Obstacle du CPE franchi pour Villepin mais la gauche ne baisse pas les armes

Publié le par rezeid

L'adoption du très controversé Contrat première embauche, dans la nuit de mercredi à jeudi à l'Assemblée nationale, est un nouvel obstacle franchi pour le Premier ministre Dominique de Villepin, mais la gauche ne baisse les armes ni au Parlement, ni auprès des Français.

A l'issue d'une longue bataille de procédure menée par l'opposition socialiste et communiste, les députés ont voté en première lecture l'amendement gouvernemental instaurant le CPE dans le projet de loi sur l'égalité des chances. Il restait vingt-cinq articles à examiner avant le vote de l'ensemble du projet de loi, transmis ensuite au Sénat.

Mais alors que socialistes et communistes ont continué jeudi matin leur bataille de procédure, Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée a évoqué un possible recours à l'article 49.3 de la constitution qui interromprait les débats. Un tel recours conduirait à une adoption sans vote et entraînerait, ont averti les socialistes le dépôt d'une motion de censure.

En toute hypothèse, le texte devra ensuite passer au Sénat.

Le processus parlementaire n'est donc pas terminé, ce qu'ont répété à l'envi les responsables de gauche jeudi.

Cependant, le vote de l'amendement est un pas supplémentaire pour Villepin dans sa politique de l'emploi, deux jours après la mobilisation en demi-teinte des syndicats, étudiants et lycéens mardi.

Pour autant, a mis en garde le président du groupe PS Jean-Marc Ayrault, "le CPE est une mèche lente, le gouvernement devrait faire attention".

"Nous n'avons pas cédé", a affirmé Jean-Marc Ayrault. "On a tenu huit jours sur trois articles. Qu'est-ce qu'on pouvait faire de plus?", a résumé Henri Emmanuelli sur France Inter. Pour lui, si le gouvernement dispose de la majorité parlementaire, "il n'a plus la majorité politique dans le pays".

De son côté, François Hollande, qui a accusé le gouvernement de "désinformation", a prévenu que "la bataille parlementaire continuerait plusieurs semaines".

"Le gouvernement voudrait faire croire que l'adoption cette nuit par l'Assemblée nationale de l'article 3 du texte sur l'égalité des chances qui sert de support à l'amendement sur le CPE serait la fin de la procédure parlementaire. Rien n'est plus faux", a-t-il dit.

Selon lui, "le CPE n'est pas adopté et ne doit pas l'être" et "les députés socialistes vont continuer à se battre jusqu'au dernier moment pour empêcher cette double opération de démantèlement du code du travail et cette désinformation de l'opinion publique".

Pour engager la procédure du 49-3, le Premier ministre a besoin de l'aval du Conseil des ministres, ce qui a pu être fait lors d'un des derniers conseils sans que la décision ait filtré.

Voyant dans les sondages l'opposition croissante des Français au CPE, réservé aux moins de 26 ans et assorti d'une "période de consolidation" de deux ans, la gauche, réunie en sommet mercredi, a en outre prévu, en dehors de la bataille parlementaire, "une mobilisation unitaire" contre la politique de l'emploi avec tract, pétition, semaine d'action.

source: http://www.vousnousils.fr

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