Le CPE ne fait pas le plein contre lui

Publié le par rezeid

Avec 200.000 manifestants contre le CPE dans toute la France, Dominique de Villepin se dit à l'écoute de «ceux qui ne manifestent pas» • «On n'a pas fait encore le plein», reconnaît notamment la FSU •

Un coup de semonce plutôt qu'une déferlante: syndicats et mouvements de jeunes hostiles au contrat première embauche (CPE) ont drainé mardi environ 200.000 manifestants à travers le pays. Comme l'a admis François Chérèque (CFDT), il n'y a pas eu de «raz-de-marée». «Evidemment, j'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas», a répondu le Premier ministre, Dominique de Villepin, devant les députés, marquant son refus de «l'immobilisme» et du «statu quo».

Vacances scolaires, délai raccourci de mobilisation, tenues des partiels, complexité du débat: l'exercice n'était pas aisé pour les détracteurs du CPE, bien que son retrait eût été l'unique mot d'ordre. C'est donc à l'aune de ces difficultés qu'ils ont voulu apprécier les scores enregistrés: entre 5.000 et 30.000 manifestants à Marseille ( quelque 15.000 à Toulouse ou encore de 8.000 à 12.000 à Bordeaux, entre 13.000 et 45.000 à Paris, selon les organisateurs.

Ces chiffres sont loin des participations enregistrées le 4 octobre, journée de grève et de manifestation interprofessionnelle centrée sur la question du pouvoir d'achat. Les syndicats voulaient toutefois surtout retenir un certain basculement de l'opinion publique en leur faveur.

Dispositif de consolidation de l'emploi des jeunes pour le Premier ministre, torpille anti-CDI et vecteur de précarisation selon les détracteurs du CPE qui dénoncent la faculté de licencier sans justification le contractant pendant une période initiale de deux ans: il semble, selon les sondages, que les opposants aient marqué quelques points face au gouvernement. Une enquête BVA pour BFM et «Les Echos» confirme cette évolution: à l'en croire, 60% des Français jugent que le CPE va augmenter la précarité et 67% ont considéré la mobilisation de mardi «justifiée», alors que majorité et opposition poursuivent leur bataille à l'Assemblée.

Bruno Juillard (Unef) exprime quoi qu'il en soit sa «confiance que la mobilisation pourra s'installer dans la durée». Gérard Aschieri (FSU) parle d'un «bon départ», affirmant: «on n'a pas fait encore le plein». «Si le Premier ministre accélère la cadence, nous accélèrerons la mobilisation», assure de son côté Bernard Thibault (CGT), alors que les syndicats se retrouvent vendredi pour envisager une suite à la journée de mardi.

Entre temps, la question d'un recours éventuel au 49-3 par le gouvernement demeure marquée d'un point d'interrogation. François Hollande a d'ores et déjà fait savoir que s'il en était ainsi le PS déposerait une motion de censure, renforçant la coloration hautement politique du débat en cours.

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