Villepin oppose un tir de barrage à la gauche sur le CPE

Publié le par blogvillepin@yahoo.fr

A la veille des manifestations contre le contrat première embauche (CPE), Dominique de Villepin a opposé lundi un tir de barrage à la gauche en réaffirmant la nécessité d'une mobilisation générale pour l'emploi.

Le Premier ministre a aussi cherché à replacer le contrat contesté dans le cadre général de sa politique d'égalité des chances décidée après la crise des banlieues de novembre.

Accompagné de son ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag, Dominique de Villepin s'est rendu lundi à Sartrouville, dans les Yvelines. Il y a parlé rénovation urbaine, réussite éducative et a visité une ferme éducative, avec vaches, cochons, chèvres et chevaux.

Devant les journalistes, le Premier ministre a rappelé l'impératif de "mobilisation générale".

"Il s'agit d'une mobilisation importante dans cette année 2006 qui est l'année de l'égalité des chances. Il est important que chacun puisse s'engager, avancer pour changer les choses et mieux répondre aux besoins de notre pays", a-t-il dit.

Le Premier ministre a tenu "à saluer l'importance de ce qui aujourd'hui est en discussion à l'Assemblée nationale, le projet de loi sur l'égalité des chances".

Il a insisté sur la redynamisation des zones franches, la lutte contre les discriminations et l'apprentissage à 14 ans.

Le CPE, un contrat à durée indéterminée (CDI) destiné aux moins de 26 ans et assorti d'une période d'essai de deux ans, sera discuté mardi à l'Assemblée nationale, dans le cadre de l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances.

Depuis une semaine, l'opposition mène une guérilla parlementaire contre le texte, une bataille de procédure qui n'entame pas la sérénité du Premier ministre.

"Ce que je souhaite, c'est que cette semaine permette d'aller jusqu'au bout de l'examen de ce projet. C'est important un débat démocratique. Donc je souhaite véritablement que toutes les chances soient données à ce débat", a-t-il dit, se refusant toujours à dire s'il allait recourir à la procédure du 49-3 pour faire passer son texte en force.

Dominique de Villepin, qui a perdu des points dans deux sondages publiés depuis mercredi dernier, n'ignore pas que l'étape du CPE est cruciale sur la voie qui mène à l'élection présidentielle de 2007.

"UNE MAJORITÉ SANS FAIBLESSE"

Même s'il assure que penser à l'élection majeure est "trop compliqué" pour lui, la prise de risques face à un possible mouvement de jeunes, dont la mobilisation est toujours difficile à prédire, illustre la détermination de celui qui s'est construit en quelques mois comme le rival de Nicolas Sarkozy, jusqu'ici seul à chasser sur les terres libérales.

Dominique de Villepin se fait désormais l'avocat d'une "modernisation" à marche forcée de la France, ce qui suscite la colère des syndicats, qui dénoncent l'absence de tout dialogue social.

"Je ne préjuge pas de ce que donneront les manifestations", a dit le Premier ministre au micro d'Europe 1 dimanche, avant de présenter le CPE comme "le projet le plus social" jamais proposé aux jeunes.

"Si le CPE passe, c'est la porte ouverte vers le démantèlement général du code du travail", a répliqué le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, lundi, également sur Europe 1.

"J'espère que demain il y aura de grandes manifestations, pas simplement des jeunes, de tous les salariés, qui comprennent qu'il y a là un enjeu de société", a-t-il dit.

La droite a en mémoire le combat perdu en 1994 sur le contrat d'insertion professionnelle (CIP), le "smic-jeunes", retiré par le gouvernement d'Edouard Balladur après de violentes manifestations lycéennes et étudiantes.

Edouard Balladur, qui était l'invité de LCI lundi, a jugé que Dominique de Villepin avait "la chance d'avoir derrière lui une majorité qui est sans faiblesse et sans calcul".

"Je rappelle qu'une des raisons de l'échec du CIP en 1994 a été la division de la majorité, avec des calculs partisans et personnels qui ont influé sur les discours et sur l'atmosphère du moment", a-t-il dit en faisant référence à la vive lutte qui opposait alors ses partisans à ceux de Jacques Chirac, dans la perspective de la présidentielle de 1995.

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