Villepin mobilise son camp en faveur du CPE

Publié le par rezeid

LE CLIMAT social se tend pour Dominique de Villepin. Après les fonctionnaires qui doivent manifester le 2 février pour réclamer une revalorisation de leurs salaires, les syndicats lycéens et étudiants ont appelé hier à défiler dans toute la France le 7 février pour «exiger» le retrait du contrat première embauche (CPE).

DOMINIQUE DE VILLEPIN sonne le rappel. Alors que les syndicats et les mouvements de gauche fourbissaient leurs armes, le premier ministre a tenté, toute la journée d'hier, de mobiliser sa majorité autour du contrat première embauche (CPE), avec pour objectif de contrecarrer une «opération mensonge».


Présentant ses voeux, hier soir à Matignon, aux parlementaires de sa majorité, Dominique de Villepin s'est montré très offensif, prêt à engager «un combat pour la vérité». Il n'a pas ménagé le président de l'Unef, Bruno Julliard, qui appelle à la mobilisation le 7 février pour obtenir le retrait du CPE : «Quand j'entends le président d'une importante organisation étudiante nous dire qu'il vaut mieux, plutôt que le CPE, un CDD de 2 ans, quand on sait que le CDD ne peut pas excéder six mois, on se rend compte à quel point aujourd'hui certains veulent faire croire à nos compatriotes que les vessies sont des lanternes.»


«La gauche ment à la jeunesse»


Dès hier matin, le premier ministre avait mesuré le soutien de ses troupes. Silencieux depuis l'annonce du plan emploi pour les jeunes, Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve dans le huis clos du petit-déjeuner des chefs de la majorité à Matignon : «L'UMP sera à fond derrière vous.» Plus tard, devant les députés, le président de l'UMP a appelé de nouveau à soutenir sans ambiguïté une «très bonne mesure pour l'emploi des jeunes». L'ancien ministre d'Edouard Balladur rappelle, au passage, qu'«il n'y a pas de commune mesure entre le CIP (lancé, puis retiré en 1994) et le CPE, qui est un vrai contrat d'embauche».


A l'heure du déjeuner, devant les députés UMP, Villepin redéroule les grandes lignes de son plan et insiste sur les «plus» qu'apporte le nouveau contrat en termes de logement, de formation et de droit au chômage : «Partons à l'offensive ! Nous pouvons avoir la tête haute face à l'opposition», lance-t-il sous les applaudissements. Dans les couloirs, Bernard Accoyer, patron des députés UMP, réplique à l'opposition : «La gauche crée une polémique, elle ment à la jeunesse.»


Gouvernement et majorité sont sur le pont pour prêter main-forte au premier ministre. Depuis une semaine, ses conseillers scrutent les sondages, prennent le pouls des universités et observent les tactiques syndicales. Les premiers sondages (l'un paru dans Le JDD, l'autre à paraître dans L'Humanité) semblent les avoir rassurés. Il «y a beaucoup d'idéologie chez les adversaires du CPE», observe-t-on à Matignon, et beaucoup d'arrière-pensées politiques chez les syndicats.

«Dernière grande bataille sociale»


Mais l'incertitude reste énorme, au point que Villepin a choisi d'avancer de 15 jours l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances. Provoquant, du même coup, la colère de l'UDF – elle menace de ne pas voter le texte – et surtout la fureur de la gauche, qui dénonce un «passage en force».


Il s'agit «probablement de la dernière grande bataille sociale d'ici à 2007», estime François Hollande, le numéro un du PS, qui parle d'un «démantèlement du Code du travail». Il devrait interpeller Villepin aujourd'hui dans l'Hémicycle. Devant le groupe PS à l'Assemblée, il a aussi invité les parlementaires à se battre sur le fond : pas d'amendements «ridicules», a-t-il dit, pour ralentir la discussion.

Mais ce n'est pas à l'Assemblée que la gauche pourra faire barrage au CPE. Elle multiplie donc les appels pour s'organiser. Hier, Dominique Strauss-Kahn a réclamé «une riposte unitaire de toute la gauche». Jack Lang a lancé une pétition pour dénoncer «la guerre contre la jeunesse» que mènerait le gouvernement.

source: www.lefigaro.fr

Publié dans Villepin et l'UMP

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