Comment les ministres défendent le CPE

Publié le par rezeid

GOUVERNEMENT Alors que la mobilisation étudiante persiste dans certaines villes, le gouvernement s'emploie à faire oeuvre de pédagogie.

«DE LA PÉDAGOGIE pour faire reculer la démagogie.» En lançant cette formule, Dominique de Villepin a chargé les membres de son gouvernement de défendre sans relâche le contrat première embauche (CPE). En réunions interministérielles hier et avant-hier, il a été demandé au ministère concerné de continuer à porter un discours positif sur ce contrat, et d'intervenir publiquement à échéances régulières.


Avant de partir pour Moscou deux jours, le premier ministre avait spécifiquement demandé à Gilles de Robien, ministre de l'Education, et à François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur, de «mouiller leur chemise» et de «poursuivre le dialogue avec des jeunes qui se posent des questions et expriment leurs inquiétudes» (voir nos éditions du 13 février).


Gilles de Robien est donc parti, hier pour Toulouse (lire ci-dessous) avant de se rendre aujourd'hui à Lyon, deux des principaux foyers de contestation estudiantin. Quant à François Goulard, il se rendra après-demain à l'université de Vannes. Entre-temps, les deux ministres devraient recevoir demain les organisations étudiantes – l'Unef a pour l'instant réservé sa réponse – afin de jauger leur détermination. La réunion doit également permettre de suggérer que le fil n'est pas complètement rompu avec les étudiants.


Sondages défavorables


Aux côtés de ces deux ministres, concernés au premier chef, chacun est prié de mettre en avant dans les médias les avantages procurés par le CPE (droit au chômage, droit à la formation, indemnités en cas de rupture...) qui, si l'on en croit les sondages, ne sont pas perçus par les Français. Après la prestation de Jean-François Copé, dimanche soir au Grand Jury-RTL-Le Figaro, puis l'intervention de Jean-Louis Borloo au 20 heures de TF 1 lundi, Azouz Begag a plaidé pour que «l'on donne sa chance au CPE», en marge d'un colloque sur l'exclusion dans la région Rhône-Alpes. De son côté, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a profité d'une réunion avec des militants UMP dans le Calvados, lundi soir, pour fustiger un «Parti socialiste devenu machine à fabriquer des candidats plutôt qu'à produire des idées ou des propositions».


Il faut dire que la partie n'est pas gagnée pour le gouvernement. Si les enquêtes d'opinion montrent que de nombreux parents estiment que le CPE devrait permettre à leurs enfants de mettre un pied à l'étrier, la contestation étudiante et lycéenne n'est pas éteinte. Hier, entre 6 000 et 15 000 personnes ont manifesté à Rennes, et des foyers de contestation demeurent ou émergent dans plusieurs villes, dont Lyon, Tours et Paris.


Une sorte de course de vitesse est donc engagée entre Matignon et les étudiants, qui prévoient une nouvelle manifestation le 7 mars. Certes, Dominique de Villepin a déjà affirmé qu'il ne céderait pas et ne retirerait pas le CPE. Mais Matignon craint la prolongation d'un mouvement jeune, par essence peu contrôlable, et dont les éventuels débordements pourraient coûter cher politiquement au premier ministre. C'est pourquoi Dominique de Villepin espère que la discussion au Sénat sera bouclée avant le 7 mars. «Il faut que les Français passent à autre chose», estime-t-on dans son entourage.

source: www.liberation.fr

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yves 15/02/2006 18:44

c'est simple ou l'ultra libéralisme conservateur faschiste américain ou la modernisation du modèle social Français moi mon choix est fait ca sera Villepin!!!!!
villepin en force pour 2007 nous te soutenons!!!!

laurent 15/02/2006 15:01

et l'humour dans tout ça ??? Churchill en avait, voir mon blog. Pour 2007, je doute encore et suis partagé entre les freres ennemis!