2007 : le président qu'attendent les Français

Publié le par rezeid

"Bonne Nouvelle, Villepin possède de nombreux avantages pour les présidentielles 2007 selon un sondage"
 

 

Selon une enquête d'opinion TNS-Sofres réalisée pour Le Figaro, les Français souhaitent un président plus jeune, homme ou femme, honnête et plus proche de leurs préoccupations.

LES FRANÇAIS veulent que le prochain président de la République soit un quinquagénaire, homme ou femme, qu'il soit polyglotte, honnête et à l'écoute des autres. Ils souhaitent qu'il soit attentif à leur vie quotidienne et s'implique davantage en politique intérieure que sur la scène internationale.

Le portrait-robot que notre sondage TNS-Sofres dessine du futur chef de l'État montre que, à quinze mois du premier tour de la présidentielle, le jeu reste ouvert entre tous les grands candidats, potentiels ou déclarés. Il révèle «l'envie d'une bascule générationnelle», un besoin de «modernité», observe Brice Teinturier, directeur du département politique et opinion de l'Institut.


Première évidence à la lecture de cette enquête, la présidentielle demeure dans l'esprit des Français l'échéance politique majeure. 90% des personnes interrogées considèrent en effet qu'elle constitue «quelque chose d'important», dont 56% pour qui c'est même «très important». «2007 sera une élection majeure», analyse Brice Teinturier pour qui «l'attente des Français est extrêmement forte, malgré le climat de rejet de la politique».

Un «leader» plutôt qu'un arbitre

Homme ou femme ? 63% jugent que le sexe du futur président leur est indifférent. Ils sont même plus nombreux (21%) à souhaiter «plutôt une femme», que «plutôt un homme» (16% seulement). Et – est-ce l'effet Ségolène Royal ? –, ces préférences sont plus fortes auprès des femmes, des socialistes et écologistes et des 25-50 ans.


Concernant l'âge idéal du prochain président, le sondage est net : les Français, à l'exemple des Espagnols, des Allemands ou des Britanniques, plébiscitent à 54% la génération des 50-59 ans, 27% souhaitent un président quadragénaire et 13% seulement un sexagénaire ou plus. Ces chiffres ne sont guère encourageants pour les acteurs de 2002, Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, tous deux septuagénaires, et Lionel Jospin, qui le sera à l'été 2007. Ils ne sont pas très bons non plus pour Jack Lang, né en 1939, et, dans une moindre mesure, pour Laurent Fabius, qui franchira le cap de la soixantaine en août 2006. En revanche, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou, Marie-George Buffet ou Philippe de Villiers peuvent être rassurés : ils sont tous quinquagénaires.


Sur le fond, le président de l'UMP marque un point. Ses propositions de réformes institutionnelles visant à faire du chef de l'Etat «un président leader» qui «s'engage sur tout ce qui concerne la vie quotidienne des Français», trouvent un écho auprès des Français : 66% des personnes interrogées souhaitent que le président se comporte «plutôt comme un chef de gouvernement, très présent et actif en politique intérieure» que comme un «arbitre» restant «au-dessus de la mêlée» (24%). Les Français préfèrent aussi un président de proximité à un chef d'État cultivant sa stature internationale. Pour 56%, sa «capacité à comprendre les problèmes quotidiens des Français» prime sur sa «capacité à bien représenter la France à l'étranger et défendre les intérêts du pays» (17%). «Si le président doit être proche des Français, il ne doit pas être comme eux», analyse Brice Teinturier. Ils n'attendent pas spécialement qu'il ait le même niveau de vie qu'eux, qu'il fasse ses courses lui-même et ils ne font pas de la simplicité une qualité majeure pour le chef de l'Etat.


Situation matrimoniale sans importance

Si les Français disent ne pas se préoccuper de tout ce qui relève de la sphère intime du futur président, de ses loisirs, de ses goûts culturels, de son milieu d'origine, ils veulent connaître le système de valeurs dont il se réclame, ses «modèles» et les études qu'il a faites.

En tête des qualités qu'ils attendent d'un président, ils placent l'honnêteté, loin devant l'écoute des autres, l'esprit de décision, l'intelligence ou la détermination, la prestance n'étant un atout que pour 13% des personnes interrogées. Mauvais point pour le premier ministre.


Les Français ne semblent pas vouloir se prononcer en fonction du parcours politique du candidat. Pour une nette majorité d'entre eux, avoir été ministre, voire premier ministre, avoir été parlementaire, maire d'une grande ville ou patron d'un parti politique n'est pas «indispensable» et même «pas vraiment important». Bonnes nouvelles pour Hollande, qui n'a jamais été ministre, ou Villepin, qui n'est pas élu.

Mondialisation et modernité obligent, les Français placent en tête des éléments de nature à les inciter à voter pour lui le fait qu'un candidat parle plusieurs langues. Net avantage sur ce terrain à Villepin, Fabius et Strauss-Kahn.


Les électeurs ne se déterminent pas en fonction de la situation matrimoniale ou familiale. Ils ne sanctionnent pas les divorcés ou les personnes vivant maritalement. Mais le fait pour un candidat d'être homosexuel reste un obstacle pour 22% des Français, et même pour 37% des sympathisants de la droite parlementaire.

Autre handicap aux yeux des électeurs, être issu de l'immigration incite 23% des Français à ne pas voter pour un candidat. Alors qu'être catholique n'est un obstacle que pour 2%, être juif en est un pour 13% des électeurs. Ce rejet s'élève à 38% s'il s'agit d'un musulman, pourcentage qui atteint 49% chez les électeurs UMP-UDF.


Bien qu'ils disent ne pas se soucier de sa situation familiale, 17% des Français – 24% des électeurs UMP-UDF –, sanctionneraient un candidat ayant des relations extraconjugales. «Si les Français établissent une limite entre la vie privée et la vie publique, ils restent attachés à certains principes qui peuvent jouer en défaveur d'un candidat», relève Brice Teinturier.

Publié dans Sondages

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Blog Sondages 2007 03/03/2006 08:19

Gros coup de TNS-Sofres qui publie lundi 30 janvier 2006 à la une du Figaro le premier sondage de la pré-campagne consacré au candidat idéal à la présidentielle.