Qui est pour les "CPE"?

Publié le par rezeid



Le syndicat étudiant Uni, marqué à droite, a soutenu mardi le contrat première embauche (CPE) qu'il a décrit comme "un contrat à durée indéterminée" (CDI) et comme "une véritable avancée sociale" en termes d'indemnités chômage si le contrat est rompu.
Ce contrat sera efficace, selon l'Uni, "pour lutter contre la précarité et répondre plus efficacement aux besoins des jeunes en terme d'accès au logement de formation et d'indemnités chômage". Rappelant que "21% des bacs +4 n'ont toujours pas de travail après 9 mois de recherche", le syndicat a estimé que "c'est en moyenne après 8 à 10 ans de galère et de précarité qu'un jeune peut espérer décrocher son premier CDI".

Il a critiqué les "syndicats et partis de gauche" qui se sont lancés selon lui dans "une vaste campagne de désinformation et de diabolisation", cédant à "l'immobilisme". (Communiqué, mardi 24 janvier)

Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC: La CGC salue "une volonté de s'attaquer aux racines d'un certain nombre de maux de société. On a toujours dit qu'il valait mieux maintenir quelqu'un le plus possible dans l'emploi plutôt que de le détruire en le faisant passer par le chômage. Le CPE nous semble présenter l'intérêt d'une période probatoire de deux ans nettement plus courte que les huit à onze ans que mettent en moyenne les jeunes aujourd'hui pour intégrer un emploi.
Mais comme pour le CNE, il faudra voir si ce dispositif permet de lever la barrière psychologique qui fait que les chefs d'entreprises hésitent à embaucher les jeunes et les moins jeunes. On verra à l'issue des deux ans si les patrons vont jouer le jeu et ne pas licencier pour reprendre des gens derrière avec le même dispositif". (Déclaration, lundi 16 janvier)

L'organisation patronale CroissancePlus (entreprises innovantes) et la Confédération générales des petites et moyennes entreprises (CGPME) ont salué la mise en place d'un nouveau contrat de travail pour les jeunes.
Pour CroissancePlus, la création du contrat première embauche permet une "double avancée" en contribuant à "lutter contre le chômage endémique qui touche les jeunes" et à "adapter le Code du travail aux règles économiques qui gouvernent les entreprises".
Cette initiative "devrait encourager les chefs d'entreprise à donner leur chance aux jeunes (...) c'est un pas en avant en faveur de la relance des créations nettes d'emplois en France", a estimé Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'association, cité dans le communiqué.
De son côté Jean-François Roubaud, président de la CGPME, s'est félicité de voir le gouvernement "privilégier la relance de l'emploi plutôt que l'assistance". "Faire du premier emploi en faveur des jeunes une nécessité absolue, c'est vraiment ce que nous souhaitons nous aussi", a-t-il déclaré.
Mais cette proposition "nécessite des clarifications pour ne pas risquer d'introduire une complexité supplémentaire dans les dispositifs destinés à favoriser l'emploi des jeunes", a souligné la CGPME dans un communiqué. (lundi 16 janvier)

Chez les politiques


Dominique de Villepin, Premier ministre : "Je leur réponds que (...) la précarité, c'est ce que nous connaissons depuis 25 ans (...) Avant de manifester, de contester, de critiquer, informons-nous !". "Pas de bataille idéologique ! La situation est trop grave, l'enjeu des jeunes trop important pour l'avenir de notre pays pour que nous nous contentions de faire comme avant". "Il peut y avoir des malentendus, des préoccupations, des amalgames. C'est le rôle du gouvernement de ne jamais cesser d'expliquer", a reconnu Villepin, mais, voulant "être jugé aux résultats", il "croit très sincèrement que nos compatriotes comprennent" sa démarche. "Comparons cette période de deux ans" de période d'essai incluse dans le CPE "à la situation de galère d'aujourd'hui, où les jeunes mettent entre 8 et 11 ans avant de pouvoir véritablement avoir un emploi stable".
(Déclarations, vendredi 20 janvier)

Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi : Interrogé sur un éventuel retrait du CPE, face à la mobilisation des syndicats et des organisations de jeunes, le ministre a répondu : "non, je crois qu'il y a la volonté absolue du gouvernement d'avancer, d'écouter ce que nous dirons les parlementaires et de proposer aux jeunes de sortir de la galère". "Si c'est reculer pour retomber dans la situation antérieure, ce serait faire preuve d'un manque de courage, et le sens des responsabilités nous amène à essayer de répondre aussi bien aux problèmes des jeunes qu'à ceux des seniors". Il a défendu la décision du Premier ministre d'avancer de quinze jours, au 31 janvier, l'examen par l'Assemblée nationale du texte concernant le CPE, par la volonté de "ne pas tronçonner l'examen du texte entre commission et débat au Parlement". "Ce qui m'inquiète, c'est la situation des jeunes face à l'emploi, avec un taux de chômage qui depuis vingt ans est toujours deux fois plus élevé que le taux de chômage moyen", "depuis des années, les jeunes entrent en galérant dans le travail".
"Il faut le dire, 70% des jeunes entrent dans le travail par le CDD ou l'intérim", dit-il, "il faut des années pour consolider la stabilité dans l'emploi, on est dans une situation extrêmement dégradée pour les jeunes".
Il s'est défendu de renforcer la précarité de l'emploi pour les jeunes : "c'est l'inverse, la pire des précarités, c'est le chômage, c'est de ne pas pouvoir accéder au logement". (RTL, mardi 24 janvier)

Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement : "Il faut inviter les jeunes à prendre leur calculette et à voir la réalité d'aujourd'hui par rapport à ce qu'on propose (...) Dominique de Villepin propose des stages validés qui soient obligatoirement rémunérés, un contrat première embauche dans lequel il est prévu, au-delà de la période probatoire de deux ans, un CDI, rémunéré comme n'importe quel contrat de travail, en aucun cas en-dessous du droit commun". Il a récusé l'idée que le CPE serait source de "précarité". "La précarité, a affirmé le ministre du Budget, c'est celui qui est au chômage ou au RMI - et il n'y a pas d'accès au RMI pour mes moins de 26 ans -, c'est d'être dans un CDD".
"C'est cela la précarité et c'est l'inverse que nous proposons", a-t-il dit. (Europe 1, mardi 24 janvier)

Jean-François Lamour, ministre de la Jeunesse et des Sports, a dénoncé la "pétition spectacle" du député socialiste Jack Lang, qui a lancé un appel intitulé "SOS jeunesse en danger". "C'est un spectacle navrant qui témoigne que la tentation d'instrumentaliser la jeunesse à des fins individuelles et partisanes reste ancrée dans sa culture politique". "On ne sortira pas les jeunes de la précarité en prenant l'initiative d'une pétition spectacle à la mode de M. Lang". Selon lui, "les déclarations de M. Lang cherchent à masquer son absence totale de propositions". Pour le ministre, "les mesures proposées par le gouvernement poursuivent toutes le même objectif: sortir les jeunes de la précarité, leur permettre d'accéder à l'emploi". (Communiqué, mardi 24 janvier)

Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale : Le "dispositif n'a que des avantages par rapport à la situation que (les jeunes) connaissent et qui est insupportable".
"C'est un contrat à durée indéterminée alors qu'aujourd'hui les jeunes restent au chômage pendant des années interminables", "un jeune sur quatre est au chômage" et "40 %" quand ils sont "sans qualification". "Leur offrir un contrat à durée indéterminée, alors que la moyenne aujourd'hui, ce sont pour eux des CDD d'un mois, avec des droits, des avantages, un vrai salaire, c'est une avancée incontestable". "Il faut faire confiance" au gouvernement. "Ce que l'opposition est en train de vouloir avancer sans aucune contre-proposition, ça, c'est coupable. On n'a pas le droit de mentir à la jeunesse". (Assemblée nationale, mercredi 25 janvier)
"La gauche crée une polémique, crée une désinformation" et "elle ment à la jeunesse de France car elle n'a rien fait de durable". "Les dispositions que le gouvernement Jospin avait prises en ce domaine étaient des dispositions précaires, qui ne pouvaient, ni ne donnaient accès ou droit au chômage ou à la formation". Pour lui, le gouvernement Villepin, au contraire, "a décidé de s'engager pleinement et dans l'urgence dans le noyau le plus douloureux du chômage, le chômage des jeunes".
"Ce qui serait coupable, ce serait de ne rien faire", a-t-il ajouté. Les mesures nouvelles visent "à s'attaquer à cette trappe à précarité dans laquelle se trouvent les jeunes pendant un temps devenu insupportable". "C'est une avancée incontestable", a-t-il dit, stigmatisant les "mensonges d'une gauche passéiste qui n'a proposé que la précarité". "Le calendrier n'a pas été accéléré, il a été centré sur ce texte de telle façon qu'en séance il y ait tout le temps nécessaire pour le débat". (Point presse, mardi 24 janvier)

Jacques Le Guen, député UMP-Finistère : "Nous n'avons pas de temps à perdre dans des discussions stériles". L'inscription du projet de loi a été avancée "pour éviter qu'il soit tronçonné par les vacances parlementaires" (couloirs de l'Assemblée, mardi 24 janvier).

Guy Geoffroy, député UMP-Seine-et-Marne : "Le vrai problème est la crédibilité de l'action publique. C'est une question qui ne peut pas attendre. La priorité, c'est d'apporter des réponses et de les mettre en oeuvre rapidement".(couloirs de l'Assemblée nationale, mardi 24 janvier)

Jacques Myard, député UMP-Yvelines, souverainiste : "Dominique de Villepin a raison d'aller vite.
Le pragmatisme est une priorité contre les idéologies". (couloirs de l'Assemblée nationale, mardi 24 janvier)

Patrick Ollier, président UMP de la commission des Affaires économiques: C'est une "mesure courageuse et efficace". "L'indemnité obligatoire pour les stages de plus de trois mois est aussi de nature à lutter contre la précarité". (Communiqué, lundi 16 janvier)

Jean-Michel Dubernard, président UMP de la commission des Affaires culturelles et sociales: "Avec le lancement du contrat première embauche, le gouvernement a obéi à une double conviction: le combat pour le plein emploi suppose une stratégie à la fois globale et ciblée. Il faut en finir avec l'exception française qui veut que, dans l'hexagone, plus qu'ailleurs en Europe, les jeunes sont placés de façon quasi systématique au bout de la file d'attente des demandeurs d'emplois". (Communiqué, lundi 16 janvier)

Valérie Pécresse et Luc Chatel, porte-parole de l'UMP: "Nous nous félicitons de l'initiative du Premier ministre de mener la bataille pour l'emploi des jeunes. C'est une offensive prioritaire" car "redonner le moral aux Français c'est d'abord redonner confiance aux jeunes.
Les propositions présentées par Dominique de Villepin ont été élaborées à la suite de plusieurs entretiens avec le président de l'UMP Nicolas Sarkozy.
C'est une solution gagant-gagnant : il y a plus de souplesse pour les entreprises, plus de protection pour les jeunes, avec des droits au chômage, à la formation, qui n'existaient pas auparavant.
280.000 contrats de nouvelle embauche (CNE) ont été réalisés après cinq mois de mise en oeuvre, c'est un bon résultat mais comme nous avons le taux de chômage le plus élevé d'Europe chez les jeunes, il était nécessaire de passer à la vitesse supérieure dans le domaine des jeunes". (Déclaration, lundi 16 janvier)

Josselin de Rohan, président du groupe UMP au Sénat : "Le réforme globale du contrat de travail, la réforme du financement de la Sécurité sociale, celle du régime des heures supplémentaires, démontrent que le Premier ministre et le gouvernement entendent mener une action durable et approfondie, pour permettre à la France de concilier la nécessaire sécurisation des salariés avec la recherche de la compétitivité et le renforcement de notre économie." (Communiqué, lundi 16 janvier)

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine et président du groupe UMP au Conseil régional d'Ile-de-France : la création du contrat de première embauche "va permettre de sortir du cycle infernal chômage/précarité qui touche de très nombreux jeunes en Ile-de-France.
La perspective d'entrer directement en CDI dans le monde du travail est un vrai progrès par rapport à la situation actuelle" (Communiqué, lundi 16 janvier)

Nicolas Dupont-Aignan, député UMP de l'Essonne et président du club Debout la République : "L'intention du gouvernement de favoriser l'emploi des jeunes est louable, mais le contenu des mesures annoncées relève une fois de plus de l'accompagnement du chômage des jeunes, qui plus est dans le sens de la précarisation, plutôt que de son traitement" (Communiqué, lundi 16 janvier)
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