Semaine décisive pour Dominique de Villepin

Publié le par blogvillepin@yahoo.fr

 A quinze mois de la présidentielle s'ouvre une semaine décisive pour le Premier ministre Dominique de Villepin, qui joue mardi une partie de son avenir politique avec les manifestations annoncées contre sa mesure emblématique: le contrat première embauche (CPE).

Tous les syndicats, à l'exception de la CGC, et les partis de gauche ont appelé à manifester aux côtés des lycéens et des étudiants pour exiger le retrait du CPE. Or, les manifestations de jeunes sont toujours à hauts risques pour les pouvoirs en place. En 1994, le Premier ministre RPR Edouard Balladur avait notamment dû retirer son CIP (Contrat d'insertion professionnelle) face aux protestations, ce qui lui avait en partie coûté la présidentielle quelques mois plus tard.

Matignon observera donc avec attention les défilés, même si Dominique de Villepin se gardait dimanche de faire des pronostics. "Je ne préjuge pas de ce que donneront ou ne donneront pas les manifestations de mardi", a-t-il déclaré lors du Grand Rendez-vous Europe-1/TV5Monde/Le Parisien-Aujourd'hui en France. "Nous verrons la mobilisation".

M. De Villepin a fait de la lutte contre le chômage son objectif numéro un et le contrat première embauche est, avec le CNE (contrat nouvelles embauches), la mesure emblématique de sa "bataille pour l'emploi". Si les Français étaient nombreux mardi à descendre dans la rue, il affronterait donc sa première véritable épreuve depuis sa nomination.

Il n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts ces derniers jours pour désamorcer le conflit. Invité du journal de mardi sur France-2, il "chatait" jeudi avec des internautes, avant de poursuivre son exercice de pédagogie vendredi dans une ANPE de Troyes.

"Il n'y a jamais eu une proposition faite aux jeunes qui soit aussi avantageuse et protectrice. C'est le projet le plus social pour les jeunes qui ait jamais été proposé", a-t-il encore affirmé dimanche. Le CPE n'est "pas un sous-contrat" ni "un contrat avec une sous-rémunération. Nous ne sommes pas dans le cas d'un SMIC jeunes".

Mardi, la bataille se jouera aussi à l'Assemblée nationale, où les députés examineront au même moment les articles du projet de loi instaurant le CPE. Le Premier ministre a laissé planer dimanche la menace d'un recours au 49-3 en cas de poursuite de la "tactique d'obstruction" de l'opposition.

"Je n'ai pas (...) à démentir", a-t-il déclaré alors qu'on lui demandait s'il démentait tout recours à cette procédure du vote bloqué. "J'affirme le souhait qui est le mien de voir un vrai débat à l'Assemblée nationale" et "s'il y a obstruction, eh bien nous verrons bien".

Un éventuel succès de la mobilisation dans la rue redonnerait de la voix aux partis de gauche, qui dénoncent la précarité de ces nouveaux emplois, alors que socialistes, communistes et Verts ont rendez-vous mercredi pour préparer les échéances électorales de 2007.

"J'espère qu'on sera très, très nombreux (à manifester, NDLR), parce que c'est important de faire en sorte que les jeunes ne soient pas seuls face à ce gouvernement", a souhaité dimanche la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet sur Canal+. Le socialiste Dominique Strauss-Kahn a dit également "espérer", lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, une forte mobilisation. "J'appelle à cette mobilisation" contre un contrat qui a vocation à "casser le Code du travail", a-t-il dit.

Le succès des manifestations, en pleines vacances scolaires, reste toutefois incertain. La précédente journée d'action sur le sujet avait été un échec. Si c'est encore le cas mardi, Dominique de Villepin s'en trouverait conforté dans son action, alors qu'il peut déjà se prévaloir de chiffres du chômage en baisse depuis neuf mois. Le Premier ministre espère voir le CPE entrer en vigueur "autour de la fin du mois de mars". Ensuite, la "bataille pour l'emploi" passera à une "troisième phase intense" de "dialogue et de concertation" avec les partenaires sociaux.

Un succès sur le CPE serait en tout cas décisif dans le bras de fer qui l'oppose à son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy dans la perspective de l'élection présidentielle, même si, officiellement, Dominique de Villepin n'y pense jamais: "2007 c'est extrêmement loin pour moi"...

Avec sa "bataille pour l'emploi", il n'en cherche pas moins à faire bouger les clivages traditionnels à son profit. Le CPE n'est "ni de droite ni de gauche. C'est une réponse moderne", a-t-il encore réaffirmé dimanche.

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