Villepin appelle au respect des droits de l'homme en Tchétchénie

Publié le par rezeid




Le Premier ministre français Dominique de Villepin a insisté mardi sur la nécessité de respecter les droits de l'homme en Tchétchénie, république du Caucase russe qui traverse, selon lui, une "crise", un terme en deçà de la "guerre ouverte" qu'il avait évoquée en janvier 2004.

 

"La Tchétchénie reste un facteur de tensions pour la région et vous connaissez les principes que nous mettons en avant dans cette crise : (...) le respect des droits de l'Homme", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe à Moscou avec son homologue russe Mikhaïl Fradkov.

"La situation qui est celle des disparitions forcées est bien sûr inacceptable et je sais que les autorités en ont conscience et s'efforcent d'y mettre un terme", a estimé M. de Villepin en réponse à une question sur son évaluation de la situation dans cette république où se heurtent régulièrement forces fédérales russes et groupes indépendantistes.

En janvier 2004, alors ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin avait qualifié de "guerre ouverte" la situation en Tchétchénie, irritant son homologue de l'époque, Igor Ivanov, qui avait répété que la Russie n'effectuait dans le Caucase qu'"une opération de lutte contre le terrorisme international".

Le président russe Vladimir Poutine, que le Premier ministre français devait rencontrer mardi après-midi, a annoncé le 31 janvier que "l'opération antiterroriste" en Tchétchénie touchait à sa fin et que la situation était normalisée dans cette république ravagée par la guerre.

Les deux autres principes préconisés par la France dans la résolution de la "crise" tchétchène, outre le respect des droits de l'Homme, sont "le refus absolu du terrorisme" et "le respect de l'intégrité territoriale de la Fédération de Russie", a déclaré M. de Villepin en rappelant "le drame" de la prise d'otages dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord voisine de la Tchétchénie (331 morts dont 186 enfants en septembre 2004).

La poursuite "d'un processus politique" en Tchétchénie, marqué par les récentes élections législatives", et "le développement" sont les meilleurs remparts contre "les radicalismes", a déclaré le Premier ministre.

Les troupes russes, entrées dans la république en octobre 1999 pour une "opération antiterroriste" censée mettre fin à un pouvoir séparatiste après une première guerre (1994-1996), restent confrontées à la guérilla et enregistrent des pertes quasi-quotidiennes.

M. Poutine a annoncé fin janvier que la Tchétchénie "était complètement revenue sous l'égide de la Constitution russe" et que "l'opération antiterroriste" était finie, malgré la poursuite des affrontements entre rebelles et soldats, les enlèvements et disparitions de civils, dont les ONG Human Rights Watch ou Memorial accusent les forces russes ou tchétchènes pro-russes.

Publié dans Politique extérieur

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