9ème mois de baisse!!!

Publié le par rezeid

A la fin décembre, on comptait en France 2 310 600 demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE, selon les chiffres diffusés mardi 31 janvier par le ministère du travail. Des chiffres qui confirment le recul du chômage en France, qui termine l'année à 9,5 % de la population active, au terme d'une baisse de neuf mois consécutifs. C'est le niveau le plus bas enregistré depuis février 2003.

 

Après une année 2004 stable, le chômage a enregistré un recul de 5,2 % sur l'ensemble de l'année 2005 (– 6 % pour les hommes et – 4,3 % pour les femmes), soit 126 800 demandeurs d'emploi de moins. Pour le seul mois de décembre, le nombre de chômeurs a baissé de 0,8 % (– 19 300 demandeurs d'emploi).

Alors que le nombre de demandeurs d'emploi augmentait régulièrement depuis le début de l'année – jusqu'à atteindre 10,2 % en mars –, la courbe du chômage s'est inversée à partir du mois d'avril, d'abord timidement, puis plus franchement à compter de l'été. Ce retournement de tendance a profité à l'ensemble des catégories de chômeurs, aussi bien les jeunes (– 5,8 % en un an) que les plus de 50 ans (– 4,1 %).

DES OFFRES D'EMPLOI EN HAUSSE DE 17 % EN 2005

 

Les chiffres diffusés par l'ANPE font apparaître des signes encourageants pour l'évolution du marché du travail. En un an, le nombre des offres d'emploi enregistrées à l'ANPE a augmenté de 17,3 % (en dépit d'un tassement de 0,7 % en décembre par rapport au mois précédent). En décembre, près de la moitié des offres enregistrées (en données brutes), soit 109 922 sur 229 071, concernaient des "emplois durables", c'est-à-dire de plus de six mois. Sur un an, la part de ces emplois durables a progressé de 27,6 %.

Mais cette embellie suscite une vive polémique. Economistes, syndicats et politiques s'interrogent et s'affrontent depuis des mois sur l'origine de cette évolution. Les créations d'emplois qui accompagnent et expliquent habituellement tout recul sensible du nombre de demandeurs d'emploi semblent faire défaut. Selon l'Insee, l'emploi dans le secteur concurrentiel n'a que faiblement augmenté en 2005, avec 42 000 créations de postes sur les neuf premiers mois de l'année.

Pour le gouvernement, cette apparente contradiction s'explique par le fait que les statistiques de l'Insee cernent difficilement l'évolution de l'emploi dans les entreprises de moins de dix salariés. Or ces dernières ont fait l'objet de deux des mesures phares du gouvernement en matière d'emploi en 2005 : le contrat nouvelle embauche (CNE, réservé aux entreprises de moins de vingt salariés et lancé cet été) et le plan de développement des services à la personne, qui a permis de créer 80 000 emplois, selon le ministère de la cohésion sociale.

Le CNE – dont l'impact sur les créations d'emplois ne pourra être évalué que dans plusieurs mois – "a permis de débloquer des situations dans les toutes petites entreprises", assure le ministre de l'emploi et de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo. Ce dernier a également mis en avant les premiers effets du plan de cohésion sociale, qui a relancé les contrats aidés (subventionnés par l'Etat) et l'apprentissage. Jean-Louis Borloo s'était félicité ce week-end d'une "tendance à la baisse durable" du chômage en France. Il s'était dit "très impatient que nous passions sous la barre des 8,9 %".

Syndicats et partis de gauche avancent, eux, des raisons bien différentes. Ils estiment que la baisse du chômage est avant tout liée aux premiers effets des départs à la retraite de la génération du baby-boom et au "durcissement du contrôle" des chômeurs engagé par le gouvernement, qui aurait conduit à une augmentation des radiations. Une accusation contre laquelle s'est vigoureusement élevé le directeur général de l'Agence nationale pour l'emploi, Christian Charpy, selon qui les radiations sont quasiment identiques à celles de 2004.

OFFENSIVE CONTRE LE CPE

Le premier ministre, Dominique de Villepin, ne devrait pas manquer de s'appuyer sur ces bons résultats dans les prochains jours, alors que syndicats, étudiants et partis de gauche s'apprêtent à lancer l'offensive contre son contrat première embauche (CPE), réservé aux moins de 26 ans. Ce projet promet une nouvelle bataille parlementaire à partir du mardi 31 janvier.

Le débat commencera mardi en fin d'après-midi après la séance des questions au gouvernement et le vote solennel du projet de loi Borloo sur le logement. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, interviendra sur le projet Borloo pour "faire le lien entre le logement et le CPE", a-t-on indiqué au PS. Outre le PS, le PCF et les Verts ont aussi annoncé une mobilisation générale contre ce texte emblématique pour eux de "la logique ultralibérale du gouvernement".

Les deux mesures les plus contestées du projet, l'apprentissage à 14 ans et le CPE, sont contenues dans les premiers articles du texte. Les opposants au CPE soupçonnent le gouvernement de préparer un contrat unique de travail pour démanteler le contrat à durée indéterminée (CDI). Pour Dominique de Villepin, ce dispositif est au cœur de sa lutte pour l'emploi. L'UDF n'est pas en reste, son président François Bayrou évoquant un "contrat de précarité absolue pour les jeunes". L'enjeu politique s'annonce de taille, quinze mois avant la présidentielle. Pour Dominique de Villepin, qui a battu le rappel de toute l'UMP, le CPE va "changer la donne" pour l'emploi des jeunes.

La discussion du texte controversé commencera par l'intervention du gouvernement, puis celle du rapporteur, Laurent Hénard (UMP). La gauche défendra ensuite des motions de procédure : l'exception d'irrecevabilité défendue par Gaëtan Gorce (PS), une question préalable défendue par Yves Durand (PS) avant la discussion générale puis la motion de renvoi en commission présentée par Jean-Pierre Brard (app. PCF).

source: www.lemonde.fr

Publié dans Emploi

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