M. de Villepin réfléchit à un contrat de travail unique, avec deux ans de période d'essai

Publié le par rezeid

"Cependant l'entourage du premier Minstre a annoncé que rien n'est décidé à ce jour."

La bataille du contrat première embauche (CPE) n'est pas encore livrée, mais Dominique de Villepin et sa majorité préparent déjà celle qu'ils veulent mener avant l'été sur la remise à plat du droit du travail, et très certainement la redéfinition du contrat à durée indéterminée (CDI).

 

Après le contrat nouvelles embauches (CNE), pour les entreprises de moins de 20 salariés, et le CPE pour les jeunes de moins de 26 ans, le premier ministre est prêt à entamer une nouvelle étape. Selon nos informations, l'un des schémas étudiés par Matignon est celui de la généralisation de la période d'essai de deux ans introduite par le CPE et le CPE à tous les CDI et, parallèlement, la suppression des contrats à durée déterminée (CDD).

Dans la majorité, cette option est déjà largement discutée. Des députés proches du dossier mettent en avant l'avantage d'un régime juridique unique pour tous les salariés — un CDI nouvelle formule avec deux ans de période d'essai — qui rendrait plus difficile la discrimination par les banques ou les bailleurs entre CDD et CDI. Le CDI nouvelle formule reprendrait également les allégements de charge réservés aux jeunes par le CPE.

"PARTONS À L'OFFENSIVE !"

Interrogé, mercredi 25 janvier, sur cette hypothèse, Matignon indique que "la piste du contrat unique ne (nous) choque pas" mais "dément formellement" qu'une telle feuille de route soit d'ores et déjà fixée. "Le premier ministre s'est engagé à consulter les partenaires sociaux", insiste Matignon.

Le 16 janvier, M. de Villepin avait lui-même rappelé que "la troisième étape du plan de lutte contre le chômage dépend du dialogue avec les organisations syndicales". Mais, avait-il prévenu, "il faut aller vite, nous n'avons pas l'éternité devant nous. Je prendrai mes responsabilités et donnerai mes conclusions à l'issue des discussions".

Officiellement donc, Matignon indique : "Nous ne savons pas encore s'il faut aller vers un contrat de travail unique ou s'il faut multiplier les contrats dérogatoires pour vaincre les principales poches de chômage, comme dans les PME ou chez les jeunes." Le premier ministre avait reconnu, le 16 janvier : "Ce que je ne peux pas écarter, c'est la question d'une cohérence globale du contrat de travail et donc je me pose la question : faut-il un ou plusieurs contrats de travail ?"

Mardi 24 janvier au soir, c'est un premier ministre combatif et déterminé qui a défendu son projet de CPE devant les parlementaires de sa majorité, conviés à Matignon pour les voeux. Le projet de loi sur l'égalité des chances, qui inclut le CPE, sera discuté par l'Assemblée nationale à partir du 31 janvier. Plusieurs députés ont fait part de leurs inquiétudes face aux conséquences sociales de ce projet, notamment la manifestation annoncée des syndicats de salariés et des organisations lycéennes et étudiantes pour le 7 février.

Déterminé à faire reculer significativement le chômage avant la présidentielle, le premier ministre estime avoir épuisé les marges de manoeuvre budgétaires pour faire baisser les charges sur les bas salaires ou les jeunes. Et pense qu'il ne lui reste plus que la carte de la flexibilité.

M. de Villepin a donc remis les pendules à l'heure, mardi, face à sa majorité. Il l'a exhortée à ne pas reculer dans ce "combat pour la vérité", mettant en garde contre ceux qui mènent des luttes idéologiques et qui "veulent faire croire que les vessies sont des lanternes". Il a ainsi critiqué le président d'une importante organisation étudiante qui avait déclaré "qu'il vaut mieux, plutôt que le contrat première embauche, un CDD de deux ans". "Dans notre pays le CDD ne peut pas excéder dix-huit mois !" et "l'indemnité de rupture (est) supérieure dans un CPE", a répliqué M. de Villepin.

"Aujourd'hui c'est à nous de défendre le mouvement là où d'autres sont sur les lignes de conservation", a-t-il insisté. "Partons à l'offensive ! Nous pouvons avoir la tête haute face à l'opposition", avait-il déjà lancé, lors du déjeuner, avec des députés UMP. Sur cette ligne volontariste, il veut aussi couper l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP. Mardi, celui-ci n'a pas eu d'autre choix que d'assurer que "l'UMP sera à fond" derrière le premier ministre.

source: www.lemonde.fr

Publié dans Emploi

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