CPE : Villepin dit répondre

Publié le par rezeid

CPE. Dominique de Villepin a longuement défendu ce matin son contrat première embauche, dénonçant les "contre vérités" de ses détracteurs. Le contrat de travail unique est à l'étude.

  Dominique de Villepin (AP)

 

L e Premier ministre, Dominique de Villepin, a affirmé jeudi 26 janvier lors de sa conférence de presse mensuelle qu'il voulait "changer la donne" pour "répondre aux problèmes des jeunes" confrontés "à la quadrature du cercle" en matière d'emploi.
Défendant longuement ses mesures en faveur de l'emploi des jeunes, et notamment le controversé contrat de première embauche (CPE), il a affirmé: "nous changeons la donne, nous voulons nous doter d'outils et de mesures spécifiques pour répondre aux problèmes des jeunes".
Les jeunes "font face à la quadrature du cercle", a insisté le chef du gouvernement: "on leur demande une expérience que par définition, ils n'ont pas eu le temps d'acquérir, on exige d'eux une qualification très pointue qu'ils n'ont pas toujours, parfois même on leur reproche un diplôme trop élevé et inadapté".
Le Premier ministre a en outre affirmé que son gouvernement veut construire "un parcours solide d'accès à l'emploi", en s'attachant à dénoncer des "contre-vérités" sur le Contrat première embauche.

"Contre vérités"


"Ce que le gouvernement veut construire, c'est un parcours solide d'accès à l'emploi, depuis les stages jusqu'au contrat à durée indéterminée", a déclaré Dominique de Villepin.
Défendant sa décision de créer un Contrat première embauche (CPE) pour les jeunes, il a dénoncé "un certain nombre de contre vérités" sur ce sujet.
Selon lui, il est "faux" de "dire qu'un jeune pourra être licencié à tout moment et sans préavis, du jour au lendemain".
"J'entend dire également que le jeune sera moins payé que dans un CDI classique: c'est faux", a-t-il ajouté.
"J'entends même dire parfois que le CDD serait plus avantageux et que par conséquent il vaudrait mieux ne rien changer: est-il nécessaire de dire combien c'est faux?", a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a dit souhaiter "un débat serein" car "un sujet aussi essentiel que l'emploi des jeunes mérite un débat de vérité".
Sur le contrat de travail unique, le Premier ministre a assuré qu'il attendait "des économistes et des spécialistes de l'emploi" des "éclairages plus précis" avant de s'engager.
"J'attends des économistes et des spécialistes de l'emploi qu'ils m'apportent des éclairages plus précis et un avis dans les prochains mois" sur le contrat de travail unique, a déclaré Dominique de Villepin.

"Rompre avec la fatalité"

Plus généralement, il a déclaré qu'il fallait "rompre avec un sentiment de fatalité" en France, "refuser la résignation", s'affirmant convaincu que "les Français sont prêts".
"Il est temps de rompre avec un sentiment de fatalité ou avec certaines habitudes dans notre pays", a-t-il lancé.
Evoquant le chômage des jeunes, les difficultés des étudiants, la condition des femmes, la dépense publique, il a lancé : "sur tous ces sujets, nous devons refuser la résignation et faire preuve d'imagination".
Il a affirmé sa "conviction"' que "les Français sont prêts : ils savent très bien ce qui ne marche pas dans notre pays, ils veulent bouger".

Créations d'entreprises

Dominique de Villepin a par ailleurs affirmé que 200.000 entreprises avaient été créées en France chaque année depuis trois ans, et 220.000 en 2005.
Affirmant que "l'emploi, c'est aussi la croissance, et plus précisément la croissance de nos entreprises", le Premier ministre s'est félicité de "deux bons résultats".
Il a cité "la vigueur de la création d'entreprises dans notre paus, avec 200.000 créations chaque année depuis trois ans, et 220.000 en 2005".
"Autre signe positif", a-t-il dit, "le dynamisme de nos grandes entreprises, qui sont souvent des leaders mondiaux dans leur secteur".
La France devait parvenir "dans un délai de deux ans" à 1.000 groupements de PME "plus solides" afin de développer les exportations des entreprises françaises, a ajouté le Premier ministre.
"Nous devons aider les PME (petites et moyennes entreprises) à développer leurs exportations", a-t-il affirmé.
"Cela passe par le regroupement des PME et le portage des petites entreprises par les grandes", a-t-il expliqué.
Notant qu'"il y a aujourd'hui plus de 100.000 PME qui exportent", Dominique de Villepin a estimé que la France devait "parvenir dans un délai de 2 ans à 1.000 groupements plus solides, accompagnés chacun par une grande entreprise".

Marchés publics

Un texte réformant le code des marchés publics pour favoriser l'accès des PME à la commande publique va être présenté dans les prochains jours par le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, a-t-il par ailleurs annoncé.
Le Premier ministre a précisé que "chaque commande comportera un nombre minimal de PME parmi les candidats admis à présenter une offre".
Par ailleurs, a-t-il dit, "chaque fois que cela sera possible, les grands marchés seront divisés en plusieurs lots afin de permettre à chaque entreprise quelle que soit sa taille de concourir".

Projets pour l'UE

Dominique de Villepin a en outre réaffirmé vouloir construire "des projets ambitieux" à 25 dans les domaines de la recherche, de l'industrie ou des hautes technologies pour faire avancer l'Europe.
Privilégiant le "pragmatisme", le Premier ministre a souligné, lors de sa conférence de presse mensuelle, que "c'est l'Europe des projets qui nous permettra d'emporter la conviction et de montrer que la construction européenne sert les intérêts de la France", tels que les projets Iter, Airbus ou Galileo.
Il a souligné qu'il s'était entretenu la semaine dernière avec la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il devait voir jeudi soir le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel qui préside l'UE et qu'il devait rencontrer dans les prochains jours le Premier ministre britannique Tony Blair.
"Nous voulons construire ensemble, à 25, des projets ambitieux dans les domaines de la recherche, de l'industrie, des hautes technologies, de la sécurité, pour faire de l'Europe l'exemple d'une aventure politique qui avance", a-t-il déclaré.

source: www.nouvelobs.com

Publié dans Conférences de presse

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