Villepin joue la pédagogie sur le CPE pour contrer la gauche

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin multiplie les exercices pédagogiques pour tenter de contrer le front du refus constitué à gauche contre le contrat première embauche, dispositif-phare de son plan pour l'emploi des jeunes.

Le Premier ministre tiendra jeudi matin sa conférence de presse mensuelle à Matignon.

Avant cela, il livre dans les colonnes du Nouvel Observateur, hebdomadaire connu pour son ancrage à gauche, sa vision "volontariste et pragmatique" de l'action politique.

Mercredi après-midi, Dominique de Villepin, chef de la majorité de droite, a croisé le fer à l'Assemblée avec François Hollande, chef de l'opposition de gauche, au sujet du CPE, un contrat à durée indéterminée (CDI) assorti d'une période d'essai de deux ans et destiné aux moins de 26 ans.

Le Premier ministre a affirmé que le nouveau contrat, petit frère du contrat nouvelles embauches (CNE) lancé en août dans les très petites entreprises, était "un contrat anti-précarité" et a mis au défi la gauche d'apporter des solutions au problème lancinant du chômage des jeunes en France.

François Hollande a accusé Dominique de Villepin d'avoir "peur de la jeunesse" et de le montrer en procédant à une accélération du calendrier parlementaire pour faire adopter le CPE avant les vacances scolaires de février-mars.

Le texte sera débattu le 31 janvier à l'Assemblée, dans le cadre de l'examen du texte sur l'égalité des chances.

Syndicats et organisations de jeunes ont décidé de se mobiliser contre le CPE le 7 février. Ils ont choisi un seul mot d'ordre: le retrait du CPE.

"Où est le progrès ? Il est dans la précarité des jeunes aujourd'hui, de tous demain", a poursuivi le premier secrétaire du Parti socialiste, faisant référence à la volonté du gouvernement d'engager une réforme du contrat de travail.

Peu auparavant, Matignon avait opposé un démenti aux informations du Monde, selon lesquelles le Premier ministre réfléchirait à un contrat de travail unique, avec période d'essai de deux ans, sur le modèle du CNE et du CPE.

"TOUT EST OUVERT"

"Le contrat unique n'est pas d'actualité. Le Premier ministre a indiqué qu'il travaillerait avec les partenaires sociaux à une troisième étape de la bataille pour l'emploi au cours des prochains mois", a dit l'entourage de Dominique de Villepin.

Selon Le Monde, "un des schémas étudiés par Matignon est celui de la généralisation de la période d'essai de deux ans" introduite par les contrats CNE et CPE à tous les CDI et, parallèlement, "la suppression des CDI".

La création d'un contrat unique de travail est une revendication de longue date du patronat et figure parmi les propositions du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, rival de Dominique de Villepin parmi les présidentiables à droite.

Dans l'interview au Nouvel Observateur, le Premier ministre dit mettre "sur la table la question du contrat de travail: contrat unique, fusionnant CDD et CDI, ou contrats différenciés, à l'exemple de ce que nous faisons pour les petites entreprises et les jeunes". "Tout est ouvert", souligne-t-il.

"Le Code du Travail fait partie de nos références essentielles. Mais, pour qu'il puisse vivre efficacement, il faut l'aménager et l'adapter. C'est parce que je crois profondément au modèle social français que j'entreprends de le moderniser", explique-t-il.

A la gauche et aux syndicats, qui le jugent engagé dans une surenchère libérale avec Nicolas Sarkozy, dans la perspective de la présidentielle de 2007, le Premier ministre répond qu'il croit "en l'action" et se "méfie des étiquettes".

"L'exercice du pouvoir consiste à trouver le point d'équilibre, le point de réconciliation. Bien sûr, nous avons besoin de mouvement pour moderniser notre modèle. Mais bien sûr aussi nous avons besoin de protection et de garanties pour avancer en confiance. Les deux sont parfaitement compatibles et font notre originalité", souligne-t-il.

"Ne réduisons pas tout à des ambitions politiciennes. Qui peut soutenir qu'agir contre le chômage des jeunes ne s'impose pas ? Mon impératif est un impératif démocratique : je ne veux pas que 2007 soit un temps de surenchère ou d'alternance mécanique", ajoute Dominique de Villepin.

source: www.liberation.fr

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Loic 25/01/2006 18:26

Bien sur, une société basée sur un remboursement de la Sécurité sociale à 100 %, une retraite pourquoi pas à 45 ans, et un voyage gratuit en martinique pour l'ensemble des chomeurs serait idéal.
C'est bien ce que nous font croire des charlatents de politiciens pour amadouer un certain électorat défavorisé et s'assurer d'une prochaine victoire électorale.
Le problème, c'est qu'à ne pas montrer la réalité économique, à ne pas vouloir responsabiliser les gens, nous arrivons à un système pervers. La Sécurité sociale uniquement pour la branche maladie est difficitaire de 14 milllard d'euros ...
En ce qui concerne, l'exonération de charges patronales pour l'employeur qui embauche en CPE, cela peut paraitre injuste mais utile vu le cout du travail en France. Cout du travail aussi cher, car appliqué à des cotisations sociales énormes (CSG, CRDS...) pour renflouer un déficit abérrant et irrésponsable.
A ne pas vouloir réformer, on arrivera à un systeme français appauvri et encore plus déficitaire que nos enfants n'auront que de la honte à notre égard.
Le CPE est une opportunité pour les jeunes.

Un dernier mot pour vous dire que je suis pour un système social, solidiaire, de droit public mais également réaliste !!!!!! Il ne faut pas dire n'importe quoi.

stopcpe.net 25/01/2006 18:07

Au moment où une succession de sondages annonce qu’une majorité de français est opposée au CPE, la décision du gouvernement d’avancer précipitamment l’examen de la loi sur l’égalité des chances est la démonstration qu’il a peur.

C’est une insulte à la démocratie et une dérive autoritaire. C’est la preuve s’il en fallait que l’objectif recherché n’était pas l’amélioration des conditions d’existence des jeunes de ce pays mais bel et bien une étape de plus de la démolition du droit de chacun à vivre dans la dignité.

Plus de deux mois après les événements dans les banlieues et alors que la précarité ne cesse de croître, la réponse du gouvernement est claire : « ON VOUS EMMERDE ! »

Le CPE fait de notre génération une génération de sans droits. Cette discrimination anti-jeune qui fait de nous des citoyens de seconde zone est inacceptable. Nous ne voulons pas être des travailleurs jetables.

Le gouvernement nous rappelle que nous avons des devoirs, nous lui rappelons que nous avons aussi des droits et qu’il ne lui appartient pas de nous ôter le droit à la dignité.

Monsieur de Villepin, nous ne nous laisserons pas faire, nous ne sommes pas des esclaves, notre mobilisation sera à la hauteur du mépris que vous affichez envers les jeunes de ce pays.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes appelle toute la jeunesse à se mobiliser pour défendre sa dignité.