Fonctionnaires : Villepin veut supprimer plus de postes

Publié le par rezeid

BUDGET Matignon demande des efforts supplémentaires sur les effectifs, dès cette année. Si les ministères jouent le jeu, les suppressions de postes pourraient être supérieures aux 5 300 prévues.

LES MINISTRES qui ont suivi d'un peu loin la conférence nationale sur les finances publiques n'ont plus d'excuses. Dans la circulaire qu'il leur a transmise en fin de semaine dernière (voir nos éditions d'hier), le chef du gouvernement campe à nouveau le décor : en 2007, l'augmentation des dépenses de l'Etat sera inférieure de un point à l'inflation. Puis, il donne les grandes lignes du programme des «réjouissances» : accélération de la modernisation de l'Etat, «productivité», redéploiement de fonctionnaires, etc.


A une semaine de la grève des fonctionnaires, Dominique de Villepin prend le risque d'aiguiser les tensions. D'autant qu'il réitère auprès de chaque ministre sa demande d'aller plus loin, dès cette année, que les 5 300 suppressions d'emplois inscrites dans le budget. Avec cette fois-ci des exigences très précises sur la manière d'y parvenir. «Je vous demande, dès 2006, de limiter très strictement vos recrutements externes», écrit-il. «Le premier ministre a toujours dit que la nouvelle présentation budgétaire, la Lolf, permettrait d'aller plus loin», expliquait hier un de ses conseillers. Si ce n'est que Dominique de Villepin fixe clairement le cap et la manière.


Les plans de recrutement


Pour y parvenir, le premier ministre demande ainsi aux ministres de joindre à leurs objectifs de recrutement et de redéploiement pour 2007 – attendus avant le 10 février – leurs plans de recrutement pour 2006. Des plans qui retracent les flux d'entrées et de sorties par catégorie d'agents, directions nationales et locales, services. «Jusqu'à maintenant, ni Matignon ni Bercy n'avaient accès à ces informations, explique le conseiller budgétaire d'un ministère. Ils étaient seulement visés par le contrôleur financier.» Un autre conseiller s'en félicitait. «J'ai vraiment le sentiment que Matignon souhaite que la question des effectifs soit traitée en amont et non au moment des derniers arbitrages comme cela a été encore le cas l'année dernière.»


Reste que la tâche qui attend Matignon est immense. Le premier ministre demande de privilégier dès 2006, «chaque fois que possible, les mobilités internes à l'administration».


Il s'agit notamment de regrouper les différents corps pour permettre, par exemple, à un électricien ou à une secrétaire de l'Education nationale de poursuivre sa carrière au ministère de l'Equipement si un poste vacant l'y intéresse, plutôt que de procéder à un recrutement externe. Renaud Dutreil, en son temps, avait fixé un objectif particulièrement spectaculaire : passer de 900 corps environ à 28. Son successeur au ministère de la Fonction publique est moins ambitieux mais peut-être plus réaliste : il vise une réduction de 10% du nombre de corps dès cette année. Ce sera l'un des buts des «conférences annuelles de gestion des ressources humaines» que Christian Jacob veut instaurer dans chaque ministère, en relation avec le sien.


Discussions en panne sur le pouvoir d'achat


Dominique de Villepin précise néanmoins que les économies contribueront en 2007 «à améliorer le pouvoir d'achat des fonctionnaires». Cette idée, lancée par Nicolas Sarkozy et reprise par le président de la République et le chef du gouvernement, n'a pourtant fait l'objet d'aucune proposition du ministre de la Fonction publique lors de ses récentes négociations avec les syndicats. Le thème des effectifs n'a même pas été abordé. Inutile sans doute de rajouter de l'huile sur le feu alors que la seule question salariale a suffi à déclencher un appel à la grève quasi unanime, pour le 2 février.

source: www.lefigaro.fr

Publié dans Budget 2007

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