Le gouvernement défend sa politique "pragmatique" de l'emploi

Publié le par rezeid

TROYES, Aube  - A quatre jours de la journée d'action de la gauche et des syndicats contre le CPE, Dominique de Villepin est allé sur le terrain pour un nouvel exercice de pédagogie sur sa politique de l'emploi.

A Troyes, la ville de son ministre de l'Outre-Mer, François Baroin, le Premier ministre a visité l'ANPE, un institut de formation et le forum des métiers.

Dans les allées de ce salon, Dominique de Villepin a été pris à partie par deux militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), venus lui reprocher sa politique de "précarité".

"Nous ne sommes pas des esclaves", proclamait leur tract.

"Comment voulez-vous que les gens consomment s'ils ne se sentent pas sécurisés ?" a lancé Maud, 27 ans, au Premier ministre.

"Qu'est ce qu'on a fait depuis huit mois ?" a répliqué Dominique de Villepin, s'attirant une riposte immédiate: "Vous avez réussi à casser la protection sociale, à faire peur aux personnes sur leur retraite !".

"Là vous me répétez votre petit manuel ! Mais partez de la réalité", a asséné le chef du gouvernement, avant d'insister: "J'admets toutes les critiques mais je veux qu'on parte de la réalité de ce que nous proposons parce que les questions que vous vous posez, et qui sont tout à fait justes, sur l'accès au crédit, l'accès au logement, le risque de se voir licencier pour des motifs pas conformes aux règles de droit, c'est de là que nous sommes partis, de ce souci là, pour apporter des réponses à tous ces points là".

A Dimitri qui soulignait avoir rencontré des gens en contrat nouvelles embauches (CNE), qui "vivent dans la précarité", le Premier ministre a lancé: "Est-ce que le CNE est un sous-smic ? Non. Le CNE offre une rémunération complète".

"Vous répétez ce qu'on vous a appris et ce qu'on vous a appris est faux", a insisté Dominique de Villepin. "Vous doutez aujourd'hui, vous serez convaincus demain".

"EN AVANT !"

Poursuivant son chemin, alors que François Baroin promettait aux jeunes socialistes un débat avec des jeunes de l'UMP, Dominique de Villepin est tombé opportunément sur des militants du parti présidé par Nicolas Sarkozy.

L'un d'entre eux l'a félicité pour le CPE, que "85% des jeunes" soutiennent.

"J'écoute, j'engage le dialogue, je crois qu'il faut se nourrir de toutes les réactions et, bien sûr, de toutes les critiques, les prendre en compte", a commenté le chef du gouvernement quelques instants plus tard devant la presse.

"C'est en cela qu'une démarche pragmatique permet d'éviter bien des erreurs. Quand vous partez de la réalité, vous avez les deux pieds bien ancrés dans le sol et ce que vous proposez est bien ajusté", a-t-il plaidé.

Le Premier ministre, qui avait visité dans la matinée un atelier de menuiserie, a filé la métaphore.

"Quand on propose quelque chose aux jeunes et à notre pays, il faut que ça tienne et que ça marche et qu'on n'ait pas besoin de clous pour forcer les choses, pas besoin de colle pour que ça tienne, parce que le bon sens, à un moment donné, il est partagé", a-t-il dit.

"Le bon sens, l'envie de répondre aux besoins, la bonne volonté, c'est de cela dont notre pays a besoin. Pas d'idéologie, du pragmatisme et que ça marche", a-t-il martelé.

Pour ce déplacement en terre chiraquienne, Dominique de Villepin s'est prêté au jeu de la promenade en centre-ville, entrant dans plusieurs magasins pour serrer des mains.

Croisant une femme qui lui a demandé ce qu'il faisait pour l'emploi des jeunes, le Premier ministre a lancé: "L'Assemblée, le Sénat et en avant !".

Le CPE est actuellement en débat au Palais-Bourbon, dans le cadre de l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances.

Après une première journée de mobilisation en demi-teinte, mardi dernier, la gauche, les syndicats et les organisations lycéennes et étudiantes appellent à manifester dans toute la France le 7 février pour demander "le retrait du CPE".

source: www.yahoo.fr

Publié dans Emploi

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