Villepin revendique une politique d'immigration choisie

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin se veut le patron d'une "politique moderne de l'immigration", qui sera désormais "choisie" et non "subie".

"Aujourd'hui, nous voulons ouvrir une nouvelle étape en modernisant les règles et en les faisant respecter", a déclaré le Premier ministre, qui a présidé ce matin à Matignon, le comité interministériel de contrôle de l'immigration (Cici).

Sur ce sujet hautement sensible électoralement, le chef du gouvernement a voulu affirmer son ascendant sur son rival, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, maître d'oeuvre du projet de loi sur l'immigration présenté jeudi.

Lors d'une conférence de presse commune avec Nicolas Sarkozy (Intérieur), Jean-Louis Borloo (Emploi), Pascal Clément (Justice) et François Baroin (Outre-Mer), Dominique de Villepin a salué "l'implication personnelle de tous les ministres et la coordination efficace de Nicolas Sarkozy, qui a eu en charge la préparation du projet de loi".

"Le choix de l'interministériel montre la capacité de notre pays à aboutir plus rapidement à des décisions concertées sur des sujets difficiles où il n'est pas toujours facile d'arriver à trouver le juste équilibre entre des sensibilités, des exigences différentes", a-t-il insisté.

"Trouver le point d'équilibre entre l'exigence humanitaire, sociale, judiciaire, de sécurité, la dimension métropole, la dimension outre-mer, ce n'est pas simple", a-t-il ajouté.

Le tour de vis des pouvoirs publics sur l'immigration était décidé depuis de longs mois mais il a gagné en intensité dans la foulée de la crise des banlieues de novembre.

"Notre objectif, a souligné le Premier ministre, est de rendre à la France les moyens de contrôler son immigration, afin que celle-ci devienne un véritable atout". "Depuis 2002, nous construisons une politique de l'immigration cohérente, juste et rigoureuse (...) Nous ouvrons la voie d'une immigration choisie, dans le strict respect de la Constitution et de nos engagements internationaux", a-t-il affirmé.

L'avant-projet de Nicolas Sarkozy a été "lissé" sur un point: le ministre de l'Intérieur prévoyait que "chaque année", le gouvernement indiquerait "dans un rapport au Parlement les objectifs quantitatifs prévisionnels de visas et de titres de séjour pour les trois années à venir, en fonction des capacités d'accueil de la France en matière d'emploi, de logement et d'éducation nationale".

"TALENT ET COMPÉTENCE"

Dominique de Villepin a précisé que le rapport contiendrait à l'avenir "une estimation du nombre de titres de séjour et de visas" que la France entend délivrer. "Il ne s'agit pas de quotas. Ces chiffres auront une valeur indicative".

Jean-Louis Borloo a cité des "grands métiers pour lesquels il y a une telle tension que ça ralentit l'activité économique". Il a notamment évoqué les "métiers de la mécanique, de la mécanique spécialisée, de la maintenance industrielle, du froid, de l'hôtellerie-restauration, des travaux publics, de la santé, notamment infirmières et sages-femmes".

"Ces listes sont par nature évolutives, on les actualisera tous les ans ou tous les 24 mois", a-t-il précisé.

Le gouvernement prévoit de proposer une carte de séjour de trois ans, intitulée "talent et compétence", à "des migrants hautement qualifiés, scientifiques, informaticiens, artistes ou personnes ayant une compétence rare, pour contribuer au dynamisme économique de notre pays".

Les meilleurs étudiants étrangers bénéficieront également d'une carte spéciale, "en contrepartie de l'obligation de retourner chez eux, afin qu'ils rendent à leur pays une partie du bénéfice de leur formation".

Dominique de Villepin a exclu tout "pillage des élites" dans les pays sources d'immigration.

L'avant-projet de loi durcit en revanche les conditions d'accueil des travailleurs non qualifiés et les règles du regroupement familial. L'étranger qui voudra faire venir sa famille en France devra "prouver qu'il peut la faire vivre à partir des revenus de son travail". La maîtrise de la langue française sera aussi une des conditions retenues.

Le projet de loi porte d'un an à deux ans la durée du séjour à l'issue duquel on peut faire une demande de regroupement.

Le texte "généralise et rend obligatoire" le contrat d'accueil et d'intégration pour tous les étrangers.

Le gouvernement prévoit aussi de supprimer la régularisation "automatique" qui était prévue par la loi pour tout clandestin pouvant prouver sa présence depuis 10 ans en France.

La politique d'immigration du gouvernement fait partie des sujets sur lesquels la gauche entend désormais "riposter" de manière commune.

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