La journée d'action contre le CPE, un test pour Villepin et l'opposition

Publié le par blogvillepin@yahoo.fr

La mobilisation mardi dans la rue et à l'Assemblée nationale contre le Contrat première embauche (CPE) s'annonce comme la première véritable épreuve de Dominique de Villepin depuis son arrivée à Matignon, et un test pour l'opposition, quinze mois avant la présidentielle.

Dans ce contexte, l'attitude des deux parties dépendra de la capacité des organisations syndicales, estudiantines et lycéennes à mobiliser partout en France contre le CPE.

Après une enquête CSA pour l'Humanité, il y a quinze jours, révélant que le CPE n'était pas aussi honni des Français que pouvait le penser la gauche, un sondage LH2 pour Libération a montré lundi une inversion de tendance.

52% des personnes interrogées (56% des 15-29 ans) se sont prononcées contre ce contrat réservé aux moins de 26 ans, assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle le salarié peut être licencié sans motif.

Un nouveau sondage CSA pour L'Humanité à paraître mardi a confirmé cette tendance, 54% estimant que le CPE est une "mauvaise chose" pour "les salariés en général", et 52% qu'il est mauvais pour les jeunes de moins de 26 ans.

Le Premier ministre, qui s'est investi personnellement dans ce dossier, ne croit pas à un mouvement d'ampleur. "L'ensemble des sondages montrent que l'immense majorité des Français comprennent le sens et soutiennent" le CPE, a-t-il dit dimanche. Pour lui, c'est le "projet le plus social" jamais élaboré pour les jeunes.

A l'inverse, la gauche caresse l'espoir de faire reculer le gouvernement, à l'instar de ce qui s'était passé en 1994 avec le Contrat d'insertion professionnelle (CIP) défendu par le Premier ministre de l'époque Edouard Balladur.

"Le conseil que je donnerais au gouvernement, c'est de continuer", a déclaré lundi M. Balladur, en observant que, contrairement à 1994, Dominique de Villepin a la "chance d'avoir derrière lui une majorité sans faiblesse et sans calcul".

Parallèlement à la journée de mobilisation, gouvernement et opposition fourbissent leurs armes en vue de l'examen -mardi soir, vraisemblablement- à l'Assemblée nationale du dispositif instaurant le CPE.

Annoncé début janvier par Dominique de Villepin dans le cadre de son plan d'urgence pour l'emploi, il a été introduit sous forme d'un amendement du gouvernement dans le projet de loi pour l'égalité des chances.

Si M. Villepin affirme souhaiter que "le débat démocratique puisse avoir lieu à l'Assemblée", il n'a pas totalement écarté un recours à l'article 49.3 de la Constitution (adoption d'un texte sans vote).

"S'il y a obstruction, nous verrons bien", a-t-il dit dimanche. Toutefois, lundi, il s'est montré plus elliptique sur ses intentions.

Il n'a en effet aucun intérêt à brandir cette arme avant la journée d'action, sous peine de doper la mobilisation.

Déjà, les socialistes l'ont mis en garde contre le recours au 49.3 pour "passer en force".

Si la manifestation de mardi se révèle être un succès, l'opposition, soutenue par l'UDF, devrait multiplier le dépôt de sous-amendements sur le CPE afin de ralentir les débats, faute de pouvoir obtenir la suppression du dispositif.

En ce cas, Dominique de Villepin pourrait, après autorisation du Conseil des ministres, recourir au 49.3 qu'il n'a jamais utilisé jusqu'à présent. Son prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin, l'avait fait à deux reprises, en février 2003 sur la réforme des modes de scrutin régional et européen et en juillet 2004 sur l'acte II de la décentralisation.

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