A Moscou, Villepin joue l'union diplomatique franco-russe

Publié le par rezeid

MOSCOU - Au dernier jour de sa visite en Russie, Dominique de Villepin a tenu à souligner avec Vladimir Poutine les convergences de vues entre Paris et Moscou sur le dossier nucléaire iranien et sur la nouvelle donne palestinienne.

Dans la matinée de mardi, le Premier ministre français avait présidé avec son homologue russe Mikhaïl Fradkov le 11e séminaire intergouvernemental, qui a été l'occasion d'un engagement en faveur d'une intensification de la coopération entre les deux pays dans les secteurs économique, technologique ou encore énergétique.

"La France et la Fédération de Russie appellent l'Iran à se conformer pleinement à la résolution de février du Conseil des gouverneurs et aux demandes de l'AIEA, y compris la pleine suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au recyclage", peut-on lire dans une déclaration conjointe franco-russe adoptée mardi.

Dans ce document, Paris et Moscou affirment le soutien de la communauté internationale à la proposition russe de retraiter et d'enrichir en Russie le combustible nucléaire iranien, afin de lever les doutes quant à la nature du programme nucléaire de Téhéran.

Face à la sensibilité de cette question, Dominique de Villepin a fait l'éloge d'une diplomatie de l'action en jugeant capital d'éviter deux écueils.

"Le premier, c'est celui de l'engrenage qui ne serait pas maîtrisé, c'est l'escalade. Nous en avons vu sur d'autres terrains les conséquences", a-t-il déclaré à la radio "L'écho de Moscou". "L'autre risque, c'est de ne rien faire".

"Entre ces deux options, il y a un chemin qui est celui de la volonté, de l'exigence. C'est bien celui qu'il nous faut tracer avec la Russie, avec la communauté internationale".

LE HAMAS FACE A UN "CHOIX HISTORIQUE"

Quelques heures plus tôt, dans le faste du bureau de représentation du Kremlin, entre les statues de Pierre le Grand et de Catherine II, Vladimir Poutine avait dit à Dominique de Villepin qu'il maintenait un "contact permanent" avec Jacques Chirac sur les crises iranienne et israélo-palestinienne.

Le président russe n'est cependant pas revenu publiquement sur l'invitation qu'il avait adressée de Madrid aux dirigeants du Hamas, formation qui a remporté le mois dernier les élections palestiniennes mais qui est toujours rangée sur la liste européenne des organisations terroristes.

Sans jamais prononcer ce qualificatif sur les ondes moscovites, Dominique de Villepin a pour sa part jugé qu'un "choix historique" s'offrait au Hamas. Il a appelé la formation islamiste à renoncer à la violence, à reconnaître l'Etat d'Israël et les récents traités israélo-palestiniens, en particulier les accords d'Oslo.

"Ce que je souhaite, c'est que, dans le cadre de ces rencontres, le Hamas puisse prendre conscience de ses responsabilités et de l'opportunité qui lui est donnée d'avancer dans la voie d'une reconnaissance des résolutions des Nations unies", a dit le Premier ministre.

"Il y a une chance à saisir pour le Proche-Orient", a-t-il dit.

Se voulant unis dans leur réponse diplomatique aux grandes crises régionales, la France et la Russie ont en outre cherché à donner une image de complémentarité dans plusieurs autres domaines.

Illustrant cette volonté, plusieurs accords ont été annoncés à l'issue du séminaire gouvernemental sur la coopération dans le domaine de la destruction des armes chimiques, sur la protection des droits de propriété intellectuelle dans le cadre de la coopération militaire et technique, ou encore sur la formation des cadres d'entreprise.

source: www.liberation.fr

Publié dans Politique extérieur

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