Villepin en Russie: Paris et Moscou parlent d'une même voix sur l'Iran

Publié le par rezeid

MOSCOU (AFP) - La France et la Russie ont décidé de parler d'une même voix sur l'Iran en adoptant mardi une "déclaration conjointe sur les questions nucléaires" où ils invitent Téhéran à se "conformer pleinement" à ses obligations, lors de la visite à Moscou du Premier ministre français Dominique de Villepin.

Cette déclaration, objet de longues tractations entre les deux parties, a été adoptée lors de la rencontre au Kremlin  entre M. de Villepin et le président russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle ils ont également décidé "d'approfondir leur concertation" sur le Proche-Orient  .

 

Sur l'Iran, Paris et Moscou soulignent être "unies dans leur détermination à ce qu'une solution soit trouvée aux implications en termes de prolifération de son programme nucléaire " et demandent à Téhéran de "se conformer pleinement à la résolution de février du Conseil des gouverneurs et aux demandes de l'AIEA", citant notamment "la pleine suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au recyclage".

MM. Poutine et de Villepin ont toutefois aussi insisté sur les "droits légitimes du peuple iranien à développer un programme électro-nucléaire sûr, durable et dont la finalité pacifique est prouvée".

 

Sur la radio Echo de Moscou, M. de Villepin a ensuite souligné qu'il fallait "éviter le risque de l'engrenage", de "l'escalade" vis-à-vis de l'Iran tout en "marquant clairement" auprès de Téhéran "les limites qui ne peuvent être franchies".

Interrogé sur l'invitation faite au Hamas par la Russie, il a souhaité que "dans le cadre de ces rencontres", l'organisation palestinienne "puisse prendre conscience des responsabilités qui sont les siennes" et qu'elle est face à "un choix historique".

 

La visite de M. de Villepin en Russie était également consacrée aux questions économiques et commerciales, à l'occasion du 11e séminaire intergouvernemental franco-russe.

 

"Nous pouvons aller plus loin" et "améliorer les performances" dans les relations bilatérales, a réaffirmé M. de Villepin. De fait, la France n'est que le 9e partenaire commercial de Moscou et le 6e investisseur en Russie. Le marché russe ne représente que 0,7% des exportations françaises.

 

Paris et Moscou ont annoncé la signature de plusieurs accords technologiques et économiques, notamment dans les domaines de l'espace et du nucléaire.

 

Les deux pays ont ainsi franchi un pas de plus vers la mise en oeuvre du programme de lancements spatiaux depuis le Centre spatial guyanais (CSG) utilisant le lanceur russe Soyouz, grâce à la signature du contrat d'approvisionnement des quatre premiers Soyouz qui seront lancés depuis le CSG à compter de 2008.

 

La Russie et la France ont aussi paraphé un accord de coopération dans la destruction des stocks d'armes chimiques sur le sol russe ainsi qu'un accord sur la protection de la propriété intellectuelle dans les domaines militaire et technique.

 

Pendant cette visite de 24 heures, M. de Villepin a également abordé brièvement des questions épineuses pour Moscou, à savoir la Tchétchénie.

 

Il a jugé "inacceptables" les enlèvements de civils dans cette république du Caucase russe qui traverse selon lui une "crise", un terme en deçà de la "guerre ouverte" qu'il avait évoquée en janvier 2004, alors qu'il était encore ministre des Affaires étrangères. Il a toutefois insisté sur le respect de l'intégrité du territoire russe et le refus du terrorisme.

 

Les questions hexagonales n'ont pas non plus été oubliées. Alors qu'un journaliste demandait à Mikhaïl Fradkov si M. de Villepin ferait un bon président, le Premier ministre russe s'en est sorti par une pirouette en soulignant que son homologue avait été "un très bon ministre des Affaires étrangères" et que la rencontre de mardi l'avait convaincu que c'était "un très bon Premier ministre".

source: www.yahoo.fr

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