Intervention de Monsieur Dominique de Villepin, Premier ministre

Publié le par rezeid


"Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les Députés. Face aux inégalités, face aux discriminations et aux injustices, face au chômage des jeunes, notre pays s’impatiente. Il attend des réponses. Il veut des décisions. Le projet de loi pour l’égalité des chances qui est soumis à votre examen depuis plus d’une semaine, ne prétend pas répondre à toutes les difficultés mais il s’attaque point par point, avec détermination, avec pragmatisme, aux plus importantes d’entre elles : le développement économique des quartiers, avec la création de quinze nouvelles zones franches urbaines ; les discriminations avec le renforcement du pouvoir de sanction de la Haute Autorité ; la formation et l’éducation, avec la mise en œuvre de l’apprentissage junior ; le chômage des jeunes, avec une exonération totale des charges pour tous ceux qui se trouvent sans emploi depuis plus de six mois. Sur tous ces points nous voulons agir.

Et puis, il y a l’entrée sur le marché de l’emploi et [pour] toutes les jeunes Françaises et tous les jeunes Français, aujourd’hui elle passe par une succession de contrats à durée déterminée, de contrats d’intérim, de stages et de périodes de chômage. Il faut huit à dix ans de cet enchaînement de la précarité avant de décrocher enfin un emploi stable et démarrer dans la vie. Vous en conviendrez sur tous ces bancs, ce n’est plus acceptable. Nous avons le devoir de faire plus ; nous avons le devoir de faire mieux. Notre responsabilité à tous, ici, ce n’est pas d’entretenir les illusions, ce n’est pas de faire croire que nous pouvons offrir à chaque jeune, dès la fin de ses études, un emploi garanti à vie dans l’entreprise. C’est faux, nous le savons tous. Notre responsabilité, c’est de faire comprendre aux jeunes et à tout notre pays que le monde change. Notre responsabilité, c’est de leur donner des moyens d’accéder rapidement et dans de bonnes conditions à l’emploi. Notre responsabilité, c’est de les aider à s’orienter, c’est de reconnaître leurs efforts. C’est de valoriser leurs stages. C’est de développer les postes en alternance. C’est de leur donner une deuxième chance en cas d’échec. Alors quel est le choix ? Le choix, ce n’est pas l’amertume, ce n’est pas l’immobilisme. Le choix, c’est le mouvement, c’est la sécurité plutôt que la précarité. Voilà ce qu’attendent les Français. Voilà ce que veut notre majorité. Voilà ce qu’attend la France, après un débat démocratique et je vous demanderai, sur ces bancs d’écouter ; après un débat démocratique de près de 17 heures, exclusivement consacré à ce sujet, le contrat "première embauche" a pu être adopté. Des améliorations ont été apportées au texte du Gouvernement grâce aux amendements de la Commission des Affaires Sociales et je m’en réjouis. Je pense par exemple au décompte plus précis des missions d’intérim dans la période de consolidation de l’emploi ou à l’amélioration du régime de formation tout au long de la vie.

L’approbation du contrat "première embauche" après une véritable discussion démocratique est une bonne nouvelle pour l’emploi des jeunes dans notre pays. Je tiens à vous en remercier tous, sur ces bancs. Je tiens à saluer cette étape décisive dans la bataille pour l’emploi qui va nous permettre d’accroître encore les résultats obtenus au service de nos compatriotes. La démocratie c’est le débat. Mais la démocratie c’est aussi l’action et le résultat. Mesdames et Messieurs les Députés, le gouvernement sera au rendez-vous des Français. Malheureusement et je le dis avec tristesse, malheureusement Monsieur le Président Ayrault, et vous pouvez brandir tous les cartons rouges que vous voulez, malheureusement nous ne sommes pas dans un stade ; nous ne sommes pas au théâtre, nous sommes dans l’amphithéâtre de la démocratie. Malheureusement, depuis ce matin la discussion n’avance plus. Après plus de 43 heures de débat, dont 4 heures de suspension de séance, après 67 rappels au règlement, je ne peux que constater, avec regret, avec tristesse, le refus de l’opposition d’examiner sereinement les dispositions restantes du projet de loi sur l’égalité des chances. Face à l’urgence de la situation, vous faites le choix de l’obstruction. Face à l’enjeu de la modernisation de notre pays, vous faites le choix des vieilles tactiques. Ce n’est pas mon choix, ce n’est pas celui du Gouvernement ; ce n’est pas celui de notre majorité. Nous nous faisons une autre idée du débat démocratique. Nous nous faisons une autre idée de la politique. Ne l’oublions jamais, il y a une exigence, il y a une ambition qui nous dépasse tous, c’est le service de chacun des Français. C’est pourquoi Monsieur le Président, en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, après délibération du Conseil des ministres, j’ai l’honneur, Monsieur le Président, d’engager la responsabilité du gouvernement, je dis bien la responsabilité du gouvernement sur le vote de l’ensemble du projet de loi pour l’égalité des chances, compte tenu des votes déjà intervenus et des amendements dont la liste vous est communiquée. Je vous remercie."

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Max 09/02/2006 22:00

Villepin a raison le temps presse et le débat n'avance pas pendant ce temps ce sont nous les jeunes qui perdons!!! 49.3 est une bonne chose la France avance c'est nécessaire il faut la réformer en profondeur... l'heure de la rupture a sonner!!!! villepin l'homme rassembleur d'une majorité forte... en avant pour de nouvelle réforme incluent le libéral et le social!!! vive la droite en 2007