 2007. « Dans ce groupe de 20 000 personnes, les Français occupent 30 % des postes du top management », reconnaît Patrick Bousquet-Chavanne.

Comme ce dernier, les deux rois des fusions-acquisitions à Londres, deux Français et deux frères, ont eu une fascination pour le monde anglo-saxon. Michaël Zaoui travaille pour Morgan Stanley, Yoël Zaoui pour Goldman Sachs. (On dit qu'en 2005 ils ont empoché des bonus de plus de 6 millions d'euros.) Tous deux nés au Maroc, ils ont passé leur enfance en Italie à cause d'un père haut fonctionnaire à la FAO. Michaël Zaoui, 49 ans, rêvait d'être chef d'orchestre. Il fait... Harvard, après Sciences po et la London School of Economics. Yoël, 45 ans, après HEC et un DEA à Dauphine, gagne Stanford. « Adolescent, je m'intéressais beaucoup à la médecine, explique-t-il. Mais mon père, qui était très ouvert sur le monde, nous a poussés à faire nos études aux Etats-Unis. J'ai commencé en 1988 chez Goldman à New York. La banque m'a proposé ensuite un poste à Londres. » Il réussit toutefois à rester quelques mois de plus à New York, pour s'imprégner davantage du monde des fusions-acquisitions qui le passionnait et était encore balbutiant en Europe. En 1989, Yoël Zaoui choisit la City. Depuis, les deux frères, parfois alliés, parfois adversaires, ont conseillé la plupart des opérations qui ont redessiné ces dernières années le capitalisme français : vente d'Indosuez au Crédit agricole, rachat d'Elf par Total, de Kingsfisher par Castorama, d'Arcelor par Mittal...

Sacré parcours. Aujourd'hui, les émules des Zaoui lorgnent plus vers l'Asie que vers les Etats-Unis. Ainsi, grâce à Asie Extrême, une association montée par des anciens de Sciences po, François Amman est parti pour le GAN au Vietnam et Olivier Burlot à Hongkong pour Hachette Filipacchi. Forts de leur expérience, ils ont depuis monté Adkom, un prospère groupe de presse en Asie. Leur compère de l'association, Joachim Poylo, 36 ans, a lui carrément créé un groupe de restauration, propreté, sécurité et gestion de base vie dans la région. Aden, sa société, vise 55 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an prochain et embauche ces prochains mois 6 000 personnes. Autant de réussites qui, pour Christine Lagarde, ministre du Commerce extérieur français, peuvent redonner le moral à la génération Audrey Tautou, à condition d'être vraiment fluent dans la langue du pays où l'on s'installe.

« Après le bac, chaque Français devrait passer une année à l'étranger pour voir ce qui se passe », conseille la ministre, qui sait de quoi elle parle. Cette fille d'un professeur d'anglais a fait à 17 ans sa première immersion aux Etats-Unis, grâce à un séjour organisé par une association créée par les ambulancières américaines de la Première Guerre mondiale. Diplômée d'un DESS de droit social et de la Holton-Arms School à Bethesda (Maryland), cette avocate a été aussi la première femme à présider le cabinet Baker & McKenzie à Chicago jusqu'à son arrivée à Bercy en 2005. « Expatriés ou non, les cadres français parlent de mieux en mieux l'anglais et leur bonne formation générale comme leur créativité sont souvent très appréciées », reconnaît Dominique Reiniche, la patronne de Coca-Cola Europe, une Essec, titulaire d'un MBA, qui a toujours travaillé chez des Anglo-Saxons (chez Procter & Gamble et Kraft). « Les Français ont souvent une approche technique et fouillée des dossiers, qui leur permet d'être performants dans les montages financiers », constate Joël Zaoui. Une French touch reconnue dans une multitude de talents. Ainsi aux Etats-Unis, Calice Becker, 42 ans, est une vedette pour avoir créé de nombreux parfums. A 70 ans, Philippe de Montebello divise le Metropolitan Museum of Art de New York. Frédéric Fekkai a lancé une chaîne de coiffeurs et de produits exportés désormais en France ! En Italie, Jean-Claude Blanc, 42 ans, MBA à la Harvard Business School, dirige la Juventus de Turin, et Jean Todt, à la tête de Ferrari en F1, lui a offert une kyrielle de titres. En Grande-Bretagne, l'Alsacien Arsène Wenger, 56 ans, dirige le club d'Arsenal, à Londres (4,5 millions d'euros de salaire annuel) depuis dix saisons.

Mais au fond, que reste-t-il de français chez ces expatriés de dix, vingt, trente ans ? Une culture, une langue. « On est citoyen du monde, mais on reste toujours attaché à ses racines et si on peut les promouvoir, tant mieux », explique Richard Lepeu. « Quand j'étais présidente de Baker & McKenzie, je commençais toujours mes discours par quelques mots en français », avoue Christine Lagarde. « Nous parlons français à la maison, à Francfort », ajoute Thierry Antinori. Idem à Hongkong pour Raphael Le Masne, un quadra diplômé de Sup de co Nantes, PDG de Shanghai Tang (Richemont) - il a épousé une journaliste belge. Ces expats, mais pas tous, s'offrent une résidence secondaire dans la mère patrie, en Provence, comme pour Patrick Bousquet-Chavanne et Raphael Le Masne. Histoire de donner aux enfants « une éducation à la française », au moins pendant les vacances. L'attachement à la France va-t-il plus loin ? Au point de la privilégier dans le business ? Ce n'est pas exclu. « Quand Adkom organise un Salon de l'aviation d'affaires en Chine et présente les derniers modèles de Dassault à 35 VIP chinois, j'aide la France à vendre sa technologie », répond aussi Olivier Burlot. « Si nous avons choisi d'investir 500 millions d'euros en France pour produire des vaccins (contre les cancers de l'utérus) à Saint-Amand-les-Eaux, explique Jean-Pierre Garnier, c'est parce que j'ai pu avoir avec le ministre de la Santé un excellent dialogue. Mais aussi parce je pense qu'il faut donner aux enfants français d'autres rêves que la simple augmentation du smic. Pour un pays, miser sur sa recherche, c'est l'aider à préparer son avenir. » L'avenir, justement ! Pour la plupart des enfants de patrons expatriés, il est à l'étranger. « Au départ, au moins pour un premier job », explique Léon Bressler, ex-PDG d'Unibail, qui s'installe en Grande-Bretagne pour devenir associé de la nouvelle banque Weinberg Perella. Sa fille est avocate à New York, son fils dans la banque à Londres. Les trois filles de Jean-Pierre Garnier travaillent aux Etats-Unis, l'une comme médecin, l'autre comme juriste, la troisième pour le gouvernement. Ces patrons français rêvent-ils de rentrer au bercail ? « Sûrement », avoue Léon Bressler. « Ma valeur ajoutée est en Asie, je ne me vois pas ailleurs », confesse Raphael Le Masne. Il est vrai que presque une génération les sépare...

FERRARI

Jean Todt 60 ans, administrateur délégué Il a permis à la Scuderia de remporter de 2002 à 2004 cinq doublés mondiaux pilote et constructeur avec Michael Schumacher.

GlaxoSmithKline

Jean-Pierre Garnier 58 ans, PDG

CA : 31,5 milliards d'euros

Il dirige le numéro deux mondial de la pharmacie et choisit d'investir en France dans la production de vaccins.

CORUS

Philippe Varin 54 ans, PDG CA : 15 milliards d'euros

Il a transformé le groupe sidérurgique en mariée idéale que se disputent l'indien Tata et le brésilien CSN.

UNILEVER

Patrick Cescau 58 ans, PDGCA : 39,7 milliards d'euros

Il est en train d'infliger un véritable traitement de choc à ce groupe aux quatre cents marques (Dove, Sunsilk, Lipton...).

Patrice Wagner,le patron du Kadewe

Patrice Wagner, 39 ans, originaire de Tarbes, dirige le prestigieux Kaufhaus des Westens. Le grand magasin de l'Ouest que les Berlinois ont surnommé KaDeWe est avec Harrods à Londres le grand temple de la consommation en Europe. En 1990, vendeur au rayon chaussures du grand magasin Breuninger à Stuttgart, Wagner se distingue très vite et prend les commandes du magasin Breuninger de Karlsruhe. Pour consolider le nouveau magasin des Galeries Lafayette qui bat de l'aile, il s'en va à Berlin. Il attire l'attention des patrons du groupe Karstadt, qui lui confient le KaDeWe en 2002. Patrice Wagner s'emploie depuis à en faire un fleuron du luxe Pascale Hugues

Anne Asensio, la directrice du design de GM

Voilà déjà six ans qu'Anne Asensio, 44 ans, a posé ses valises à Detroit. Elle a traversé l'Atlantique, en mai 2000, pour rejoindre General Motors, le premier constructeur automobile au monde. Directrice du design, du design intérieur, de la qualité et de l'image des marques du groupe de GM, cette inconnue du grand public a travaillé plus de dix ans chez Renault avec succès (la Twingo, la Clio, c'est en partie elle). Sa mission chez GM : redonner un style fort aux voitures de l'américain, dont le design était devenu d'un genre passe-partout

Régis Dubrule, le roi du meuble

Régis et Ghislaine Dubrule débarquent en 1975 au Brésil « pour voir ». Le jeune Lillois, diplômé de Sciences po Grenoble, travaille pour le groupe Louis-Dreyfus, qui vend des meubles en aggloméré à une clientèle brésilienne sceptique. L'entreprise abandonnera l'idée, pas lui : en janvier 1977, il ouvre à São Paulo son premier magasin Tok & Stok. En six mois, la surface passe de 80 à 600 mètres carrés. Trente ans plus tard, Dubrule est à la tête de l'« Ikea brésilien », un empire de 26 magasins, 500 fournisseurs et 1 700 employés pour écouler 600 000 articles par mois. « C'est un métier difficile et je me sens toujours pionnier », avoue l'intéressé

Didier Lecoanet un nouveau karma

Durant trente ans, Didier Lecoanet a multiplié les voyages, avec son partenaire Hemant Sagar, né à Delhi. Mais, en 2002, ils transfèrent leur maison de couture de Paris à Gurgaon, près de Delhi. Avec un chiffre d'affaires de 1 million d'euros, l'entreprise s'est offert un showroom à Shanghai. A 51 ans, Lecoanet revendique un créneau : le luxe éthique. Il lance ainsi un manteau de mousson, créé avec du plastique recyclé dans les bidonvilles. En mars, il ouvrira un complexe consacré à la mode, comprenant leur troisième usine, un musée, une école de stylisme Vanessa Dougnac

Etats-Unis, l'eldorado des chercheurs français

Ils sont partout, de l'observation de la mouche drosophile à l'étude de la politique monétaire en passant par l'élaboration de radars pour la Nasa. On compte aujourd'hui quelque 3 000 à 4 000 chercheurs français installés aux Etats-Unis, beaucoup à la tête de laboratoires importants. L'un des plus célèbres : Jean-Lou Chameau, 53 ans, nommé en septembre président du très prestigieux California Institute of Technology (Caltech), une pépinière de 31 prix Nobel, clame le site Internet.

Domaine de prédilection des Français ? Les sciences de la vie, la biologie, les biotechnologies... Outre-Atlantique, des secteurs très développés disposent de grosses ressources financières. Tout ce que n'offre pas la France. Jacques Banchereau, spécialiste de la transplantation d'organes, dirige ainsi l'Institut Baylor pour la recherche en immunologie à Dallas, Albert Bendelac, autre spécialiste d'immunologie, est professeur à l'université de Chicago, le généticien Norbert Perrimon préside un laboratoire de Harvard sur la drosophile... Le National Health Institute compterait environ 140 chercheurs français. Mais on trouve des Français dans toutes les disciplines. Charles Elachi est à la tête du Jet Propulsion Laboratory au Caltech, le plus important centre pour l'exploration robotique du système solaire. Il a même un astéroïde à son nom ! Jean-Luc Gaudiot dirige le département d'ingénierie électrique et d'informatique de l'université de Californie, Olivier Blanchard enseigne la macro-économie au MIT... La plupart de ces scientifiques ont débarqué aux Etats-Unis pour faire une thèse et sont restés, comme Emmanuel Candès. Après Polytechnique, ce brillant mathématicien de 35 ans est parti pour Stanford où il a enseigné un temps avant de rejoindre Caltech. Il vient de recevoir le très prestigieux prix Waterman, assorti d'une bourse de 500 000 dollars. Selon la mission pour la science et la technologie de l'ambassade de France à Washington, la fuite des cerveaux reste constante depuis quinze ans. Mais 80 % des chercheurs français finissent par regagner la mère patrie Hélène Vissière

Clotaire Rapaille, le gourou du marketing

Il a l'air de sortir d'un roman de Huysmans avec son élégance de dandy, son manoir XIXe près de New York et ses voitures de luxe. Mais Clotaire Rapaille, 65 ans, est un gourou du marketing et les grandes marques américaines s'arrachent ses analyses à 250 000 dollars. En 1983, cet ex-psychanalyste franchit l'Atlantique et décrypte l'inconscient collectif du consommateur américain. Sa méthode : remonter à l'« empreinte » d'un produit, aux émotions suscitées dans l'enfance qui conditionnent le choix du consommateur. Clotaire Rapaille a persuadé Chrysler de créer le PT Cruiser, la version moderne de la berline d'Al Capone, Procter & Gamble d'insister sur l'arôme et non sur le goût du café, le Ritz d'investir dans des toilettes de luxe... Du coup, les candidats à la présidentielle sollicitent le docteur Rapaille, y compris Hillary Clinton... Le « code » pour gagner ? « Moïse ! Les Etats-Unis sont dans un tel bourbier qu'il leur faut un sauveur qui leur dise : j'ai trouvé la Terre promise. » H. V.

Source: Le Point, Beatrice Peyrani
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Dimanche 24 décembre 2006
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Samedi 23 décembre 2006

Nous sommes avec Dominique de Villepin et resterons avec lui, car nous croyons à sa vision de la France, nous le soutenons, et croyons en lui. Pour nous c'est le seul à incarner cette France. Une France de tolérance, une France de rassemblement, une France Villepiniste!

"Avançons ensemble avec Dominique de Villepin"

par rezeid publié dans : Divers
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Samedi 23 décembre 2006
Au cours d'une audition-marathon de 17 heures qui a donné lieu à un procès-verbal de 71 pages, le Premier ministre « soucieux de faire avancer la vérité » ne s'est jamais dérobé aux questions des juges.

Dix-sept heures d'audition, 168 questions, 71 pages de procès-verbal. Ainsi, se résume cet interrogatoire-marathon, sans précédent dans l'histoire judiciaire, auquel a été soumis, jeudi, Dominique de Villepin en qualité de témoin dans l'affaire Clearstream.

Les juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy avaient visiblement préparé cette audition avec une extrême minutie. Le nombre et la précision des questions indique que les magistrats n'ont rien voulu négliger dans ce dossier politico-judiciaire. Avec le souci de faire tout le tour de la question.

Remonté comme une « pendule »

Force est de constater, au vu des réponses apportées, que le Premier ministre n'a, à aucun moment, cherché à se dérober. Aux questions des magistrats, le chef du gouvernement s'est attaché à répondre de façon argumentée, ne négligeant aucun détail et refusant l'approximation. Visiblement en grande forme, et « remonté comme une pendule », Dominique de Villepin a même pris le soin, à plusieurs reprises, d'enrichir ses réponses en les re-situant dans le contexte du moment.

Pas de doute. A la lecture de ce procès-verbal volumineux, l'audition semble s'être tenue dans un climat détendu, dépourvu de toute agressivité. Ni colère, ni éclat de voix, ni emportement. L'interrogatoire s'est visiblement déroulé dans les meilleures conditions.

On croit même y déceler de la courtoisie dans les échanges opposant le témoin aux deux juges d'instruction. Une preuve ? A 22 h 20, les juges, sans doute fatigués - on le serait à moins - proposent au Premier ministre d'interrompre l'audition et de la poursuivre à une date ultérieure. Le témoin Villepin, qui vient déjà de répondre à une centaine de questions, fait savoir qu'il souhaite poursuivre l'audition jusqu'à son terme.

Sur le fond, on constate à la lecture du PV que les juges ne sont pas parvenus à mettre le Premier ministre en difficulté. Ses réponses attestent de sa maîtrise totale du dossier jusqu'à ses moindres détails.

« Pas d'instructions du président de la République »

« Non, je n'ai jamais eu les listings Clearstream en main », affirmera-t-il à plusieurs reprises. « Non, je n'ai jamais évoqué cette affaire avec le Président de la République. Et aucune action n'a été menée en liaison avec de prétendues instructions du Président », a soutenu le témoin face aux juges qui n'avaient, en dehors des notes Rondot, aucun élément pour le prendre en défaut.

Pourquoi n'a-t-il pas informé Nicolas Sarkozy ?

La réponse est nette : « Quand il a été évoqué publiquement le nom de la famille de Nicolas Sarkozy dans cette affaire, en juillet 2004, j'ai demandé au Président, comme au Premier ministre, s'il convenait que je l'informe. Le Président a répondu que cela revenait au Garde des Sceaux ».

Est-il intervenu pour faire libérer Imad Lahoud qui était en garde à vue dans une autre affaire ?

« C'est absurde, je ne suis jamais intervenu, tout au long de ma carrière, dans une quelconque procédure judiciaire », a alors lâché Dominique de Villepin.

Et pourquoi n'a-t-il pas informé le ministre de la Défense de la mission confiée au Général Rondot ?

« Il s'agissait d'informations relevant de la compétence internationale du ministre des Affaires étrangères », a-t-il expliqué pour justifier sa discrétion vis à vis des autres membres du gouvernement alors qu'il était en poste au Quai d'Orsay.

L'audition d'un Premier ministre dans une affaire sans précédent constitue sans conteste un évènement exceptionnel. C'est la raison pour laquelle nous vous livrons, en exclusivité, le contenu in-extenso de cette audition qui semble clore le volet politique de ce dossier.

Cinq pages spéciales à télécharger :

  • Audition de Dominique de Villepin page 1
  • Audition de Dominique de Villepin page 2
  • Audition de Dominique de Villepin page 3
  • Audition de Dominique de Villepin page 4
  • Audition de Dominique de Villepin page 5
  • par rezeid publié dans : Divers
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    Samedi 23 décembre 2006

    "Comment est il possible de retrouver la déposition dans le presse, il y a vraiment un problème et des questions à se poser?"Rezeid

    "J'ai conscience de l'extraordinaire complexité et difficulté de ce dossier où plusieurs personnalités politiques et plusieurs ministres en exercice sont cités, mais je regrette l'instrumentalisation politique et médiatique qui en a été faite, ce qui a modifié en profondeur la perception que l'on pouvait avoir du rôle de certains acteurs, et en particulier du mien."


    C'est par ces mots que le premier ministre, Dominique de Villepin, a conclu sa déposition, dans la nuit de jeudi à vendredi, aux alentours de 3 heures du matin. Durant dix-sept heures, les deux juges de l'affaire Clearstream, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, l'ont soumis à un feu nourri de questions sur ses interventions dans le déroulement de cette affaire, qui s'est avérée une manipulation destinée à impliquer de nombreuses personnalités – dont Nicolas Sarkozy – dans un scandale financier.

    Interrogé en qualité de témoin, le chef du gouvernement s'est, pour l'essentiel, défendu de toute implication dans la propagation et dans la falsification des listings. Il a notamment affirmé n'avoir "jamais reçu ou eu en mains les listes ou documents informatiques concernant Clearstream" et avoir toujours ignoré le nom du mystérieux "informateur" qui avait fourni ces listings à Jean-Louis Gergorin – en lequel les juges sont convaincus d'avoir reconnu l'informaticien Imad Lahoud.

    M. de Villepin a, en outre, contesté de nombreuses mentions figurant sur les notes personnelles du général Philippe Rondot, ex-agent des services secrets qu'il avait mandaté pour entreprendre des vérifications sur l'authenticité des listings de Clearstream, au mois de janvier 2004. Ces notes, assure M. de Villepin, auraient fait l'objet de
    "réécritures et de reconstructions a posteriori".

    Nous publions ci-dessous quelques extraits de cette audition :


    La réunion du 9 janvier 2004


    C'est au cours de cette réunion au Quai d'Orsay – M. de Villepin est alors ministre des affaires étrangères – avec le général Rondot et Jean-Louis Gergorin que sont évoqués devant lui pour la première fois, par ce dernier, les fameux listings.
    "L'objet de la réunion était, pour moi, d'avoir confirmation par le général Rondot des éléments évoqués par Jean-Louis Gergorin le 1er janvier 2004 et de savoir si le général Rondot confirmait les inquiétudes qu'on pouvait avoir sur un tel dossier et ses implications internationales. Aucun document ne m'a été présenté ni remis lors de cet entretien. (…) Le général Rondot a confirmé l'inquiétude qu'on pouvait avoir sur un tel système et marqué l'intérêt des vérifications qu'il avait engagées dans le cadre d'une mission qui lui avait été confiée au ministère de la défense, [où il était affecté]. Et j'ai donc demandé au général Rondot de me tenir informé des aspects internationaux de ce dossier en me référant aux demandes du président de la République, qui avait, à plusieurs reprises, insisté auprès de moi pour que je sois particulièrement vigilant sur tout ce qui touchait à la moralisation de la vie économique internationale. J'ai indiqué au général Rondot que je souhaitais que ces informations fassent l'objet d'un traitement discret et prudent compte tenu de la sensibilité de ce qui avait été évoqué. (...) Je me suis inscrit dans le cadre de la mission qui avait été confiée au général Rondot par le ministère de la défense, sans rien ajouter à cette mission ; je n'ai pris aucune initiative spécifique ni ne disposais d'ailleurs d'aucun moyen pour ce faire au ministère des affaires étrangères."


    Les "instructions" du chef de l'Etat sur cette affaire


    Elles étaient évoquées par le général Rondot dans un courrier adressé à M. de Villepin le 12 janvier 2004, puis dans une note du même officier à Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, le 19 octobre 2004. Le premier ministre les conteste.
    "A aucun moment, je n'ai reçu d'instructions précises du président de la République dans ce dossier, je me suis référé à des orientations générales. (...)
    Nous sommes dans une situation ubuesque, à la limite du ridicule, où il est fait mention d'un cadre secret qui aurait été fixé sur instructions du président de la République, alors qu'il fait l'objet de longs débats et de multiples échanges épistolaires entre le général Rondot et sa hiérarchie."


    L'apparition du nom de Nicolas Sarkozy dans les listings falsifiés


    En fait, il s'agit de la partie hongroise du patronyme du ministre de l'intérieur (Nagy-Bocsa) qui figure effectivement sur les listes falsifiées, et dont les notes du général Rondot semblent indiquer qu'il fut évoqué avec insistance au cours de la réunion du 9 janvier 2004.
    "Le nom de M. Sarkozy n'a pas été cité à plusieurs reprises lors de cette réunion, et je rappelle que la fiche [de M. Rondot] que vous m'avez présentée n'est pas un compte rendu. La seule référence qui a été faite à M. Sarkozy a été en relation avec sa fonction de ministre de l'intérieur. Fallait-il ou pas, comme le suggérait Jean-Louis Gergorin, informer ce ministère ? J'ai pensé qu'à ce stade préliminaire, en l'absence de tout élément permettant de donner crédit aux informations qui avaient été fournies, il ne fallait pas sortir de la mission qui avait été confiée au général Rondot par le ministère de la défense. Le risque aurait été de nourrir des susceptibilités ou rivalités entre services et ministères. Par ailleurs, il était important, au vu de la sensibilité des informations, d'éviter toute fuite ; d'où pour moi l'importance de rester dans le cadre fixé. Toutes ces mentions qui se réfèrent au nom de M. Sarkozy (…) sont des notations disparates qui ne relèvent pas de la réunion du 9 janvier, d'autant moins que l'évocation d'un patronyme de la famille Sarkozy était à cette époque impossible. Je l'ai découvert [sur les documents] en même temps que les autres responsables gouvernementaux, au mois de juillet [2004]."

    par rezeid publié dans : Divers
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