Villepin écoute la rue et "ceux qui ne manifestent pas"

Publié le par rezeid

A l'écoute des manifestants anti-CPE mais aussi de "ceux qui ne manifestent pas", Dominique de Villepin a affirmé que la sécurité dans l'emploi en France passait par des "changements".

"Evidemment j'écoute. J'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas", a lancé le Premier ministre lors des questions d'actualité à l'Assemblée, alors que la gauche et les syndicats appelaient à défiler dans quelque 150 villes de France contre le projet de contrat première embauche.

"J'écoute ceux qui désespèrent de pouvoir trouver un emploi stable, tous ceux qui s'inquiètent pour leur avenir", a-t-il précisé.

"On peut encore remettre les décisions à plus tard, on peut se réfugier dans l'immobilisme, on peut faire croire aux Français que la sécurité, c'est de ne pas changer, que c'est le statu quo, mais la vérité, c'est que la sécurité pour les Français dans l'emploi, elle passe par des changements", a souligné Dominique de Villepin.

Le Premier ministre a plaidé pour "des changements justes, des changements adaptés aux réalités de l'emploi d'aujourd'hui, des changements qui permettent de répondre concrètement aux problèmes auxquels sont confrontés tous les jours les jeunes Français".

"La sécurité, ce n'est pas faire croire que l'on pourra proposer à chacun un emploi à vie dans la même entreprise, c'est bâtir un véritable parcours professionnel qui offre à chacun des garanties et des protections à toutes les étapes de la vie, depuis les premiers stages jusqu'à la retraite", a-t-il dit.

"EXASPÉRATION DE NON-ÉLU"

"La sécurité, c'est d'avancer comme le font tous les autres pays en Europe, l'Allemagne, les pays du Nord ou encore l'Espagne, c'est même essayer de faire mieux, offrir plus de garanties, plus d'opportunités", a-t-il ajouté.

Soulignant que son gouvernement a "obtenu de premiers résultats" dans la bataille pour l'emploi, le Premier ministre a insisté: "Nous voulons plus pour notre pays, vous pouvez compter sur ma détermination, celle de tout le gouvernement, celle de toute la majorité pour défendre les intérêts des Français".

Face aux rafales de critiques de la gauche, Dominique de Villepin a défini son état d'esprit: "sérénité, écoute et détermination".

Le président du groupe socialiste de l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, lui a reproché de préparer avec le CPE, un contrat à durée indéterminée (CDI) destiné aux moins de 26 ans et assorti d'une période d'essai de deux ans, "un nivellement de la jeunesse par le bas, la mort du CDI pour tous les salariés".

"La précarité des uns ne justifiera jamais l'insécurité pour tous", a-t-il ajouté.

Ironisant sur l'"exaspération de non-élu" du Premier ministre face à la lenteur des débats sur le projet de loi sur l'égalité des chances à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault a protesté contre une éventuelle utilisation du 49-3 pour écourter la discussion sur le CPE.

"Pas plus que vous n'aimez le dialogue social vous n'aimez le Parlement", a-t-il lancé à Dominique de Villepin. "Mais l'Assemblée nationale n'est pas votre chambre à coucher".

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