CPE : le gouvernement face à une opposition moins combative

Publié le par rezeid

Les députés UMP espéraient achever, la nuit dernière, le débat sur le contrat première embauche. Au vu de la mobilisation relative de mardi, la « tentative de caricature » de la gauche n'a pas fonctionné, se réjouit Jean-Louis Borloo.

Les députés de l'opposition et de l'UDF comptaient sur la journée d'action de mardi pour soutenir la bataille parlementaire contre le contrat première embauche (CPE), examiné dans le cadre du projet de loi « pour l'égalité des chances ».

A défaut d'une grande mobilisation, ils ont poursuivi le débat sur le CPE avec moins d'enthousiasme, mais avec autant d'endurance que la veille. Les députés PS, PC, Verts et UDF ont ainsi défendu quelque 150 sous-amendements contre le CPE, étirant le débat jusqu'à tard dans la soirée.


« C'est une arnaque ! »
« Le déni du travail parlementaire pratiqué par la gauche pose un problème », s'est exaspéré le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, après dix heures de débat. « Cette discussion est nécessaire car il n'y a pas eu de négociation avec les partenaires sociaux », a rétorqué l'ancienne ministre de la Justice Marilyse Lebranchu (PS), relayant ainsi la colère des syndicats de ne pas avoir été consultés sur cette modification du droit du travail.

Conscients d'avoir peu de chances de faire reculer le gouvernement, les débutés de l'opposition se sont attachés à dénoncer point par point les caractéristiques du dispositif, en espérant réduire les facteurs de précarité du contrat. Mais aucun de leurs amendements ne devait être retenu par la majorité. L'opposition a notamment critiqué le risque, pour les salariés, d'enchaîner les CPE jusqu'à l'âge 26 ans, y compris au sein d'une même entreprise, à condition de respecter un délai de trois mois entre deux contrats. « C'est une arnaque ! Ne l'appelez pas contrat première embauche puisqu'il pourra être signé plusieurs fois ! », s'est insurgé le député socialiste François Brottes (Isère). « Vous ne parlez que de licenciements, notre préoccupation, c'est l'embauche », a répliqué le ministre délégué au Travail, Gérard Larcher.


Mêmes modalités pour les prêts
Visiblement rassuré par la mobilisation en demi-teinte de la veille, le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a raillé les socialistes qui « divinisent les stages, les petits boulots, les CDD et l'intérim » : « La tentative de caricature du CPE n'a pas fonctionné », a-t-il estimé sur LCI, sans céder toutefois à l'enthousiasme affiché par la majorité : « Le CPE n'est pas un Eldorado, on ne l'a d'ailleurs jamais fait croire », a-t-il convenu.

Hier soir, Dominique de Villepin a reçu la Fédération bancaire française pour confirmer que les prêts bancaires accordés aux bénéficiaires du contrat première embauche se feraient selon les mêmes modalités que pour les autres salariés en CDI. Les députés, quant à eux, doivent poursuivre le débat ce matin. De nouvelles séances sont programmées demain et ce week-end, les députés devant achever le débat avant les vacances de l'Assemblée, la semaine prochaine.

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