CPE: Villepin sûr de lui face aux critiques

Publié le par rezeid

 

Il a vanté les qualités du contrat première embauche en dépit des réticences de la gauche et des syndicats.

Dominique de Villepin ne semble pas très inquiet de la mobilisation étudiante et syndicale contre son contrat première embauche (CPE). C'est en tout cas ce qu'il a voulu montrer, hier, lors de sa conférence de presse mensuelle à Matignon. «La grogne ne prend pas chez les étudiants, même si on observe des tentatives pour faire montrer la mayonnaise», selon son directeur de cabinet, Pierre Mongin. Tout juste l'entourage du Premier ministre redoute-t-il une éventuelle «jonction» entre la colère étudiante et les craintes du monde salarial. Villepin a donc tenté de répondre point par point à ses détracteurs. En préambule, il a expliqué qu'il prétendait agir avec «sérénité et détermination» car la situation sur le marché de l'emploi est «inacceptable». Dans une longue tentative d'explication, il a expliqué que «plusieurs réponses ont jusqu'ici été envisagées» : «se résigner», «créer des emplois dans le secteur non marchand», «inciter financièrement les entreprises». Par opposition, il a vanté les mérites du CPE qui n'est pas, selon lui, «un produit banal». Villepin s'en est pris ensuite aux «contre-vérités» : «J'entends dire qu'un jeune pourra être licencié à tout moment et sans préavis, du jour au lendemain : c'est faux !» Et d'assurer que les titulaires du CPE auront droit à «une indemnité, un préavis et des droits nouveaux à l'assurance chômage et à la formation», que l'accès au crédit bancaire leur sera garanti, et qu'ils bénéficieront d'un «accès privilégié au 1 % logement».

Villepin a également montré des signes de bonne volonté aux partenaires sociaux qui lui reprochent de les avoir ignorés : «J'écoute les organisations syndicales, je suis en contact régulier avec elles, je suis prêt à reprendre les propositions qui me paraissent les plus utiles au pays.» Sur le contrat de travail unique, il est resté très prudent (lire ci-dessous). En conclusion, il s'est fendu d'un nouvel accès de volontarisme. «Il est temps de rompre avec un sentiment de fatalité ou avec certaines mauvaises habitudes», a-t-il lancé, en promettant de «faire sauter les verrous, les blocages de la société française» avant 2007. Au passage, Villepin a écarté la réforme institutionnelle de Sarkozy qui souhaite réduire le Premier ministre au rang de simple coordinateur de l'action gouvernementale : «C'est un vieux débat qui n'est pas aujourd'hui une priorité de l'action gouvernementale [...]. D'un Premier ministre à l'autre, la pratique institutionnelle change, je crois plus au tempérament des hommes.»

L'ensemble de ce plaidoyer pro domo lui a valu une vive réplique syndicale : la secrétaire confédérale de la CGT, Maryse Dumas, a affirmé qu'«il ment» lorsqu'il affirme rencontrer les organisations syndicales. Jugeant que ce «mensonge jette la suspicion» sur ses arguments de défense du CPE, elle a ajouté : «Visiblement, le Premier ministre continue à penser qu'il suffit d'affirmer pour démontrer.» Le secrétaire national à l'emploi du PS, Eric Besson, a moqué un «exercice d'autosatisfaction» ponctué de propos «lénifiants». L'ancienne ministre de l'Emploi, Martine Aubry, a demandé au gouvernement de «retirer» un projet qui marquerait «une précarisation généralisée de la jeunesse». Jack Lang a accusé Villepin de «mener avec aplomb» une «politique antijeunes». Quant au président de l'Unef, Bruno Julliard, il lui a reproché de construire «un parcours solide d'accès au licenciement».

source: http://www.liberation.fr/page.php?Article=354508

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