Villepin ferme sur le CPE mais désormais prudent sur le contrat unique

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin maintient fermement son cap sur le contrat première embauche (CPE) mais se montre désormais très prudent sur l'éventuelle création d'un contrat de travail unique, dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien Le Figaro.N'entendant pas modifier son calendrier malgré la poursuite de la mobilisation contre le CPE, qui laisse les Français sceptiques selon les sondages et qui est synonyme de précarité accrue pour ses opposants, le Premier ministre veut qu'il soit, dans le cadre du projet de loi sur l'égalité des chances, "adopté dans le courant du mois de mars".

 

M. de Villepin, qui "écoute attentivement" les jeunes, dit comprendre "leurs inquiétudes" et "leurs interrogations", notamment "sur la période initiale de deux ans" durant laquelle l'employeur peut licencier le titulaire d'un CPE sans avoir à justifier sa décision.

 

Mais, selon lui, "l'intérêt d'une entreprise qui a formé un salarié, c'est de le garder le plus longtemps possible".

 

Rejetant toute critique sur une remise en cause du modèle social français, M. de Villepin estime que son objectif est "au contraire d'offrir à tous les jeunes un accès rapide et sûr à l'emploi auquel il n'ont pas le droit aujourd'hui" et affirme que "c'est impossible avec les instruments actuels".

 

"Je refuse que la France reste la lanterne rouge du chômage en Europe. La sécurité passe par le changement: un changement fidèle à nos valeurs, à ce que nous sommes (...). Il n'y pas de fatalité au chômage", ajoute-t-il en appelant les syndicats à ne pas faire le choix de "l'immobilisme" mais de "l'avenir".

 

Il réaffirme par ailleurs qu'il n'a recouru à l'article 49.3 (adoption sans vote du texte) sur le texte qu'en raison de "l'obstruction" et du "blocage" de la gauche, une opposition qu'il accuse au passage de ne pas être "responsable" et de "tourner le dos à l'avenir".

 

Interrogé sur un éventuel durcissement de la contestation contre le CPE, comme cela avait été le cas en 1994 contre le CIP, ou Smic-jeunes, d'Edouard Balladur, il semble plutôt serein.

 

Le CPE "est un vrai contrat de travail, avec une vraie rémunération", rappelle-t-il et "la majorité est aujourd'hui unie derrière le gouvernement". Une façon de reconnaître que les chiraquiens n'avaient eux pas facilité la tâche à M. Balladur.

 

La mobilisation anti-CPE semble toutefois inciter M. de Villepin à jouer dorénavant la carte de la prudence dans la poursuite de la réforme du code du travail.

 

Alors qu'il avait mis le contrat de travail unique "sur la table" dans la perspective de la troisième phase de sa "bataille pour l'emploi", annoncée pour les prochains mois, il souligne maintenant que c'est une "question complexe" qui "demande une analyse et des concertations approfondies".

 

"J'écouterai avec intérêt ce que les partenaires sociaux ont à me dire sur ce sujet", ajoute-t-il avec circonspection.

 

Prudence également de M. de Villepin -qui s'est pourtant offert vendredi un bain de foule quasi électoral à Toulon- sur toutes les questions liées à 2007.

 

Interrogé sur le fait de savoir s'il est d'accord avec Nicolas Sarkozy sur le calendrier de désignation du candidat UMP pour la présidentielle, il répond seulement qu'avec son numéro deux, il est "mobilisé sur le même objectif: apporter des réponses aux préoccupations des Français".

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