A Toulon, Villepin justifie son 49.3

Publié le par rezeid

Au lendemain du vote du CPE, le premier ministre a savouré un bain de foule qui, dit-il, «vaut tous les sondages».
«Tenez bon, M. le premier ministre.» Hier à Toulon, Dominique de Villepin a voulu voir dans les encouragements de nombreux Toulonnais croisés pendant sa visite de la vieille ville la confirmation que sa «politique de modernisation» de la France était la bonne.

«Ça vaut tous les sondages!» A l'Hôtel de Ville, le chef du gouvernement a, une fois encore, défendu le contrat première embauche, et justifié sa décision de recourir à l'article 49-3 de la Constitution pour l'adoption de l'ensemble du projet de loi sur l'égalité des chances.

Il y a eu «un véritable débat démocratique» sur le CPE et plusieurs sous-amendements ont été adoptés, a-t-il fait valoir. Le projet égalité des chances vise à «apporter une juste et rapide réponse à la crise des banlieues. Il n'était pas question, à la suite d'une obstruction systématique, de demander à nos compatriotes d'attendre plus longtemps». Jean-Louis Borloo, qui accompagnait Dominique de Villepin, a enchéri.

Sur les bancs de la gauche, «pendant neuf jours et presque neuf nuits de débats, je n'ai entendu que: vive l'intérim, vive le CDD, vive le stage», a dit le ministre de la Cohésion sociale pour qui «il n'y a pas un adulte de bonne foi» pour partager la position des socialistes sur cette question. Quant à la volonté des syndicats de poursuivre le combat (lire ci-dessous), Villepin a redit qu'il retenait «tous les messages, émanant de ceux qui expriment leur inquiétude et manifestent, et de ceux qui ne manifestent pas mais peuvent aussi être inquiets et ne pas bien savoir comment envisager l'avenir».

Mais, au-delà de la défense du CPE et de sa certitude que la croissance est «solidement repartie en ce début d'année» (lire aussi Le Figaro économie p.22), le premier ministre s'est projeté dans l'avenir, dans une allocution aux accents très présidentiels. «Les combats politiques, on veut y voir des joutes, des ambitions, des emportements, là où il y a des engagements, des idéaux, des batailles pour que la France occupe la place que nous souhaitons dans le XXIe siècle», a-t-il dit. «Rien n'est gagné, aucune place n'est réservée, tout est à conquérir.» Une phrase à double sens qui, sortie de son contexte, suffirait à accréditer des ambitions élyséennes qu'à aucun moment Dominique de Villepin n'avoue.

«Unité, rassemblement, action, voilà les clés qui vont nous permettre de donner le meilleur de nous-mêmes, au cours des prochaines semaines, des prochains mois, des prochaines années», a-t-il dit. «Nous n'avons pas le droit de nous livrer à des calculs, à des pensées ou à des arrière-pensées médiocres.»

Dans son allocution de bienvenue, Hubert Falco a chaleureusement remercié Dominique de Villepin pour «sa main dans le dos», cette «marque d'amitié» qu'il lui avait manifestée en sortant du Conseil des ministres, après sa démission du gouvernement pour pouvoir rester maire de Toulon. Ce jour-là, Villepin était sorti en même temps que lui de l'Elysée, pour être à ses côtés au moment d'affronter la presse. «Je ne l'ai pas oublié», a confié Hubert Falco.

Dans les rues de la vieille ville de Toulon, Villepin, Borloo, Falco et les élus ont ensuite pris, dans la bonne humeur, un long bain de foule. «Il fait le même métier que nous, réparations en tous genres», a plaisanté le chef du gouvernement, devant l'échoppe d'un cordonnier.

«Moi aussi je vends des salades», a dit en riant Borloo à une marchande des quatre saisons. Séquence nostalgie pour le premier ministre qui a retrouvé la chaleur de l'époque où, «jeune enseigne de vaisseau, (il) arpentait les rues de Toulon».

source: www.lefigaro.fr

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